CHAPITRE 26 : Le Début des Hostilités
Une fois les qualifications terminées, les deux frangins accompagnés de Céléna partirent manger.
Ils s’installèrent dans une petite taverne attenante à l’arène, un endroit bruyant où l’odeur de viande grillée se mêlait aux cris des aventuriers surexcités. Fripon attaqua son assiette comme s’il n’avait pas mangé depuis trois jours. Riwalo, lui, en était déjà à sa quatrième assiette.
Fripon : Hmmm… Ça… c’est la vraie récompense du tournoi.
Riwalo : Tu n’as encore rien gagné.
Fripon : Si ! Ce repas.
Céléna, elle, mangeait calmement, droite comme une statue, observant les deux frères avec un mélange d’amusement et d’exaspération.
Céléna Crimson : Vous devriez économiser votre énergie, le vrai tournoi commence dans moins d’une heure.
Riwalo : La bouffe c’est le nerf de la guerre.
Céléna Crimson : Je t’avoue que sortant de ta bouche ça me surprend un peu…
Fripon : Oui, en apparence il fait l’intello, mais en vrai c’est un gros bébé qui adore manger.
Céléna Crimson : Je vois ça. - dit-elle en ricanant -
Riwalo : Vous me dites si je vous dérange hein.
Céléna Crimson : D’ailleurs, pour votre gouverne, tous les chefs de grande famille assisteront au tournoi. Votre père compris.
Fripon recracha l’entièreté de ce qu’il avait dans sa bouche sur Riwalo en entendant la nouvelle.
Fripon : QUOI ?!
Riwalo essuya calmement son visage, essayant de se retenir d’enfoncer à tout jamais la tête de Fripon dans la table en bois.
Fripon : Riwalo, j’abandonne le combat, je retourne à l’auberge !
Riwalo : Je t’avoue que tant que ce n’est pas mère… ça me va.
Un frisson parcourut Riwalo rien qu’à y penser.
Céléna Crimson : Non ne t’en fais pas Riwalo, seuls les chefs de familles sont présents, Ali– Dame Aliénore n’assistera donc pas au tournoi.
La tête de Riwalo tourna comme une porte qui grince. Il fixa Céléna avec un mélange de terreur et de surprise.
Riwalo : Dis-moi Céléna… par HASARD, tu ne serais pas proche de notre mère…?
Céléna Crimson : Non. Je ne vois pas de quoi tu parles.
Riwalo : La première fois que l’on s’est vus, c’est comme si tu m’avais reconnu. Et puis tu es très familière avec nous. En général, même les enfants de grande famille sont vouvoyés par les gardes royaux.
Céléna soupira, se rendant compte qu’elle était coincée.
Céléna Crimson : Oui je la connais, en réalité je l’ai rencontrée quand elle était encore une enfant.
Riwalo : Pardonne-moi Céléna mais, tu es une elfe, ça on le remarque mais… quel âge as-tu ?
Céléna Crimson : J’ai eu 258 ans il y a environ deux mois.
Fripon : Mais tu es super vieille !
Céléna bondit de sa chaise, plaçant sa fourchette sous la gorge de Fripon, le perçant du regard de ses yeux couleur rubis.
Céléna Crimson : Répète ce que tu viens de dire pour voir.
Fripon : - déglutissant difficilement - Pardon…
Elle soupira avant de se rassoir. Puis elle se mit à toucher son oreille pointue gauche.
Céléna Crimson : Nous les elfes pouvons vivre plusieurs milliers d’années. Donc pour une elfe je ne suis presque qu’une jeune adulte. C’est à peu près comme si vous aviez 20 ans.
Riwalo : Je comprends mieux. D’après mes lectures sur l’espèce elfique, il n’y en a que très peu en dehors de Sylphis, par peur du danger que représentent les monstres et les humains à leur égard. Pourquoi es-tu à Sardon ?
Céléna Crimson : Comment me trouves-tu physiquement ?
Riwalo : Euh… - détourne le regard - Je dirais que tu es une belle jeune femme, je suppose ?
Fripon : (Beaucoup trop belle.)
Céléna laissa échapper un léger rire avant de reprendre son sérieux.
Céléna Crimson : C’est adorable de ta part. Mais vois-tu aux yeux des elfes, mon apparence est une hérésie. Je suis une abomination de la nature.
Elle passa ses mains dans ses cheveux rouges, comme honteuse de leur couleur.
Riwalo laissa échapper un long soupir lassé.
Riwalo : On dit que les elfes sont un peuple sage. Mais en réalité ils sont aussi cons que les autres. Définir le statut social sur l’apparence, faut vraiment être dérangé dans le cerveau pour se dire que c’est une bonne idée.
Fripon : Sans vouloir casser l’ambiance, même si je suis d’accord avec Riwa. On va être à la bourre là ?
Céléna Crimson : Tu as raison.
Elle paya l’addition. Ce qui bien sûr lui fit gagner des points auprès de Riwalo.
Puis ils partirent tous trois vers l’arène. C’est en face de cette dernière qu’ils se séparèrent.
Céléna Crimson : Je vous laisse ici. Je dois rejoindre Sa Majesté et votre père à la loge royale. Rendez-vous directement dans les quartiers réservés aux combattants.
Elle leur pointa la direction avant de leur faire un signe de la main et de partir.
Les deux jumeaux se rendirent donc au lieu indiqué.
C’était un espace souterrain, froid, humide, diverses armes et armures étaient à disposition et l’ensemble des combattants était présent.
Aventurier : Vous vous êtes perdus les enfants ?
Fripon : Bah non on participe…
L’entièreté de la salle explosa de rire à l’exception de Marius. Un sourire rempli d’une arrogance assurée se dessina sur les lèvres de Riwalo.
Riwalo : Nous sommes donc 50… Tu te rends compte Fripon. On va pouvoir démolir l’égo de 24 personnes chacun avant de se rejoindre en finale.
Fripon : Bah non ? 50, c’est 50 ? Alors on va en éclater 50 ? Pas 24…
Riwalo et toute la salle restèrent silencieux quelques secondes.
Riwalo : Fripon… si c’est pour me foutre la honte en public comme ça, tu peux garder la bouche fermée ça m’arrangerait.
Fripon : Bah quoi ? Je ne comprends pas là, hein…
Riwalo : - perdant patience - Ta gueule Fripon… ta gueule…
Fripon : - désespéré - Marius, tu as compris toi ?
Marius D. : Mon cher Riwalo, je compatis sincèrement pour le manque d’élégance que t’inflige ton frère… Mon cher Fripon prends exemple sur moi tu—
Riwalo : Non ! Hum… Tu es très bien comme tu es mon frère d’amour.
Fripon manqua de vomir tout son repas…
Fripon : Je peux avoir des explications au moins ? Parce que là je comprends rien Riwa—
Mage-arbitre : Le premier combat du tournoi va commencer, Fripon Charlorieux contre Martine LutherQueen !
Fripon : … Martine quoi ?
Les deux garçons se regardèrent dans le blanc des yeux.
Fripon : MAIS C’EST QUOI CE NOM—
Il n’eut pas le temps de finir que Riwalo le poussa dans le couloir.
Riwalo : Descends. Avant qu’elle ne vienne te chercher elle-même.
Fripon déglutit, puis se força à marcher vers l’arène. Le sol vibrait sous les cris du public. La lumière du soleil frappait le sable doré, donnant à l’arène étoilée un éclat presque divin.
De l’autre côté, son adversaire entra. Une femme immense. Musclée. Armée d’un marteau qui semblait peser plus lourd que Fripon lui-même.
Elle leva son arme d’une seule main, comme si c’était une baguette.
Martine LutherQueen : J’espère que t’es solide, gamin car j’ai fait un rêve ! Et c’était quand je t’écrasais la tête avec mon marteau.
Fripon sentit son âme quitter son corps.
Fripon : (Pourquoi je me coltine tous les colosses du tournoi…)
Dans les tribunes, Riwalo croisa les bras, parfaitement détendu.
Riwalo : Elle a l’air lente. Ça devrait aller.
Céléna Crimson : Lente ? Tu as vu la taille de son marteau ?
Riwalo : Justement. Plus c’est gros, plus c’est prévisible.
Céléna haussa un sourcil, intriguée.
Céléna Crimson : Tu sembles confiant pour quelqu’un qui vient d’envoyer son frère à l’abattoir.
Riwalo : Il s’en sortira. Il a un cerveau… quelque part…
Dans l’arène, le mage‑arbitre leva la main.
Mage‑arbitre : Que le combat commence !
Martine chargea immédiatement. Le sol trembla sous ses pas.
Fripon : (COMMENT ELLE COURT SI VITE ?!)
Elle abattit son marteau et un impact monstrueux souleva un nuage de sable.
Riwalo plissa les yeux.
Riwalo : Il a esquivé.
Le nuage se dissipa. Fripon était derrière Martine.
Fripon : Tu m’as fait peur.
Martine se retourna lentement, un sourire carnassier aux lèvres.
Martine LutherQueen : Pas mal, gamin. Mais maintenant… on passe aux choses sérieuses.
Elle fit tournoyer son marteau. Le vent seul fit reculer Fripon de deux pas.
Fripon : Les choses sérieuses tu dis ? Pourquoi pas.
Martine bondit et le marteau s’abattit une seconde fois.

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