CHAPITRE 33 : Fripon part à la chasse au monstre

6 minutes de lecture

Pendant que Riwalo se faisait traîner à l’étage du palais royal, dans les quartiers d’Elemethia, Fripon, lui, rejoignit Vahélor à la sortie de la ville. Son père l’y attendait pour partir chasser des monstres.

Vahélor : Fripon ! Te voilà ! Prêt à démolir du monstre ?

Fripon : OH QUE OUI !

Vahélor : Mhm ? Ton frère n’est pas là ? Je ne l’ai pas clairement dit mais j’ai sous-entendu qu’il nous accompagne.

Fripon : Mère l’a traîné pour prendre le thé avec Céléna et la vieille.

Vahélor : La vieille ?

Fripon : Oui, tu sais, la reine.

Vahélor éclata de rire.

Vahélor : Si on m’avait un jour dit qu’Elemethia se ferait traiter de vieille…

Après quelques minutes de fou rire, Fripon et son père partirent en direction de la forêt à l’est.

Fripon : On va tuer quoi ?

Vahélor : Ce que l’on trouve. Je n’ai pas pris de quête. On est juste là pour s’amuser.

Fripon : - il gloussa - Riwa s’arracherait les cheveux en t’entendant. Lui qui cherche toujours à donner une raison à ce qu’il fait.

Vahélor : C’est vrai que je crois ne quasiment jamais l’avoir vu sourire.

Fripon : Je passe ma vie avec lui, donc ça se remarque un peu plus. Mais de manière générale, il n’exprime aucune émotion particulière.

Il se contente de son expression et de sa voix neutre. Le plus expressif qu’il donne, c’est soit quand il baille, soit quand il mange.

Vahélor : C’est vrai que là-dessus vous êtes deux opposés. Je n’ai jamais compris pourquoi il est comme ça. Avons-nous mal agi quand vous étiez petits ?

Fripon : Pas le moins du monde. Ça ne vient pas de vous. Au fond, il vous adore plus que tout au monde. Mais il refusera toujours de le montrer. Pour lui, les émotions sont vecteurs de faiblesse. Il ne suit que la logique. Même la morale, il ne l’applique que si elle suit la logique.

Vahélor : Je vois… Dans un sens, je comprends son point de vue. Il est vrai que dans beaucoup de situations, laisser nos émotions dicter notre vie est dangereux. Mais il devrait apprendre à aimer et se laisser aimer.

Fripon : - soupir - Ça, ce n’est pas près d’arriver.

Vahélor : Mhm… Et toi ? Comment vis-tu cette nouvelle vie ?

Fripon : Je trouve ça trop fun ! On découvre plein de trucs et on s’amuse bien. Sauf quand la vieille est là…

Vahélor : Mhm ? Que veux-tu dire ?

Fripon : Elle ne vous l’a pas dit ? Elle veut faire de nous des espions et des assassins.

Vahélor se figea net.

Vahélor : Pardon ? Il est absolument hors de question que mes enfants se souillent les mains.

Fripon : Riwa a déjà négocié avec elle. Pour faire en sorte qu’il soit le seul à recevoir ce genre d’ordre.

Vahélor : Même. Vous êtes des enfants. Vous n’avez pas à faire le travail des adultes. J’en parlerai à Elemethia.

Fripon et Vahélor reprirent leur marche en parlant de tout et de rien. Ils arrivèrent à la forêt et commencèrent à chercher des monstres à éliminer.

C’est après une vingtaine de minutes qu’ils trouvèrent un petit groupe de gobelins.

Vahélor : - chuchote - Heureusement qu’Ali n’est pas là… Elle serait capable de raser la forêt juste pour être sûre de les avoir tués…

Fripon : - murmure en retour - Je n’ai jamais compris pourquoi elle les détestait autant.

Vahélor : Quand ta mère était petite, son village a été attaqué par des gobelins. Elle y a perdu sa petite sœur. Depuis, elle éradi… euh… elle élimine tous les gobelins qu’elle croise.

Fripon : Oh… Je vois… Dans ce cas ! Terramancie rudimentaire : Rock Arrow !

Fripon invoqua trois flèches en pierre. Chacune transperça la tête d’un gobelin.

Vahélor : Tu as amélioré ta précision, bien joué.

Fripon : Grâce à tes séances de torture et l’insistance de Riwa, ouais j’ai travaillé dessus.

Vahélor rigola quand Fripon compara ses entraînements à des “séances de torture”.

Ils poursuivirent ainsi leurs recherches.

Fripon : Tu sais père, quand j’étais petit je pensais juste que tu étais quelqu’un de très strict et terrifiant… Mais avec du recul, tu as toujours fait de ton mieux pour nous depuis notre naissance. Et encore aujourd’hui on passe du temps ensemble en rigolant. Alors… Merci beaucoup !

Les yeux de Vahélor s’humidifièrent mais il retint ses larmes, tapotant gentiment la tête de Fripon.

Vahélor : Ton frère et toi, vous serez et resterez toujours ma plus grande fierté et mes plus grands trésors. Au-delà de votre talent incroyable. Je parle en tant qu’êtres humains.

Tu fais souvent l’imbécile, mais tu as un grand cœur, tu n’hésites pas à protéger ou aider ceux qui en ont besoin. Ton frère aussi, derrière sa froideur se cache un grand cœur. Ça se voit particulièrement avec Céléna. Il donne l’impression de l’éviter, mais contrairement à d’habitude, il ne surveille pas ses moindres faits et gestes dû à la confiance qu’il lui accorde.

Il leva les yeux au ciel, inspirant profondément.

Vahélor : Toi et ton frère deviendrez des hommes forts, justes et admirables. Je n’en doute pas une seconde. J’ai hâte de vous voir grandir.

Cette fois, c’est Fripon qui était au bord des larmes.

Fripon : - retenant ses larmes - Finalement je préfère quand tu es un papa terrifiant, au moins je pleure pas.

Ils explosèrent tous deux de rire en continuant d’avancer.

Leur chasse continua. Ils rencontrèrent principalement des gobelins et des orcs, qu’ils affrontèrent sans grande difficulté.

Vahélor profita de ce temps pour donner des conseils à Fripon et même lui montrer quelques techniques supplémentaires.

Mais au-delà de ça, ils profitèrent surtout d’un moment père-fils.

Depuis leurs 5 ans, les jumeaux passaient leurs journées à s’entraîner. Bien que ce soit aux côtés d’Aliénore et Vahélor, cela avait laissé peu de place pour des moments familiaux.

Fripon et Vahélor avaient une complicité naturelle due à leur tempérament similaire. Et cette après-midi en forêt renforça drastiquement les liens de cette famille. Après tout, Fripon le savait bien : dans ce nouveau monde, Riwalo, Aliénore, Vahélor et plus récemment Céléna étaient tout ce qu’il avait.

Fripon : Père, je deviendrai fort. Beaucoup plus que maintenant. Je veux protéger les gens que j’aime au maximum.

Vahélor sourit et donna une tape dans le dos de Fripon.

Vahélor : Te sens pas trop pousser des ailes, gamin ! Tu es encore bien loin de mon niveau !

Fripon : - s’agaçant instantanément - C’est moi que tu traites de gamin ?! Tu t’es vu ?! Tu as déjà les cheveux blancs, le vieux !

Vahélor : C’est moi que tu traites de vieux ?! Je suis né avec les cheveux de cette couleur ! Et toi aussi je te rappelle !

Fripon : Mais moi au moins on n’a pas l’impression que j’ai 80 ans !

Vahélor : Espèce de sale petit… !

Les deux commencèrent à échanger des coups, transformant la partie de chasse en un règlement de comptes.

Mais derrière leurs expressions de colère, il n’y avait aucune animosité. Et ils le savaient tous les deux. C’était hum… leur manière de se dire “je t’aime” ?

Et c’est ainsi que se poursuivit le reste de l’après-midi. Ils s’affrontèrent jusqu’à ce que le ciel soit orangé. Ce n’est qu’après qu’ils se mirent en direction de la ville.

Mais revenons un peu plus tôt, en début d’après-midi, juste après que Fripon eut quitté le palais.

Car oui, de son côté, le pauvre Riwalo se faisait traîner comme une serpillière au premier étage du palais où se trouvaient les quartiers d’Elemethia.

Le voyage fut douloureux, car même dans les escaliers, Aliénore n’eut en aucun cas la bonté de le porter. Le pauvre fessier de notre Riwa dut encaisser le choc des 57 marches jusqu’à l’étage.

C’est après cette longue agonie qu’ils arrivèrent dans l’immense chambre de la reine.

La pièce était luxuriante : un immense lit à baldaquin avec des draps en soie, un chandelier de cristal au plafond, trois énormes fenêtres ornées de rideaux de soie, et une grande quantité de meubles en bois massif aux poignées et angles en or pur. Sans parler bien sûr de tous les tableaux, vases et bibelots clinquants qui décoraient la chambre.

Il y avait même une porte menant à une salle de bain privée.

Céléna et Elemethia prirent place autour d’une table ronde. Aliénore déposa Riwalo sur l’une des chaises avant de s’installer elle-même.

Une théière fumante dégageant un doux arôme de jasmin était posée au centre de la table, ainsi que quatre tasses et sous-tasses. Du sucre et un plateau à étages rempli de gourmandises étaient également à disposition.

Elemethia Sardonovak : Ça faisait tellement longtemps que l’on ne s’était pas fait ce genre de moment, Ali !

Aliénore : C’est vrai que ça m’avait manqué. Je suis contente que Céléna puisse être avec nous.

Les deux femmes se faisaient face, pendant que Céléna, elle, faisait face à Riwalo.

Céléna Crimson : J’en suis ravie également !

Riwalo : Je compte pour du beurre ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Les deux Otakus ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0