CHAPITRE 37 : La reprise du tournois

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Le mana de Fripon était légèrement perceptible. On le remarquait plus que celui de Riwalo, mais cela restait impressionnant par rapport au départ.

Riwalo observa un instant, bras croisés, l’air concentré.

Puis, pour la première fois depuis le début de l'entraînement, il esquissa un vrai sourire.

Riwalo : C’est bien Fripon. - le regardant de haut en bas - Tu progresses.

Fripon ouvrit grand les yeux, comme si on venait de lui annoncer qu’il avait gagné un royaume.

Fripon : Attends… tu viens de me féliciter ?

Riwalo : Oui. Tu as enfin réussi à stabiliser ton mana plus de dix secondes. C’est un exploit, venant de toi.

Fripon gonfla la poitrine, fier comme jamais.

Fripon : JE LE SAVAIS ! JE SUIS UN GÉNIE ! REGARDE RIWA, JE VAIS FAIRE ENCORE MIEUX—

Riwalo : Fripon attends, ne relâche pas tout d’un coup– Trop tard…

Fripon, surexcité par le compliment, perdit toute concentration. Son mana se libéra d’un seul coup, comme une vague rouge bordeaux qui explosa dans toute la pièce.

Un BOUM assourdissant fit trembler l’auberge entière. Le sol vibra. Les murs tremblèrent. La fenêtre vola en éclats. Le plafond se fissura. Et la chambre…

La chambre disparut dans un nuage de fumée noire.

Riwalo se retrouva plaqué contre le mur, les cheveux dressés comme s’il avait pris la foudre. Fripon, lui, était assis au milieu des décombres, un sourire idiot sur le visage.

Fripon : … J’ai fait un truc cool, non ?

Riwalo : FRIPON ! JE T’AVAIS DIT DE NE PAS—

La porte (ou ce qu’il en restait) s’ouvrit violemment. L’aubergiste apparut. Rouge. Essoufflé. Les veines du front prêtes à exploser. Il regarda la chambre… puis les jumeaux… puis le reste de la chambre… puis les jumeaux.

Aubergiste : QU’EST-CE QUE VOUS AVEZ FAIT ?!

Fripon pointa immédiatement Riwalo du doigt.

Fripon : C’EST LUI !

L’aubergiste avança d’un pas, tremblant de rage.

Aubergiste : Ma chambre… MA CHAMBRE ! Vous avez fait exploser MA CHAMBRE ! Vous croyez que je suis riche ?! Vous croyez que les murs repoussent tout seuls ?!

Riwalo se jeta littéralement au sol, en position de supplication.

Riwalo : JE SUIS DÉSOLÉ ! VRAIMENT ! JE SUIS TERRIBLEMENT DÉSOLÉ ! ON VA REMBOURSER ! JE VAIS REMBOURSER ! JE VAIS TRAVAILLER ! JE VAIS FAIRE LA VAISSELLE ! JE VAIS NETTOYER LES ÉCURIES ! JE VAIS—

Fripon se cacha derrière lui, son aura rouge bordeaux flamboyant toujours autant.

Fripon : Riwa protège-moi il va me tuer—

Aubergiste : TOI ! LE ROUGE ! APPROCHE ICI QUE JE T’ÉTRANGLE !

Fripon : RIWA SAUVE-MOI !!

Riwalo : MAIS C’EST TOI QUI AS TOUT FAIT EXPLOSER !!

Fripon : TU M’AS FÉLICITÉ, C’EST TA FAUTE !!

Riwalo : COMMENT ÇA C’EST MA FAUTE ?!

Aubergiste : JE VAIS VOUS METTRE À LA PORTE ! VOUS ET VOS EXPLOSIONS ! PLUS JAMAIS ! PLUS JAMAIS DANS MON AUBERGE !!

Riwalo se prosterna encore plus bas.

Riwalo : Pardon ! Pardon ! Pardon ! On va réparer ! On va payer ! On va tout refaire ! Je vous en supplie, ne nous jetez pas dehors !

Fripon hocha la tête derrière lui.

Fripon : Oui monsieur l’aubergiste, pardon monsieur l’aubergiste, c’est Riwa qui m’a stressé monsieur l’aubergiste !

Riwalo : FRIPON JE TE JURE QUE JE VAIS TE TUER.

Aubergiste : DEHORS ! DANS LE COULOIR ! MAINTENANT ! JE VAIS CHERCHER LA CAUTION DE LA CHAMBRE !

Les deux frères sortirent en courant, poursuivis par les hurlements de l’aubergiste, ce dernier partant à la recherche du contrat concernant les dégâts causés par des tierces personnes habitant dans le foyer loué.

Ce contrat stipulait que si les locataires faisaient des dégâts à la chambre, à l’auberge ou au jardin de celle-ci, alors ils se devaient de rembourser.

En cas de manque de moyens, ils pouvaient être vendus comme esclaves, ou alors travailler pour l’auberge en contribuant par des travaux et en ayant une dette de remboursement par la suite.

Aubergiste : Vous savez ce qu’il vous reste à faire maintenant.

Riwalo : Nous sommes en manque d’argent, mais nous travaillerons pour vous et nous reconstruirons tout ce que nous avons détruit !

Fripon : Oui ! On réparera tout !

Aubergiste : Vu votre incompétence, je vais surtout vous vendre en tant qu’esclaves !

Fripon : HEIN ?! MAIS VOUS ÊTES MALADE ?!

Riwalo : Fripon ferme là ! (Merde… On ne peut clairement pas se permettre de finir comme ça.)

Aubergiste : Bien, préparez vos affaires je vous y emmène sur-le-champ !

Riwalo reprit instantanément son sérieux. Il comprit qu’agir comme un gamin qui se sent coupable ne servirait à rien.

Riwalo : Monsieur l’aubergiste, combien coûterait un dédommagement ?

Aubergiste : Vu les dégâts, au moins une quarantaine de pièces d’or.

Fripon : QUOI ?! TOUT ÇA POUR CE TAUDIS ?!

Riwalo : LA FERME ! Hum– Nous participons à un tournoi. Dans moins de 3 jours nous aurons la confirmation d’une potentielle rentrée d’argent qui suffirait à couvrir les dommages. Je vous propose donc l’accord suivant que je peux même signer : si dans 3 jours on vous rembourse l’histoire est oubliée. Si ce n’est pas le cas vous nous vendrez comme esclaves.

Aubergiste : - réfléchissant - C’est honnête… Mais je rajoute une condition ! Pour la journée d’aujourd’hui et de demain vous êtes de corvée pour nettoyer et réparer les dégâts.

Riwalo : (RIP nos jours de pause…) C’est d’accord !

Et après deux jours à suer sang et eau pour reconstruire chaque tuile, chaque mur et chaque latte du plancher. Après avoir dormi à même le sol poussiéreux d’une chambre à moitié effondrée, les cheveux pleins de gravats et les muscles en feu. Les deux frères, épuisés, couverts de bleus, mais miraculeusement encore vivants, purent enfin quitter l’auberge, laissant derrière eux l’odeur de cendre, la colère et le traumatisme d’un aubergiste pour retourner là où sable, poussière et mauvaise odeur s’entremêlent, le tournoi !

Ça y est ! Le jour des demi-finales est arrivé ! Nos jumeaux marchèrent avec énergie… Euh… Non… Avec épuisement vers l’arène. Et quand ils arrivèrent enfin à destination, là où leurs deux parents et Céléna les attendaient. Ce n’est pas deux adolescents prêts à en découdre qui se présentèrent… Mais deux tas de chair lessivés.

Aliénore : Euh… Ça va vous deux…?

Vahélor : Vous avez subi un sort de nécromancie ou quoi ?

Céléna Crimson : Ou vous avez fait une énième connerie ?

Riwalo : - soupirant - Fripon a fait sauter la chambre de l’auberge… On a passé deux jours à la réparer…

Fripon : C’est ta faute ! C’est toi qui m’as dit de m’entraîner !

Riwalo : Il y a une différence entre entraînement et bombardement connard ! - soupir - Laisse tomber…

Aliénore : Parfois je me demande si vous êtes vraiment mes enfants…

Riwalo et Fripon : (Si tu savais…)

Vahélor : C’est pas grave ! L’entraînement passe avant tout !

Aliénore écrasa violemment le pied de Vahélor, qui se mit à sautiller de douleur. Pendant ce temps Céléna était discrètement passée derrière les jumeaux. Elle tenta de caresser la tête de Riwalo mais ce dernier, habilement, reprit sa position de chat derrière sa mère.

Riwalo : Même pas en rêve !

Céléna Crimson : - sourit - Si tu as assez d’énergie pour esquiver mes attaques surprises, alors ce tournoi sera une formalité.

Aliénore : - plissant les yeux - Dites-moi vous deux… Je vous trouve bien proches…

Fripon : Normal ils ont—

Riwalo lança un sort de glace sur la bouche de Fripon.

Riwalo : On s’est croisés par hasard et on a discuté. Rien de plus. Nous entretenons une relation purement professionnelle. - dit-il froidement -

Céléna Crimson : - marquant une hésitation - Oui, purement professionnelle.

Riwalo : On a perdu du temps, on va être en retard. Allons-y.

Riwalo tourna les talons et se dirigea vers les gradins. Fripon lui emboîta le pas en essayant de retirer la glace qui lui liait les lèvres. Céléna les rejoignit, tandis que les parents retournèrent dans les loges royales aux côtés des chefs de famille et d’Elemethia, la chaise de Razan Dante étant vide.

Les demi-finales commencent ! Premier combat : Fripon Charlorieux VS Marius Darvot !

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