CHAPITRE 42 : Yuri Mercury
La reine s’approcha de Riwalo et lui serra la main sous les acclamations de la foule. Il put ensuite échanger quelques mots et des poignées de main avec les différents chefs de famille, ce qui prit un certain temps.
Elemethia Sardonovak : Riwalo Charlorieux. Toutes mes félicitations pour cette magnifique victoire. Votre combat honore la dignité et la force de Sardon. Ton nom sera donc inscrit sur le mémorial des grands vainqueurs de cette arène.
Et bien évidemment, voici ta récompense. Crimson.
Céléna s’avança et tendit à Riwalo une bourse de 200 pièces d’or. Puis elle s’inclina humblement et retourna aux côtés d’Elemethia.
La reine porta ensuite deux doigts à son cou et murmura une incantation. Sa voix fut soudainement amplifiée pour que toute l’arène puisse l’entendre.
Elemethia Sardonovak : Mes chers concitoyens ! Merci à tous pour votre présence durant ce magnifique tournoi ! C’est en cette fin de finale que je le clôture officiellement et vous donne rendez-vous pour de prochains jeux !
Le public se mit à applaudir la reine avant de commencer à quitter les gradins et rentrer chez eux. Les chefs de famille quittèrent également l’arène.
Elemethia Sardonovak : Riwalo, Fripon, prenez le temps de vous reposer quelques minutes. Ensuite rejoignez-moi au palais, nous y retrouverons vos parents. Vous pourrez y prendre un bon repas et y passer la nuit. Céléna se chargera de votre escorte jusque-là.
Céléna Crimson : Bien, votre majesté. - s’incline respectueusement -
Elemethia fit volte-face et quitta l’arène sans ajouter un mot, suivie de près par sa garde rapprochée.
Céléna Crimson : Suivez-moi tous les deux.
Fripon et Riwalo : Oui !
Ils quittèrent à leur tour le bâtiment pour s’asseoir dans l’herbe un peu plus loin, au pied d’un arbre. La nuit étant pleinement installée, reflétant des étoiles dans le ciel sombre.
Céléna Crimson : Félicitations à vous pour ce combat, il était magnifique.
Fripon : Oui bah j’ai quand même perdu…
Elle rigola légèrement et tapota la tête de Fripon.
Céléna Crimson : Allons, ne le prends pas comme ça. Tu as livré un beau match qui a été serré. N’est-ce pas Riwalo ?
Aucune réponse. Riwalo était dans ses pensées, en train de scruter l’océan étoilé au-dessus de lui.
Fripon : Hé ho ! Riwa ! On te parle ! - lui pince les côtes -
Riwalo : Aïe ! Hein ? Quoi, qu’est-ce qu’il y a ?
Fripon : Laisse tomber…
Céléna Crimson : Tu repenses à ton combat contre ce Frédéric ? Je me doute que ça doit te faire un sacré choc de tuer quelqu’un…
Riwalo : Le tuer m’est royalement égal. Mais oui, je repensais à notre combat.
Céléna Crimson : Je vous ai vus discuter avant le début du match, c’est en lien ?
Riwalo : Oui. Mais je dois juste trop réfléchir. Il est mort, ça n’a plus d’importance. (Même si l’implication de l’Empire est certaine, inutile d’en parler. Je vais me retrouver mêlé à de nouveaux problèmes et adieu ma liberté.)
Fripon : On va au palais ? Je meurs de faim…
Céléna Crimson : Tu as raison, vos parents et la reine doivent vous attendre.
Riwalo : Au fait. La reine, tout à l’heure, a utilisé de la magie du son non ? Comment on l’obtient ?
Céléna Crimson : De ce que je sais, il s’agit de l’hérédité de la magie du vent.
Fripon : Quoi, elle a une hérédité ?! Elle est plus forte que ce que je pensais la vieille…
Riwalo : Pas forcément. Elle est formée au combat mais ce n’est pas une combattante. Elle a surtout un bon niveau de maîtrise, pas nécessairement de la puissance brute.
Céléna Crimson : En effet. En termes de combat pur, je ne pense pas qu’elle pourrait gagner contre vous.
Riwalo : (Intéressant… Je prends note. En cas de pépin, cette infériorité pourrait me servir.)
Ils se dirigèrent alors tous trois vers le palais. Après quelques minutes de marche, ils y arrivèrent enfin. Ils entrèrent et Céléna les guida vers une salle de bain à l’étage pour qu’ils puissent se laver.
Ce n’est qu’après qu’ils descendirent dans la grande salle à manger où Elemethia et leurs parents les attendaient.
Céléna se plaça derrière la reine, quant aux jumeaux, ils s’installèrent à table et le repas commença. Une grande quantité de plats était servie, bien plus que nécessaire. Ce n’est qu’au milieu de ce dîner qu’Elemethia prit la parole.
Elemethia Sardonovak : Céléna, peux-tu me rappeler la date du jour je te prie.
Céléna Crimson : Bien sûr. Nous sommes le 26ᵉ jour du 12ᵉ mois de l’an 999 de l’ère Taurine.
Une année en ce monde était divisée en 12 mois, chacun de 30 jours. Soit une année de 360 jours. Soit 5,25 jours plus courte que sur Terre.
Elemethia Sardonovak : Déjà ? Dans ce cas, Riwalo, Fripon, vous vous mettrez en route pour l’académie demain en fin de matinée. Car l’année d’étude là-bas commence le premier jour du premier mois. Et il vous faudra bien 3 jours de route pour vous y rendre en calèche.
Riwalo : Sans problème. - finissant son repas -
Fripon : Déjà ?! Mais… On ne peut jamais souffler…
Riwalo : Arrête de te plaindre. Au fait Céléna, je n’aurai pas le temps d’y passer. Pourras-tu remettre ceci à l’aubergiste de là où nous dormions avec Fripon ?
Il sortit une bourse contenant une quarantaine de pièces d’or et la lança à Céléna.
Riwalo : C’est la caution qu’on lui doit.
Céléna Crimson : - attrape la bourse - Oui, sans problème.
Fripon : Père ? Mère ? Ça va ? Vous n’avez pas dit un mot du repas.
Aliénore et Vahélor : Oui, oui, ça va.
Elemethia laissa échapper un léger rire cristallin.
Elemethia Sardonovak : Ne faites pas attention à eux. Ils sont juste vexés que vous alliez à l’académie.
Fripon : Hein ? Pourquoi ?
Aliénore : - faisant la moue - Si vous allez à l’académie, c’est que ce que l’on vous a appris n’est pas assez bien…
Riwalo : Pas du tout mère. Le savoir que vous et père nous avez transmis nous a été indispensable. Sans ça, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Mais le monde ne s’ouvre pas à nous quand on reste assis dans son fauteuil chez soi. Il est dehors. Et pour le découvrir, il faut savoir aller plus loin que nos acquis.
Tout le monde sourit aux paroles de Riwalo.
Vahélor : Tu as bien raison mon fils. Découvrez ce monde passionnant. Je suis sûr que l’académie vous donnera envie de repousser les frontières de ce que vous connaissez.
Aliénore : Et soyez prudents, pas de folies, on vous connaît.
Tout le monde rigola de bon cœur et le repas se finit ainsi. C’est après cette éprouvante journée que tout le monde alla se coucher dans les chambres luxueuses du palais.
Ce n’est que le lendemain matin, sous un beau ciel bleu et au chant des oiseaux, que Fripon finit de préparer ses affaires avant de descendre dans le grand hall du palais où ses parents l’attendaient.
Fripon : Je ne sais pas où est Riwalo… Il va nous mettre en retard.
Aliénore : Ne t’inquiète pas pour ça, Riwalo est déjà prêt. Monte vite dans la calèche.
Fripon : Ah… D’accord.
Fripon enlaça une dernière fois ses parents tendrement. Puis il prit sa valise et sortit du palais. Devant lui se trouvait une ravissante calèche tirée par quatre chevaux blancs.
??? : Jeune maître ? Êtes-vous prêt à partir ?
Fripon tourna la tête et vit un jeune garçon au teint pâle, des cheveux noirs, courts sur les côtés et un peu plus longs sur le dessus, lui retombant en bataille sur le front. Ses yeux d’un bleu royal profond perçaient à travers n’importe quel regard.
Il était vêtu d’une paire de chaussures en cuir blanches à semelles noires. Un pantalon de smoking noir, d’une ceinture et d’une chemise à col cassé de même couleur. Un gilet de costume blanc orné d’une petite chaîne dorée partant du bouton le plus bas jusqu’au pantalon. Sans oublier une veste blanche en queue de pie et une cravate de couleur identique passant sous le gilet.
Le jeune garçon posa sa main droite sur son cœur, sa main gauche dans le dos et s’inclina humblement.
Yuri Mercury : Je me présente, je me nomme Yuri Mercury, et j’aurai l’honneur d’être votre majordome durant votre séjour à l’académie. Enchanté.
Il se redressa, un sourire aux lèvres, et invita Fripon à monter dans la calèche. Ce dernier, complètement perdu, s’exécuta. Le nouveau majordome monta à son tour, s’installa sur la banquette en face de Fripon et ferma la porte. La calèche partit alors, quittant la ville de Vardecia en direction de l’Académie de Magie.
Fripon : Attends une seconde… Riwalo ?! C’est toi ?!
Yuri Mercury : Évidemment que c’est moi. Tu ne te souviens pas de ce que l’on avait dit la dernière fois ? Pour que ce ne soit pas suspect, seul toi iras à l’académie. Moi, je ne suis que ton humble majordome.
Fripon : Ah oui c’est vrai !
Riwalo s’accouda à la fenêtre de la calèche, posant sa joue contre son poing.
Yuri Mercury : Le trajet va être long. Je vais en profiter pour te faire un briefing alors écoute bien.
Fripon : Okay !
Et c’est ainsi que le voyage vers une nouvelle aventure commença. Il était temps pour nos deux jumeaux de redevenir des élèves. Eux qui étaient si heureux de ne pas avoir école en ce monde… C’est raté.

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