CHAPITRE 1
Putain de réveil, je lui donne un grand coup, il s'envole dans une trajectoire presque parfaite pour finalement exploser en un "crac" sonore, il a surement dû atterrir contre le mur de ma chambre avec brio, enfin du calme. Une, deux ou peut être trois heures s'écoulent, j'ai perdu la notion du temps, je finis par me réveiller naturellement, sans oublier bien sûr de grogner sur le fait qu'il est trop tôt, et commence à me préparer pour le lycée. J'ouvre le frigo et prends le premier truc pour l'enfourner dans ma bouche, mmh c'était un cupcake, pour finalement prendre mon casque et me ruer vers ma moto. Je le mets et démarre pied au plancher, direction la prison aussi appelée « lycée ». Aujourd'hui, c'est la rentrée, la bonne nouvelle c'est un seul cours pour définir les classes, la mauvaise, c'est qu'il faut y aller pour une heure et connaître le prof principal, en regardant ma montre au feux rouge je vois 8h20... j'suis en retard !
Je zigzague entre les épaves qui servent de bagnoles aux chers citoyens de ma ravissante ville, maudite bagnoles. Quand au loin, je perçoit des sirènes de police, oh oh c'est pour moi ça je le sens. Mes doutes sont vérifiés quand j'entends le flic crier dans son microphone
- Kiara, gares toi, hurle-t-il
Plutôt crevée! Je m'élance à toute vitesse dans la ville, je préfère être en retard que en garde à vue. Le flic me suit et me rattrape vite. Mais brusquement, je m'engage dans une ruelle étroites qui pue la clope et la coke. Plusieurs bouteilles trainent par terre signe de la récente visite des alcoolo. Je m'avance prudemment, je suis pas débile pour m'aventurer dans le repère de tous les drogués et alcooliques du coin. J'entends le flic crier au loin
- Je t'aurais la prochaine fois!
Mais bien sûr! J'accélère et me retrouve enfin devant le bahut, j'ai tellement pas envie...
Une fois garée, j'avance, sans me presser bien sûr, dans les couloirs complètement vides. Je suis en retard, encore, mais pourquoi changer les habitudes après tout?
J'ouvre la porte, sans toquer bien sûr, et toutes les têtes se retournent vers moi en même temps, wow bravo la synchronisation. Je reste là, sourire arrogant scotché au visage, casque encore sous le bras et les cheveux en bataille à cause de celui-ci.
Le prof de maths, monsieur Fernandez, me fixe comme tous les autres élèves. Je crois qu'il attend quelque chose. Mais quoi ?
-Mademoiselle Kiara, vous n'avez rien à dire ? me questionne-t-il
-Bah non, répondais-je avec détachement
-« Excusez-moi du retard », non ? lança-t-il en imitant ma voix
-Ah oui, j'avais oublié et heureusement que vous êtes prof parce que vous n'auriez sûrement pas percé en tant qu'humoriste
-Allez vous asseoir, Kiara, me dit il visiblement irrité en désignant une place au fond, on dirait qu'il ne m'apprécie pas beaucoup
-Comme vous voudrez.
Sur ces mots, je traine des pieds jusqu'au fond de la classe, fais grincer ma chaise avant de finalement m'assoir et malgré le temps de sommeil en plus de ce matin, je me sens retomber dans les bras de Morphée, trop épuisée pour résister je me laisse glisser vers les profondeurs du sommeil sans honte.
Je sens des regards vers moi curieux ou alors outrée, ceux des autres élèves, mais je m'en fous, leurs avis m'indiffèrent.
-À votre tour, Kiara, lance la voix grave et profonde de monsieur Fernandez
Je me sens émerger des tréfonds des ténèbres du sommeil à l'entente de mon nom, wow c'est euh comment on dit déjà ah oui poétique, très poétique Kiara bravo. Mais brusquement un truc me percute en pleine tête sans que je sache pourquoi, je lève la tête pour voir d'où viens le projectile et vois que celui ci est un feutre, bizarrement Fernandez a l'air plutôt fier. Connard
-Présentez-vous, me demande-t-il sans aucune politesse, bon j'ai pas été très polie aussi mais c'est pas une raison
-Ah, ok.
-Faites vite, m'ordonne-t-il d'un ton qui n'admettait aucune négation
-Y'a pas le feu, finis je par dire en baillant fortement par mon réveil précipité
Mr Fernandez soupire de nouveau, je pense qu'il est dépité le pauvre je devrais commencer moins fort, n'importe quoi on viens juste de commencer, ce qui me fait sourire de toute mes dents.
---Kiara:1 Prof relou Fernandez:0----
-Bon, salut tout le monde. Vous me connaissez tous, moi c'est Kiara Lopez et je suis née à Madrid. Je suis une fille basique, j'aime pas les cours, je sais ma valeur, je me laisse pas marcher dessus donc faites gaffe. Sinon, je suis assez désintéressée du regard des autres donc dites ce que vous voulez tant que je vous chope pas ça va.
Je me rassieds calmement et me laisse encore, oui j'aime dormir, porter dans le monde des rêves...ou des cauchemars.
Soudain, une main se pose sur mon épaule me tirant des bras de Morphée.
-Désolé, je ne voulais pas te réveiller si brusquement.
-Pourquoi y a personne ? demandais je incrédule
-Le cours est terminé, me répond-t-il
À l'entente de ces quatre mots, une joie immense m'envahit, je prends vite mon casque et sors en trombe sans même laisser Fernandez réagir. Je cours dans les couloirs à présents déserts, passant devant un surveillant à qui je fais un doigt, je le regretterais surement demain mais tant pis. One life! Et monte sur ma moto et me mets à rouler vite, trop vite. Le trajet a étais rapide cette fois, je regarde mon tel, wow seulement cinq minutes comparé aux dix minutes habituels. Nouveau records de vitesse. Je ne m'arrête pas jusqu'à cet endroit. Mon endroit.
Je gare la moto et entre dans la salle, mais pas n'importe laquelle : la salle de boxe. Je jette négligemment mon sac de cours dans un coin, si on le vole bah tant pis les gars, pas le temps pour les commodités. Je reste donc dans mes vêtements de cours et me dirige vers les sacs de frappes, cette journée a été longue alors qu'il n'y avait que deux heures de cours alors imaginez du 8h 18h, je suis pas d'accord. Ca me soule de fou tout ça.
J'enfile mes gants et frappe. Fort. Fort. Encore et encore.
Pendant de longues minutes, je continue, de plus en plus fort à chaque fois. Le sac tangue a chaque coup. Il encaisse avec brio chaque uppercut. J'ai l'impression que mes doigts se broient à chaque enchainements. Mais je continue, je crois que le sac peux se déchirer d'une minute à l'autre mais pour l'instant il tient bon.
Quand, après quelques heures, je sens enfin la fatigue, je m'arrête et soudain j'entends des acclamations venant du ring. Il doit y avoir un combat.
-C'est qui lui, crie quelqu'un dans la foule que je reconnais comme Shawn, un gars qui vient souvent
-Il fout quoi ici? crie un autre que je reconnais direct c'est Ash, le frère de Sabrina, ma voisine.
-Il est plaisant à voir, dit une femme près de moi
-Il veut se battre avec Alexander, hurle la foule en cœur, encouragé par les cris de Shawn et Ash.
De base, je ne regarde pas les combats, ça m'ennuie mais bizarrement je me mets à regarder à la fois intriguée par les cris de la foule et comme attirée vers le ring, je m'avance dans les première place et là, je distingue deux hommes:
A gauche, nous avons Alexander, un jeune grec nous venant d'Athènes. Il est grand, un bon mètre quatre-vingt dix. Il est assez balaise et matte de peau. Je le connais rapidement, il est assez sympa mais trop arrogant pour moi, si même moi je le trouve arrogant c'est que c'est vraiment excessive.
A droite, nous avons un mec masqué, il est bizarre lui. Il est grand, un petit plus grand qu'Alexander. Il est matte lui aussi et a les yeux verts, il ressemble aux miens. Je pense le connaitre, une impression de déjà vu m'envahit. Mais où?
Alexander, le boxeur le plus fort et le plus ancien de la salle, je peux pas le voir en peinture, il est trop hautain pour que je puisse ne serait ce que le supporter. Oui encore des défauts, il est rempli de vices ce gosse.
Le combat commence et l'homme masqué donne quelques coups « amicaux », puis soudain il s'arrête. Il reste là. Immobile. À me regarder.

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