Des abords animés - Partie 1

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 Andromeda courait à travers les arbres en retenant le bas de sa robe longue pour éviter de marcher dessus. Enfin, courir est un bien grand mot. Disons plutôt qu'elle trottinait. Elle n'avait jamais été une grande sportive. Cela tenait sans doute à son caractère indolent. Certains l'auraient plutôt qualifiée de feignante. Mais elle s'enorgueillissait souvent de son économie de gestes inutiles. Par exemple, elle ne comprenait pas l'utilité de la course à pied. Pour le sport ? Elle n'avait aucune envie d'être mise en compétition avec d'autres pour le simple plaisir d'établir un classement. Non vraiment, à moins que sa vie ne soit en danger, elle ne comprenait pas qu'on fasse le choix de courir alors que marcher lentement aboutissait au même résultat. Seulement voilà, elle était aujourd'hui en danger, et sans s'être jamais entraînée, elle était incapable de courir convenablement, alors même que sa vie en dépendait.

 À cette pensée qui lui semblait absurde, Andromeda fut prise d'un rire nerveux, qui se transforma rapidement en point de côté. Elle ralentit l'allure jusqu'à s'arrêter complètement et s'appuya de son bras contre le tronc le plus proche pour reprendre son souffle.

« - Dans quoi est-ce que je me suis encore fourrée moi ? se demanda-t-elle à voix haute en haletant. Tout ça à cause de ce foutu sac ! »

 Elle donna une tape agacée sur la besace accrochée à sa ceinture. C'était une simple sacoche de tissu dont l'ouverture pouvait être serrée par un cordon. Elle aurait eut l'air tout à fait banale s'il n'y avait eu ses couleurs criardes : le tissu était zinzolin et brodé d'étoiles argentées, et le cordon était doré. Ce style bigarré s'accordait – autant qu'il jurait paradoxalement – avec l'aspect chamarré de sa robe. En effet, cette dernière présentait les mêmes motifs d'étoiles, auxquels elle ajoutait des croissants de lunes du même acabit, mais son tissu rouge vif insultait carrément la sensibilité des esthètes. Et en cet instant précis ruinait totalement les espoirs de camouflage de Andromeda.

 La jeune femme entendit justement à ce moment-là un grognement à quelques dizaines de mètres en arrière. Elle se jeta au sol et percuta violemment une des racines de l'arbre. Réprimant un juron, elle se plaqua rapidement contre le tronc et tenta de ralentir son souffle, afin de faire le moins de bruit possible. Après quelques minutes de silence, elle se détendit et relâcha les muscles de son corps tendu. Elle tenta également pour la vingtième fois de la journée de faire un revers avec ses larges manches évasées. Le tissu souple lui glissa dans les doigts et elle perdit patience, prenant sa tête dans ses mains, étouffant un cri de rage dans ses paumes et battant frénétiquement des pieds sur le sol d'humus. Elle tira ensuite à nouveau sur sa besace, beaucoup plus fort cette fois, mais cette dernière resta résolument à sa place.

 Car Andromeda n'avait pas choisi de porter cette tenue si particulière.

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