Chapitre 24

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Assis contre la tête de lit, les coussins dans le bas du dos pour être plus confortable, Kim tenait la non-voyante contre lui, à demi-nue.

Il lui avait retiré son t-shirt beaucoup trop grand et son short de pyjama pour ne lui laisser entrevoir, avec la lumière argentée de la lune qui éclairait la chambre depuis la fenêtre du balcon, le corps de la jeune femme. Un ventre légèrement rebondi, des cuisses fermes qu’il prit plaisir à masser pour l’entendre gémir, des seins qui lui rempliraient sans doute les mains et cette intimité jamais découverte qu’il prendrait le temps de lui faire connaître.

Installée contre le torse nu et dur de l’Oni, Naeliya le sentit la caresser. Pressant ses doigts dans la chair ferme de ses cuisses, imprimant son empreinte dans sa peau, faisant des cercles de plus en plus proches de son aine. Il avait une autre main posée sur son ventre, à peine en dessous de sa poitrine qui frémissait à l’idée d’être touchée par cet homme imposant et puissant.

— Respire calmement, murmura sa voix profonde et rauque. Inspire profondément et expire lentement.

Naeliya, bien que privée de la vue, pouvait sentir son corps décupler les sensations. Sa peau lui brûlait aux endroits que Kim touchait. L’intérieur de sa cuisse, proche de sa culotte de nuit, ses doigts désireux de passer sous la baleine de son soutien-gorge. La respiration courte et chaude de l’homme dans son dos. Leurs cœurs battant furieusement comme après avoir fait une course sur des kilomètres. Les muscles de l’Oni, fermes et féroces, l’encerclèrent comme une prison indestructible et pourtant dont la chaleur ne s’effaçait pas.

Samsara tournait en rond dans l’esprit de Kim qui cherchait à rester le plus lucide possible pour offrir à sa belle, une découverte de leurs corps avec le plus de douceur possible. S’il devait la faire crier, autant qu’il ne le fasse chez lui. Dans cette chambre qu’il trouvait bien trop froide pour lui, mais qui conviendrait parfaitement à cette femme qui saurait lui réchauffer le cœur et apporter cette flamme qui l’habitait, dans sa vie de solitaire sanguinaire. Son démon rêvait de la sentir, la goûter, faire d’elle leur compagne. Le voudrait-elle ?

Sans s’en rendre compte, sa poigne sur la cuisse de la non-voyante se fit plus ferme, au point de laisser une marque violacée qui ne manquerait pas d’agiter les ragots et d’inquiéter la mère de cette dernière.

— Aïe, l’entendit-il hoqueter.

— Pardon, souffla-t-il contre son oreille, électrisant ses nerfs. Je vais faire plus attention.

Naeliya posa ses mains sur les genoux de l’Oni, cherchant un appui lorsqu’il positionna plus clairement sa main sur son intimité encore protégée du tissu qu’il devinait devenir légèrement humide. Un lent sourire étira un coin de sa bouche. Elle lui était réceptive. Son corps ne put s’empêcher de réagir à cette pensée. Mais il savait qu’il ne se risquerait pas à lui imposer une intrusion qui lui serait intolérable dans l’immédiat. Il devait prendre son temps, connaître son corps et l’aider à se découvrir elle-même. Il lui fallait l’accompagner à explorer son corps d’homme également. Qu’elle puisse se familiariser avec ce qui la posséderait plus tard et ferait d’elle la femme d’un Oni. Mais pour l’heure, il se contenta de passer son pouce sur ce mont discret et pourtant si appétissant. De vifs mouvements, qui exacerbèrent Naeliya dont la respiration se fit plus courte, plus rapide. Le dos arqué, sa tête reposait maintenant fermement contre l’épaule de Kim, ongles enfoncés dans ses genoux, tandis qu’il continuait à la caresser.

Samsara rageait. Il voulait participer, aider cette femme à se découvrir. Il força Kim à relever le soutien-gorge de Naeliya, mettant sa poitrine à nue. Sentant l’air frais de la nuit la caresser, la jeune femme réalisa ce qu’il venait de faire. Mue d’un désir étrange qu’il la touche plus, elle l’aida à se débarrasser de la protection pour l’entendre chuter sur le sol, proche du lit. L’Oni et le démon déglutirent. Admirant une poitrine lourde qui leur emplissait la main avec délice. Soumis aux gestes de son compagnon de toujours, l’Oni malaxa la chair douce qui fit gémir Naeliya, visiblement prisonnière de terribles sensations de luxure. Du pouce et de l’index, Kim lui pinça une pointe et l’entendit pousser comme un cri étranglé. Son corps s’arqua de nouveau, prise de frissons, elle ne savait plus où cela commençait et quand ça se terminait tant sa peau se couvrait de sensations nouvelles, désireuse d’en avoir encore plus. Son souffle était plus rapide, plus court et son cœur ne cessait de battre comme un fou furieux voulant briser sa prison pour s’enfuir.

Dans son dos, elle pouvait le sentir grandir, se durcir et son esprit vagabonda dans des pensées de plus en plus salaces. L’homme en profita pour passer ses doigts sous l’élastique du dernier tissu qui lui restait et s’insérer entre les pétales de sa féminité inondée d’un désir qu’il lui avait procuré et qu’il continuait d’alimenter. Ses grondements sourds contre son oreille étaient un écho à ses propres soupirs. Il se contenait, pour elle et ne pouvait que l’en remercier, mais c’était également une torture. Elle voulait le toucher, le découvrir, mais est-ce qu’il la laisserait seulement faire ?

— Kim, souffla-t-elle surprise, quand elle sentit le premier intrus entrer en elle.

D’instinct, elle se tendit et s’accrocha à son bras puissant. Kim se figea. Il lui laissa le temps de s’habituer à l’inconnu, à ce qu’il cherchait à lui faire connaître.

— Tout va bien, lui dit-il à l’oreille. Je n’irai pas plus loin.

— Non, je…

Elle se sentait honteuse, gênée de l’avoir arrêtée alors qu’elle en voulait bien plus.

— Ce n’est pas ça, souffla la jeune femme.

— Prends ton temps, jeune femme.

— Monsieur Samsara ? dit-elle, surprise.

— Ici même, ma douce, répondit la voix étrange de Kim.

Comme si elle venait de trouver ce qui la dérangeait, Naeliya retira sa main de son bras et le laissa reprendre ses caresses. Qu’il soit en train de malmener sa poitrine ou bien d’explorer son intérieur intime, elle le laissa ou plutôt… les laissa faire. Taeliya lui avait raconté sa première fois avec les deux entités et Naeliya avait eut d’abord des doutes sur le fait qu’elle se sentirait à l’aise si ça lui arrivait. Maintenant, elle comprenait qu’elle se sentait plus complète quand les deux prenaient le même plaisir. Ceux qui ne connaissaient pas cette partie de la vie d’un Oni avec son ou sa partenaire véritable, ne pouvait comprendre. De plus, le jugement serait terrifiant. Mais quand Naeliya sentit la bouche de Kim contre son épaule, l’embrassant et la toucher comme s’il n’y avait qu’eux sur terre, elle se sentait plus vivante que jamais. Rien ne fonctionnerait jamais plus pareil sans cette sensation de parfaite osmose. Les grondements sourds de l’homme contre elle l’excitèrent. Ses caresses devinrent plus précises, au point qu’elle sente qu’une vague immense était sur le point de l’emporter. Quand ce fut le cas, tout son corps se contracta, elle se mordit la langue pour ne pas crier et alerter leurs voisins, probablement déjà endormis.

Le souffle coupé, elle se laissa retomber contre Kim qui la tint serrée contre lui, déposant de tendre baisés sur sa joue, son épaule et dans son cou. Il la sentit trembler et une larme tomba.

— Naeliya ? s’enquit l’homme, inquiet.

— Je… Je vais bien, le rassura-t-elle. C’est juste que… Je n’arrive pas à mettre de mot sur ce que je viens de vivre.

Soulagé, Kim lui dit alors :

— Ce n’est que le début. Tu te sens de continuer ?

Timide, mais désireuse d’en apprendre plus, elle hocha la tête.

— Mets-toi face à moi, ordonna-t-il avec douceur.

Elle lui obéit et il l’aida à se positionner de façon à ce qu’elle soit là où il le souhaitait. Kim lui prit la main et la posa sur sa cuisse, par-dessus son propre pyjama. Elle sursauta en se retrouvant avec cette grosseur qu’elle avait sentie plus tôt dans son dos. Fortement intimidée au départ, elle se laissa guider. Puis, elle l’écouta se défaire du vêtement pour être plus à son aise.

— Touche-moi, murmura-t-il.

Alors, guidée par les sons qu’il produisait, la jeune femme reposa ses doigts sur son fourreau de chair brûlant et dont la terminaison pulsait sous la pulpe de ses doigts. C’était tout nouveau pour elle. Bien sûr, elle savait à quoi cela pouvait ressembler. Ses cours de bio au collège lui en avaient donné une vague idée. Mais de cette taille ? Jamais. Kim se sentait écartelé par sa candeur et son désir d’apprendre. Elle était à la fois terrifiée et curieuse, ce qui le mettait à mal n’était pourtant rien d’autre que ses doigts fins qui lui passait dessus, cherchant à le marquer pour se rappeler de sa forme. Il dut serrer les poings pour ne pas la faire sienne dans l’immédiat et l’écouter crier à en réveiller tout l’hôtel. Puis, contre toute attente, quelque chose d’humide s’ajouta à sa caresse. Kim releva la tête, ouvrit les yeux pour la découvrir, penchée en avant, son sexe dans une main et sa langue lui caressant la hampe.

— Merde… gronda-t-il, une main sur les yeux, la tête rejetée en arrière contre le mur. Naeliya…

Elle s’arrêta, consciente qu’elle était sans doute allée trop loin dans son désir d’en apprendre plus sur le corps de son compagnon. Il regretta immédiatement.

— Je…

— Continue, gronda l’homme de cette voix si étrange qu’elle sut que Samsara était encore présent.

Alors, avec un élan de curiosité et de désir de lui rendre le même bien être qu’il lui avait fait ressentir bien plus tôt, Naeliya changea sa position pour être le mieux possible et recommença sa torture. Kim faillit jouir sur le coup. Elle n’était pas douée à cause de son manque d’expérimentation, mais la sensation que ce soit sa compagne, celle qui lui était finalement destinée, qui le touche de cette façon la plus intime et déplacée qui soit, le mettait dans tous ses états. À plusieurs reprises, il la stoppa, faisant redescendre la pression qui régnait dans son corps, pour ralentir l’inévitable.

Soudain, il la ramena à lui, capturant furieusement ses lèvres dans un baiser où il ne fut plus que lui-même à la dévorer, glissant sa langue contre la sienne, Samsara s’étant retiré, repu du bonheur vécu. Kim allongea Naeliya sur le lit et vint se placer entre ses cuisses, y perdant son visage et s’appliquer à lui faire subir une nouvelle sensation qui la mena droit vers la cassure.

Agrippée aux draps, elle se mit à gesticulée, gémissant à n’en plus finir. La langue experte de Kim était son ennemi et elle ne put combattre cette dernière. Mais quand elle sentit de nouveau la vague qui lui avait fait découvrir son tout premier orgasme, Kim s’arrêta.

Elle se releva légèrement avant de le sentir se plaquer contre elle.

— Je te promets que tu sauras ce que c’est, mais pas cette nuit, l’entendit-il gronder, bougeant ses hanches contre les siennes, frottant son intimité gonflée à la sienne, les emportant dans un monde que ni l’un ni l’autre n’avait jamais expérimenté jusqu’ici.

Naeliya arqua son corps, Kim happa un sein, un bras derrière elle pour la maintenir contre lui et l’autre planté dans le matelas. Ils bougèrent comme ses cavaliers embarqués sur des chevaux fougueux lancés en pleine course. Il ne leur fallut pas plus pour se tendre et subir ce qui suivit. Kim se répandit sur son ventre et Naeliya tremblait violemment.

Il la maintint dans cette position, le temps qu’ils reprennent leurs esprits. Quand il fut assez lucide, l’Oni souleva sa belle compagne pour l’aider à se doucher avant de revenir au lit.

Rhabillés, ils s’endormirent d’une traite, sans aucune visite au pays des rêves.

[…]

Quelqu’un se mit à toquer avec un sérieux désir de défoncer la porte, faisant sursauter Oni et compagne qui auraient préféré passer encore un peu plus de temps dans les bras l’un de l’autre après ce qu’ils avaient expérimenté la nuit précédente.

Quelle heure était-il pour qu’on vienne les déranger ?

Kim allongea son bras, prit son portable sur la table de chevet. L’écran indiquait 8 h du matin.

— Tu es réveillée ? gronda-t-il, la sentant remuer sur son torse.

— Hm… Avec un boucan pareil, comment dormir ? répondit la jeune femme.

Il lui embrassa le front, rappelant à leurs corps les frissons de la nuit.

— Naely ?! Naely, ouvre ! C’est maman !

La jeune femme poussa un long soupir, cachant son visage contre la gorge de l’Oni.

— Dès le matin ? dit-elle.

— Laisse, je vais y aller, l’entendit-elle lui dire, alors qu’il commençait déjà à se détacher pour se lever.

Elle le rattrapa de justesse et se colla à son dos, entourant ses épaules de ses bras. Amusé, il se leva, la gardant sur lui, les jambes coincées entre ses bras durs. Quand il ouvrit la porte, Louisa faillit faire une attaque.

— Mon dieu, Naely ! s’exclama sa mère en panique.

— Maman, soupira sa fille. Je vais bien. Kim ne m’a rien fait. J’aurais voulu dormir un peu plus longtemps…

Louisa se figea et remarqua quelques marques sur la nuque de sa fille, puis ses cuisses et comprit rapidement ce qu’ils avaient fait.

— Est-ce qu’il t’a forcé ? Tu peux me le dire, tu sais ? dit alors Louisa.

Naeliya tapota l’épaule de l’Oni qui l’aida à toucher le sol et la laissa faire face à sa mère.

— Est-ce que tu l’as regardé lui ? demanda la jeune femme à sa mère qui la dévisagea surprise.

— Pardon ?

— Au risque de vous décevoir, fit l’Oni, un sourire amusé sur les lèvres. Votre fille sait ce qu’elle veut. Mais je n’ai aucune envie de réveiller tout l’hôtel.

Naeliya lui donna un coup sur le bras, faisant rire l’homme.

— Je vais me changer, dit-il alors, baisant le front de la jeune femme devant la mère qui les regarda agir comme s’ils étaient mariés depuis des années. Je viendrai vous chercher dans une trentaine de minutes.

— On sera prêtes.

Quand elle fut assurée qu’il soit bel et bien partit, Naeliya attira sa mère à l’intérieur de la chambre.

— Je pense qu’il est temps qu’on parle, maman.

***

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