Chapitre 26

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Comment se défendre face à ça ? Ils le savaient tous que ce qu’il resterait de cette femme, ne serait utile à personne, même pas à son mari qui avait l’air de fortement réfléchir au divorce. Mais les grondements féroces des Oni représentaient le danger imminent. Si personne n’intervenait, ce serait un véritable carnage.

Noah voulait à tout prix éviter que ses enfants soient témoins du pire, mais comment arrêter ceux qui ne pouvaient déjà plus se maîtriser ?

Quelque chose frappa durement le sol. Il regarda Taeliya, mais s’aperçut que c’était la femme à côté qui venait de taper l’embout rond de sa canne sur le parquet du bureau, demandant ainsi le silence.

— Laly, Gérard, dit-elle alors. Veuillez sortir avec les enfants, s’il vous plaît.

Le vieux couple ne se fit pas prier et dirigea Elios, Kayle et Stan vers la sortie, poussant l’enfant dans son landau, encore endormit, afin de les protéger de ce que Noah et les siens seraient capables de faire. D’ailleurs, ce dernier se promit de la remercier, plus tard.

Quand un nouveau grondement se fit entendre, la canne frappa de nouveau le sol le faisant taire. Naeliya ne voulait pas voler le rôle de Taeliya. Mais elle voulait absolument éviter un bain de sang. Elle n’y était pas encore habituée et savait que son amie avait, elle aussi, encore du mal avec tout ceci, même si elle laissait faire ses Oni.

Stein les regarda, toutes les deux se tenir la main, comme si elles affrontaient les Oni de front, ensemble, telles des guerrières prêtes au combat… et à la mort. Alya avait l’air tétanisée par la peur. Sonia ne réagissait pas, sans doute encore effarée par ce que venait de dire Naeliya à propos de ce soir-là.

Jess resta proche de Taeliya, faisant face à son compagnon qui n’avait pas l’air de le reconnaître. Les Oni étaient furieux. Pourquoi ? Parce qu’une des leurs avait failli mourir et le contexte qu’il manquait, venait de leur être crûment avoué par cette dernière.

Kim fit un pas en avant.

— Oni ! Gronda Stein. Cela suffit.

Mais il savait déjà que le démon ne l’écouterait pas et Naeliya ne verrait pas son regard sur elle. Pourtant, elle savait. Elle savait qu’il venait de faire un pas et qu’il n’était pas seul. Il la regarda lever sa canne dans la direction de la menace et attendit patiemment qu’il n’attrape le bâton en métal souple. Quand elle le sentit tirer doucement dessus, elle le fit avancer pour qu’il se retrouve devant elle. C’était dangereux et elle le savait. Ceux qui se trouvaient autour d’elle, installés sur le canapé, retinrent leurs souffles.

Kim mis un genou à terre et de sa main largement ouverte, attrapa la jambe de sa compagne. Il lui emprisonna son mollet entre ses doigts brûlant.

Samsara, pensa-t-elle.

Il n’y avait que lui pour oser ce genre de geste empli d’interprétations plus profondes que la pensée humaine. Elle sentit sa canne lui glisser des doigts. Elle en profita pour caresser les cheveux de Kim qui frissonna sous son touché.

L’Oni ferma les yeux, baisa la jambe de Naeliya et se laissa aller à sa caresse qui les apaisait tous les deux. Samsara fini par s’écarter et laissa Kim revenir, peu à peu, à lui.

Le calme faisait de nouveau partit de lui. Il pouvait enfin respirer plus profondément et de façon plus naturelle.

La scène était exceptionnelle. Un Oni, aussi puissant soit-il, en colère et menaçant, agissait comme si la femme qui lui faisait face, sans le voir, avait une totale emprise sur lui et il paraissait aimer ça. Lui était-il aussi dévoué que ça ? Se demandait, sans doute, Sylviane Christikos, jalouse et horrifiée.

Noah put souffler. Kim était le plus calme, mais aussi le plus imprévisible de tous les Oni. Si ce dernier entrait en colère, il serait innarrêtable. Mais voir ce petit bout de femme agir aussi calmement avec Kim et Samsara l’impressionnait. Elle avait définitivement des points communs avec sa femme. Il comprenait mieux, maintenant, pourquoi celle-ci la défendait tant et pourquoi Elios adorait la non-voyante.

— Je vais prononcer ma sentence, déclara alors Stein, rappelant à tous qu’ils étaient en plein milieu d’une affaire.

— Pitié, l’implora Sylviane qui sentit que son heure était venue.

Oliver se redressa, redonnant un espoir à sa femme. Il allait sans doute la sauver, comme il le faisait toujours ! Mais son visage n’exprimait plus rien de doux ni de soumis. Il faisait face au mafieux, installé tel un empereur, derrière son bureau massif.

— Monsieur Carlington, se lança-t-il. J’aurai une chose à dire.

— Nous vous écoutons, l’invita Stein d’un geste de la main.

Oliver pris un instant pour emplir ses poumons d’air et relâcher en douceur.

— Je vais demander le divorce. Dès cette après-midi, déclara-t-il.

— Quoi ?! Hurla Sylviane, surprise et horrifiée par l’annonce. Tu ne peux pas me faire ça ! Qu’est-ce que je vais devenir ?!

Oliver tourna à demi la tête vers elle et dit :

— Il fallait y penser avant de te comporter de cette manière.

— Je ne te reconnais plus, souffla-t-elle, la main sur le cœur comme s’il venait de l’attaquer avec un crochet du droit.

Stein lui fit signe de partir. La sentence, il n’avait plus besoin de l’entendre, contrairement à elle.

Quand la porte se referma, Sylviane tenta de se défendre, mais Carlington ne lui viendrait jamais en aide. Il avait trop laissé durer la chose.

Elle devra rembourser les dommages causés à sa fille et à Naeliya. Et une fois le divorce prononcé, il s’assurerait de venir en personne, collecter son dû.

[…]

Quand le couple Clark revint en début d’après-midi, on les informa, au comptoir d’accueil, que leur fille se trouvait à la piscine intérieure, avec les autres. Surpris, ils décidèrent de remonter dans leur chambre pour se changer avant de prendre la direction de ladite piscine. Ils y trouvèrent une sacrée foule bien dense. Ça criait dans tous les sens. L’eau éclaboussait les transats sur lesquels se trouvaient quelques personnes. Plus loin ils aperçurent la silhouette des mafieux du clan. Stein, installé dans un transat qui devait lui être réservé, sa femme allongée sur lui, leur fils pataugeant dans l’eau avec quelques membres du clan.

— Colonel ! Madame Clark ! Entendirent-ils.

Un garçon, qu’ils reconnurent comme étant Jess, s’approcha d’eux avec un grand sourire.

— Bonjour, Jess, fit Christopher.

— Venez, nous vous avons gardé une place, indiqua le jeune homme, les précédant.

Ils traversèrent cette foule de gens à moitié nue, cachant leurs corps par des morceaux de tissus que certains perdraient en sautant dans l’eau ou que d’autres détachent pour profiter du soleil afin de parfaire un bronzage complet.

— Christopher, le salua Stein, quand ils arrivèrent à sa hauteur. Votre matinée fut bonne ?

— Très, Stein. Merci pour les adresses. Louisa et moi avons pu trouver quelques souvenirs à ramener chez nous.

— Content de vous l’entendre dire. Venez, prenez place. Ces deux transats sont à vous, leur indiqua le mafieux, montrant deux places libres à sa droite.

Les voyageurs et habitués avaient tous cessé de s’agiter, observant une scène tout à fait inédite. Depuis quand Stein Carlington laissait des civils pénétrer son cercle ?

Puis, une voix se fit :

— Maman ? Papa ?

— Oh, Naely ! Comment tu te sens dans l’eau ? S’exclama la mère en se tournant vers le bassin.

— Encore un peu effrayée, mais j’ai un bon guide, sourit la jeune femme.

— Merci, Kim de veiller sur elle, dit alors l’homme.

— Aucun souci, Colonel. C’est un honneur.

— Un honneur, carrément ? pouffa Christopher, amusé par la façon d’agir de cet Oni.

— Vous venez nager ? Demanda leur fille.

— Laisse-nous poser nos affaires et ton père va sûrement venir nager avec toi, répondit Louisa.

— Oui ! S’écria Elios, qui battait des pieds comme un petit chien apprenant pour la première fois à se servir de ses membres dans l’eau.

— Oh ? Mais qui voilà ! fit Louisa, le regardant tenter d’atteindre le bord avec sa grosse bouée et ses brassards autour des bras. Comme tu te débrouilles bien !

— Héhé !

— Doucement, Elios, intervint Noah qui plaça une main sous le ventre de son fils pour lui éviter de trop s’épuiser.

— Maman ! Regarde ! Je vole ! s’écria le gamin à sa mère qui se trouvait assise, sur le rebord, battant l’eau de ses jambes.

— Tu es trop fort, mon chéri ! s’amusa la jeune femme.

— Ma douce, vous n’avez pas pris Thomas avec vous ? l’interrogea Louisa.

— Laly et Gérard le garde, lui répondit-elle. Ils sont épuisés et Thomas a besoin de calme. J’irai le voir tout à l’heure.

— Il faut profiter d’avoir du temps pour soi, confirma la femme.

Après quelques instants, Christopher retira sa chemise et ce fut le moment où le silence eut été le plus fort. Si les yeux de Naeliya étaient marqués de petites cicatrices ce n’était rien de flagrant. Mais là, devant tout le monde, Christopher exposait un corps marqué par un accident terrible. Une cicatrice grossière lui mangeait la taille et une bonne partie du dos. Une trace de brûlure grave marquait encore son ventre. Et bien qu’il semble garder son corps en forme, tous purent voir sur lui que l’accident en avait fait un infirme exemplaire. Kim serra les dents. S’il n’avait pas déjà tué ce chien qui avait osé les percuter pour un jeu, il l’aurait probablement traqué sur l’instant et lui aurait fait subir les pires tortures dont il était passé maître.

Naeliya, perchée sur le dos du coréen, sentit la tension en lui. Elle plaça une main sur les yeux de l’Oni et lui murmura à l’oreille :

— Tout va bien.

Christopher savait qu’on le regardait, mais il avait appris à faire fi des regards et sauta à l’eau pour rejoindre le groupe qui s’y trouvait déjà. Il nagea vers Kim et Naeliya.

— Ton père est là, indiqua le coréen.

La jeune femme tendit sa main vers Christopher qui la lui prit et l’attira délicatement vers lui.

— Tu t’en sors très bien, ma fille. Je vois que ton professeur a été meilleur que tes enseignants d’école, ironisa l’homme.

— Pourquoi dites-vous ça ? demanda Stein qui n’avait rien loupé du spectacle horrifique du corps de ce nouvel ami qu’il s’était fait en la personne de l’ancien colonel.

— Depuis toujours, les enseignants des écoles où elle a été préféraient la laisser couler que de l’aider. Nous avons déjà porté plainte, plus d’une fois, mais ça n’a jamais vraiment abouti.

— Papa, si tu continues à dire ça, Kim ne va juste pas se contenter d’Ernandez, l’avertie sa fille.

— Oh ? Excusez-moi, jeune homme, se pressa de dire Christopher, tenant Naeliya dans ses bras, adressant un regard inquiet.

Kim esquissa un sourire en coin qui se voulait rassurant, mais avait l’effet totalement inverse.

— Pas de mal, répondit l’Oni coréen. Naeliya a effectivement fait beaucoup de progrès en si peu de temps.

— Tu te moques de moi ? Lui lança la jeune femme, tournant la tête vers lui, sourcils froncés, faussement en colère.

Kim partit dans un grand rire grave et vrai. Surpris, le complexe aquatique se tourna vers lui, le dévisageant avec effroie. Si un Oni, aussi connu soit-il, se mettait à rire de cette manière, cela n’annonçait rien de bon. Et pourtant… Le civil qui lui faisait face le rejoignit dans ce rire qu’ils partagèrent avec une certaine complicité.

Taeliya sauta finalement à l’eau, rejoignant mari et enfant, pour partager un moment en famille et proposa à Christopher de les rejoindre vers un coin de l’énorme piscine où elle aimait se poser, afin d’être tranquille. Le père proposa à sa fille de grimper sur son dos pour qu’ils puissent nager vers la zone où elle aurait pied, mais Naeliya refusa, souhaitant s’entraîner un peu plus sur ce qu’elle venait d’apprendre.

Louisa préféra les laisser entre père et fille. Elle les regarda s’éloigner, son mari tenant la main de la jeune femme tandis que Kim nageait lentement derrière eux. Devant eux, Elios avait fini par grimper sur les épaules de son papa, tandis que Carl aidait la jeune mère à avancer, prenant soin de s’assurer qu’elle ne se fatigue pas trop, à cause de sa condition.

— Vous auriez dû aller avec eux, si vous êtes aussi inquiète, Louisa, dit Alya qui ne l’avait pas lâché du regard.

— Ils ont besoin de ce temps, répliqua la femme. Ils n’ont plus eu ce genre de moment entre eux depuis longtemps…

— Cet accident aura beaucoup coûté à votre famille, s’immisça Stein.

— Plus que ce que j’aurai pu le penser, confirma la mère, installée sur son transat, dévoilant son corps parfait, malgré l’âge, dans un maillot de bien une pièce rouge et argenté.

Affublée d’un paréo qui lui serrait la taille, elle se sentait bien, en cet instant où elle avait l’impression que tout était redevenu normal.

— Je dois vous remercier, Monsieur Carlington, dit-elle.

— Appelez-moi Stein.

— Je dois vous remercier, Stein.

— C’est à ma fille qu’il faut adresser ce genre de commentaire, sourit le mafieux, caressant la gorge de son épouse qui frissonnait tout contre lui. C’est son amitié avec la vôtre qui vous a amené ici.

— Il n’y a pas que ça…

— Pour cela aussi, il faut vous adresser à l’unique maîtresse des Oni, sourit de nouveau le mafieux. Taeliya décide de tout. Il n’y a qu’à elle qu’ils obéissent. Et, encore une fois, c’est l’amitié de nos deux filles qui ont fait qu’aujourd’hui justice vous a été rendue, Madame Clark.

— Louisa.

— Louisa, répéta Stein, un sourire plus doux sur les lèvres. Nos deux familles ont subi beaucoup de pertes et de façons assez particulières. Nos douleurs sont différentes, mais aussi très similaires dans un certain sens.

Pendant que Louisa apprenait la vie du mafieux et de sa fille, de l’autre côté du bassin, sous les regards curieux et inquiets des nageurs, les Oni se regroupaient.

— Tu devrais avoir pied ici, ma chérie.

Naeliya reprit une position plus naturelle et sentit que le sol était bien plus proche qu’elle n’aurait pu le penser. Essoufflée, mais fière de ce qu’elle avait accompli, elle put se féliciter mentalement.

— Venez, dit Taeliya, en souriant. C’est ici. Vous pourrez vous y asseoir.

Christopher guida sa fille vers une zone qu’il devinait être comme un jacuzzi. Quand les bulles recouvrirent le corps de la non-voyante, celle-ci poussa un cri de surprise.

— J’étais aussi surprise la première fois, poussa son amie.

— Qu’est-ce que c’est ? Un jacuzzi ? demanda la non-voyante.

— Bingo ! fit Elios, imitant son père, faisant rire tous le groupe.

— Dis donc, toi, le gronda ce dernier. Depuis quand tu joues les caïds ?

— Et c’est toi qui lui dit ça, soupira sa femme.

L’hilarité fut générale et l’ambiance fut plus douce.

— Colonel, vous avez déjà joué au beach volley ? demanda Tristan.

— Dans ma jeunesse, oui. Avec les hommes de mon escouade quand on était en perm’1, répondit l’homme, se rappelant de certains moments avec ses camarades. Mais plus depuis l’accident.

— Vous voulez essayer ? Proposa le plus jeune des Oni.

Tous le regardèrent avec une sorte d’avertissement.

— On peut aller doucement, dit-il, levant les mains en l’air.

Christopher hésita, puis, après un moment de réflexion se dit qu’il ne pouvait pas refuser.

— Si vous ne me cassez pas trop, répondit-il, riant avec un peu d’appréhension.

— Ne vous forcez pas, Colonel, dit Kim, inquiet.

— Essayons.

Naeliya nagea jusqu’à Taeliya, qui la guida par la voix, et elles allèrent s’installer avec Elios dans un coin où ils seraient spectateurs de quelque chose d’inédit.

Christopher fut mis en équipe avec Noah, Carl, Dorian et Kim, faisant face à Martin, Tarik, Charles, Orlan et Tristan. Jess resta en retrait avec le trio, s’assurant du bon déroulé du match.

— Vous voulez servir ? Proposa Carl.

— Avec plaisir, répondit Christopher.

— Tu peux le faire, papa ! s’écria sa fille, qui avait mis ses mains autour de sa bouche pour intensifier sa voix.

Il lui sourit et leva son bras, en l’air, même si elle ne pouvait le voir.

Christopher se lança et balança la balle en l’air. Taeliya lui décrivait ce qu’il se passait et Naeliya criait à plein poumon, donnant le courage à son père de tenter des actions plus féroces. Les neuf Oni se calèrent sur les forces du cinquantenaire, évitant de lui envoyer des coups qui pourraient le blesser. Ce genre de mouvements, ils se les gardaient pour eux.

Christopher soufflait, mais cette partie lui avait donné l’impression d’avoir retrouvé ses vingt ans. Il riait comme un gosse et ses coéquipiers lui criait des encouragements. Sa fille s’époumonait pour lui. Comment ne pas apprécier l’instant qui lui était offert ? Son enfant remarchait. Elle savait nager seule, à présent. Elle avait fait la rencontre, certes d’un groupe dangereux, mais d’une femme qui lui ressemblait beaucoup intérieurement. Elle était définie comme la compagne d’un Oni. C’était la partie qui le terrifiait encore, mais il apprenait doucement à faire face à cette réalité. Sa propre femme faisait des efforts pour comprendre ce nouveau monde dans lequel avançait leur fille.

Carl et Kim réceptionnèrent un coup un peu trop violant de Tristan qui s’excusa. Kim fit une passe plus douce à Christopher qui s’éleva dans l’air et frappa aussi fort que possible, marquant ainsi le dernier point du match, avec un smash brillant.

Noah et Carl soulevèrent le colonel, le célébrant comme l’un des leurs. L’équipe adverse applaudissait.

— Bravo, Colonel, dit alors Tarik. En dehors de Jess ou du Boss, aucun n’a eu le courage et la force de jouer avec nous.

— Eh bien, souffla l’homme, épuisé. Je dois admettre que je ne suis plus tout jeune.

— Vous avez été un véritable guerrier, lui dit Tristan.

— Tu as été fabuleux, papa ! S’exclama sa fille qui s’était levée, l’attendant avec un large sourire. Taeliya m’a raconté le match. Ce dernier saut !

— Merci, ma puce, soupira l’homme, que les deux Oni déposèrent devant elle.

— Comment tu te sens ?

— Je pense que cette nuit sera la meilleure depuis un long moment, souffla-t-il, faisant rire tout le monde. Je vais rejoindre ta mère et me reposer un peu.

— D’accord.

— Tarik, murmura Taeliya.

— Colonel, je vais vous accompagner, déclara l’Oni.

— C’est… C’est gentil, merci, jeune homme.

Christopher aurait volontiers voulu décliner, mais croisant le regard inquiet de leur maîtresse, il s’était laissé convaincre et remarqua, en plein milieu du retour, que ses forces commençaient à le lâcher. Tarik le plaça sur son dos et termina de le ramener au bord. Joe intervint et s’occupa de lui.

— Je suis juste un peu fatigué, dit alors l’ancien militaire, conscient qu’il en avait sans doute trop fait.

— C’était risqué de jouer avec eux, intervint Stein. Mais vous avez… Comment disent les jeunes maintenant ?

— Kayle, chéri, bouche-toi les oreilles, ordonna Alya à son fils qui reposait contre elle.

L’enfant obéit, tout en levant les yeux vers le ciel.

— Ah, oui. Vous avez eu les couilles de participer à ce match, termina Stein.

Les rires retentirent, bas et doux.

— Je vous ferai passer un peu plus de tests plus tard, dit Joe. Je tien à m’assurer que vous n’allez pas vous évanouir plus tard.

— C’est vous le médecin, soupira Christopher, rejoignant sa femme.

— Tu vois, mon ami, dit Stein à Joe. Même le Colonel reconnaît que tu es un charlatan.

— Charlatan, magicien ou médecin, dit Joe. Du moment que tout le monde va bien.

Les rires reprirent.

Dans le bassin, Kim aida Naeliya à nager. Carl s’amusait avec elle. Elios se faisait balader entre son père, Orlan et Dorian. Tarik était revenu pour discuter avec les autres et Taeliya riait à leurs blagues douteuses.

Cette après-midi passa tranquillement.

Les tests que Joe fit passer à Christopher montrèrent qu’en dehors d’une grosse fatigue, il était en bonne forme. Cette journée se termina alors sur un dîner au restaurant de l’hôtel dans une ambiance festive, oubliant les mauvais souvenirs de la veille.

Les Clark savaient que ces instants magiques, ils les garderaient à tout jamais dans leurs mémoires.

***

1Perm’ ou permission : une autorisation donnée aux militaires pour sortir de l’armée afin de retrouver leurs familles et de se reposer.

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