Chapitre 30
— Tu es sûr que je suis assez bien habillée pour un dîner avec un Oni ? demanda Louisa à son époux, alors qu’il terminait de boutonner sa chemise.
— Tu es sublime, ma chérie. Et puis on ne va pas rencontrer notre futur gendre, mais le petit-ami de notre fille.
Louisa tiqua sur le titre qu’il lui avait donné.
— Petit-ami ?
— Tu préfères que je l’appelle « mari de Naeliya » ?
— Non ! Petit-ami c’est bien… Je ne suis juste pas totalement sereine…
— C’est pour ça qu’il nous invite à dîner chez lui, dans le QG des démons. Naeliya est avec lui et la demoiselle Carlington y est aussi.
— Est-ce qu’on va la voir ? demanda Louisa.
— Pas que je sache, répondit Christopher. Il me semble qu’on ne sera que nous quatre. Tu as encore du mal avec Kim ? Ce garçon est certes terrifiant, mais il a à cœur la protection de notre famille et notre fille compte énormément pour lui.
— Tu n’as pas peur de lui ? Tu n’as pas peur qu’il fasse du mal à notre fille ? l’interrogea sa femme, tendue à l’extrême.
Christopher comprenait très bien les craintes de son épouse. Elles étaient légitimes. Mais après avoir passé du temps avec les Oni et quelques heures en compagnie de Kim, il avait apprit beaucoup sur lui. Son travail d’agent fédéral lui avait permit aussi de pouvoir cerner cet être que tout son bureau craignait. S’ils ne s’en approchaient pas et laissaient le clan Carlington tranquille, c’est en partie parce qu’ils en étaient terrifiés, mais aussi parce qu’ils mangeaient très clairement dans la main du chef. Les Oni étaient le fléau du pays, mais également ceux qui avaient permis d’éviter une guerre ouverte, à plusieurs reprises. Envoyés dans des missions suicides à la place des civils comme lui, c’était leur quotidien. Oserait-il le dire à sa tendre Louisa ? Non. Tout comme il ne pouvait pas lui parler des rêves. Elle ne comprendrait pas ce qu’il avait déjà du mal à assimiler lui-même.
Voir sa fille en rêve, s’entendre dire qu’elle pouvait VOIR dans les rêves. Découvrir les démons qui partageaient l’esprit des Oni et savoir tout ce qui les entourait avec mystère était encore plus complexe… S’il le lui disait, elle le prendrait pour un fou. Et pour être honnête, lui-même avait du mal à se dire que tout ce qu’il vivait était vrai. Ce soir, ils allaient marcher sur leur territoire. Est-ce que le chef était au courant ? Avaient-ils son autorisation ?
Il attrapa son téléphone et envoya un SMS à sa fille.
« Chérie, est-ce que tu peux demander à Kim si on a le droit de venir sur le territoire des Oni ? Est-ce que son chef est d’accord ? Je n’ai aucune envie d’entrer en conflit avec son autorité et leurs sécurités. »
Une réponse lui parvint près de cinq minutes plus tard.
« Christopher, c’est Kim. Ne vous inquiétez pas pour ça. Mon chef est d’accord. Les grands-parents de Tristan viennent souvent. Nous avons une surveillance tout autour de chez nous et je suis assez à même de m’occuper des intrus. Venez sans crainte. »
Malgré les lignes terrifiantes, la réponse de l’Oni le rassura.
— Il est l’heure d’y aller, chérie. Tu es prête ?
— Oui, mais je me demande encore pourquoi on y va, répondit sa femme.
— On est invité à rencontrer le petit-ami de notre fille et de faire connaissance avec lui, sourit Christopher, collant son torse au dos de sa femme dont il vint baiser une épaule, la faisant frissonner.
Il savait qu’elle avait peur, plus pour Naeliya que pour elle-même. Mais l’ancien militaire savait qu’ils pouvaient faire confiance à Kim.
Ils prirent la direction de leur SUV qui attendait sagement devant la maison. Durant le trajet qui les menait au petit bout de forêt où vivaient ces êtres inquiétants, le silence emplissait l’habitacle. Christopher tenait la main, froide, de sa femme et lui caressa les doigts, pour tenter de la rassurer.
Quand il s’engouffra, ils purent admirer les différentes maisons qui se dressaient de chaque côté d’une allée naturelle. La première était celle de Taeliya et sa famille, sur la gauche se trouvait celle de Carl. Un peu plus loin, ils repérèrent Naeliya qui attendait sur le perron d’une maison au style des anciennes demeures coréennes. Elle était radieuse et Louisa put se rassurer que sa fille était toujours en vie. Elle la regarda se tourner, comme pour appeler quelqu’un. La porte n’était visiblement pas fermée et le géant en sortie, un tablier noir lui serrant la taille.
Christopher gara sa voiture à la place que lui avait laissé Kim, juste à côté de sa sportive. Ils descendirent et furent accueillis par Naeliya.
— Bienvenue ! lança-t-elle, comme si elle vivait ici depuis toujours.
— C’est très beau, comme endroit, dit son père.
— Notre chef a décidé des design pour nous, répondit Kim, lui serrant la main. Notre maîtresse a fait les décorations. Si ça n’avait tenu qu’à nous, on aurait tous dormi dans un dortoir.
Christopher n’était pas surpris. Lui-même, s’il n’avait pas connu sa femme, aurait terminé avec juste un fauteuil et une télé.
— Un duo bien conscient des besoins des leurs, dit Naeliya. Venez, entrer. Il commence à faire froid.
Louisa vint prendre le bras que sa fille lui tendait et furent guidées par Kim, Christopher fermant la marche.
— Bienvenue dans mon humble demeure, les accueillit-il, une fois la porte fermée.
Louisa fut surprise de trouver un endroit charmant, qui respirait le bois, la chaleur d’un feu de cheminée et le poids d’une tradition que Kim semblait beaucoup respecter. Naeliya les invita à se rendre dans le salon où était déjà disposé des plateaux d’apéritifs et une bouteille.
— Oh, Kim ! l’interpella Christopher. Tenez, c’est pour vous remercier de nous avoir invité.
— Merci, répondit ce dernier en prenant le sac d’une marque de vin française. Oh ? Je ne l’ai jamais goûté, celui-là.
— Vraiment ? Alors, pourquoi ne pas l’ouvrir pendant le repas ? lui proposa l’ancien militaire, d’un air complice.
— Avec plaisir.
Tandis qu’il allait la mettre au frais, Naeliya et sa famille s’installèrent dans le salon, très cosy. Ses parents admirèrent la décoration, faisant des commentaires sur les choix et l’agencement, puis la question qui brûlait les lèvres de Louisa sortie d’elle-même.
— Il ne t’a rien fait ? Tu es en sécurité ?
L’air d’abord joyeux de sa fille s’évanouit à peine la première interrogation posée.
— Je croyais qu’on en avait parlé, maman, répondit-elle d’une voix un peu trop froide.
Louisa tiqua.
— C’est juste que je m’inquiète pour toi, se justifia cette dernière.
— Maman, soupira sa fille. Kim ne me fera rien. Je ne crains rien ici, ni quand je suis avec lui. Les Oni ne me feront pas plus de mal, non plus et je m’entends très bien avec Taeliya. Si tu es venue ici pour ça, rentre à la maison.
Sur ce, Naeliya se leva et quitta la pièce, tâtonnant contre les murs pour se diriger vers la cuisine où elle trouva Kim qui avait entendu la conversation. Elle le chercha, les deux mains tendues devant elle. Il lui offrit la sienne et elle s’y accrocha. Doucement, l’Oni l’attira à lui pour l’entourer de ses bras.
— Laisse-lui du temps, murmura l’homme qui lui caressait le dos. Je la comprends.
— Comment tu peux la comprendre alors que je trouve que c’est exagéré ? renifla la jeune femme.
— Imagine-toi à sa place. Regarde ta fille te dire qu’elle sort avec un Oni. Qui plus est, le secrétaire du groupe. L’un des pires et le plus proche ami du chef qui les dirige.
— Dit comme ça…
— Mon ange, je comprends que tu aurais apprécié qu’elle me connaisse comme toi et lui. Mais tu sais bien que tous n’ont pas ton esprit ni ton coeur. Laisse du temps à ta mère pour apprendre à nous connaître. Tu te rappelles le restaurant, ce midi ?
— La façon dont ils ont agi quand j’ai demandé le menu spécial des Oni ? Oui. Ils étaient tendus, en panique. Flippés que tu ne leur sautes à la gorge, répondit la jeune femme, se remémorant l’attitude du staff.
Elle resta silencieuse un moment, serrant le corps de l’homme contre elle, un peu plus fort, recherchant sa chaleur et ce côté rassurant qu’elle lui trouvait, au contraire de sa mère.
— On devrait y aller, dit Kim, captant une ombre qui s’éloigna de la cuisine. Tes parents attendent.
La jeune femme ne le voulait pas, mais avait-elle le choix ? Elle qui s’était faite une joie de ce dîner, voilà qu’elle voulait ne plus y assister. Pourtant, Naeliya se laissa pousser par son compagnon, jusqu’au salon où ils retrouvèrent le couple Clark.
Kim leur adressa un petit sourire qui disait « je sais que vous nous avez entendu. Je vous ai vu », faisant rougir Louisa. Il s’installa sur un fauteuil et se retint de justesse d’attirer la jeune femme sur ses cuisses. Ne voulait-il pas faire bonne impression ? Même Samsara s’était apprêté.
Crois-tu que son père nous rendra visite ce soir ? Demanda le démon à l’Oni.
Sans doute, répondit ce dernier.
Si c’est le cas, j’espère que ma tenue ne lui fera pas peur. Est-ce que notre jeune fille viendra aussi ?
Elle dort ici, ce soir, annonça Kim.
Le démon se figea, surpris. Puis un lent sourire éclaira les yeux sombre de la créature qui se sentit soudain très euphorique.
Voilà une très bonne nouvelle…
Alors que chacun occupait un coin assis, Kim se lança :
— Colonel Clark, Madame. Je vous remercie d’avoir accepté mon invitation à dîner.
— C’était… surprenant et quelque peu cavalier, je dirai, répondit le père. Mais je suis honoré de pouvoir venir ici. Nous savons à quel point votre terrain est précieux pour vous.
— Merci. J’apprécie, dit Kim, un sourire sincère sur les lèvres.
— Pourquoi ne pas avoir proposé dans un restaurant ? demanda Louisa.
Naeliya se tendit, prête à s’exclamer qu’elle en avait marre, mais l’Oni répondit avant elle.
— Parce que je voulais un terrain plus spécial pour me présenter officiellement à vous.
— Plus officiellement ? C’est-à-dire ? l’interrogea Louisa.
— Savez-vous que nous avons tous des noms de codes, parmi les Oni ?
— Non, je l’ignorais.
— Je ne peux pas dire celui de mon chef, car c’est un secret qu’il ne partage qu’avec sa famille, bien que nous autres, Oni, connaissons sa véritable identité. Pour ma part, mon nom est Kim. Ce qui est vaste, vous vous en doutez sûrement.
— En effet, répondit Louisa.
Kim sourit.
— Mon nom complet et Kang Kim Gyul. Je suis de Séoul, en Corée du Sud. Je suis un orphelin. J’ai actuellement 32 ans. Je ne sais pas quand je suis né, mais nous fêtons rarement nos anniversaires, sauf quand notre maîtresse insiste. Elle pense que ça rend nos vies plus joyeuses.
— Taeliya a raison, confirma la non-voyante.
— Sûrement, continua-t-il. Je n’y ai jamais vraiment pensé ni trouvé que ça changeait quoi que ce soit à ma vie. Mais si elle ordonne, je m’exécute.
— Et têtue comme vous êtes, renchérit Naeliya en soupirant. Elle a bien raison d’insister.
— Naely, les interrompit Louisa. Pourquoi est-ce que tu acceptes cette situation aussi facilement ? Je cherche à comprendre le chemin que prend ta vie, depuis que tu les connais.
— Taeliya est la fille de Monsieur Carlington, répondit sa fille, évitant à Kim de le faire pour elle. Je ne suis pas fille de mafieux. Le dernier en date m’a volé mes yeux et vous a blessé. Je suis terrifiée de ce genre de personnes. Mais Taeliya a été celle qui m’a protégée, alors qu’elle était enceinte. J’aurai pu nous tuer toutes les deux, cette nuit-là. Mais c’est une femme courageuse et endurcie. Je ne vois pas pourquoi je n’accepterai pas cette hiérarchie. De plus, c’est mon amie et je n’ai aucune envie de chambouler tout ça. Si elle m’ordonne quelque chose, je serai plus qu’heureuse de m’exécuter, peu importe ce que ce sera.
— Rassurez-vous, Madame Clark, rattrapa Kim. Notre Princesse n’est pas du genre à demander la torture ou la mise à mort de quelqu’un.
— Non, en général c’est ton chef qui fait ça, pouffa Naeliya.
Louisa se figea.
— Maman. Les Oni ont pour principe de suivre ce que Taeliya leur dit. Ils ne blessent pas volontairement, sauf si c’est dans l’ordre de leurs missions ou qu’elle est attaquée. Tu sais très bien ce qu’ils ont fait à cette famille et je sais qu’ils sont capables de raser tout un clan, juste pour une vengeance. Ils m’ont aidé dans la mienne.
— Que je referais s’il t’arrivait quelque chose, déclara Kim de cette façon solennelle qu’il avait d’annoncer les choses.
— Merci, Kim, pour tout ce que vous avez fait pour notre famille, dit Christopher.
— J’ai répondu à ta question, maman ?
— Oui. C’est on ne peut plus clair.
— Madame, je sais que vous êtes inquiète pour votre fille. Mais je puis vous assurer qu’elle ne risque rien avec nous. C’est ma compagne et il nous est totalement impossible de blesser nos partenaires véritables.
Christopher comprenait le deuxième sens de sa phrase, au contraire de Louisa qui en était complètement écartée. Elle hocha cependant la tête face à la déclaration de cet homme qu’elle craignait encore, mais dont elle ne pouvait nier la franchise et l’honnêteté. Il proposa de boire une coupe avant de fondre sur les amuses-gueules que Naeliya et lui avaient disposés sur la table.
L’ambiance restait tendue, mais elle commença à s’alléger quand ils passèrent à table.
Kim apporta les entrées et Naeliya expliqua qu’elle avait participé. Ses parents s’en amusèrent, mais l’Oni ne put s’empêcher d’être fier d’elle. Malgré la douleur que lui avait infligé les mots de sa mère, elle y avait fait face et avait sut répondre de façon mâture.
Le plat arriva et on ouvrit la bouteille apportée par Christopher. Naeliya refusa l’alcool, mais Kim avait déjà prévu le coup et lui proposa de boire un petit jus dans le verre à vin, ce qui avait amusé la jeune femme.
— On dirait une enfant que sa mère autorise à boire une lichette dans son verre, ironisa-t-elle.
L’allusion fit rire tout le monde
Les conversations allèrent bon train, tandis qu’ils dégustaient leur repas tranquillement.
Carl qui faisait une ronde, entendit les rires provenir de la maison de son ami et ne put empêcher un sourire.
— Voilà que ça s’amuse, là-dedans, dit-il.
[…]
La soirée se prolongea au salon, autour d’un digestif et boissons chaudes. Les blagues fusèrent autant que les rires. Naeliya était lovée contre son compagnon et ses parents sur le canapé. Doucement, elle commença à sentir son esprit vagabonder vers une scène qu’elle connaissait par coeur. Son sourire se fit doux et son corps plus lourd contre Kim.
— Fatiguée ?
— Hm…
— Il se fait tard, remarqua sa mère. Tu rentres avec nous ?
— Non, répondit-elle d’une voix pâteuse. Je dors ici, ce soir.
Louisa arrêta son geste, pris un temps pour assimiler, mais fini par dire :
— Tu as pris de quoi te changer pour la nuit ? Des produits de toilette ?
— J’ai déjà tout à disposition ici, Louisa, répondit Kim.
— Bien, soupira-t-elle.
— Ne t’en fais pas, chérie. Notre fille est grande. Et si elle a besoin de quoi que ce soit, je suis sûr que Taeliya pourra l’aider.
— Taeliya sait que je suis là, répondit leur fille.
— Mon ange, dis bonne nuit à tes parents maintenant, je vais te monter dans la chambre.
— Hm… Bonne nuit, maman, papa. Rentrez bien et faites attention sur la route, dit-elle en baillant.
— Bonne nuit mon cœur, dit Louisa, se levant pour embrasser le front de son enfant de 24 ans maintenant. Fais de beaux rêves.
Les deux hommes s’échangèrent des sourires entendus.
Le rêve sera beau, oui, ils pouvaient l’assurer.
— Bonne nuit, ma fille, dit le père.
— Bonne nuit, papa…
À peine Kim se leva, la portant contre lui qu’elle avait déjà sombrée.
— Louisa, puis-je vous demander assistance ? demanda Kim.
— Pour la changer ?
— Oui.
— Bien sûr !
Si ça n’avait tenu qu’à lui, il aurait mis Naeliya nue pour se coller à elle et sentir sa peau, mais il savait que devant les parents, il devait faire bonne figure. Où était cette version terrible du démon ? Face à la famille directe de sa compagne, mieux valait se montrer correct. Ils grimpèrent à l’étage et trouvèrent un couloir avec plusieurs portes. Celle tout au fond était la chambre de maître. Louisa savait d’avance où allait dormir sa fille, aussi ne fit-elle aucun commentaire quand l’homme lui demanda d’ouvrir pour lui. Contre tout attente, l’intérieur était aussi bien décoré que le reste de la maison. Aucun reproche ne vint. Elle le regarda déposer délicatement la jeune femme dans son grand lit et quitter la pièce, après lui avoir indiqué où se trouvaient les affaires qu’il avait acheté pour la non-voyante.
Louisa reconnaissait les efforts de l’Oni. Mais le titre qu’il portait, c’était ça qui la terrifiait. Cependant, elle avait compris qu’il ne quitterait jamais son travail et que sa fille refusait même qu’il y pense. Elle prit un pyjama et entreprit de changer sa fille avant de la border.
— Bonne nuit, ma chérie, dit-elle, embrassant son front.
Elle redescendit pour trouver Christopher et Kim pouffer entre hommes. Ce tableau était touchant, si l’on mettait de côté le métier de l’un et de l’autre.
— Elle est changée, annonça-t-elle.
— Merci, dit Kim en souriant.
— Nous devrions y aller, dit-elle à son mari. Je donne cours tôt, demain et tu as du travail.
— Ah ! C’est vrai, soupira Christopher. Kim, ce fut un réel plaisir de dîner ici. Merci encore pour l’invitation.
— Merci à vous de l’avoir accepté.
— Merci de prendre soin de notre fille, dit alors Louisa, les surprenant tous.
Kim sourit.
— C’est avec un grand plaisir.
Il les raccompagna jusqu’à leur voiture, puis jusqu’au bout du terrain. Quand les phares arrièrent (?) de la voiture disparurent dans la nuit, il put enfin souffler.
— Alors, ce dîner ? entendit-il derrière lui.
— Carl. Mieux que ce que j’espérai.
— J’ai pas entendu de cris ni de coups de feu et encore moins vu de vaisselle voler, s’amusa l’Oni, bras croisés contre sa poitrine.
— C’est un premier pas, sourit son ami. Je vais y aller, Naeliya est dans la chambre.
— Je ne te demanderai pas laquelle, hein ? Se moqua Carl. Bonne nuit, mon frère.
— Bonne nuit, Carl.
Le coréen rentra chez lui, fit un brin de ménage, bloqua l’accès à sa maison, puis éteignit les lumières avant de rejoindre sa chambre où dormait la plus belle créature qu’il n’ait jamais vu.
***

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