Chapitre 35

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— Venez ! S’exclama quelqu’un, alors que minuit approchait. Faut qu’on se trouve une place pour le feu d’artifice !

La cohue commença l’instant d’après. Damien et sa mère cherchaient les Clark du regard avant de les trouver en compagnie d’une assez grosse équipe de molosses qui les entouraient, comme pour les protéger. Était-ce eux, ceux qu’on appelait les Oni ? Il repéra Naeliya, accrochée au bras du coréen, riant comme si elle n’en avait pas peur. Feignait-elle son expression ou avait-elle réellement aucune peur en leur présence ? Louisa semblait, elle aussi, décontractée aux côtés de l’homme impressionnant. Christopher discutait avec Stein et ce qui devait être son gendre.

— Qui c’est ? Demanda Elodie à une femme qui se trouvait devant elle, pointant Noah et son groupe.

La femme se tourna vers elle, lui adressant un regard choqué et horrifié qu’elle puisse oser poser cette question.

— Vous êtes sérieuse, Madame ? fit celle-ci, devenant légèrement blanche.

— Que se passe-t-il ? demanda quelqu’un.

— Cette dame demande qui sont les hommes qui entourent Monsieur Carlington, répéta la première interrogée.

Des murmures ahuris se firent entendre dans la foule.

— Il y a encore des gens qui ne les connaissent pas ? s’étonna un homme qui ne devait pas être plus vieux que Damien.

— Il faut croire, répondit quelqu’un.

— Je… Je posais simplement la question, s’empourpra Elodie, détestant ce genre d’attention qui ne la mettait pas en valeur.

— Vous venez ici, chez Monsieur Carlington, sans savoir que les Oni seraient avec lui ? se surprit à résumer une adolescente qui devait être au lycée.

Les Oni ? Alors, c’était vraiment eux, pensa Damien qui sentit son sang le quitter.

Il tenta alors une nouvelle approche, cherchant à savoir pourquoi Naeliya se retrouvait avec l’un d’entre eux.

— Et, la jeune femme qui est avec eux ? Vous savez qui c’est ? Les questionna-t-il, prudemment.

— Oh ? Vous ne regardez pas les informations ?

— Euh… Pas tellement, admit-il, se grattant l’arrière de la tête, mal à l’aise.

— Hm, fit la femme, suspicieuse, le toisant du regard, le détaillant de haut en bas. C’est Mademoiselle Clark. La meilleure amie de Mademoiselle Taeliya.

— Sa meilleure amie ?

— Oui. Vous ne connaissez pas son histoire ?

— J’avoue que non.

La femme raconta alors, dans les grandes lignes, ce qu’il s’était dit durant l’interview, mais n’eut le temps de donner l’information cruciale. Damien savait pour l’accident, mais pas qui en était la cause ni ce qu’il s’était passé en suite. Tout ce qu’il savait, était que les Clark avaient subit un accident et que Kim et ses amis avaient décimé tout le clan qui en était la cause.

Son sang le quitta définitivement. Il avait peur. Pour elle ? Pas tellement. C’était plus pour lui, si l’Oni venait à apprendre ce qu’il avait fait à la jeune femme, des années plus tôt. Mais l’accueil froid qu’il leur avait réservé lui confirma qu’il était déjà au courant.

— Maman, je me sens pas bien, murmura-t-il, soudain pris de vertiges.

— Attends au moins la fin du-

— Il sait, maman.

Sa voix blanche la fit sursauter.

— Qui sait ? Et savoir quoi ?

— L’Oni. Il sait pour ce que j’ai fait à Neil’, murmura Damien.

Elodie le regarda, puis jeta un coup d’œil au groupe et se figea. Elle lui attrapa le bras et quitta les lieux en trombes pour rejoindre leur voiture et partir.

— Souffle, mon ange, murmura Kim, qui les avaient vu déguerpir, comme si le diable se mettait à leur courir après, fourche à la main. Ils sont partit.

— Vraiment ?

— Oui.

Le décompte commença. 3, 2, 1 et le feu d’artifice se mit à crépiter dans le ciel noir de cette dernière nuit de décembre et les premières secondes de janvier.

Kim se pencha et dit :

— Bonne année, mon ange.

— Bonne année, Kim, sourit-elle.

Il déposa un baiser auquel elle s’accrocha avec un certain désir de le voir s’éterniser un peu plus. Il lui prit la nuque pour la maintenir en place, mais se retint de justesse de glisser sa langue vers la sienne. Pourtant, tout son corps crevait d’envie de la faire sienne. Samsara tournait en rond dans sa cage mentale, espérant goûter à la jeune femme, s’unir à elle et la marquer. Le corps du géant se contracta et Naeliya le sentit. Elle posa une main à plat sur sa poitrine pour sentir son cœur furieux, battre comme s’il désirait s’échapper pour rejoindre celui de la non-voyante.

— Ramène-moi, murmura-t-elle en se hissant vers son oreille. S’il te plaît.

Kim frissonna.

Elle cherchait à le torturer, c’était à n’en pas douter. Elle était adorable, mais avait des réparties de véritables démones. C’était sans doute ce qui l’amusait autant avec Naeliya. Elle avait le don de se montrer fragile et vulnérable, pour vous sentir fort à côté d’elle, entretenant ce désir de la protéger. Puis, l’instant d’après, elle vous pique comme les épines d’une rose sauvage.

Il jeta un regard à Louisa qui se trouvait sur leur droite. Cette dernière se tourna vers lui.

— Est-ce que tout va bien ? S’enquit-elle.

— Louisa, je vous la rend plus tard, déclara la voix sombre et rauque de Kim qui se contenait très mal.

La mère sursauta, mais son mari se mit à rire.

— Partez, les jeunes ! lança-t-il. Profitez bien de votre début d’année !

— Merci, papa, murmura Naeliya, rougissante.

Louisa se mit à rougir, comprenant soudain l’allusion de son mari et fit un geste de la main à Kim, comme si elle chassait une mouche.

L’Oni éclata de rire.

Il fit un signe à ses camarades et son chef qu’il partait. Devant Taeliya, le couple inclina la tête, puis disparu aussitôt vers la voiture avec laquelle ils étaient arrivés.

Kim lui ouvrit la portière et l’aida à s’installer, puis fit le tour de la voiture pour prendre place à son tour et démarrer en trombes, direction sa maison.

[…]

Quand il se gara devant son perron, Kim resta un instant sans bouger, le souffle court comme s’il avait couru un marathon et qu’il venait tout juste d’arriver. Les mains encore sur le volant, il cherchait à ralentir les battements de son coeur. Mais la femme à ses côtés ne rendait pas la tâche aussi facile, même si elle ne disait rien.

— Naeliya, souffla Kim, presque comme si parler lui coûtait. Es-tu vraiment sûr de toi ?

Elle hocha la tête.

Elle était terriblement nerveuse, mais elle avait aussi affreusement envie de lui… de se donner à lui. Depuis cette nuit à l’hôtel de la plage, elle n’avait eu de cesse de rêver de ce moment. Comment l’avait-elle imaginé ? Doux ou brutal ? À l’image de Kim ? Ou le sentirait-elle se retenir pour elle et faire en sorte d’être le plus doux possible ? Supporterait-elle sa force ou bien détesterait-elle sa douceur ? Ses moments solitaires dans la douche ou dans son lit étaient peuplés de ses désirs de sentir les grandes mains de Kim sur elle, lui pinçant les seins, murmurant contre son oreille…

Une main forte se posa sur sa cuisse, la faisant sursauter.

— Mon ange… Tout va bien ?

— Je… Je suis un peu nerveuse, avoua la jeune femme.

Elle entendit Kim souffler.

— Moi aussi, dit-il. Mais je peux plus me retenir.

Naeliya tourna la tête vers l’Oni et lui murmura une phrase qui le déclencha :

— Moi non plus.

***

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