Chapitre 39

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Installé dans une voiture, un homme prenait des photos. Cela faisait des semaines qu’il suivait la famille Clark. Il avait cherché la personne responsable de la destruction totale du clan de son ancien boss, Monsieur Ernandez. Il avait été envoyé en mission, avant que le carnage n’ait lieu et à son retour… Il n’avait trouvé que des ruines, des corps carbonisés et des restes humains éparpillés sur le terrain. Le compagnon de son boss avait également disparu. Après une dizaine de mois de recherches, il avait réussi à trouvé qui avait fait ça. Mais quelle ne fut pas sa stupeur en réalisant que c’étaient les Oni de Carlington qui s’étaient amusés à détruire Ernandez.

Pourtant, il savait qu’ils n’agiraient jamais sur un coup de tête. Bien entendu, l’homme savait que son patron n’était pas tout blanc. Aucune personne de leur milieu ne l’était. Et encore moins Stein Carlington ou ses Oni. Mais de là à attaquer sans raison… Dans son enquête, il avait découvert la vraie raison. La famille Clark. Au premier abord, la famille paraissait aussi normale que possible, mais en creusant un peu, il avait découvert qu’ils avaient été victime d’un accident causé par le fils d’Ernandez.

La fille était devenue aveugle, le père avait dû quitter son poste de colonel des armées, sévèrement blessé dans l’accident. La mère avait été légèrement blessé, comparé aux deux autres, et c’était celle qui s’en était le mieux sortie.

Dans ses recherches, il avait trouvé l’interview de la famille, depuis un hôpital, décrivant ce qu’il leur était arrivé et leur misérable vie par la suite. L’homme n’était pas surpris que son clan cause des problèmes, surtout le fils, mais de là à annihiler tout un clan juste pour réclamer vengeance…

C’est pourtant en fouillant qu’il comprit ce qu’il s’était réellement passé et l’horreur lui avait broyé les tripes. La fille Carlington s’était liée d’amitié avec celle des Clark et l’avait intégré aux Oni. C’est ainsi qu’ils ont pris la décision de l’aider dans sa quête.

Alors, l’homme s’engagea dans le même bureau fédéral que Christopher Clark, afin de mieux l’approcher et de nouer un lien de confiance avec lui. Toutefois, ce fut un échec cuisant. L’ancien colonel était très bon dans son travail, mais également dans ses relations de bureau. Il ne se liait à personne. Traitait tout le monde de la même manière, avec respect et distance. Ses années à l’armée l’avaient forgé dans ce sens.

Il avait ensuite filé la mère, mais pas plus de succès non plus. Quant à la fille, c’était la plus compliquée à approcher, tant les dragons qui l’entouraient refusaient de lui laisser l’espace nécessaire pour tenter quelque chose. Surtout un. Il le connaissait pour être le bras droit de l’Oni en chef. Un expert dans les tortures physiques et dans la destruction de preuves. C’était un AS dans la technologie et un ennemi redoutable. Du moins, autant que ses camarades, mais lui avait visiblement des atouts qui le mettaient dans le haut du panier des monstres.

Il devait trouver LE moment parfait pour attraper la fille et l’embarquer. Il savait très bien qu’il ne pourrait jamais confronter directement n’importe lequel des Oni, en face, donc autant tenter une autre approche. Mais voilà plus d’un an qu’il cherchait à savoir comment faire, sans grand succès, là non plus.

Son objectif capta une scène qui le figea sur place.

L’Oni en question, soulevant la non-voyante, déposant un baiser, qui avait loin d’être chaste, sur ses lèvres. Voilà une information cruciale ! La fille Clark était une compagne d’Oni ! Mais pas de n’importe qui ! Il fallait que ce soit celui de ses pires cauchemars !

— Je vais jamais m’en sortir… soupira-t-il, abattu.

Il n’était pas fan des plans kamikaze non plus. Mais avait-il vraiment le choix, actuellement ? C’était soit, il arrivait à attraper la fille et se faire tuer avec elle plus tard, soit continuer à les filer jusqu’à en perdre l’envie et tout lâcher sans venger son clan.

Il se décida.

S’il devait mourir pour son clan, alors soit. Mais il la tuerait avec lui.

[…]

Depuis la soirée des anciens élèves, la famille Clark recevait des appels, des visites et même des lettres ou mails des familles des camarades de Naeliya. Tout le monde avait apprit pour leur accident, la trahison de Linda et Damien, ainsi que du groupe d’amies de la jeune femme. Christopher avait refusé la plupart des personnes. Stein leur avait même proposé de venir au manoir, pour plus de tranquillité, mais Louisa et son mari avaient poliment décliné.

Pourtant, après plusieurs jours à subir un tel harcèlement, Kim prit les choses en main. Il arriva en pleine journée et trouva une horde de gens, rôdant autour de la maison des Clark. Il fit vrombir le moteur de son SUV, les faisant s’écarter. Il se gara et sortit du véhicule. Son aura terrifiante fit taire la moindre voix.

Il s’approcha de la porte, mais n’eut pas le temps de toquer que Christopher lui ouvrit pour l’inviter à entrer.

On appela l’ancien colonel, comme si c’était une star dont on quémandait l’attention. L’homme hocha simplement la tête, sans un sourire, puis referma la porte.

— Naely ! s’exclama Louisa. Kim est là !

Du bruit à l’étage les avertit qu’elle avait entendu.

Il la vit se tenir à la rambarde et une main contre le mur pour descendre, prudemment. Il avait appris qu’il ne fallait pas lui forcer de l’aide. Naeliya aspirait à vivre normalement et il se faisait violence pour cela. Quand elle atteignit la dernière marche, il glissa son bras autour de sa taille, la souleva et vint la déposer sur le sol de l’entrée.

— Salut, mon ange, dit-il.

— Salut, sourit-elle, sentant son odeur masculine et écoutant sa voix vibrante.

Il lui baisa la tempe, mais ne relâcha pas son étreinte pour autant. Le petit groupe se rendit au salon d’où ils entendaient encore les voix de dehors, les appelant, cherchant à les faire sortir ou à se faire inviter à entrer.

— Ça devient infernal, lança Louisa.

— Je sais que vous avez refusé l’aide du grand Patron, commença Kim, sa chérie contre lui.

— Nous ne voulons pas nous imposer, expliqua Louisa.

— Je sais. C’est pourquoi je vous laisse préparer des valises. Vous venez chez moi, déclara-t-il, ne laissant aucune place à la moindre réplique.

Son regard froid et sombre imposait sa décision. Kim ne demandait pas, il exigeait. Les parents Clark savaient qu’ils ne pouvaient argumenter avec lui et qu’ils avaient tout intérêt à se plier à son ordre.

Sans rien demander de plus, Christopher et Louisa se levèrent pour monter dans leur chambre et entamèrent de préparer sacs et valises tandis que Naeliya les suivait, accompagnée de Kim.

Il leur fallut un long moment pour tout préparer et redescendre afin de charger le tout dans le SUV de l’Oni.

Louisa s’assura que chaque fenêtre et volet étaient bien fermés avant de sortir en fermant la porte à clé. Quand Naeliya apparu aux côtés de sa mère, les gens se déchaînèrent, espérant pouvoir lui parler ou même lui agripper le bras afin de la guider vers eux. Mais la présence de l’Oni les en empêchait. Il la fit entrer à la place passagère à côté de lui, tandis que ses parents montaient à l’arrière. Kim s’installa au volant et démarra en trombe, risquant même d’en renverser deux ou trois au passage.

Laly et Gérard avaient l’habitude de rendre visite à Tristan et Jess, mais ne restaient jamais, en général. Ce que Kim s’apprêtait à faire allait être sans précédent et Noah avait déjà accepté que son ami accueille les Clark chez lui, durant un certain temps.

Mais pour Kim, la situation avait une saveur différente. Lui qui était un orphelin, voilà qu’il avait une compagne et que la famille de celle-ci l’acceptait malgré tout ce qu’il représentait. Il pouvait remercier son chef et ami pour avoir prévu des chambres en plus dans leurs maisons et donc Kim pouvait offrir un refuge à Louisa et Christopher, le temps que les dégénérés se calment.

Le SUV entra dans la partie qui appartenait aux Oni et se dirigea vers la maison du coréen. Il se gara, puis aida les Clark à sortir leurs affaires.

— Bonjour, les voisins ! entendirent-ils s’exclamer.

— Bonjour, Monsieur Dorian, le salua Naeliya.

— Je vois que ça déménage. Tout va bien ? s’enquit l’Oni, s’approchant pour prendre une valise des mains de Louisa.

— Leur maison est assaillie de gens qui veulent « rattraper le temps perdu » souffla Kim, ouvrant la porte d’entrée, guidant sa belle à l’intérieur.

— Ouais, j’ai entendu ça. Donnez, Colonel. Je vais vous aidez.

— Je peux m’en charger, sourit le père au démon qui arborait un sourire très franc et amical.

— Laisse-le t’aider, papa ! S’exclama la jeune femme depuis l’intérieur. Tu ne dois pas porter trop lourd !

Dorian, souris, puis jeta un regard à l’ancien militaire.

— Ma blessure me fait mal quand il fait froid, expliqua l’homme.

— Raison de plus pour me laisser vous aider, pouffa le démon, attrapant la valise des mains du père.

Une fois dans la maison, Kim leur montra la chambre d’ami et les laissa s’installer. Pendant ce temps Dorian et Naeliya préparait du thé et du café, afin de prendre une collation, tout en discutant joyeusement dans la cuisine.

L’après-midi se passa plus calmement, mais derrière cette tranquillité, un homme continuait à guetter, prenant cliché sur cliché, attendant à trouver le moment décisif qui pourrait lui permettre de passer à l’action.

Ce moment arriverait bien plus vite que prévu.

***

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