Chapitre 45
Naeliya tournait en rond.
Depuis combien de temps était-elle là ? Elle ne savait plus. La jeune femme avait perdu le compte depuis le départ de Samsara. Départ ou disparition, autant choisir son mot, car il n’avait plus remontré le bout de son masque depuis un moment.
Elle avait eu le temps de réfléchir à la façon dont elle avait réagit face à sa véritable apparition derrière le masque. Elle n’avait pas eu peur. Loin de l’avoir effrayé même, l’apparence squelettique de la créature ne l’avait pas rebutée. C’était comme si, au fond d’elle, Naeliya savait à quoi s’attendre et était prête à ça. Était-ce étrange ? Probablement, mais avec tout ce qu’elle avait vécu jusque-là, plus rien ne lui semblait si bizarre que ça. Elle communiquait par rêve avec son compagnon et le truc qui vivait en lui comme un parasite bien installé. Son père pouvait aussi voir ces gens-là, elle pouvait « voir »… Jusque-là… si on devait faire la liste des choses « étranges » qui lui arrivait depuis un moment, elle ne s’en sortirait pas.
Mais imaginer qu’une créature ignoble ne la dégoûtait pas restait sans doute la chose la plus tordue qui lui venait à l’esprit. Mais si elle devait être honnête avec elle-même, Samsara n’était pas la pire chose qu’elle avait pu voir dans sa vie. Si on prenait en compte l’inhumanité de certains… Clairement, les démons internes des Oni étaient, et de loin, des enfants de chœur.
— C’est long, soupira-t-elle. Je vais devoir attendre encore combien de temps ? J’ai du monde qui m’attends et un futur mari qui doit être sur le point de faire un massacre si je ne me réveille pas !
Contre qui criait-elle ? Personne et tout le monde à la fois. Le temps ne semblait pas passer et elle commençait à perdre patience. C’était ça, la mort ? Elle n’avait clairement pas envie de passer le reste de sa « non-existence » dans ce genre d’espace. L’ennui était son pire ennemi et très clairement, personne n’aurait envie, même les plus phobiques possible, de vivre reclus à ce point.
Elle aurait bien voulu frapper sur quelque chose, hurler, se mettre à courir, mais le moindre mouvement lui semblait peser des tonnes et la lassitude arrivait très rapidement. Elle s’allongea et resta là, les bras et jambes écartées, regardant, elle ne savait pas trop quoi, espérant que son calvaire aller très vite s’arrêter.
— Je me fais chier, c’est incroyable, soupira-t-elle.
Compter les minutes et les heures, elle avait déjà tenté, jusqu’à en perdre le fil à cause de l’ennui que ça lui procurait. Non, vraiment, si l’au-delà ressemblait à ça, elle s’en passerait bien. L’idée de ne pas pouvoir être avec les siens ou au moins Kim la rendait triste et elle avait du mal à assumer qu’elle soit aussi dépendante de la présence de l’Oni. Il avait prit une place si grande dans sa vie qu’elle devait se rendre compte qu’il était le seul à vraiment la comprendre et savoir comment agir avec elle dans les coups durs de la vie. Lui qui n’avait jamais expérimenté l’amour familial, le voilà intégré à celle d’une fille ordinaire. En y repensant, Naeliya ne put s’empêcher de rire.
Oui, le tableau était comique, car même Samsara s’entendait à merveille avec son père. Ces trois-là étaient inséparables. Les hommes de sa vie. Ce qu’elle regrettait était que sa mère ne pouvait les voir. Du moins, elle ne pouvait rencontrer le démon ni profiter des joies que Christopher partageait durant leurs rêves.
— Je me fais chier… souffla-t-elle, regardant un point invisible parmi le blanc lumineux des lieux. C’est bientôt mon anniversaire, non ? Est-ce qu’ils vont le célébrer ? Connaissant maman, c’est fort probable. J’ai juste peur que Kim ne le supporte pas…
Soudain, une odeur lui parvint.
Elle se redressa immédiatement, ferma les yeux et huma l’air, cherchant à savoir quelle odeur ça pouvait bien être et surtout, d’où ça pouvait provenir.
— Du feu. Il y a du feu quelque part ! S’exclama-t-elle avec joie. Attends. Si je peux sentir du feu, c’est que je reprends conscience.
Forte de cette pensée, elle se remis sur pied et cria. Elle criait à elle même de se réveiller, qu’il y avait du feu quelque part. Que près d’elle, ça brûlait.
— Réveille-toi, bordel ! On va finir carboniser si tu restes là à pioncer ! Bouge ton cul, Naeliya Lorelei Clark ! Tu dois ouvrir les yeux et te sortir de là ! Maintenant !
Le désespoir commençait à la gagner, car l’odeur devenait de plus en plus âcre et il n’y avait aucun signe d’un quelconque réveil de sa part.
Est-ce ainsi qu’elle allait mourir ? Laissant sa famille et son compagnon seuls ? Non ! Il fallait qu’elle se débatte et qu’elle se réveille ! Peu importait ce que ça allait lui coûter, elle était prête à tout, quitte à se blesser dans le processus.
Ses cris se firent de plus en plus rauques à mesure qu’elle sentait sa gorge devenir sèche.
— Mais putain ! Répondez, Bordel ! Hurlait-elle avec désespoir. Y a le feu ! Hé ! Y a le feu ! Putain, mais réveille-toi, bordel ! HEY !
Ses yeux s’ouvrirent enfin et elle se rendit compte qu’une épaisse fumée remplissait la pièce. C’était assez flou, mais elle arrivait à voir que du feu léchait le bas de la porte et les cris dans le couloir lui apprirent qu’elle n’était plus dans un rêve, mais bien de retour à la réalité, ce qui la soulageait un peu.
— Hey ! s’écria-t-elle de nouveau, tentant d’avertir quelqu’un ou qu’une infirmière l’entende et vienne la sortir de là.
— Vite ! entendit-elle.
— Est-ce que vous vous êtes assurés que toutes les chambres étaient vides ?! Fit une autre personne, qui semblait être le chef de service.
— Oui ! On a évacué tout le monde ici !
— Alors sortez !
— Hey ! cria Naeliya, mais en vain, car les pas fuyaient déjà vers la sortie, la laissant seule dans cette chambre, prisonnière de ses câbles et machines. Mais putain ! Personne ne va venir m’aider ?! Je vais clairement pas rester ici et crever comme ça !
Elle força son corps à bouger, basculant sur le côté. Une légère douleur au niveau de son sternum la fit grimacer, mais elle n’avait pas le temps de s’attarder dessus. Il fallait qu’elle s’arrache aux câbles et qu’elle arrive à sortir d’ici. Il lui fallut un long moment avant de pouvoir réactiver ses membres et de réussir à trouver les aiguilles sur lesquelles elle tira d’un coup sec.
— Fait chier, grommela-t-elle. Allez, encore un petit effort.
Des cris résonnaient un peu partout. Des pompiers avaient dû être appelés. Mais si les médecins et infirmiers l’avaient ignoré, elle n’allait clairement pas compter sur eux pour venir la sauver. Il fallait qu’elle récupère son téléphone. Elle savait que Kim avait dû le lui laisser quelque part. Mais la question était la suivante. Aurait-elle assez de temps pour le trouver ? Le feu se rapprochait très vite, trop même.
— Ah ! Aïe ! Qui a dit que le sol d’un hôpital était plus doux, que je lui fasse bouffer ses genoux ? Gronda-t-elle, tentant de se relever de sa chute.
Sa vue restait brouillée, mais étrangement, elle arrivait à mieux déterminer où était les choses dans ce petit espace.
— Où est le placard ? Ah, je crois que c’est là. Yes ! Mon sac ? Hé, hé ! Trouvé.
Se croyait-elle dans un de ces jeux vidéos où il fallait trouver des munitions ou ressources dans une map infestée de méchants ou de zombies ? Probablement, c’était sans doute ce qui lui permettait de ne pas flancher. Elle fouilla à l’intérieur et trouva son portable. Il lui suffisait de pianoter dessus pour activer l’appel. Ses parents semblaient être occupés, car ça sonnait dans le vide. Probablement étaient-ils au courant du feu et se trouvaient-ils, en paniques, en bas, cherchant à rentrer pour venir la sauver. Elle tenta alors Kim.
— Allô ? Qui que vous soyez, sachez que je vais rentrer et vous trouver, gronda la voix de l’Oni.
— Kim, souffla-t-elle. Kim, c’est moi, Naeliya.
Le silence lui répondit.
— Chérie ?
— Le feu est dans mon étage et les infirmiers m’ont laissé ici. J’entends des cris, probablement les pompiers, mais je pense pas qu’ils viendront me trouver.
Le grondement qui répondit lui fit comprendre qu’il savait que son temps était compté.
— J’entre ! s’exclama-t-il.
Naeliya se mit à tousser, tant la fumée devenait épaisse. Les cris des pompiers, appelant de potentiels survivants, passèrent sans s’arrêter devant sa porte.
— Vous avez mis quelque chose sur ma porte de chambre pour que personne ne vienne l’ouvrir ? demanda la jeune femme à son compagnon.
Elle n’entendit pas de réponse, mais compris qu’il était surpris. Visiblement, l’Oni ne savait rien, mais il devait être terrifié de quelque chose.
— Est-ce que tu peux ouvrir la fenêtre ? lui demanda-t-il.
— Non et je pense pas avoir les forces pour.
— Essaye de percer un trou dans la vitre. Ça te donnera un peu de temps pour respirer. Je suis déjà dans l’entrée.
Naeliya pouvait entendre les cris des pompiers lui interdisant de s’avancer ainsi que les hurlements de ses parents et des flics qui tentaient de les éloigner. À travers le téléphone, elle pouvait entendre les grondements sourds de son compagnon qui forçait le passage pour s’infiltrer dans le bâtiment en flammes et foncer droit vers l’étage où elle se trouvait. Une nouvelle quinte de toux la secoua. Elle tourna le visage pour trouver la fenêtre.
Bon, première idée. Tenter de tourner la poignée pour ouvrir la fenêtre. En espérant que ça fonctionne. Téléphone à la main, elle tituba jusqu’à la fenêtre, attrapa la poignée et tenta de la bouger, mais comme elle s’y attendait, ses forces n’étaient pas totalement revenues. Deuxième idée. Trouver quelque chose qui lui permettrait de fracasser la fenêtre. De son regard brouillé, elle chercha et son choix s’arrêta sur le pied à perfusion. Foutu pour foutu, autant se servir de ça. Elle posa le téléphone et se saisit de la perche qu’elle lança à travers la fenêtre. Echec. Bon… Fallait bien essayer.
Puis, elle se rappela que dans chaque chambre il y avait au moins in extincteur et un marteau brise-vitre. Le tout était de savoir où ça se trouvait. Une boite rouge attira son attention, sur un mur proche de la fenêtre. Elle s’en approcha et… BINGO ! C’était bien ça ! Du coude, elle brisa la vitre protectrice et en retira le petit marteau. Elle retourna vers la fenêtre et frappa de toutes ses forces dans la vitre qui se fissura. Un deuxième coup et elle se brisa.
— J’ai réussi ! s’écria-t-elle, sentant l’air un peu plus frais lui caresser le visage.
Elle récupéra son portable et dit :
— Kim ! J’ai réussi à casser la vitre ! Kim ? Allô ? KIM !
Le feu avait dû brouiller la connexion. Une explosion se fit entendre, non loin de l’aile dans laquelle elle se trouvait, déclenchant une soudaine crise de panique qu’elle avait, jusqu’ici, réprimée. Son cœur se mit à cogner si fort dans sa poitrine que la cicatrice sur son sternum la brûlait. Les larmes lui coupèrent la vue et ses tremblements lui sifflèrent ses forces. Ses jambes flageolèrent et elle sentit l’attraction terrestre l’attirer vers le sol.
Soudain, un bruit sourd se fit entendre contre la porte.
— Qui est l’enfoiré qui a emprisonné ma femme dans cette putain de chambre ?! Hurla Kim, à la fois affolé et en colère.
« Emprisonnée » ? Elle avait été volontairement enfermée dans cette chambre ? Mais par qui ? Et pourquoi ?
— Naeliya ! Naeliya, tu m’entends ?
— Ki… Kim ! Réussit-elle à dire, malgré sa crise. Kim…
— Si t’es derrière la porte, éloigne-toi ! Je vais donner un coup !
La porte ? Elle en était assez loin pour ne pas se trouver dans sa trajectoire si elle sautait. Le coup qui fit éclater le panneau fut si fort qu’elle se réjouit d’avoir rapidement trouvé le marteau et de s’être mise proche de la fenêtre. Mais quand Kim entra, elle le vit pour la première fois dans un brouillard sombre. Elle fonça droit sur lui.
— Je vais les tuer, gronda l’Oni.
— Sors nous de là, dit-elle, retenant ses larmes autant qu’elle put, mais ses forces la quittant, elle perdit connaissance dans ses bras.
Kim lui baisa la tempe et jura :
— T’en fais pas, ma Reine. Je vais te sortir de là et je vais tous les faire brûler.
En lui brûlait un feu acide. Ce genre de feu dangereux qu’on ne pouvait éteindre de manière classique sans mourir. En arrivant devant la porte, un cadenas y avait été posé et un panneau indiquant que cette chambre était condamnée. Celui qui avait fait ça, avait dû mettre le feu à l’hôpital et avait dû prendre la fuite pour sauver sa peau. Kim dit à son oreillette :
— Quelqu’un a enfermé Naeliya dans sa chambre avec un cadenas.
De l’autre côté, ça s’indignait.
— Qui que ce soit, ce chien doit pas être loin. Je veux qu’on trouve cette personne et qu’on me la réserve. J’ai un compte à rendre. Reçu, chef. Merci.
Il quitta la chambre et s’enfonça dans le bâtiment médical en flammes dont les bonbonnes de gaz et d’oxygènes menacèrent d’exploser.
Dehors, Christopher et Louisa étaient silencieux, attendant de voir Kim ressortir avec leur fille. Les Oni s’étaient évaporés, cherchant quelqu’un et le père avait cru comprendre, dans leurs agissements, que quelque chose s’était passé. Il tint sa femme contre lui, apportant à cette dernière une force que lui-même n’avait plus, mais se devait de feindre pour ne pas craquer.
— Regardez ! S’exclama une journaliste en pointant l’entrée de l’hôpital. Quelqu’un en sort ! C’est…
Alors que l’excitation était à son comble, le silence tomba pesant sur la foule. Kim, le visage léché par de la suie et un regard luisant de colère, tenant sa belle, évanouie, dans ses bras, marchant d’un pas déterminé, non pas vers les ambulances présentes, non. Naeliya lui avait dit qu’elle avait été délibérément oubliée par le staff médical. Il n’allait clairement pas la lui confier pour que le même scénario se reproduise. Il les dépassa, mais se fit arrêter par un infirmier.
— Monsieur, il faut nous la confier.
Le regard terrifiant qu’il lui adressa fit reculer l’homme.
— Vous pouvez me dire qui a enfermé ma femme avec un cadenas sur sa porte ? Gronda fortement Kim, afin que tout le monde puisse l’entendre.
Louisa poussa un hoquet, les deux mains plaquées sur sa bouche. Christopher, un bras autour de ses épaules, se figea. Que venait-il de dire ? Quelqu’un avait prémédité tout ça ? Voilà pourquoi les Oni s’étaient évaporés. Ils cherchaient la ou les personnes qui avaient attentés à la vie de sa fille. La rage bouillonnait en lui.
— Monsieur, tenta un policier qui savait très bien que s’heurter à un Oni était une très mauvaise idée. Il faut vous calmer.
— Me calmer ? Tant que vous êtes ici, autant vous rendre utile et aller voir la chambre de ma femme et m’expliquer pourquoi elle allait mourir sans que personne ne s’en soucie.
— Kim ! l’interrompit une voix.
Joe venait tout juste d’arriver avec un brancard, poussé par Marc et Jess.
— Pose-la. On va l’embarquer au manoir.
[…]
— Tien, tien, fit la voix froide et grave de Carl. Voyez-vous qui est le vilain qui a tenté de tuer la femme d’un Oni. Boss ! Par ici !
— N-Non ! M’approchez pas ! s’écria un homme qui reculait, par terre, vers un mur qui allait l’emprisonner. Je… C’est pas moi ! Je vous le jure !
— Garde tes excuses pour mon secrétaire, gronda Noah, qui apparu derrière Carl. Embarque-le.
— Entendu, chef.
— Boss ! J’en ai une autre ! Et Dorian aussi ! Appela Orlan.
— Récupéré tout le monde. Vous savez où les embarquer. Il y a deux personnes qui voudraient leur parler.
— Reçu !
Les Oni attrapèrent le petit groupe de médecins et infirmiers qui s’étaient rapidement enfui pour éviter de se retrouver entre les mains de ce groupe terrifiant.
Au manoir, Joe s’occupait d’ausculter la jeune femme inconsciente, mais hors de danger.
Kim tournait en rond, une féroce envie de rejoindre ses compagnons le démangeait, mais pour le bien de tous, il était préférable qu’il ne participe pas aux recherches. Christopher et Louisa, installés sur les sièges peu confortables, gardaient le silence, ne regardant que la porte derrière laquelle officiait Joe. Après quelques minutes qui leur parurent interminables, une quinte de toux se fit entendre, puis la voix du médecin.
— Bon retour parmi nous, Mademoiselle Clark.
— J’ai été inconsciente longtemps ? Demanda la voix rauque de la jeune femme.
Kim tomba à genoux face à la porte. Le bruit de ses os touchant le sol fit sursauter Naeliya. Mais Joe n’ouvrit pas pour autant, car quelque chose l’intriguait. D’ordinaire, quand un bruit se faisait entendre près d’elle, Naeliya penchait la tête, mais gardait toujours celle-ci légèrement plus élevée. Hors là, elle avait immédiatement tourné la tête vers la porte. Comment pouvait-elle savoir qu’il y en avait une et où la trouver ? Il sortit sa petite lampe et testa les réflexes oculaires de la jeune femme qui furent sans appel. Sa vue revenait ! C’était incroyable !
Mais en tant que médecin, Joe ne croyait pas aux miracles, toute fois, il était obligé de constater qu’il en tenait un entre ses doigts. Il lui tendit la main pour l’aider à descendre de la table d’auscultation et ouvrit la porte derrière laquelle ils trouvèrent Kim par terre.
— Kim, murmura-t-elle, le regardant directement et sans trop de brouillard cette fois.
— Nael’, murmura-t-il, comprenant qu’elle le voyait. Naeliya, tu… Tu me vois ?
— Pas encore très bien, dit-elle. Mais assez pour savoir que tu pleures.
Le géant n’en revenait pas. Après avoir presque perdu sa compagne, la voilà revenue et sa vue lui était presque rendue. Il lui prit les mains et se mit littéralement à pleurer tel un enfant.
***

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