L'union du lotus

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– J’ai envie de manger léger ce soir. Si l’on allait à notre japonais ? Je me dévorerais bien des sushis saumon avec une bonne sauce sucrée mélangée au wasabi, s’exalte Karl.

– Très chaud, lui répond Anthony. Cependant, plusieurs points dans ta phrase me surprennent. Tu me permets d’étaler ma science ?

– Bien sûr, je t’écoute, frérot.

– Tout d’abord, sache que dire « on va manger léger » est totalement erroné ici. Déguster du japonais reste aussi calorifique qu’un hamburger. Un sushi représente cinquante calories. Un burger en contient environ dix fois plus. Généralement, on ne se limite pas à dix, je te laisse calculer.

– Houlà, on va éviter de prendre un plateau bateau en effet.

– Ensuite, ça va te sembler paradoxal, mais les Japonais ne consomment pas énormément de sushis. Même s’il est un emblème culinaire du pays, il reste un plat occasionnel. De plus, tu parles de sushi, mais en réalité tu n’en commandes jamais. Toi, ce que tu aimes, ce sont les California Rolls, qui viennent des États-Unis. Dissimuler le poisson cru dans le riz était plus attrayant pour le peuple américain.

– Ouais, ça je savais pour l’abus de langage du « sushi », mais pas que les californias provenaient des USA. Pourtant, c’est plutôt logique, vu le nom.

– Je continue sur ma lancée. Mélanger le wasabi avec la sauce soja est un véritable blasphème. Généralement, il faut tremper uniquement la feuille de nori, surtout pas le riz, sous peine que le mets ne se décompose.

– Putain, ah ouais, personne ne fait ça.

– Allez, deux autres anecdotes. Les sushis aux saumons n’existent que depuis vingt ans. En effet, ce type de poisson était infesté de parasites dans le Pacifique et donc possédait une mauvaise réputation auprès des Japonais. Toutefois, la Norvège vendit au Japon ses trop gros stocks de saumons à bas prix, ce qui lança cette mode.

– Dixit, le pays tueur de dauphins et de baleines.

– Pour finir, le gingembre, que personne ne touche, doit en théorie se manger entre deux sushis pour faire partir le goût du précédent. L’équivalent de l’eau pour une dégustation d’œnologie.

– Super intéressant, Anthony. Et là, tu vas me dire que tu t’es tapé la femme du maître sushi de notre restaurant pour savoir tout ça ?

– Non pas elle. Anthony profite de cette pause pour tirer sur sa cigarette. Mais lui, oui.

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