Chapitre 2 : Un choix impossible
Enfin rentrée chez moi, je montai à toute vitesse dans ma chambre pour essayer de me calmer.
Une fois un peu plus sereine, je me demandai ce que j'avais fait et ce qui était en train de se passer dans ma vie. Pourquoi ressentais-je ce sentiment chaque fois que l'un des deux garçons les plus beaux et les plus envoûtants que j'avais rencontrés s'approchait de moi ? Était-il possible que je sois amoureuse des deux en même temps ?
Perdue dans mes pensées, je n'entendis pas ma mère arriver. Elle ouvrit la porte de ma chambre et m'appela :
— Djenna, chérie ! Tout va bien ?
— Oui..., répondis-je en soupirant.
Elle remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas et s'assit à côté de moi.
— Chérie, je vois bien que tu n'es pas dans ton assiette. Tu sais que tu peux tout me raconter, dit-elle avec douceur et patience.
Et c'était vrai. Comme je n'avais ni sœur ni véritable confidente avant Alexandra et Maria, j'avais pris l'habitude de tout raconter à ma mère.
— Maman, je suis perdue, lui avouai-je en me blottissant contre elle.
— Je sais. Alors raconte-moi tout.
Elle me serra tendrement dans ses bras.
— Je crois que je suis tombée amoureuse de deux garçons extraordinaires et je ressens un sentiment étrange chaque fois que l'un d'eux s'approche de moi, lui avouai-je en essayant de retenir mes larmes.
Ma mère me serra encore plus fort et je finis par sangloter.
Comprenant que la situation était sérieuse, elle prit mon visage entre ses mains et essuya doucement mes larmes.
— Arrête de pleurer, ma fille. Je suis certaine qu'un jour tu feras le bon choix. Et celui que tu choisiras sera l'homme le plus heureux du monde.
En entendant cela, je me mis à rire.
Ma mère éclata de rire à son tour et nous finîmes toutes les deux dans un fou rire interminable.
Le lendemain matin, en arrivant au lycée, je rejoignis Maria et Alexandra et leur racontai tout ce qui s'était passé.
Puis vint la pause déjeuner.
Comme d'habitude, je pris mon plateau et m'installai à notre table.
Au moment où je terminai mon repas, James s'approcha de moi.
— Suis-moi.
Je me levai sans discuter et le suivis jusqu'à un grand tamarinier dans un coin tranquille de la cour.
Une fois seuls, je pris la parole.
— Qu'est-ce que tu voulais me dire ?
— Je dois te mettre en garde à propos d'Anthony. Il n'est pas...
Il hésita.
— Il n'est pas quoi ? demandai-je, intriguée.
— Pas ce que tu crois.
— Pourquoi me dis-tu cela maintenant ? Et pourquoi à moi ?
— Parce que j'ai compris que tu l'aimais... et que tu m'aimais aussi, répondit-il en rougissant légèrement.
— Non ! C'est faux ! répliquai-je d'une voix peu convaincante.
— Arrête de mentir. En réalité, moi aussi je t'aime. Mais je n'en ai pas le droit. Et toi non plus, tu ne devrais pas m'aimer.
Cette fois, son visage devint écarlate.
— C'est... c'est vrai, avouai-je finalement. Mais je suis complètement perdue. Pourquoi n'aurais-tu pas le droit de m'aimer ? Et pourquoi ne devrais-je pas t'aimer ?
— Parce que...
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase.
Un hurlement retentit soudain au loin, semblable à celui d'un chien ou d'un loup.
Je me retournai instinctivement vers le bruit.
Lorsque je reportai mon regard vers James, il avait disparu.
Comme s'il ne s'était jamais trouvé là.
Une semaine plus tard, notre classe partit en classe verte dans une forêt située à la sortie de la ville.
Ce qui m'arriva durant ce séjour dépassa tout ce que j'aurais pu imaginer.
Ce jour-là, Alexandra, Maria et moi étions chargées de ramasser du bois pour le camp. Nous nous étions aventurées assez loin dans la forêt lorsqu'une magnifique prairie s'ouvrit devant nous.
Des champs de lavande s'étendaient à perte de vue et leur parfum embaumait l'air.
— C'est magnifique ! s'émerveilla Maria.
— On dirait un rêve, ajouta Alexandra.
Attirées par la beauté du paysage, nous nous approchâmes des fleurs.
Je me penchai pour admirer l'une d'elles lorsque, soudain, un bruit sourd retentit derrière nous.
Nous nous retournâmes aussitôt.
À quelques mètres de nous se tenait un puma.
L'animal avançait lentement dans notre direction.
— Oh mon Dieu ! Un puma ! Il va nous dévorer ! hurla Alexandra.
— Ne dis pas n'importe quoi ! répondis-je malgré la peur qui me serrait la poitrine.
— Est-ce qu'il va nous manger toutes crues ? demanda Maria en s'accrochant à mon bras.
— Toi non plus, ne dis pas n'importe quoi ! Nous allons trouver une solution !
Je ramassai une grosse branche tombée au sol.
— Je vais essayer de l'éloigner.
— Tu es folle ! s'écrièrent Alexandra et Maria en même temps. Nous ne te laisserons pas faire ça !
— Ne vous inquiétez pas.
Je m'avançai malgré tout vers le félin, la branche serrée dans mes mains.
Mais avant même que je puisse faire un pas de plus, un mouvement attira mon attention.
Un immense loup brun surgit brusquement de la forêt.
Il était gigantesque.
Bien plus grand qu'un loup ordinaire.
Son pelage brillait sous la lumière du soleil et ses yeux semblaient remplis d'une intelligence étrange.
Le loup se plaça immédiatement entre nous et le puma.
— Wouah... souffla Maria.
— Il est énorme... murmura Alexandra.
Moi, je restai sans voix.
Pendant plusieurs secondes, les deux prédateurs se défièrent du regard.
Puis le puma recula lentement.
Finalement, il tourna les talons et disparut dans les bois.
Le danger était passé.
Le loup resta immobile quelques instants.
Puis il tourna la tête vers nous.
Nos regards se croisèrent.
À cet instant, une étrange sensation m'envahit.
J'avais l'impression de connaître cet animal.
Comme si je l'avais déjà vu quelque part.
Comme si quelque chose nous reliait.
Quelques secondes plus tard, le loup s'élança à travers les arbres et disparut à son tour.
Nous restâmes figées sur place.
— Je crois que je viens de voir le plus beau loup du monde, déclara Maria.
— Le plus grand aussi, ajouta Alexandra.
Je ne répondis pas.
Depuis ce moment-là, l'image de ce loup ne quitta plus mon esprit.
Pendant tout le reste du séjour, je ne cessai de penser à lui.
Il était beaucoup trop grand, beaucoup trop impressionnant et beaucoup trop fascinant pour être un simple loup.
Et surtout...
Il me semblait étrangement familier.
Quelques jours plus tard, nous rentrâmes enfin à Seattle.
Le lendemain matin, je repris le chemin du lycée.
À peine arrivée dans la cour, j'aperçus James assis seul sur un banc.
Je m'approchai de lui.
— Salut. Comment vas-tu ?
— Salut, répondit-il sans même lever les yeux vers moi.
Je pris une profonde inspiration.
— Je sais tout maintenant. J'ai compris pourquoi nous ne pouvions pas être ensemble.
Cette fois, il releva lentement la tête.
— Je le sais. C'est pour cela que je vais te demander de ne plus m'approcher et de ne plus m'adresser la parole, répondit-il froidement.
— Je n'y arriverai jamais.
Je lui attrapai le bras afin de l'obliger à me regarder.
— Tu ne comprends donc pas ? Je suis folle amoureuse de toi. Mes sentiments sont sincères. Chaque fois que tu t'approches de moi, je ressens quelque chose d'incroyablement fort. Je ne peux plus vivre sans te...
Je m'interrompis brusquement.
James venait de poser un doigt sur mes lèvres.
Puis il me prit doucement par les épaules et plongea son regard dans le mien.
— Tu es une fille merveilleuse, Djenna. Et je ressens moi aussi ce sentiment étrange lorsque je suis avec toi.
Sa voix se fit plus douce.
— Tu me troubles énormément.
Pendant quelques secondes, aucun de nous ne parla.
Puis il reprit :
— Mais notre amour est impossible. Nous devons arrêter de nous voir.
— Attends ! criai-je.
Mais il s'était déjà éloigné derrière l'un des bâtiments du lycée.
Je restai immobile, incapable de le retenir.
Toute la journée, je ne pus m'empêcher de penser à lui.
À ce qu'il m'avait dit.
À ce qu'il refusait obstinément de me révéler.
Et surtout à cette mystérieuse raison qui semblait rendre notre amour impossible.
Une pluie battante s’abattait sur la ville au moment où je sortis du lycée.
Je lâchai un petit soupir agacé.
— Et voilà… Je vais être trempée, murmurai-je.
À peine avais-je fait quelques pas qu’une voix familière retentit derrière moi.
— Djenna ! Tu veux que je te ramène ?
Je me retournai immédiatement.
Anthony.
Il était là, comme s’il m’attendait.
Je restai un instant silencieuse, surprise.
— Mais qu’est-ce que tu fais ici ? demandai-je.
— Je vais bien, merci, répondit-il avec un léger sourire ironique. Je passais dans le coin quand je t’ai vue.
— Ah… très drôle, répondis-je, un peu sèchement.
Nous marchâmes côte à côte sous la pluie.
— Je vois que tu n’apprécies pas vraiment ma présence, remarqua-t-il calmement.
— Pourquoi tu me suis ? Tu pourrais rentrer chez toi avec ta moto ! m’énervai-je.
Il leva les mains en signe d’apaisement.
— Eh, calme-toi, ma jolie.
Il attrapa doucement ma main.
Sa peau était étrangement sèche malgré la pluie.
Je le regardai, troublée.
— Je dois t’avouer quelque chose, dit-il soudainement, beaucoup plus sérieux.
Mon cœur s’accéléra.
— Tu… tu es un loup-garou, toi aussi ? demandai-je, choquée.
Anthony resta silencieux un instant.
Puis il secoua la tête.
— Non. C’est tout le contraire.
Il s’arrêta et me fixa.
— Ce que je vais te raconter va te sembler incroyable… mais tu dois m’écouter jusqu’au bout.
Je hochai la tête.
— D’accord… raconte.
Il inspira profondément.
— Tout commence en l’an VI. Un homme nommé Raclos fut témoin d’un phénomène étrange. Une lueur violette traversa le ciel et s’écrasa sur une colline.
Il marqua une pause.
— Curieux, il monta et découvrit une pierre. En s’en approchant, la lumière l’enveloppa. Il ressentit alors une puissance inconnue.
Anthony baissa légèrement la voix.
— Puis il se transforma en un immense loup blanc argenté aux yeux bleus.
Je restai figée.
— Raclos comprit qu’il possédait un pouvoir. Il décida de l’utiliser pour protéger les autres, sans jamais le révéler.
Un silence s’installa. La pluie continuait de tomber.
Anthony reprit :
— Des années plus tard, un étranger arriva. Il s’appelait Rang. Il possédait un pouvoir encore plus étrange.
Il détourna le regard.
— Les loups-garous eurent peur de lui et le bannirent.
Je l’écoutais sans oser l’interrompre.
— Avant de disparaître, Rang transmit son pouvoir à ses descendants : celui de contrôler les quatre éléments.
Je clignai des yeux.
— Et… ce pouvoir, c’est toi ? demandai-je doucement.
— Oui.
Il baissa la tête.
— Dans ma famille, il y a une règle. Nous ne devons jamais nous mêler aux loups-garous.
Mon cœur se serra.
— C’est pour ça que tu ne peux pas être avec James… compris-je.
Il acquiesça lentement.
— Et je dois t’avouer autre chose…
Je fronçai les sourcils.
— Quoi ?
— Je voulais juste te protéger… et t’éloigner de lui.
Je restai sans voix.
Mes jambes tremblèrent.
— C’est trop… murmurai-je.
Tout devint flou.
Le sol sembla se rapprocher.
— Djenna !
La voix d’Anthony résonna, lointaine.
Puis plus rien.
Quand j’ouvris les yeux, j’étais allongée dans mon lit.
Dans ma chambre.
Je me redressai brusquement.
Anthony était là, assis à côté de moi.
— Tu t’es évanouie, dit-il calmement. Je t’ai ramenée chez toi.
Je regardai autour de moi, perdue.
— Ma mère… elle t’a laissé entrer ?
Un léger sourire apparut sur son visage.
— Elle n’était pas là. J’ai utilisé tes clés.
Je devins rouge instantanément.
— Ah… merci…
Il se leva.
— Tu as besoin de repos… et de temps pour réfléchir.
Il me lança un dernier regard.
Ce regard fit revenir cette étrange sensation en moi.
— D’accord… à bientôt, murmurai-je.
Il hocha la tête.
Puis il partit.
Quelques heures plus tard, je restai seule dans ma chambre.
Tout se mélangeait dans ma tête.
Les révélations, les pouvoirs, les secrets…
Je ne savais plus si tout cela était réel.
Ou si je devenais folle.
Je pris une douche pour me calmer.
Mais lorsque je m’allongeai enfin, une sensation étrange me traversa.
Comme si quelqu’un m’observait.
Je rouvris les yeux.
Rien.
Le silence.
Puis un bruit.
Des feuilles.
Des pas, au loin.
Je restai figée.
Et cette nuit-là, je ne dormis pas.
Le lendemain matin, j’arrivai au lycée épuisé.
— Bonjour les filles… dis-je en baillant.
— Salut Jo ! répondit Alexandra.
— Oh mon Dieu, ta tête ! ajouta Maria.
— Oui… j’ai très mal dormi.
Nous nous installâmes ensemble.
— Qu’est-ce qui s’est passé hier soir ? demanda Alexandra.
— Rien… mais j’ai entendu des bruits dehors.
— Tu en as parlé à ta mère ? demanda Maria.
— Non… je ne voulais pas l’inquiéter.
Alexandra soupira.
— Fais attention quand même.
Je hochai la tête.
Mais au fond de moi, je savais que ce n’était que le début de quelque chose de beaucoup plus grand.
Et nous entrâmes en cours, pendant la pause déjeuner je ne pus m'empêcher de regarder autour de moi pour espérer voir mon charmant loup garou, mais c'était peine perdue ça faisait des jours qu'on ne l'avait pas vu au lycée. Nous étions maintenant au mois de Mars, le printemps montrait le bout de son nez, le soleil réchauffer de plus en plus les cœurs. Et plus le temps passait, plus mes sentiments pour les deux garçons s'intensifiaient et me rongeaient de l'intérieur. Je devais prendre une décision, choisir entre les deux même si ça impliquait faire souffrir l'autre, malheureusement j'ai du mal à choisir et mon cœur ne m'aidera surement pas. Il fallait que j'en parle à quelqu'un qui saurait m'aider, mais qui ? Ça je n'en eus aucune idée jusqu'à ce que je prenne mon portable et commença à composer un numéro. La sonnerie retentit deux fois et à la troisième j'entendit une petite voix dire : “Allo ? Qui est à l'appareil ?
– Allo ! C'est bien Lucinda ? Demandais-je.
– C'est moi à qui ai je l'honneur ? Me demanda-t-elle.
– C'est moi Djenna tu te souviens, ta cousine qui à deux ans de moins et qui n'arrête pas de déménager aux quatre coins du monde, lui dis je ironiquement.
– Quoi ?! Djenna ça faisait longtemps, alors comment tu vas ? Tu déménage toujours autant ? Tu t'es fais des amis dans ta nouvelle ville ? Tu as un petit ami ? Pourquoi m’appelle-tu soudainement ? me questionna-t-elle.
– J'avais oublié que tu étais énormément bavarde cousine, dis-je ironiquement avant de répondre à toutes ses questions. Tout d'abord je vais bien, oui je déménage toujours autant, oui j'ai deux super amies dans cette ville la première c'est Alexandra et la deuxième c'est Maria, en ce qui concerne le petit ami je n'en ai pas encore et c'est aussi le but de mon appel, lui répondis.
– Ah je vois tu as besoin de conseil sur l'amour, les conseils de ta cousine son les meilleures et tu le sais bien vas y raconte moi toute l'histoire, se languit-elle.
– D'accord, lui répondis je réconfortée.
Je lui raconta tout depuis le début à part quelques détails, en passant j'ai téléphoné à Lucinda car c'est la seule qui arrive à me comprendre et à me conseiller sans jamais faire le choix à ma place.
– Bon je vois, voilà ce que je te conseille ma petite cousine chérie, choisis l'homme que tu aimes avec ton cœur c'est à dire celui qui fera battre ton cœur plus que l'autre ou à qui tu penses le plus ce sera lui, me conseilla-t-elle.
– Merci Lucinda tu es toujours de bon conseil aurevoir, bonne nuit bisous et je t'aime fort ! lui dis je.
– De rien je suis là pour toi si tu as d'autre problème n'hésite pas à m'appeler, bisous à toi aussi, moi aussi je t'aime fort bye ! répondit-elle en raccrochant.”
Cette conversation avec ma chère cousine m'aida beaucoup et je pris ma décision.
Les jours passèrent, mais je ne cessais de penser à tout ce qui s’était produit.
Entre James, Anthony… et cette sensation étrange qui ne me quittait jamais, j’avais l’impression de perdre pied.
Pourtant, une décision s’imposait à moi.
Je devais choisir.
Le lendemain, à la sortie du lycée, je scrutai les alentours avec un mélange d’angoisse et d’espoir.
Et il était là.
Anthony.
Adossé non loin de la grille, comme s’il m’attendait.
Je pris une grande inspiration et m’approchai.
— Salut… dis-je doucement. Je dois te dire quelque chose d’important.
Il releva les yeux vers moi.
— Salut. Je t’écoute.
Je sentis mon cœur battre plus vite.
— Voilà… tu ne me laisses pas indifférente. Et je ressens quelque chose de très fort pour toi… mais…
Je n’eus pas le temps de terminer.
Anthony s’approcha et m’enlaça doucement.
Je restai figée dans ses bras.
Puis il murmura près de mon oreille :
— Je sais… Tu as choisi James. Et je comprends.
Je sursautai légèrement.
— Non, ce n’est pas ça…
Mais il recula déjà légèrement.
Un sourire triste apparut sur son visage.
— Si tu as un problème… ou des ennuis… appelle-moi. Et je viendrai. Toujours.
Ses mots me serrèrent le cœur.
Sans attendre ma réponse, il s’éloigna, un dernier sourire accroché aux lèvres.
Et je restai là, incapable de parler.
Je ne pouvais plus reculer.
Je devais retrouver James.
Je pris donc la direction de la forêt.
Mes pas me conduisirent jusqu’à la prairie où nous avions vu les fleurs de lavande.
Le lieu était calme.
Trop calme.
Puis je le vis.
Le loup.
Il était là, assis au centre de la prairie, fixant l’horizon.
Je m’approchai lentement.
— Euh… coucou…
Il tourna lentement la tête.
Et en quelques secondes, il reprit forme humaine.
James.
Toujours aussi troublant.
Toujours aussi distant.
— Salut… dit-il froidement. Je t’avais dit de ne plus venir.
Je serrai les poings.
— Oui, mais j’ai besoin de te parler. C’est important.
Il soupira.
— Je t’écoute.
Je sentis une chaleur étrange remonter en moi.
— J’ai pris ma décision… dis-je enfin. Je te choisis toi. Pas Anthony.
Son regard se fit plus intense.
— Je vois…
Il s’approcha légèrement.
— Mais ça ne change rien. Notre amour est impossible.
Je fronçai les sourcils.
— Pourquoi ? Explique-moi enfin !
Il détourna légèrement le regard.
— Parce que je ne peux pas.
Je fis un pas vers lui.
— James, dis-moi la vérité !
Il attrapa doucement mon bras pour m’empêcher de partir.
— Lâche-moi, James…
Ma voix tremblait.
Il hésita.
Puis soudain, il se rapprocha.
Son regard se plongea dans le mien.
Il me prit doucement par la taille.
Je restai figée.
— Djenna… tu es la seule personne qui compte pour moi…
Mon cœur s’emballa.
— Je te protégerai… quoi qu’il m’en coûte.
Puis, avant que je puisse répondre, il m’embrassa tendrement.
Et à cet instant précis…
Tout sembla disparaître autour de moi.
Le monde, les doutes, les peurs…
Il ne restait plus que lui.
Et moi.

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