Chapitre 3 : A la recherche de la vérité cahchée
Cela faisait deux semaines que James et moi étions ensemble.
Nous étions heureux… du moins en apparence.
Car au fond de moi, quelque chose clochait.
Un sentiment étrange, presque douloureux, me submergeait parfois, comme si une partie de moi était cachée, prête à se réveiller.
À chaque fois que je m’approchais de lui, mon cœur s’emballait, mais une douleur sourde me traversait également, comme si quelque chose me rongeait de l’intérieur.
Depuis quelques nuits, des rêves étranges me hantaient.
Ou plutôt… des cauchemars.
Ils revenaient sans cesse, m’empêchant de dormir correctement.
Je finis par comprendre que je ne pouvais plus garder ça pour moi.
Je devais en parler à quelqu’un.
La première personne à laquelle je pensai fut James… mais je ne voulais pas l’inquiéter.
Je restai donc perdue dans mes pensées, lorsque ma mère entra dans ma chambre en frappant doucement à la porte.
— Coucou chérie, est-ce que tout va bien ? demanda-t-elle en passant légèrement la tête.
— Je ne sais pas trop… répondis-je en soupirant.
Elle entra complètement et s’assit sur le bord de mon lit.
— Oh ma petite fille… raconte-moi ce qui ne va pas.
Sa voix était douce et rassurante.
Je me rapprochai d’elle.
— Depuis quelques nuits, je fais des cauchemars…
Elle me regarda attentivement.
— Raconte-moi.
Je pris une inspiration.
— Dans chacun de mes cauchemars, il y a une ombre floue qui s’avance vers moi et qui me dit :
« Tu causeras la perte de tout ce qui t’est proche et tu feras du mal à ceux qui t’aiment. »
Puis le sol se dérobe sous mes pieds… et je me réveille.
Un silence lourd s’installa.
Ma mère se leva brusquement.
— Je vois…
— Maman, attends ! Qu’est-ce que tu me caches ?
Elle essaya de détourner le regard.
— Rien, chérie…
— Si ! Je le vois bien ! Tu me caches quelque chose concernant mes cauchemars… et nos déménagements !
Elle ferma les yeux un instant.
Puis elle soupira.
— D’accord… je vais tout te dire. Même si tu risques de me détester.
Je frissonnai.
— Maman… je ne pourrais jamais te détester.
Elle revint s’asseoir près de moi.
— Tout a commencé quand tu avais cinq ans…
Elle marqua une pause.
— Ce jour-là, tu t’es approchée d’un grand arbre… et une lumière aveuglante t’a enveloppée.
Je l’écoutais sans bouger.
— Ton père et moi avons tout vu. Puis tu es tombée inconsciente. Après ça… tu as changé.
Mon cœur battait de plus en plus vite.
— Tu pouvais… influencer les objets… et même contrôler les gens… leurs gestes… leurs émotions.
Je reculai légèrement.
— Et ce n’est pas tout… continua-t-elle d’une voix tremblante. Il y a quelque chose de pire… concernant ton père.
Je sentis une boule dans ma gorge.
— Dis-moi…
Elle hésita.
— Tu te souviens de sa mort ?
— Oui… un accident de voiture…
Elle baissa la tête.
— C’est vrai… mais pas entièrement.
Je sentis mon sang se glacer.
— C’est toi… qui as provoqué cet accident.
Le monde s’écroula autour de moi.
— Non… ce n’est pas possible…
— C’est la vérité, chérie…
— NON ! hurlai-je. VAS-T’EN !
Ma mère sortit de la chambre, en larmes.
Je restai seule, tremblante.
Quelques secondes plus tard, je m’approchai de la porte.
Elle était toujours là, de l’autre côté.
Elle pleurait.
Je l’entendis murmurer :
— Je t’aime ma fille… ton père ne t’en veut pas…
Je n’en pus plus.
J’ouvris la porte et me jetai dans ses bras.
Nous restâmes longtemps serrées l’une contre l’autre.
Mon téléphone se mit à sonner.
Je décrochai.
— Allô ?
— Coucou mon ange, est-ce que ça va ? dit la voix de James.
— Oui… James… je vais bien… mais je dois te laisser…
Et je raccrochai.
Il était 22h.
Un message de James arriva :
« Je t’aime ma chérie. Il faut qu’on parle. »
Je ne répondis pas.
Je savais que s’il restait près de moi…
Il risquait de mourir lui aussi.
Le lendemain, je ne retournai pas au lycée.
Je ne pouvais pas affronter James.
Pas après tout ce que j’avais découvert.
Il me manquait terriblement… mais je ne voulais pas lui faire de mal.
C’est pour ça que je devais rester loin de lui.
Non… je ne devais plus le voir.
Malheureusement, l’amour est plus fort que tout.
Cet après-midi-là, j’étais dans ma chambre, allongée sur mon lit, en train d’écouter de la musique triste qui me rongeait encore plus.
Je n’entendis pas tout de suite que quelqu’un était entré.
Soudain, une présence se rapprocha de moi.
Puis des bras m’enlacèrent.
Je sursautai légèrement… mais en sentant son parfum, je le reconnus immédiatement.
James.
Je répondis instinctivement à son étreinte.
— James… qu’est-ce que tu fais là ? demandai-je doucement.
Il m’embrassa dans le cou avant de répondre :
— Mon amour… je suis venu parce que je dois te parler.
Je me raidis.
— Je ne veux plus te voir… ni te parler. S’il te plaît, pars.
Je tentai de cacher ma tristesse.
— Non, je ne partirai pas, répondit-il fermement. Parce que je t’aime, et je tiens à toi.
Il me relâcha légèrement.
— Alors regarde-moi… s’il te plaît.
Je secouai la tête.
— Je ne peux pas… je ne peux plus rester avec toi… je ne veux pas te faire de mal…
Ma voix tremblait.
— Je le sais, répondit-il doucement. Ma famille m’a tout expliqué… ils m’ont mise en garde contre toi.
Je levai les yeux vers lui, choquée.
Mais il continua :
— Peu importe ce qu’il se passe… je t’aimerai toujours. Et je serai toujours à tes côtés.
Une larme roula sur ma joue.
— James… moi aussi je t’aime… d’un amour sincère… et l’idée de te perdre m’est insupportable…
Je me retournai enfin vers lui.
— Calme-toi, dit-il en souriant légèrement. N’oublie pas que je suis un loup-garou… il en faut beaucoup pour me tuer.
— Arrête de plaisanter avec ça… ce n’est pas drôle ! répondis-je en lui tapant légèrement l’épaule.
Il rit doucement.
— Maintenant que tu vas mieux… raconte-moi ce qui te tracasse.
Je pris une inspiration et lui expliquai tout : mon père, mes pouvoirs, mes cauchemars… et ma décision.
— James… j’en suis sûre maintenant. Je dois comprendre d’où viennent mes pouvoirs et apprendre à les contrôler.
Il me regarda avec douceur.
— Je te suivrai où que tu ailles. Je serai toujours là pour te protéger.
Je hochai la tête.
— D’accord… mais je dois d’abord appeler quelqu’un qui pourra nous aider.
Je pris mon téléphone.
Après deux sonneries, une voix répondit :
— Allô ?
— Salut… c’est moi, Djen. Tu te souviens ?
— Ah oui, Djenna ? Ça fait longtemps ! Qu’est-ce qui me vaut ton appel ?
Je pris une inspiration.
— J’ai besoin de te parler de quelque chose d’important… et j’espère que tu m’aideras.
— Laisse-moi deviner, répondit-il en riant. Tu as quitté ton loup-garou et tu veux sortir avec moi ?
— N’importe quoi ! Arrête tes bêtises et écoute-moi !
— D’accord chef, je t’écoute.
Je lui racontai tout.
Lorsqu’il eut terminé de m’écouter, il répondit :
— Ok… j’accepte de vous accompagner.
— Même avec tout ça ?
— Oui… surtout parce que je suis fou de toi, ma belle.
Je soupirai.
— Arrête ton jeu, ça ne marche pas avec moi.
Je conclus rapidement la conversation.
— Je t’enverrai les détails.
— J’ai compris. Bonne nuit ma belle… rêve pas trop de moi, dit-il en riant avant de raccrocher.
Pendant que je téléphonais, James était allé prendre une douche.
Lorsqu’il revint, il portait seulement un boxer.
Je détournais immédiatement le regard, gênée.
Je pris mon pyjama et allai me préparer à mon tour.
Plus tard, nous nous allongeâmes côte à côte dans mon lit.
James passa un bras autour de moi, et je posai ma tête sur son torse.
Avant de m’endormir, je lui expliquai l’appel.
— J’ai appelé Anthony. Il va nous accompagner.
James se redressa légèrement.
— Quoi ? Tu es folle… je ne lui fais pas confiance. Appelle-le et dis-lui de ne pas venir.
Je me détachai de lui.
— Non. Il peut nous être utile.
Je lui tournai le dos.
James soupira, puis passa son bras autour de ma taille pour me ramener contre lui.
— Pardonne-moi… dit-il doucement. Mais je déteste voir un autre garçon près de toi… surtout lui.
Je me retournai vers lui.
— Je comprends… mais écoute-moi bien. La seule personne que j’aime, c’est toi. Tu es celui qui me rend heureuse.
Le lendemain, en me réveillant, je remarquai que l'homme de ma vie n'était plus à côté de moi. Je partis donc prendre une douche avant de descendre dans la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner. Bien sûr, je me demandais où était passé James. C'est alors qu'en arrivant dans la cuisine, je le vis en train de préparer le petit-déjeuner.
En me voyant, il ajouta :
— Tu es déjà réveillée ? Moi qui voulais t'apporter le petit-déjeuner au lit.
— Oui, et je suis désolée. Si tu veux, je peux remonter me coucher et tu viens me l'apporter, lui dis-je en rigolant.
— Ah ah, très drôle ! Mais n'y compte pas. Maintenant que tu es là, tu mangeras à table, répondit-il en me tirant la langue.
Sentant que je l'avais un peu déçu et voulant me faire pardonner, je me rapprochai de lui et passai mes bras autour de son torse musclé. Il se retourna. Nos regards se croisèrent pendant quelques secondes avant qu'il ne se penche vers moi et que nos lèvres ne se rencontrent dans un tendre baiser qui me procura un bonheur immense.
Pendant notre charmant baiser, je ne remarquai pas tout de suite que les objets autour de nous s'élevaient lentement dans les airs. Au bout d'un moment, nous nous séparâmes et c'est à cet instant que nous vîmes tous les objets retomber brusquement au sol.
Au bruit qu'ils firent en tombant, James et moi nous regardâmes avant d'éclater de rire.
À la fin de notre fou rire, James me demanda :
— C'est toi qui viens de faire ça ?
— Oui, je crois bien. Je ne contrôle toujours pas mes pouvoirs, lui répondis-je.
— J'ai vu ça. Mais ton pouvoir est fantastique et impressionnant.
— James... j'ai peur, lui dis-je, inquiète.
— Peur de quoi, mon amour ? Tu es une personne unique. C'est pour cela que je suis toujours avec toi, répondit-il d'une voix douce et rassurante.
— Justement, j'ai peur de te faire du mal sans le vouloir, comme je l'ai fait à mon père et à ma mère ! lui répondis-je en criant.
— Calme-toi. Comme je te l'ai déjà dit, je suis un loup-garou. Il en faut beaucoup pour me tuer, alors ne t'inquiète pas pour moi.
— D'accord, lui répondis-je sans être totalement convaincue.
Il s'avança alors vers moi et m'enlaça. Puis je sentis de nouveau ses lèvres se poser sur les miennes.
Deux semaines plus tard, James et moi partîmes chercher Anthony. Arrivés devant chez lui, je sortis de la voiture et m'avançai vers sa porte. Alors que j'allais sonner, celle-ci s'ouvrit sur un garçon toujours aussi beau, séduisant et musclé, vêtu d'un débardeur qui mettait ses abdos en valeur.
Voyant que je restais silencieuse, il commença :
— Salut, princesse ! Tu vas bien ?
— Euh... oui, ça va. Et toi ? répondis-je, extrêmement gênée.
— Je vois ça...
Il s'interrompit lorsqu'il aperçut James arriver.
— Hé ! Salut, mec. Comment tu vas ?
— Je vais bien, répondit James d'un ton glacial.
Voyant que la bagarre risquait de commencer, j'intervins rapidement :
— Bon, les gars, vous restez là ou on part à l'aventure ?
— C'est bon, on y va, répondit James en passant un bras autour de ma taille. Mais Anthony, tu t'assois à l'arrière, tout seul.
— Aucun problème. On commence par où notre aventure ? demanda Anthony avec enthousiasme.
— J'ai parlé avec ma mère. Elle m'a dit qu'il fallait nous rendre au sommet du Machu Picchu afin de retrouver un vieux sage qui pourra tout m'expliquer.
— Alors allons-y pour une aventure exceptionnelle ! déclara James en déposant un baiser sur ma joue.
Mon petit ami démarra la voiture et nous partîmes à la recherche de l'origine de mes pouvoirs.
Je m'endormis au milieu du voyage et, lorsque j'ouvris les yeux, nous étions arrêtés dans une station-service perdue au milieu de nulle part.
Je sortis donc de la voiture en cherchant des yeux les deux garçons avec qui j'avais fait la route. C'est alors que je vis une scène d'horreur qui me terrifia. À l'instant même où je l'aperçus, un cri aigu s'échappa de ma bouche.
Mon cri alerta James et Anthony qui arrivèrent en courant.
— Que se passe-t-il, Djenna ? demandèrent-ils en même temps.
— Est-ce que ça va, mon amour ? ajouta James en voyant mon visage horrifié.
Toujours sous le choc, je pointai simplement la scène du doigt.
Anthony tourna la tête dans cette direction et s'exclama :
— Mais c'est quoi cette horreur ? Qui a pu faire une chose pareille ?
— Je ne sais pas, mais c'est l'œuvre de quelqu'un de très dangereux, répondit James en gardant son calme.
— Je commence vraiment à avoir peur, avouai-je en retrouvant peu à peu mes esprits.
— Ne t'inquiète pas, je suis là pour te protéger, répondit James d'une voix rassurante.
— Je ne sais pas qui c'est, mais il nous connaît, ajouta Anthony en désignant une inscription écrite avec du sang.
Je lus alors à voix haute :
— « Je tuerai les trois spécimens qui briseront les règles. — RR »
Et je m'évanouis aussitôt.
Ce fut la voix d'Anthony qui me réveilla. Nous étions de nouveau dans la BMW de James, lancée à toute vitesse sur la route.
En me redressant, je demandai :
— Qu'est-il arrivé ?
— Tu es tombée dans les pommes après avoir vu... commença Anthony avant de s'interrompre en apercevant le regard noir que lui lançait James dans le rétroviseur.
— Après avoir vu quoi ? demandai-je, persuadée qu'ils me cachaient quelque chose.
— Rien d'important, ma chérie, répondit James sans quitter la route des yeux.
— Je ne vous crois pas. Alors dites-moi ce que j'ai vu avant de m'évanouir !
Voyant qu'aucun des deux n'était décidé à me répondre, je sentis la colère monter en moi. Une colère intense qui me consumait de l'intérieur et cherchait à s'échapper.
C'est alors que la voiture commença à trembler violemment.
Des secousses anormales la firent dévier avant qu'elle ne s'arrête sur le bas-côté. Nous eûmes juste le temps de sortir avant de voir le véhicule s'élever lentement dans les airs.
Dans l'agitation, je distinguais à peine les voix des deux garçons.
Au moment où je perdis totalement le contrôle, la voix familière de James résonna dans mes oreilles :
— Djenna, mon cœur... écoute-moi. Tu ne veux faire de mal à personne, je le sais. Alors calme-toi.
Il me prit doucement dans ses bras.
— J'ai l'impression que notre vie est doublement en danger cette fois-ci, lança Anthony.
— Peut-être, mais nous survivrons, répondit James sans cesser de me rassurer.
Après quelques minutes dans les bras de mon petit ami, mes paupières se fermèrent.
Lorsque je rouvris les yeux, nous roulions de nouveau en direction du Machu Picchu.
— Qu'est-ce qui m'est arrivé tout à l'heure ? Je ne me souviens de rien.
— Tu as perdu connaissance après une crise de colère durant laquelle tu as perdu le contrôle de tes pouvoirs, expliqua simplement Anthony.
— Ah... Est-ce que l'un de vous a été blessé ? demandai-je tristement.
— Non. Aucun de nous n'a été blessé, répondit James en déposant un léger baiser sur ma joue.
— Je suis soulagée que vous n'ayez rien, soufflai-je.
Et nous reprîmes la route dans un calme relatif.
Même si je remarquai parfaitement le regard jaloux et contrarié qu'Anthony lançait à James chaque fois que celui-ci me prenait dans ses bras.
Et nous reprîmes notre route calmement, même en ayant remarquer le regard jaloux et en colère du maître des éléments quand James m'a embrassé.

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