Chapitre 1 : Une étrange histoire d'amour

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Cette histoire m'arriva un beau jour de décembre. Les flocons de neige commençaient à tomber et les élèves étaient pressés d'être en vacances.

Je m'appelle Djenna Myranvillo, j'ai 17 ans et je viens d'arriver dans un nouveau lycée dont je ne me rappelle plus très bien le nom, dans la ville de Seattle. Les raisons qui ont poussé mes parents à déménager sont compliquées, voire paranormales.

Depuis que je suis petite, je n'ai cessé de déménager partout dans le monde et, maintenant, j'ai l'habitude de me faire facilement des amis. Malheureusement, à chaque fois que je m'attache à quelqu'un, il faut que nous déménagions.

J'espère que cette année, je pourrai rester dans cette ville assez longtemps pour rencontrer enfin l'amour car, malgré mes 17 ans, je n'ai jamais eu de petit ami.

Nous sommes installés ici depuis environ quatre mois et les vacances d'hiver approchent déjà.

Un jour, alors que je marchais dans les couloirs du lycée en discutant avec mes meilleures amies, Alexandra Porto et Maria Dijra, je ressentis soudain l'étrange sensation qu'il fallait que je tourne la tête.

Au moment même où je me retournai, un garçon beau, séduisant, musclé et envoûtant tourna lui aussi la tête alors que nous nous frôlions. Nos regards se croisèrent, comme dans les romans à l'eau de rose que j'aime lire.

Ce moment m'obséda toute la journée. Si bien qu'à l'heure du dîner, Alexandra, que j'avais invitée chez moi, me demanda pourquoi j'étais dans la lune depuis ce matin.

— Eh bien, tu vas me répondre ! Dis-moi ce qui t'arrive, dit-elle d'une voix à la fois inquiète et agacée.

— Je ne sais pas très bien. J'ai l'impression qu'un sentiment étrange me submerge depuis que j'ai vu ce garçon ce matin, répondis-je.

— J'aurais dû deviner que c'était à cause d'un mec ! Ma meilleure amie est enfin tombée amoureuse ! Et je peux savoir qui est l'heureux élu ?

— En fait, je ne connais même pas son nom. Peut-être que tu le connais puisque tu es dans ce lycée depuis plus longtemps que moi. C'est le garçon plutôt beau qu'on a vu ce matin en allant en cours.

— Oh là là ! Je te déconseille fortement ce garçon. De terribles rumeurs circulent sur lui dans tout le lycée, rétorqua Alexandra.

— Ah bon ? Quel genre de rumeurs ? demandai-je, surprise.

— Eh bien, il paraît qu'il aurait fait disparaître une centaine de filles dont on n'a jamais retrouvé la trace. Certains racontent même qu'il les aurait dévorées après les avoir séduites.

— C'est vrai que ces rumeurs sont terribles... et très étranges.

— Oui. Et je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Je ne veux pas te perdre. Maria pense la même chose que moi, j'en suis sûre.

— Alexandra, moi non plus je ne veux pas vous perdre. Vous êtes mes meilleures amies et je vous adore. Mais je dois comprendre ce sentiment qui m'a submergée ce matin. S'il te plaît, dis-moi son prénom.

— D'accord, répondit-elle d'un ton inquiet. Il s'appelle James... James Cazanove.

— Merci. Demain, j'essaierai d'en savoir plus. Tu es une amie formidable, lui dis-je en lui faisant un câlin.

Le lendemain matin, en arrivant au lycée avec mes deux amies, je le vis passer devant nous. James était toujours aussi beau et attirant.

Alexandra et Maria me regardèrent d'un air inquiet. En voyant leurs expressions, je tentai de les rassurer :

— Ne vous inquiétez pas pour moi, les filles. Je ne compte pas mourir de sitôt ! dis-je en riant pour détendre l'atmosphère.

Elles éclatèrent de rire à leur tour et nous reprîmes notre chemin vers notre salle de classe.

Les heures passèrent et vint enfin l'heure du déjeuner, ce qui me permit de réfléchir à la manière dont je pourrais m'approcher de James afin de comprendre pourquoi cet étrange sentiment apparaissait chaque fois que je le voyais ou que je me trouvais près de lui.

J'attendais dans la file de la cantine pour prendre mon repas tandis que mes deux amies m'attendaient à notre table avec leurs plateaux.

C'est alors que je sentis un souffle chaud et agréable sur ma nuque.

Je me retournai et aperçus James Cazanove juste derrière moi dans la file. Je me retins de pousser un cri de surprise.

À cet instant, il remarqua que je l'observais et tourna son regard vers moi. Dès que nos yeux se croisèrent, l'étrange sentiment qui m'habitait se renforça à un tel point que je perdis connaissance.

Lorsque je repris conscience, j'étais allongée à l'infirmerie. Assis à côté de moi se trouvait le beau garçon qui m'avait certainement aidée.

Il prit la parole :

— Est-ce que tout va bien ? Tu te sens mieux ? demanda-t-il de sa voix douce et rassurante.

— Oui, répondis-je encore un peu étourdie. Est-ce que c'est toi qui m'as amenée ici ?

— Tout à fait. Tu m'as fait peur quand tu t'es évanouie. Et il n'y a pas que moi que tu as inquiétée : tes amies aussi. D'ailleurs, elles attendent dehors. Tu veux que je les fasse entrer ? demanda-t-il gentiment.

— Non... enfin, je veux dire... je préférerais attendre encore un peu avant de les voir, répondis-je.

— Je comprends. Tu veux peut-être que je m'en aille ? dit-il en se levant.

— Non ! m'écriai-je en lui attrapant la main.

Rougissante, je relâchai aussitôt sa main, dont la chaleur et la douceur me troublèrent davantage.

— Tu peux rester encore quelques minutes, s'il te plaît ? demandai-je, très gênée.

— Bien sûr. Mon cours de l'après-midi ne commence que dans une heure, répondit-il avec calme.

— Merci, dis-je doucement. Est-ce que je pourrais connaître le prénom de mon sauveur ? ajoutai-je sur un ton ironique.

— Oh, mais c'est vrai ! Je manque à tous mes devoirs. Je m'appelle James Cazanove, répondit-il en riant. Et comment se nomme la jeune demoiselle que j'ai secourue ?

— Djenna Myranvillo. Je suis ravie de vous connaître, monsieur James, répondis-je en le regardant.

— Le plaisir est partagé, mademoiselle Djenna, dit-il en soutenant mon regard.

À cet instant, je ressentis une chaleur intense qui semblait émaner de lui.

— Est-ce que ça va ? Tu as de la fièvre ? demandai-je, inquiète.

— Oui, ça va. Ne t'inquiète pas, mais... je dois partir. Désolé, répondit-il brusquement avant de quitter la pièce.

Quelques minutes plus tard, Alexandra et Maria entrèrent précipitamment dans l'infirmerie et me serrèrent dans leurs bras.

Après ces retrouvailles mouvementées, elles me bombardèrent immédiatement de questions.

— Alors, raconte ! Qu'est-ce qui s'est passé à la cantine ? C'est lui qui t'a fait ça ? demandèrent-elles en chœur.

— Non ! Enfin... oui, mais involontairement. Quand nos regards se sont croisés, j'ai ressenti une sorte de faiblesse et je me suis écroulée.

— C'est quand même étrange d'avoir une réaction pareille à cause d'un simple regard, remarqua Maria.

— Je trouve aussi, ajouta Alexandra.

— Arrêtez, ce n'est pas si bizarre que ça. Mais ce qui s'est passé ensuite était encore plus merveilleux, répondis-je.

— Allez, cesse de faire durer le suspense et raconte-nous tout ! crièrent-elles en même temps.

— En fait, pour faire court, nous avons un peu discuté après que je lui ai demandé de rester.

— Oh ! Voilà qui devient intéressant, lança Alexandra avec un sourire malicieux.

— Et comment était sa main ? demanda Maria avec curiosité.

— Très chaude... et très douce, répondis-je en rougissant.

— Et ensuite ? demanda Alexandra.

— Ensuite, nous avons fait connaissance jusqu'à ce que nos regards se croisent à nouveau. À ce moment-là, une chaleur très intense s'est dégagée de lui. Je lui ai demandé s'il allait bien. Il m'a répondu que oui, mais qu'il devait partir immédiatement. Puis il s'est enfui. Et quelques minutes plus tard, vous êtes arrivées.

Toute la semaine passa et je n'eus aucune nouvelle de James. Commençant à m'inquiéter, je demandai à de nombreux élèves s'ils l'avaient vu ou s'ils avaient des nouvelles de lui.

La réponse fut toujours la même : personne ne savait où il était.

Peu à peu, je commençai à désespérer. Pendant plusieurs jours, je l'attendis chaque soir à la sortie du lycée.

Un soir, alors que j'attendais comme d'habitude devant le portail, j'aperçus un autre garçon. Lui aussi était beau, séduisant et envoûtant.

À peine l'avais-je vu que l'étrange sentiment que j'éprouvais pour James réapparut, mais cette fois-ci en présence de cet inconnu.

J'étais tellement troublée par ce qui venait de se produire que je n'entendis même pas le garçon s'approcher de moi.

— Euh... tu m'écoutes ? demanda-t-il d'un ton hésitant, légèrement agacé.

— Non, j'étais perdue dans mes pensées. Je n'ai pas entendu ce que tu viens de dire, répondis-je sans réfléchir.

— Ah, d'accord. Je te demandais simplement l'heure.

— Il est 17 h 50, répondis-je un peu sèchement.

— Merci. Tu pourrais être un peu plus aimable, ajouta-t-il avec un sourire.

— Excuse-moi. Mon humeur n'a rien à voir avec toi.

— Ah bon ? Et qui peut mettre une aussi jolie fille dans un état pareil ? demanda-t-il calmement.

— Hum... un ami qui n'est pas venu au lycée depuis plusieurs jours et qui ne donne aucun signe de vie.

— Dans ce cas, cet ami ne se rend pas compte de la chance qu'il a d'avoir quelqu'un qui tient autant à lui, répondit-il en souriant.

— Je pense surtout qu'il ne reviendra plus. Je devrais rentrer chez moi.

— Attends ! s'écria-t-il. Tu veux que je te raccompagne ?

— Euh... je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. Ma mère n'apprécierait sûrement pas qu'un inconnu me ramène chez moi.

— C'est simple : une fois arrivé chez toi, tu pourras m'inviter à entrer pour me remercier de ma grande gentillesse, répondit-il avec un ton ironique.

— Je suppose que ça pourrait fonctionner. Mais avant tout, est-ce que je peux savoir comment tu t'appelles ?

— Ah, c'est vrai, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Anthony Bellemare. Et toi ?

— Moi, c'est Djenna Myranvillo, répondis-je timidement.

— Djenna... c'est un très joli prénom.

Il me tendit alors un casque.

— Viens, je vais te raccompagner.

— J'arrive ! répondis-je.

Quelques minutes plus tard, nous roulions sur sa moto en direction de chez moi.

Assise derrière lui, je le tenais par la taille. Mon cœur battait à toute vitesse et l'étrange sentiment se manifesta de nouveau.

Lorsque nous arrivâmes devant ma maison, je descendis de la moto et retirai mon casque. Mes cheveux bruns légèrement clairs se mirent à danser sous l'effet du vent.

Une fois devant la porte d'entrée, Anthony me regarda avec un sourire.

— Tu es magnifique avec tes cheveux bouclés.

— Merci, répondis-je, surprise.

— Alors, la proposition de m'inviter chez toi tient toujours ?

— Euh... oui. Attends une minute.

J'ouvris la porte.

— D'accord. Je vais attendre sagement, répondit-il en riant.

J'entrai dans la maison et discutai quelques instants avec ma mère.

Lorsque je revins vers Anthony, je lui annonçai :

— Tu peux entrer si tu as quelques minutes. Ma mère aimerait faire ta connaissance.

— Avec plaisir, mais je ne pourrai pas rester longtemps. J'ai encore beaucoup de choses à faire, répondit-il d'une voix douce où perçait une étrange tristesse.

Je l'accompagnai jusqu'au salon où se trouvait ma mère.

— Bonsoir, madame Myranvillo. Je m'appelle Anthony Bellemare et je suis ravi de faire votre connaissance.

— Oh ! Quel jeune homme bien élevé ! Je t'autorise à m'appeler Katia, répondit-elle avec un sourire.

— Puisque les présentations sont faites, est-ce que je peux t'offrir quelque chose à boire ? demandai-je.

— Volontiers. Un verre d'eau, s'il te plaît.

— Je reviens tout de suite.

Je me précipitai vers la cuisine avant de risquer de m'évanouir une nouvelle fois.

Quelques instants plus tard, je revins avec son verre.

— Voilà pour toi.

— Merci, répondit-il avec un sourire qui provoqua immédiatement une sensation étrange dans tout mon corps.

Après avoir bu quelques gorgées, il se leva.

— Je vais devoir y aller. Merci encore pour votre accueil.

— Mais de rien, jeune homme. Reviens quand tu veux. Tu seras toujours le bienvenu chez nous, répondit ma mère avec gentillesse.

Je raccompagnai Anthony jusqu'à sa moto.

Au moment où il s'apprêtait à partir, il posa doucement ses mains sur mes épaules et rapprocha son visage du mien. Je sentis son souffle chaud effleurer mon cou.

À cet instant précis, je crus que mes jambes allaient se dérober sous moi lorsqu'il murmura à mon oreille :

— Tu es à moi. Je ne t'abandonnerai jamais.

Avant même que je puisse répondre, il avait déjà enfourché sa moto et s'éloignait dans la nuit.

Lorsque je rentrai dans la maison, ma mère m'arrêta immédiatement.

— Tu es toute rouge, ma chérie. Tu es sûre que tout va bien ?

— Oui, maman, ne t'inquiète pas. J'ai simplement eu un petit coup de chaud, répondis-je pour la rassurer.

Je montai ensuite dans ma chambre afin de retrouver mon calme.

Je n'arrêtais pas de repenser aux derniers mots d'Anthony et, chaque fois qu'ils revenaient dans mon esprit, je sentais mes joues s'enflammer davantage.

Le lendemain matin, en arrivant au lycée, je partis comme d'habitude rejoindre Alexandra et Maria.

Alors que je traversais la cour, cette étrange sensation revint une nouvelle fois. Ce mélange de bonheur et de malaise qui me bouleversait chaque fois.

Presque instinctivement, je me retournai.

James arrivait.

Sans réfléchir, je m'avançai vers lui.

— Salut ! Comment vas-tu ? Ça faisait longtemps que tu n'étais pas venu au lycée.

— Euh... salut, Djenna. Je vais bien, ne t'inquiète pas. Je t'expliquerai bientôt pourquoi je me suis absenté ces derniers jours, répondit-il d'une voix froide.

— Je ne comprends pas... J'ai l'impression que tu m'évites, lançai-je en lui attrapant la main pour l'empêcher de partir.

Sans même se retourner, il répondit :

— Lâche-moi.

Sa voix était partagée entre la colère et la tristesse.

Je relâchai aussitôt sa main.

Je restai immobile pendant plusieurs secondes, incapable de comprendre ce qui venait de se passer.

C'est alors que Maria arriva.

— Djenna ? Qu'est-ce que tu fais là ?

— Hein ? répondis-je en réalisant que je ne l'avais même pas entendue arriver.

— Tu ne m'écoutes pas, c'est ça ?

Avant que je puisse répondre, la sonnerie annonçant le début des cours retentit.

Nous rejoignîmes alors notre salle de classe.

À la fin de la journée, Alexandra, Maria et moi nous séparâmes devant le portail du lycée.

Pendant que j'attendais le bus, l'étrange sentiment réapparut une fois de plus.

Je me retournai.

Anthony se tenait juste derrière moi.

Avant même que je puisse dire un mot, il prit ma main dans la sienne.

— Tu m'as manqué aujourd'hui, dit-il doucement.

Troublée et complètement déstabilisée, je ne remarquai pas immédiatement qu'une autre personne se trouvait derrière lui.

James.

Et il avait entendu toute la scène.

Soudain, sa voix éclata dans l'air :

— Lâche-la immédiatement !

Anthony se retourna lentement.

Un sourire ironique apparut sur son visage.

— Eh bien, voilà un vieil ami que je n'avais pas vu depuis longtemps.

— Nous ne sommes pas amis, répondit James d'un ton glacial. Je ne le répéterai pas deux fois. Lâche Djenna immédiatement.

— Et pourquoi ferais-je ça ? Elle ne t'appartient pas, à ce que je sache.

— Non, elle ne m'appartient pas, parce que ce n'est pas un objet. Mais elle n'est pas à toi non plus.

Anthony relâcha alors ma main.

Puis il commença à prononcer des mots dans une langue inconnue que je ne comprenais pas.

L'atmosphère changea immédiatement.

Quelque chose n'allait pas.

Je sentais que la situation était sur le point de dégénérer.

Prise de panique, je me plaçai entre les deux garçons.

— Arrêtez ! Vous êtes complètement fous !

Les larmes montaient déjà à mes yeux.

— Je déteste les garçons violents !

Sans attendre leur réaction, je me mis à courir.

Je courus aussi vite que possible jusqu'à chez moi.

Lorsque j'arrivai devant la maison, je pleurais encore.

Heureusement, ma mère n'était pas encore rentrée du travail.

Elle ne put donc pas me voir dans cet état.

Je montai directement dans ma chambre et m'effondrai sur mon lit.

Mon cœur battait encore à toute vitesse.

Je ne comprenais plus rien.

James disparaissait pendant des jours avant de revenir en me rejetant froidement.

Anthony, lui, apparaissait soudainement dans ma vie et me parlait comme si nous étions liés depuis toujours.

Et au milieu de tout cela, il y avait ce sentiment étrange qui semblait les relier tous les deux.

Je sentais que quelque chose m'échappait.

Quelque chose d'important.

Et, pour la première fois depuis mon arrivée à Seattle, j'eus le pressentiment que ma vie allait bientôt changer pour toujours.

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