Sans titre
11 juin 2025
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Même s’il m’avait plus ou moins prévenue, même si j’ai commencé à intégrer ses absences comme un rythme habituel, un cycle récurrent… ça reste bizarre. Ça reste dur.
Je pourrais dire que j’y pense moins. C’est vrai, d’une certaine façon. Depuis son dernier retour, j’ai comme pris un peu de recul. Je ne sais pas si c’est un mécanisme de défense ou une forme de guérison discrète. Mais son absence actuelle me semble un peu moins lourde que la précédente.
Un peu moins violente dans le manque, un peu moins vertigineuse.
Et pourtant, je m’y perds.
Je me rends compte que je n’ai toujours pas trouvé d’équilibre avec ça. Il revient, il repart. Il s’exprime, puis se tait. Et moi, je m’adapte. Je deviens souple à en craquer de l’intérieur.
C’est comme si je vivais dans une boucle. Pas de début, pas de fin. Juste des variations d’intensité dans la douleur. Des moments où je respire un peu, d’autres où je suffoque sans comprendre pourquoi.
Parfois je me dis que c’est fini. Que j’en ai assez. Que je mérite autre chose.
Et puis il me suffit d’un souvenir. D’un message relu. D’un mot particulier qu’il aurait pu écrire…
Et je retombe.
Pas aussi fort. Pas aussi profond. Mais je retombe quand même.
Je crois que je suis fatiguée.
Pas de lui. Pas de ce lien.
Mais de ce flou constant.
De ce presque. De ce jamais clair. De cette attente qui ne dit pas son nom.
Et le pire, c’est que je ne m’en veux même pas.
Parce que j’ai aimé sincèrement. Et je ressens encore parfois. Mais je commence à comprendre que ressentir ne veut pas dire s’oublier.
Alors je laisse le silence s’installer. Je m’y habitue. Pas toujours avec paix. Mais avec lucidité. Je ne l’attends plus comme avant. Mais il reste là, quelque part.
Comme une ombre familière dans ma mémoire.

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