Sans titre

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Après ce rêve, je lui ai écrit. Là où il me contacte parfois, là où son silence me répond souvent. Je n’ai pas réfléchi. J’ai juste lâché : « Cesse dont de venir dans mes rêves ». Parce que je suis fatiguée. Parce que même là, même dans mes nuits, il trouve encore le moyen d’exister. D’apparaitre, de revenir, de frôler. Sans jamais être là.

Et pourtant… J’ai pas l’impression que c’était un simple rêve. J’ai senti quelque chose de plus. Comme s’il avait voulu venir. Comme si son esprit avait trouvé une faille pour passer. Comme si, faute de pouvoir m’écrire, il avait choisi un autre chemin pour se montrer. Je sais pas si c’est mon imagination, ou s’il y a quelque chose de plus profond. Mais ça m’a frappée. J’ai eu une certitude étrange : il a voulu être là.

Volontairement. Délibérément.

Et ça m’a chamboulée. Parce que ça change tout. Ce n’est pas un souvenir qui remonte au hasard. C’est une présence qui tente, malgré les murs, malgré le silence.

Ça me rend folle, un peu.

Parce que ça relance l’attente, la question, le fil invisible. Parce que j’ai l’impression de n’avoir jamais eu de prise sur lui. Même pas dans mes rêves. Alors j’ai écrit cette phrase, un peu sèche, un peu triste.

Parce que j’ai besoin de paix. Parce que j’aimerais dormir sans être ramenée à lui. Parce que même si une part de moi veut encore croire aux signes, une autre voudrait juste… qu’il me laisse tranquille. Vraiment.

Mais il est là.

Encore.

Même là.

J’ai pas demandé ça. J’ai rien cherché. J’ai rien provoqué. Et pourtant tu t’es glissé là, dans l’endroit où je devrais avoir la paix. Dans ce recoin de nuit où je tente, tant bien que mal, d’oublier. Tu t’es invité dans mon sommeil comme on pousse une porte sans frapper.

Tu t’es montré sans bruit, sans explication. Mais moi je t’ai reconnu. Tout de suite. Parce que même sans mots, c’est toi. Toujours toi.

J’ai mis du temps à comprendre pourquoi ça me dérangeait autant.

Et puis j’ai senti :

C’est parce que ça ressemblait à un choix. Comme si t’avais voulu ça. Comme si, quelque part, tu t’étais dit : « Je ne peux pas lui parler, mais je peux aller jusque dans ses rêves. ».

Et franchement ?

Ça me fout en colère.

Parce que t’as encore trouvé une façon de me toucher, sans prendre de risque.

Sans conséquence.

Un pied dans mon monde, un pied hors d’atteinte.

Alors j’ai réagi. J’ai balancé ce message comme on jette une pierre dans l’eau. Pas parce que je t’en veux de revenir, mais parce que je ne veux plus être le lieu où tu t’invites en silence.

C’est fou comme t’as le don de rester flou. Même absent, t’arrives à laisser des traces. Même silencieux, tu fais du bruit.

Je veux que ça s’arrête. Ou que ça recommence vraiment.

Mais ce truc entre deux, cette zone grise, c’est ça qui me détruit.

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