6.

Une minute de lecture

Je me suis rendu compte d’une chose en relisant mon activité :
j’ai presque autant de textes non publiés que de textes publiés.

Longtemps, cela aurait pu m’inquiéter.
Aujourd’hui, non.

Le non publié n’est pas un manque.
Ce n’est pas un renoncement.
C’est un espace.

Il y a des textes que l’on écrit pour comprendre,
d’autres pour traverser,
et certains pour déposer quelque chose qui n’a pas vocation à être lu tout de suite
ou peut-être jamais.

Avant, j’écrivais et je publiais presque dans le même mouvement.
Le rythme comptait.
La présence comptait.
Les quotas aussi.

Avec le temps, quelque chose a changé.
J’ai commencé à laisser les textes reposer.
À les relire plus tard.
À accepter que certains n’étaient justes que pour moi,
ou pour un autre moment.

Le non publié est devenu une forme de maturité.
Un refus de l’automatisme.
Une manière de respecter ce qui avait été écrit sans l’exposer trop vite.

Publier reste un geste fort.
Mais ne pas publier l’est tout autant.

Entre les deux, il y a un espace silencieux,
un lieu où l’écriture respire,
où elle n’est ni performance ni attente de retour.

Si je publie aujourd’hui, ce n’est plus pour remplir,
mais pour partager.

Et si je garde certains textes hors du regard,
ce n’est pas par peur,
mais par fidélité à ce qu’ils sont.

L’écriture n’est pas toujours destinée à être montrée.
Parfois, elle a simplement besoin d’exister.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Claude Carrès ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0