Amateur de ping et ping amateur partie 2

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Écrit à Chengdu, province du Sichuan, République populaire de Chine

Partie 2

En dehors de nous deux tous les habitués du gymnase étaient donc les élèves chinois de l’université. Il faut savoir que l’université du Zhejiang est considérée comme excellente en Chine, du genre top 3 dans le pays ou un truc comme ça. L’examen d’entrée à l’université pour les élèves chinois est une torture. Ça s’appelle le Gaokao 高考, littéralement « grand examen ». Les mecs passent toute leur scolarité à le préparer et en fonction de leur score ils peuvent prétendre à telle ou telle université. Pour les étrangers c’est différent, il faut juste candidater. Je dis pas que c’est facile, mais c’est quand même vachement moins difficile. Encore un truc de branleur donc.

En résumé, si on ajoute à ça le fait que le ping est majoritairement un sport de nerd, je peux vous dire que les élèves amateurs de ping de l’université étaient franchement des têtes. Chaque fois que je leur demandais ce qu’ils étudiaient c’était toujours des trucs à dormir debout genre « ingénierie des circuits » ou « études des technologies hydrauliques ». Quand je leur disais que j’étudiais le chinois et qu’ils constataient que j’étais à peu près capable de tenir une conversation correctement, les mecs étaient toujours vachement impressionnés. Les Chinois ont cette capacité à être très impressionnés par les étrangers qui font l’effort d’apprendre leur langue, alors que franchement entendre un ensemble de sons 10 000 fois puis les répéter dans l’ordre c’est quand même plus simple que de devenir ingénieur spécialisé.

Et donc je jouais avec ces mecs, pour eux je crois que j’étais assez exotique, un Français qui leur parlait en chinois et qui jouait un jeu de défenseur avec une plaque d’emmerdeur. Le niveau était franchement bon, j’étais pas ridicule mais je me faisais quand même allumer de temps en temps. Il y avait aussi des vieux qui jouaient là. En Chine les anciens employés de l’université se font souvent offrir un appartement sur le campus pour profiter de leur retraite. Donc ça m’arrivait de jouer avec d’anciens professeurs ou intendants. J’avais même rencontré l’ancien photographe officiel de la fac une fois. Un type vachement intéressant.

Partout dans le monde tous les joueurs de ping vous diront que les vieux ont des jeux d’emmerdeurs. La Chine n’échappe pas à cette règle. Un vieux vissé à la table avec des plaques tellement usées qu’elles ont sûrement connu l’ère maoïste, une grand-mère porte-plume avec une seule plaque, pas de revers, et qui envoyait des coups de feu depuis toute la table. Ce genre de trucs. Un jour un autre étudiant a utilisé un adjectif pour décrire leur style, le mot « 野 Yě », ça veut dire « sauvage » en chinois. J’avais trouvé ça assez juste.

Dans ce gymnase j’avais rencontré mon pote Wu, il venait de la province du Shandong, il étudiait aussi l’ingénierie. Un mec brillant donc. Il avait toujours une dégaine pas possible quand il venait jouer, genre un pantalon en velours côtelé avec un pull en laine et des baskets éclatées. Alors qu’en France même le plus nul des amateurs est en Butterfly de la tête aux pieds, les Chinois ont souvent tendance à s’en foutre. J’ai déjà pris des branlées par des mecs en jeans putain. Vous ferez ce même constat dans les salles de sport ici aussi.

Wu était un geek sympa, il était bon mais je le battais généralement. Je le soupçonne de m’avoir laissé gagner par politesse une fois ou deux.

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