K.A.I

2 minutes de lecture

Dimanche 25 mai

23:40

Je me redresse lentement, encore ankylosé par une nuit que je voudrais déjà oublier.

La jolie créature endormie à mes côtés ? Aucune idée et, à vrai dire… je m’en fous.

D’un coup de coude néanmoins, je tente de la réveiller.

- Hé, debout ! Tu me dois 5 balles.

Elle grommelle, se recroqueville sous la couverture et m’ignore, tirant les draps sur ses magnifiques boucles rousses.
Déjà, pour elle, je ne suis plus qu’un souvenir flou qu’elle oubliera demain matin.

- Je t’ai dit de te lever ! Ma thune !
- Sers-toi dans mon porte-monnaie, dans le tiroir…, marmonne-t-elle, agacée. Maintenant tire-toi. Dégage et laisse-moi dormir !

Je me lève, retenant la colère qui me hante. Toujours pareil. Ces rats de la haute… jamais foutus d’être un tant soit peu reconnaissants pour la nuit que je viens de leur faire vivre !

Sans gêne, je fouille les tiroirs du bureau massif. Il est si luxueux qu’il pourrait servir de trône à un roi.

Évidemment, à l’intérieur, pas de portefeuille.

Eh bien, tant pis. Mon regard s’arrête sur un coffret sombre en bois. Les motifs dessus sont si délicats qu’on le croirait fraîchement sorti de l’ébénisterie. À l’intérieur, des bijoux scintillent comme des guirlandes de Noël. Un collier en perles blanches me fait de l’œil. Sans hésitation, je le saisis et le fourre dans ma poche.

Ce n’est pas du vol, c’est mon salaire. Cette pouffiasse endormie me doit bien ça.

Nue et enveloppée dans ses draps, elle aurait fait tourner la tête de plus d’un homme. Pourtant, en retournant vers elle, je ressens comme une forte envie de l’étrangler. Si seulement je pouvais l’étouffer là, maintenant, avec son oreiller si moelleux. Elle m’écœure.

Ils m’écœurent tous.

Avec dégoût, je me détourne d’elle et quitte la chambre, serrant dans ma poche ma piètre récompense : le collier de perles.

Je pense au Céleste.

À cette heure-ci, il n’est pas encore fermé. J’espère avoir encore le temps de m’y enivrer avant de redescendre dans les tunnels des bas-fonds. Ou alors pouvoir encore y gagner quelques sous.


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