J.E.R.E.M.I.A.H
Lundi 26 mai
9:28
Le Cyanea est une véritable forteresse sur mer.
Lors de son lancement, il y a des centaines d’années, aucun autre navire ne pouvait rivaliser avec sa puissance. La presse de l’époque le surnommait « le titan des mers ».
La taille impressionnante du Cyanea lui permettait d’abriter une population équivalente à celle d’un petit pays.
À l’intérieur se déployait un véritable labyrinthe composé d’innombrables couloirs, de cabines variées, de restaurants raffinés, de jardins luxuriants, de parcs aquatiques, de salles de cinéma, de théâtres, d’aires de jeux, de toboggans gigantesques, de manèges et de grands huit spectaculaires.
Ce navire était un authentique paradis flottant, une cité autonome sur les flots.
À travers le monde entier, la population s’est précipitée pour acheter un billet, espérant pouvoir participer à ce voyage révolutionnaire à bord du Cyanea.
La compagnie maritime promettait à ses passagers une expérience inégalée, un véritable éden, alors même que la planète sombrait dans le chaos.
À cette époque, la Terre souffrait sous un soleil devenu fou à cause des actions humaines.
Les campagnes se noircissaient malgré les efforts acharnés des agriculteurs : leurs bêtes mouraient, cessaient de se reproduire, les rivières se transformaient en boue et en poussière.
Partout, les populations se battaient pour la moindre goutte d’eau, ressource devenue bien plus précieuse que le pétrole, désormais relégué au second plan face à la rareté de l’eau.
Alors que la majorité des populations mouraient de faim, les plus riches continuaient de puiser sans relâche les précieuses ressources de la Terre, creusant ainsi un fossé immense entre les inégalités.
Les guerres et révoltes se multiplièrent, menées par les plus courageux, mais toutes furent rapidement étouffées par des dirigeants avides, déterminés à conserver leurs trésors.
Le chaos éclatait partout : les hommes se battaient comme des chiens enragés, formant des groupes de révolutionnaires, du moins lorsque le peuple n’était pas occupé à s’affronter lui-même.
Au milieu de cette tourmente, Hentz Octavia se détacha.
Homme d’affaires le plus riche et influent du moment, il fit fortune en créant des machines capables de dessaler l’eau de mer. Grâce à ses inventions, il vendit aux nantis des lieux où ils pouvaient dormir, manger et boire, tandis que le monde entier mourait dans la poussière. Il commença par établir des hôtels sur toutes les côtes, puis étendit son empire avec son projet le plus ambitieux : les croisières.
Les gouvernements cherchèrent à acquérir son invention, mais Hentz la conserva secrète jusqu’à sa disparition, ne révélant jamais son visage.
Il avait compris avant les autres que la fin du monde ne se vendrait pas en billets, mais en litres : l’eau était devenue son empire, sa couronne et sa religion.
Le Cyanea fut son plus grand mensonge.
Pour ce projet colossal, Hentz Octavia apparut pour la première fois à la télévision, dévoilant enfin son visage. Face caméra, il fit cette promesse folle d’un long voyage à bord de sa plus belle création, cette fois ouvert à tous..
Allongé sur le vieux canapé sale au fond de la piscine, l’image de Karlson regardant son téléviseur en boucle ne cesse de hanter mon esprit. Aucun d’entre nous n’avions jamais vu Hentz pourtant, de générations en générations, ce monstre hantes nos esprits.
C’est à Sacha que l’on doit l’idée de se retrouver dans ce lieu que nous avons appelé le No Man’s Land.
Autrefois, cet endroit n’était rien de moins qu’un parc aquatique, mais aujourd’hui, il n’est qu’une pièce délabrée, coincée entre les étages inférieurs et supérieurs du bâtiment.
Considéré comme totalement abandonné, le No Man’s Land n’attire plus personne : nul ne s’y aventure jamais et les caméras de surveillance, depuis longtemps désactivées, garantissent à notre repaire une tranquillité absolue.
Dans une des anciennes piscines, nous avons peu à peu installé notre repaire. Nous avons récupéré des canapés, rassemblé divers objets hétéroclites, puis nettoyé avec soin chaque élément pour donner à l’ensemble l’apparence d’une cabane improvisée mais chaleureuse. Les murs, quant à eux, sont couverte de guirlandes lumineuses, de dessins colorée et de petites sculptures en métal, suspendues dans chaque recoin.
Au sol, nous avons étendu des tapis de fortune et disposé des couvertures rapiécées
Ce que j’aime particulièrement ici, c’est la sensation d’être coupé du reste du monde. Chaque objet présent porte la trace de notre passage : une pile de livres usés, des boîtes de conserve empilées, ou encore ce vieux poste de radio récupéré sans raison apparente.
C’est devenu, pour Kai, Sacha et moi, une sorte de petite maison que nous entretenons ensemble, un îlot clandestin façonné par notre besoin commun de trouver un abri, loin des regards. Loins du rêve mensonger de Hentz Octavia…
Aline est penchée au-dessus de moi, assise sur une chaise roulante, et d’une main experte elle me recoud sans dire un mot.
Avec une délicatesse surprenante, elle passe l’aiguille dans ma chair, m’arrachant quelques grimaces de douleur que je tente de dissimuler devant à elle.
Elle possède une beauté singulière qui me met mal à l’aise. C’ est la meilleure amie de Sacha et, tout comme elle, porte une lueur indéfinissable dont elle n’a pas vraiment conscience. Son corps frêle, presque enfantin, donne l’impression qu’elle pourrait s’effondrer au moindre souffle de vent.
Pourtant, avec ses longs cheveux blonds et ses yeux bleus comme le ciel, elle aurait, fut un temps, attiré bien des regards.
Mais aujourd’hui, Aline affiche un regard vide, un visage fermé, et son bras porte les traces de piqûres qu’elle s’injecte elle-même.
- Je les ai entendus rentrer cette nuit, et mieux encore : je les ai vus. Un vrai boucan. J’étais… occupée, quand Yokio a débarqué, enragé comme un chien.
Sacha fait les cent pas, absorbé par le récit de son histoire. Je l’écoute en silence, tentant de masquer la douleur qui me traverse alors qu’Aline, concentrée, s’affaire sur ma plaie. Malgré tous mes efforts pour ne rien laisser paraître, mon attention reste tournée vers elle ; une part de moi voudrait lui adresser un mot, mais je puise dans mes forces pour ne montrer aucun signe de faiblesse.
- Il a débarqué en hurlant qu’il voulait voir Plancton. Tu l’aurais vu, il était prêt à tout casser. Même ses gardes avaient du mal à le retenir.
- Plancton ? Tu étais avec lui, c’est ça ?
Kai est là lui aussi. Ni moi ni Sacha ne l’avions convié. Il était là lorsque nous sommes arrivés. Ce qui ne m’a pas surpris : Kai ne travaille que le soir, alors la plupart du temps il passe son temps à flâner entre les couloirs et les étages.
Avachi sur le fauteuil face à moi, il balance une balle en l’air qu’il rattrape, écoutant d’une oreille peu attentive l’histoire de Sacha.
Silencieux jusque-là, en entendant le nom de Plancton, quelque chose le réveille et c’est d’un ton plein de mépris et de reproche qu’il s’adresse à elle.
Sacha ne répond pas, surprise. Kai rattrape sa balle et lance un regard vers elle, amusé.
- Alors, oui, tu étais bien avec lui, lance Kai, un sourire satisfait illuminant son visage alors qu’il observe la réaction de Sacha, qui trahit involontairement ses sentiments.
- Qu’est-ce que ça peut bien te foutre, Kai ? s’emporte-t-elle, la voix vibrante de colère ou peut-être de honte. Mes affaires ne te regardent pas. Et si tu comptes me faire des reproches, tu peux aller te faire foutre.
Sa voix est tranchante, mais Kai reste imperturbable. Il retient ses pensées, se contentant de la fixer en silence.
Je lève les yeux vers Aline. À la façon dont elle fuit mon regard et à la rougeur qui teint ses joues, je comprends qu’elle a probablement accompagné Sacha quand est allée voir Plancton.
Une colère mêlée de tristesse me serre le cœur. Sacha traîne avec Aline depuis si longtemps qu’il m’est impossible de savoir laquelle des deux a entraîner l’autre vers le bas en première …
Je sais qui est ce Plancton, du moins de réputation : l’un des plus gros dealers de la Crypte, un territoire désormais ravagé par les affrontements entre lui et les Souris, qui le détestent ouvertement.
Tout le monde sait que s’approcher de lui, c’est jouer avec la mort.
Parfois, je me demande pourquoi Sacha ne voit pas tous les signaux d’alarme qui l’entourent. Puis je me dis que c’est évident : la drogue. Ce besoin la pousse toujours plus loin, la force à fréquenter les mauvaises personnes.
Kai adore quant à lui, adore la rabaisser parfois jusqu’à devenir odieux. Mais cette fois, étrangement, il reste silencieux, ruminant dans son coin.
- Continue, Sacha, dis-je en tentant de dissiper le malaise et de l’encourager à reprendre son récit.
Sacha fait d’abord la moue, hésite un instant, mais l’excitation de son histoire reprend rapidement le dessus. Ses yeux s’animent à nouveau.
- Yokio hurlait à Plancton de venir lui faire face. Il avait des membres de son escouade avec lui, tous amochés ! Ils rentraient tout juste d’une expédition. Yokio lui-même avait un bras en écharpe. Sacha sourit ses yeux pétillant d’ironie.
- Enfin, ça ne l’a pas empêché de coller un joli coup de poing au garde de Plancton.
Je l’observe, intrigué.
- Étrange… qu’est-ce que Plancton a bien pu faire pour mériter une visite de Yokio à peine rentré de mission ?
Elle hausse les épaules, un geste désinvolte, comme si l’affaire la concernait à peine
- Je ne sais pas. Ce trouillard de Plancton a juste flippé, tu vois ? Il s’est planqué sous le lit dès qu’il a entendu Yokio. Il tremblait comme une feuille, cet imbécile. Tu l’aurais vu, essayer de charger son arme avec les mains qui tremblaient quand Yokio a défoncé la porte. Pitoyable. Sacha lève les yeux au ciel, agacée, avant de reprendre : Enfin bon, les hommes de Yokio ont fini par réussir à lui faire entendre raison, à lui dire de se calmer et ils sont partis
Un soupir agacé s’échappe de ses lèvres, et elle secoue la tête, exaspérée.
- Et moi ? Plancton, ce lâche, m’a foutue à la porte. Sans ma came, évidemment.
Préférant ignorer sa dernière remarque, je pense à Yokio. Cet homme m’a toujours fasciné. Bien que je ne connaisse absolument rien de lui… Hormis qu’il soit un de ces hommes autorisé a quitter le navire. Un Nettoyeurs
- Personne n’a annoncé leur retour… Ils n’étaient pas censés revenir avant des mois…
Sacha hausse les épaules, désinvolte. Ses mèches rousses tombent devant son visage mais je devine l’indifférence dans son regard.
- Quelque chose a dû les forcer à revenir plus tôt, lance-t-elle d’un ton sec. Ça a sûrement un lien avec Plancton.
- J’espère que ce n’est pas trop grave. lui dis-je sans grande conviction.
Aline, restée silencieuse jusqu’ici, intervient soudain, la voix tendue :
- Tu ne devrais pas te mêler de ça, Jeremiah. Plancton n’aime pas que l’on se mêle de ses affaires.
C’est alors que Kai, installé dans son fauteuil à l’écart, bouge enfin. Il se lève d’un mouvement brusque, affichant une posture hautaine
- Je suis d’accord avec elle. Peu importe ce que Plancton a fait pour s’attirer les foudres de notre grand yokio, ce sont des affaires qui ne nous regardent pas.
Son ton se fait exagérément détaché, mais il tourne soudain vers Sacha un regard noir, chargé de mépris, et lâche d’une voix dure :
- Quant à toi, tu ferais bien de continuer de lui sucer la bite pour ta came sans te mêler de ses histoires.
Sacha demeure d’abord sans voix. Sous le choc, elle se tourne vers moi, cherchant manifestement du soutien. Pourtant, je baisse les yeux, honteux, incapable de la défendre face à Kai. Cette fois, je n’ose pas prendre sa défense, car, même si l’attitude de Kai est cruelle, je dois admettre qu’il n’est peut-être pas loin de la vérité.
Si Sacha s’est retrouvée avec Plancton, le plus gros dealer du navire, la nuit précédente, et qu’elle affirme ne pas faire affaire avec lui, il ne reste qu’une seule explication possible à la façon dont elle a tenté de se procurer sa came, comme elle le dit elle-même.
Bien que les accusations de Kai soient infondées et cruelles, une partie de moi pense comme lui…
Comprenant que je ne lui serai d’aucune aide, Sacha se retourne de nouveau vers Kai. Le regard rouge de colère, les poings serrés, elle s’approche de lui.
- Qu’est-ce que tu as, Kai ? Tu crois que j’ai besoin de faire la salope comme toi pour avoir ce que je veux ?
Leurs visages ne sont qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Leurs yeux lancent des éclairs et ils se toisent, semblables à deux bêtes prêtes à se jeter l’une sur l’autre. La mâchoire crispée, Sacha serre les dents, retenant les mots qu’elle voudrait cracher. Lui ne bouge pas, la défie du regard, ses yeux gris emplis de dégoût et de colère.
- Oui, dit-il tout simplement.
J’ai horreur de voir ces deux-là se disputer. Au fil du temps, il me semble que chacun ne supporte plus la présence de l’autre et le méprise à sa manière. Leurs disputes et conflits incessants deviennent lourds à porter pour notre trio, surtout pour moi, qui les considère tous deux comme mes meilleurs amis. Si on me le demandait, même sous la menace, je serais incapable de choisir entre les deux. Kai est méprisant et arrogant, mais honnête et fidèle à sa façon. Quant à Sacha, elle est instable et insolente, mais aussi courageuse et téméraire à sa manière. Je les aimes trop pour les voir se disputer ainsi.
Aline se détache de moi et va aussitôt se placer à leurs côtés.
- Oula, on se calme ! s’exclame-t-elle, cherchant à ramener le groupe au sujet principal. Mais son intervention ne fait qu’attirer l’attention de Kai, qui se retourne soudain vers elle, le visage déformé par la colère.
- Aline… continue-t-il d’un ton accusateur, l’air lassé et furieux à la fois. Avec toute la came que tu arrives à obtenir alors que tu n’as pas un sous. Je n’ai jamais eu de doute sur toi.
- Kai ! m’écriai-je en essayant de me lever.
La douleur vive de ma blessure fraîchement recousue me cloue cependant sur le fauteuil. Un cri m’échappe et je me résigne à rester allongé, impuissant à calmer Kai et à l’empêcher de prononcer des paroles qu’il pourrait regretter.
Kai se détache alors de Sacha pour se tourner complètement vers Aline. Cette fois, son regard se fait encore plus dur, chargé d’une lueur féroce
- Mais que tu aies entraîné Sacha dans tes parties de jambes en l’air…
Kai marque une pause. Son regard glisse sur Aline, de la tête aux pieds, avec un mépris si cru qu’il en en devient obscène. Puis un rictus de dégoût tord son visage.
- J’ai jamais vraiment pu blairer ta fausse gueule d’ange défoncé aux crack, tu sais. Jamais.
Aline tremble. Ses lèvres s’entrouvrent, mais aucun mot n’en sort vraiment.
- Quoi… que… commença-t-elle, la voix brisée.
Kai ne vit pas venir la gifle.
Elle claqua dans l’air comme un coup de tonnerre.
Sacha se tient devant lui, les yeux rougis par les larmes, le souffle court, la main encore levée. Sa paume, elle aussi,rougi sous la violence du geste.
Un silence écrasant tombe sur nous.
Allongé sur le fauteuil, j’ose à peine respirer. Le temps semble s’être figé au-dessus de notre petit îlot de paix, la pièce entière retient son souffle.
Kai porte lentement une main à sa joue endolorie, incapable de comprendre ce qui vient de se passer. Il fixe Sacha, stupéfait.
Alors, d’une voix basse, tremblante, mais d’une fermeté terrible, elle murmure:
-Va-t’en, Kai
- Je…
- VA-T’EN !
Kai la regarde quelques secondes, comme s’il ne la reconnait plus. Puis il se tourne vers moi, les traits déformés par la colère.
- Jeremiah, tu comptes rien dire ?
Il lève un bras, agacé, en désignant Aline d’un geste violent.
-Tu sais comme moi que cette poufiasse l’a mise dans la drogue. Et maintenant, elle compte la mettre dans la prostitution. Et toi, tu comptes rien dire ?
Je sent ma gorge se serrer. J’aurai tvoulu trouver les bons mots. Ceux qui calment, ceux qui protègent, qui empêchent les gens de se détruire entre eux. Mais il n’y a plus grand-chose à sauver dans cette conversation.
- Sacha a raison, Kai, dis-je enfin. Tu… tu en as déjà beaucoup trop dit. Tu devrais t’en aller maintenant.
Il me fixe.
Pendant un instant, je n'arrive pas à lire ce qu’il y a sur son visage. De la colère, peut-être. Ou de la déception. Peut-être les deux à la fois...
Puis il jure entre ses dents et, fou de rage, bouscule Sacha en passant près d’elle.
Il traverse la pièce d’un pas lourd, grimpe l’échelle de la piscine sans se retourner, puis s’en va.
La porte se referma derrière lui.
Et le silence revint.
Un silence plus froid, plus lourd encore.
Je vois Aline et Sacha échanger un regard. Pas un mot. Rien. Seulement leurs visages défaits, leurs yeux brillants, une tristesse épaisse qui leur coller à la peau.
Il y a quelque chose de honteux dans leur manière de se tenir, comme si les paroles de Kai les a rapetissées.
-Ne vous en faites pas, sans trop savoir à qui je m’adresse vraiment. Il ne pense pas un mot de ce qu’il a dit. Et puis… Kai est mal placé pour parler, de toute manière.
Mais mes paroles ne change rien.
Je le vois à leurs mines. À leurs épaules rentrées. À leurs regards fuyants.
Kai viens de les blesser là où elles avaient déjà mal.
Réduites, une fois de plus, à ce qu’elles prennent. À ce qu’elles font. À ce que les autres pensent voir d’elles. Des filles perdues. Des filles sales. Des filles qu’on juge avant même de chercher à comprendre.
Elles portent sur leurs épaules la honte d’exister telles qu’elles sont.
Et moi, allongé sur mon canapé, incapable de bouger, je ne trouve aucun mot assez fort pour les rassurer.
Des droguées prêtes à tout
Voilà ce que le rêve fou de Heintz Octavia a fait d’elles.

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