Chapitre 11 - À bout de toi
Nos échanges oraux le remettent en forme ; il reprend de la vigueur. Ses mains me caressent le dos, le torse. J’aime tellement ça. Il se décolle de mon visage et descend tout doucement en alternant baisers et morsures légères. Lorsqu’il arrive au niveau de mon sexe, il crache dessus avant de le gober. Bon Dieu. Cette sensation est incroyable. Pourtant, je me suis fait sucer souvent. Mais jamais par quelqu’un qui me plaisait autant.
De ses mains, il pousse légèrement mes cuisses et m’incite à lever les jambes. Je comprends immédiatement où il veut en venir et, rien que de l’imaginer, je suis au bord du précipice. Il n’arrête pas de me lécher pour autant, je voudrais que ça ne s’arrête jamais. J’attrape sa queue de cheval et accompagne le mouvement, les sensations sont folles. Suis-je parti trop loin pour revenir ?
- Je peux ? demande-t-il, en désignant mon anus.
- Ouais !
Il reprend ma bite dans sa bouche et, avec sa main gauche, commence à masser mon orifice. Sa salive coule jusqu’ici ce qui lubrifie naturellement la zone. Zone qui, d’ailleurs, est restée vierge depuis lui, il y a plus de 10 ans. Je n’avais pas retrouvé une personne avec laquelle je me serais senti assez en confiance pour recommencer. Aujourd’hui, pourtant, je lui donne accès de bon cœur. Pire, je ne rêve que de ça. Le sentir en moi.
Il abandonne la pipe et passe sa langue jusqu’à rencontrer mon petit trou. Il le lèche alors vigoureusement, humidifiant le tout. Je ne peux pas m’empêcher de penser au fait que, suite à la séance d'entraînement collectif de cet après-midi, j’ai pu prendre une douche. Ça me soulage bien pour ce qui est de la propreté.
Le premier doigt glisse assez facilement. Obnubilé par sa langue qui ne s’arrête jamais, je le remarque à peine. Ce n’est qu’à partir du second que je sens un léger inconfort, mais il redouble d’attention et je soupire, acceptant complètement cette intrusion dans mon intimité. Il entame de petits mouvements de va-et-vient qui me font gémir. Un troisième doigt tente de se frayer un chemin, j’essaie de me détendre le plus possible pour le laisser entrer.
Je dois lui dire de s’arrêter, pas sûr de pouvoir me retenir encore longtemps tant l’excitation est là. Sami m’embrasse, goulument. Je suis prêt. Du tiroir de la table de chevet, j’extrais un préservatif et du lubrifiant.
- Prévoyant ! salue-t-il.
À mon tour de lui envoyer un petit clin d'œil comme il en a l’habitude. Il étale le gel sur toute la surface de son pénis et sur mon anus tout en continuant de m’embrasser par intermittence. Son regard est fiévreux ; nous avons autant d'appréhension que d’envie.
- Surtout, si ça ne va pas, tu me dis hein ! dit-il.
Il se glisse en moi. D’abord à moitié, délicatement, n’osant pas aller plus loin. Je le sens soupirer dans mon cou, me mordiller la nuque. D’un simple à-coup, le voici au plus profond. Il ne se passe rien pendant quelques secondes, le temps pour moi de réaliser que je n’ai jamais été aussi complet qu’à ce moment précis.
Nous restons ainsi, liés, de longues minutes. Nos mouvements sont doux, presque invisibles de l’extérieur. Je voudrais que ce moment soit infini. L’éternité dans ses bras. Parce qu’à cet instant, nous sommes une seule entité. Oubliés nos oppositions, nos divergences. Dans notre bulle, plus rien n’existe. Si cette fusion devait me coûter la peau, je n’en aurais plus rien à faire : j’aurais vécu.
L’orgasme me cloue sur place. Je ne m’attendais pas à cette décharge émotionnelle, les larmes me montent aux yeux et je les essuie discrètement, pudique. Nous mettons un peu de temps avant de nous relever, d’enlever son préservatif, de nous nettoyer brièvement avant de nous recoucher dans les bras l’un de l’autre.
Je crois que cette relation commence à nous dépasser.

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