L’Appel du Tournoi

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La lumière du soleil filtrait à travers les rideaux, trop vive, trop réelle.

Eiden ouvrit les yeux difficilement, une main posée sur son front.

Il se redressa lentement sur le lit.

Un bref vertige le fit vaciller — une chaleur étrange brûlait encore sous sa peau.

Quand il baissa les yeux, il aperçut de fines traces argentées, presque invisibles, courant le long de ses veines.

Un frisson le traversa.

— Ce n’est rien… souffla-t-il. Juste un effet de fatigue.

Il enfila rapidement son uniforme, attrapa son sac et quitta l’appartement.

Dehors, le vent d’automne fouettait les rues, apportant avec lui cette odeur métallique propre à la ville.

Les hologrammes publicitaires s’allumaient un à un sur les façades, projetant des reflets bleutés sur les vitres des immeubles.

Au loin, on entendait déjà les transports aériens glisser dans le ciel.

L’Académie d’Astreon se dressait au bout de la rue : un immense bâtiment blanc, nervuré de lignes lumineuses.

C’était l’un des rares établissements où se côtoyaient les élèves dotés de pouvoirs et ceux qui n’en avaient aucun.

Cette mixité était à la fois une fierté… et une source constante de tensions.

Eiden y entra, le regard perdu, saluant distraitement quelques visages familiers.

— Hé, Eiden ! T’es vivant ! lança une voix derrière lui.

C’était son ami, Ryo.

Toujours le même sourire, les mains dans les poches, l’air de ne jamais se prendre au sérieux.

Il s’approcha avec nonchalance.

— T’avais l’air ailleurs hier, mec. T’es malade ou quoi ?

— Non… juste fatigué, répondit Eiden avec un sourire forcé.

Ils avancèrent ensemble dans le couloir bondé.

Des affiches flottaient dans les airs, affichant en grand :

Tournoi Inter-Organisations — Sélections dans 4 jours

— Regarde ça. Le tournoi approche.

À ton avis, qui va le remporter cette année ?

Eiden esquissa un demi-sourire.

— Aucune idée. On verra bien.

— Allons, fais pas le modeste. T’as une chance d’être choisi, non ?

— On verra, répéta-t-il calmement.

Ryo soupira, faussement vexé.

— T’es toujours aussi enthousiaste, toi.

Ils arrivèrent en classe.

Les élèves de Noctis Ordo étaient regroupés au fond, reconnaissables à leurs uniformes sombres et aux symboles bleus sur leurs vestes.

À l’avant, ceux d’Umbra Prime — les premiers du classement — discutaient entre eux, le regard hautain, les insignes dorés brillant à la lumière.

— Tiens donc… les seconds sont arrivés, lança une voix narquoise.

Eiden leva les yeux.

C’était Kael, un membre d’Umbra Prime, grand, blond, au sourire tranchant.

Il s’était levé, les bras croisés, entouré de deux camarades.

— Alors, Eiden, t’as entendu ? Le tournoi approche.

Essaie de pas t’évanouir avant la première manche, hein ?

Ryo fit un pas en avant, prêt à répondre, mais Eiden posa une main sur son épaule.

— Laisse tomber. Ça vaut pas le coup.

Kael ricana, satisfait.

— C’est bien, reste à ta place. Les seconds doivent savoir quand se taire.

Le professeur entra à ce moment-là, coupant court à la tension.

La matinée s’étira lentement.

Cours de stratégie, puis d’histoire des organisations, entrecoupés de bavardages.

Eiden écoutait à peine.

Son esprit dérivait ailleurs.

Chaque bruit, chaque éclat de lumière lui paraissait amplifié, comme si ses sens étaient devenus plus aiguisés qu’avant.

À un moment, la lumière du plafond clignota.

Une fraction de seconde.

Juste assez pour qu’il voie son reflet dans la vitre.

Ses yeux, l’espace d’un instant, brillaient d’une lueur bleue.

Il détourna le regard, crispé.

Ryo le remarqua.

— Eh, ça va ?

— Ouais… ouais, t’en fais pas.

La cloche sonna. Fin des cours.

Eiden soupira, rangea ses affaires et quitta la salle.

Le soleil se couchait déjà, inondant les couloirs d’une teinte dorée.

Ryo prit une autre direction, saluant de loin.

Eiden, lui, marcha sans but précis.

Ses pas le menèrent hors du campus, puis dans les ruelles familières du centre.

Au détour d’un passage, il s’arrêta devant le vieux bâtiment désaffecté : l’entrée dissimulée du passage vers Noctis Ordo.

Il hésita.

Son père lui avait dit de ne pas revenir sans raison.

Mais quelque chose, au fond de lui, brûlait.

Un besoin de comprendre.

La lourde porte métallique s’ouvrit dans un souffle.

Eiden inspira profondément, puis s’y engagea.

Derrière lui, la porte se referma lentement.

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