Le Silence du Sous-Sol

3 minutes de lecture

La lourde porte métallique se referma derrière lui dans un souffle discret. L’air, à l’intérieur, était plus froid.

Eiden descendit lentement les marches étroites, ses pas résonnant faiblement contre le métal. Il n’y avait presque jamais personne ici.

Cet étage inférieur de Noctis Ordo servait surtout à entreposer du matériel ancien ou des archives dont plus personne ne se servait.

Les néons grésillaient au plafond, projetant une lumière blanchâtre et irrégulière. Eiden inspira profondément, puis s’avança dans le couloir.

Il ne savait pas exactement ce qu’il cherchait.

Peut-être juste quelque chose… qui lui dirait pourquoi son père semblait si distant, ou pourquoi il ressentait encore cette chaleur étrange dans ses veines depuis la veille.

Il passa devant plusieurs portes fermées, toutes marquées d’étiquettes effacées par le temps.

Puis il trouva une salle dont la porte n’était qu’entrebâillée. À l’intérieur, des étagères couvertes de dossiers poussiéreux, des écrans hors d’usage, et l’odeur du papier ancien.

Eiden entra. Son regard glissa distraitement sur les rangées de classeurs jusqu’à ce qu’il s’arrête net. Sur une table, isolé des autres, reposait un dossier récent.

Une chemise grise, impeccablement rangée, avec un nom écrit en lettres nettes : EIDEN.

Il sentit son cœur se serrer. Il s’approcha lentement, hésitant à tendre la main. Son nom. Ici. Dans les archives internes de Noctis Ordo.

Pourquoi ? Mais avant qu’il ne puisse l’ouvrir, un son le figea sur place. Des pas. Ils descendaient l’escalier, réguliers, lourds, se rapprochant du couloir. Puis des voix. Deux voix.

— … Je t’ai dit que le transfert devait être fait avant ce soir, disait la première. Une voix grave, calme, familière. Celle de son père.

— Et vous partez quand ? demanda l’autre, plus jeune, plus sèche.

— Ce soir. La base d’Astria a demandé du renfort immédiat. Il semble qu’ils aient perdu le contact avec l’une de leurs sections.

Eiden sentit son cœur battre plus vite. Son père… ici ? À cette heure ?

Il chercha un endroit où se cacher. D’un bond silencieux, il se glissa derrière une rangée de caisses empilées, juste à côté de la table. La lumière vacilla. La porte s’ouvrit doucement. Deux silhouettes entrèrent.

Son père, grand, vêtu de son manteau noir habituel, et un homme qu’Eiden ne connaissait pas, costume sobre, regard froid.

Les deux parlèrent à voix basse en fouillant dans les documents.

Eiden tendit l’oreille, retenant son souffle.

— … je pars pour deux semaines, dit son père. Tu t’occuperas de classer les rapports des essais.

— Très bien, répondit l’autre. Et le dossier du sujet ?

— Celui-ci, fit son père en attrapant la chemise grise

— celle avec le nom d’Eiden. Eiden sentit un frisson parcourir tout son corps.

— Ne le laisse pas traîner. Il doit être transféré au labo central avant mon départ.

— Entendu.

— Et que personne ne mette le nez dedans.

Son père serra le dossier sous son bras, puis attrapa quelques feuilles supplémentaires avant de se diriger vers la sortie.

Eiden retint son souffle jusqu’à ce que leurs pas s’éloignent, lentement, dans le couloir.

Le silence revint. Il resta immobile plusieurs secondes, le regard fixé sur la porte close.

Puis, enfin, il sortit de sa cachette. Ses mains tremblaient.

— … Le labo ? Pourquoi mon nom ? murmura-t-il.

Il fixa la table vide. Le dossier n’était plus là. Et avec lui, peut-être une partie de la vérité qu’il cherchait. Eiden inspira profondément.

Il repensa aux mots de son père : “Je pars pour quelques jours.” Cela voulait dire qu’il ne serait pas là.

Un mince sourire étira ses lèvres.

S’il n’était pas présent, Eiden aurait accès libre aux zones d’entraînement. Les arènes officielles de Noctis Ordo, normalement réservées aux membres confirmés.

— Parfait… souffla-t-il. Sans perdre plus de temps, il quitta la pièce, gravit les marches du sous-sol et sortit discrètement par la porte principale.

Dehors, la nuit tombait déjà sur la ville. Les lumières s’allumaient une à une, et le vent d’automne se faisait plus froid.

Eiden marcha longtemps, sans un mot. Les mots de son père résonnaient encore dans sa tête.

Mais au fond de lui, une idée prenait forme. Le lendemain, il se rendrait à l’arène. Et cette fois, il s’entraînerait seul, sans personne pour l’arrêter.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Eryon_762 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0