Chapitre 6 : Les premiers pas d'une étrangère

12 minutes de lecture

Extrait du journal de bord d’un élève de Paeonia

“Si tu crois que les portes ne font que s’ouvrir et se fermer, détrompe-toi. À l’Académie de Paeonia, certaines discutent entre elles de leurs élèves préférés, et d’autres se moquent de leurs chaussures bruyantes.”

— Bonjour, Mademoiselle Delacroix, dit une voix derrière elle. Elle peut me suivre maintenant, s’il vous plaît.

Rose se retourna avec une lenteur maîtrisée, comme si son corps obéissait avant que son esprit n’ait complètement intégré la situation. Un homme mince, de taille moyenne, se tenait à quelques pas d'elle. Un trousseau de clés pendait à sa main, qu’il faisait distraitement tinter contre sa paume.

— Régis. Intendant de l’Académie, se présenta-t-il d’un ton mesuré. Je suis chargé de votre installation.

Rose acquiesça sans trouver la force de répondre. La décision venait d’être prise sans elle ; le reste suivait avec la même implacable logique.

Elle le suivit finalement, le pas lourd, encore engourdie par ce qui venait de lui être imposé.

L’homme ne tenta pas d’engager la conversation, ce qui lui convenait parfaitement. Rose ressassait en boucle ce que le Conseil venait de décider pour elle. Elle allait devoir rester ici. Pour combien de jours ? De semaines ? Personne ne l’avait précisé.

Elle ne croyait pas un instant à la version officielle. Le Conseil ne la gardait pas pour sa sécurité.

Elle avait toujours été méfiante. Cette petite voix intérieure, familière et insistante, bourdonnait dans sa tête, lui soufflant que quelque chose clochait et qu’elle ferait mieux de ne faire confiance à personne. Et cette fois, la voix criait presque.

Ils sortirent du tunnel et reprirent le même chemin qu’à l’aller pour retraverser le hall d’entrée. Lorsqu’ils franchirent les portes, le soleil la frappa de plein fouet. Rose cligna des yeux, comme si le monde insistait pour lui rappeler qu’il continuait d’exister sans lui demander son avis.

La journée était déjà bien avancée. Ils prirent une rue commerçante bordée d’étals de poissons, de légumes, de vêtements, de livres, de brocante et d’objets hétéroclites. Des odeurs d’épices et d’agrumes flottaient dans l’air, trop vives, presque agressives.

La foule circulait sans leur prêter attention. Rose se laissa guider entre les étals, partagée entre la fascination et un sentiment d’irréalité presque douloureux.

Régis acheta des pains salés garnis pour Rose. Elle en mangea deux en marchant derrière lui. Le gras de la collation apaisa brièvement ses angoisses, mais lui pesa presque aussitôt sur l’estomac.

Finalement, Régis s’arrêta devant une boutique nommée « De fil et d’or, couturière de l’Académie ».

— C’est ici que sont faites les tenues de l’école, expliqua-t-il. Comme vous n’avez pas d’argent, vous bénéficiez d’une bourse accordée par le Conseil.

Une phrase de plus qui lui rappelait sa dépendance.

Ils entrèrent dans la boutique, et Rose se retrouva quelques instants plus tard sous l’œil expert d’une femme aux cheveux gris coupés en carré strict.

— Oh, enfin une tête qui m’est inconnue ! Vous êtes nouvelle à l’Académie ? C’est parfait, continua-t-elle sans attendre la réponse de Rose, nous allons prendre vos mesures. Mettez vos bras le long du corps. Maintenant tenez-vous droite. Relevez la tête, dit-elle à intervalles réguliers tandis qu’elle sortait son mètre. Ne vous cambrez pas !

Rose obéit, se sentant examinée comme un mannequin plutôt que comme une personne.

— C’est bon, dit-elle au bout d’un moment. Ne bougez pas, je n’ai plus qu’à ajuster les pantalons et ce sera bon.

Elle revint quelques minutes plus tard avec une pile de vêtements.

— Voilà, alors vous avez les trois tenues réglementaires. J’ai ajouté à la demande de Régis des pulls, sous-vêtements et chaussettes. Il vous faut également des chaussures, dit-elle en regardant les baskets étriquées de Rose. Attendez… oui, voilà une paire à votre taille !

Une paire de chaussures en cuir atterrit sur le comptoir.

Régis entreprit de régler la vendeuse avec de grosses pièces en bronze que Rose observa comme si elles appartenaient à un autre siècle, puis ils sortirent de la boutique avec leurs paquets.

C’était irréel. Complètement irréel, pensa Rose, les bras chargés de sacs. Elle avait à la fois envie de rire nerveusement et de scruter les alentours, guettant le moment où quelqu’un surgirait pour lui annoncer la supercherie.

Mais personne ne bondit sur eux en criant « poisson d’avril », alors ils reprirent la même allée qu’avait prise Maël la veille et se dirigèrent vers l’immense château.

— C’est ça, l’Académie ? demanda Rose en pointant du menton l’immense domaine.

— Oui, Mademoiselle Delacroix. C’est ici qu’elle va suivre l’enseignement prévu par le Conseil.

— Merveilleux, marmonna Rose. Des cours. Encore.

Elle avait passé une grande partie de sa vie sur les bancs de l’école et pensait en avoir enfin fini avec les cours, et voilà qu’on la replongeait dans un système qu’elle croyait avoir laissé derrière elle.

— En quoi consiste votre poste ? demanda-t-elle à Régis pour s’occuper l’esprit jusqu’au portail d’entrée.

Le silence commençait à peser sévèrement sur son moral.

— Je suis le gardien de l’Académie. Je m’occupe de la gestion du château et de répondre aux demandes des professeurs.

Plus ils approchaient du château, plus Rose sentait son cœur battre la chamade jusque dans ses oreilles. Même si tout cela lui avait paru irréel quelques minutes plus tôt, il devenait évident qu’elle allait devoir entrer dans cette bâtisse.

— Et toutes ces tours, à quoi servent-elles ? continua-t-elle de demander.

Il lui semblait désormais essentiel d’obtenir le maximum d’informations avant d’y pénétrer.

— C’est la partie des internats. C’est l’une d’elles que Mademoiselle occupera ce soir.

— Je suis obligée de dormir ici ? demanda Rose, en pensant à la chambre chez Dalia dans laquelle elle avait dormi la veille.

— Tous les élèves dorment ici… mais ne vous inquiétez pas, ce sera plus agréable que ce que vous pensez et je suis sûr que vous ne verrez même pas le temps passer.

Rien, dans cette phrase, ne la rassura.

Ils franchirent un grand portail en fer forgé, encadré par deux piliers au sommet desquels trônait un grand félin assis. Régis entreprit d’ouvrir le portail et de le refermer à clé derrière Rose, puis ils repartirent en direction du château. Le cliquetis sec du verrou résonna désagréablement dans sa poitrine.

Plus ils approchaient, plus Rose était ébahie par l’immensité du bâtiment et oppressée à l’idée d’y pénétrer. Des élèves vêtus des tenues de l’école traînaient sur la pelouse à côté du château. Ils se retournèrent interloqués sur leur passage en s’interrogeant sur l’élève qui accompagnait Régis. Leur curiosité la mit aussitôt mal à l’aise.

Régis pressa le pas et entra dans le hall qui était bondé d’élèves. Il prit le couloir sur la droite et se dirigea vers une petite salle au fond, frappa trois coups, puis attendit que la porte s’ouvre sur une femme d’une cinquantaine d’années, cheveux attachés, lunettes strictes lui donnant un air sévère et peu engageant.

— Madame Fouquet, je suis désolé de déranger mais j’arrive avec Mademoiselle Delacroix.

— Vous avez bien fait, Régis, dit la femme en ouvrant davantage la porte. Bonjour, Mademoiselle Delacroix… Hum, je vois que vous n’avez pas encore la tenue réglementaire, ajouta-t-elle en l’examinant de haut en bas.

Rose serra ses orteils dans ses chaussures de sport, soudainement consciente de chaque détail de sa tenue.

— Nous venons d’aller chez la couturière, l’excusa Régis.

— Merci, Régis, vous pouvez y aller, répondit la femme. Je suis Madame Fouquet, dit-elle après avoir invité Rose à entrer dans son bureau. Directrice de l’école. Le Conseil m’a avertie de votre venue, bien sûr, ajouta-t-elle en la fixant avec une intensité presque incommodante.

Le bureau de Madame Fouquet regorgeait de livres sur tous les murs, à l’exception d’une cheminée dans un coin de la pièce. D’épais tapis recouvraient les dalles de pierre, tandis qu’un gros bureau était installé perpendiculairement devant la seule fenêtre de la pièce.

— Asseyez-vous, je vous prie, reprit la directrice en contournant le bureau. Nous allons avoir beaucoup de travail à faire ensemble.

— Vous serez mon professeur ? demanda Rose.

— Pas pour le moment. Il m’arrive d’enseigner dans les derniers niveaux, et vous commencerez par le premier.

Magnifique. Sa journée devenait de plus en plus réjouissante.

— Très bien, répondit Rose, en s’efforçant d’adopter un ton posé malgré le chaos intérieur.

— Il est maintenant tard, dit-elle en regardant les aiguilles de sa petite pendule en or posée sur son bureau. Je vais vous montrer votre chambre pour la nuit et je demanderai à Régis de trouver un moyen pour vous faire monter un plateau de nourriture. Vous n’allez pas descendre dans le réfectoire dans cet état.

Rose se demanda si elle parlait de ses habits, de sa peau griffée par le roncier, ou encore de l’expression incrédule qui devait lui coller au visage depuis des heures.

Cela dit, cela l’arrangeait de ne pas avoir à manger dans une salle remplie d’inconnus.

— Prenez vos affaires et suivez-moi.

Rose prit l’ensemble de ses paquets et suivit Madame Fouquet dans les couloirs. Il s’ensuivit un véritable labyrinthe d’escaliers. Rose était sûre de ne jamais pouvoir se repérer dans tous ces couloirs, même au bout de plusieurs années. Durant leur trajet, elles croisèrent de nombreux élèves qui ne se gênaient pas pour la dévisager. Elle garda les yeux fixés sur le dos de la directrice pour ne pas affronter leurs regards.

Jamais elle ne s’était sentie aussi peu à sa place.

Après ce qui lui sembla un dédale interminable de marches, ils arrivèrent enfin devant une porte sans poignée en bois clair. La porte n’avait rien de spécial, à l’exception d’une série de dessins façonnés en relief. Madame Fouquet posa sa main sur la porte et une poignée en bronze en sortit.

— Heureuse de vous revoir, Madame Fouquet, dit la porte en s’ouvrant dans un cliquetis de métal.

Rose en resta ébahie. Son cerveau mit une seconde de trop à accepter l’information. La porte parlait.

Une vraie porte. Qui s’exprimait. Calmement. Comme si c’était normal.

Un rire nerveux faillit lui échapper mais elle le ravala de justesse.

Avant qu’elle ne pût se remettre de sa surprise, elles entrèrent dans le petit hall à l’allure sobre et montèrent encore un escalier étroit.

— Vous êtes dans l’aile ouest, expliqua la directrice. Les élèves y accèdent en dernière année normalement mais, comme vous êtes sous protectorat du Conseil, il a été jugé plus sage de vous faire résider au même endroit que les dernières années. Vous ne suivrez cependant pas les mêmes cours qu’eux, car ils sont plus avancés que vous dans leur étude.

Elles passèrent devant de nombreuses portes. Parfois, quelques têtes curieuses sortaient d’une chambre, aussitôt suivies d’un « Bonjour, Madame Fouquet », auquel la directrice répondait par un simple hochement de tête.

Ils arrivèrent finalement devant la porte portant le numéro 206. Madame Fouquet lui fit signe de passer devant elle.

— Posez votre main sur la porte, lui dit-elle.

Rose s’exécuta avec appréhension. Une poignée en bronze sortit immédiatement du battant.

— Voici votre emploi du temps, annonça la directrice en tendant à Rose un planning. Demandez votre chemin aux autres élèves et soyez ponctuelle. Les professeurs font rarement des concessions pour les retards.

Elle opéra ensuite un demi-tour et repartit.

Rose prit en main la poignée pour la relâcher presque aussitôt en poussant un souffle surpris, comme brûlée à vif. Des inscriptions venaient d’apparaître sur l’anse en bronze : « Bienvenue dans votre chambre, Miss Delacroix. »

Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale. Elle ramassa ses affaires et se décida à franchir le seuil.

Elle fut étonnée de constater qu’elle arrivait dans une chambre plutôt spacieuse, comprenant un grand lit au centre, un petit bureau en bois avec une chaise, un miroir sur le côté droit de la pièce et une armoire à droite de la porte d’entrée. Une porte donnait également sur une petite salle de bain avec tout le nécessaire de toilette.

Elle s’assit sur le lit et contempla l’ensemble. Elle ne s’attendait certainement pas à ça, mais plutôt à un dortoir commun vétuste au possible.

Elle déballa ses affaires pour s’occuper l’esprit, ce qui ne prit pas beaucoup de temps compte tenu du peu d'effets personnels qu’elle possédait, puis s’assit sur le rebord de la fenêtre.

Le parc était baigné de la lumière du soleil qui descendait au loin. On y voyait de minuscules points qui devaient être des élèves rentrant au château, mais le plus beau restait la vue sur la mer au-delà des arbres.

Le décor aurait pu lui sembler idyllique, tout droit sorti d’un conte de fées, si elle ne s’était pas sentie aussi brutalement projetée dans un monde qui n’était pas le sien. Un monde qui n’avait rien demandé et qui ne la voulait peut-être pas.

Vingt minutes plus tard, des coups à la porte la firent sursauter. En ouvrant, elle découvrit une jeune fille souriante aux cheveux blonds et aux yeux bleus immenses, tenant un plateau de nourriture entre ses mains.

— Bonjour, ou plutôt bonsoir, compte tenu de l’heure. Régis m’a demandé de t’apporter ce plateau. Tu as de la chance de pouvoir manger dans ta chambre, dit-elle en regardant par-dessus l’épaule de Rose, comme pour vérifier ce qu’elle aurait déjà pu cacher en quelques minutes.

Elle ne laissa pas Rose lui prendre le plateau des mains et alla le poser elle-même sur le bureau.

— Je m’appelle Jade, reprit-elle en se tournant vers Rose, toujours postée à la porte d’entrée.

— Rose, répondit-elle en comprenant que la jeune fille attendait une réponse. Merci pour le plateau.

— Je t’en prie, répondit Jade dans un grand sourire. En vérité, j’étais impatiente de faire ta connaissance. Quand une nouvelle arrive, j’aime bien savoir à qui j’ai affaire. Tu sais, il y a rarement de nouveaux élèves en cours d’année. C’était un peu l’effervescence quand les gens t’ont vue avec Régis et la directrice. Surtout que tu avais… des vêtements atypiques, finit-elle en jetant un regard gêné aux chaussures de Rose.

Rose baissa les yeux vers sa tenue.

— Oui, on m’a donné d’autres chaussures, dit-elle en désignant une boîte sur son lit.

— Ah, parfait, tu es déjà passée chez la couturière. J’allais te proposer de te prêter une de mes tenues, mais je ne suis pas sûre que nous fassions la même taille.

En effet, Jade était petite et élancée. Rose, au contraire, était de taille moyenne, avec des rondeurs dues aux nombreuses heures passées devant son ordinateur.

— C’est vrai que tu viens du bas monde ? demanda Jade en s’asseyant confortablement sur le lit.

— Le bas monde ? C’est un peu négatif, non ? interrogea Rose.

— Désolée, c’est comme ça qu’est appelé le monde ordinaire, répondit Jade en croisant les jambes.

Rose s’assit à son bureau et s’empara de la cuillère pour se donner contenance. Elle lui expliqua succinctement d’où elle venait et ce qu’il s’était passé depuis son arrivée à Paeonia.

Une fois que Rose eut fini son récit, Jade décroisa ses jambes, en pleine réflexion.

— Je sais peu de choses sur l’autre monde mais je sais qu’il existe des brèches pour traverser. Peu de gens de chez nous souhaitent cependant s’y aventurer…

— J’ai déjà du mal à croire que c’est possible, dit Rose en esquissant un sourire fatigué. Tu peux peut-être m’aider à m’orienter dans un premier temps, ajouta-t-elle en lui tendant son planning de cours.

— Alors voyons un peu ça, dit Jade en se redressant sur le lit. Tu as les cours habituels pour les premières années : initiation aux remèdes anciens, médecine de campagne et improvisation. Tu auras aussi le professeur Levy pour l’histoire des Royaumes, l’histoire des lignées et des alliances. Tout le monde est complètement sous son charme. Tu verras, c’est le genre de professeur qui peut te faire aimer n’importe quelle leçon, ajouta-t-elle dans un clin d’œil. Et être dans ses bonnes grâces peut ouvrir pas mal de portes.

Rose se surprit à sourire à sa nouvelle amie.

— Carte et frontières mouvantes ensuite et… oh, tu as aussi cours avec le professeur Bridoux : sens et silence. C’est un très bon cours. Si tu veux progresser vite, c’est l’un des plus utiles.

Rose ne put s’empêcher d’éprouver un enthousiasme timide, presque malgré elle. La bonne humeur de Jade était contagieuse.

La jeune femme lui souhaita ensuite bonne nuit et quitta sa chambre quelques minutes plus tard.

Rose avala rapidement son repas, des sortes de lasagnes végétariennes, puis un dessert à base de citron et de menthe.

Elle alla ensuite se laver dans la salle de bain, restant un bon moment sous la douche, comme la veille, comme si l’eau pouvait effacer la fatigue, la peur et l’irréalité de la journée.

Cela faisait beaucoup à encaisser en quelques heures et quelques larmes s’échappèrent.

Elle se trouva étrangement démunie en revenant dans sa chambre. Il n’y avait rien à elle ici, aucun objet familier. Sa chambre était impersonnelle, presque trop nette, comme une chambre d’hôtel.

Elle allait devoir faire avec, se dit-elle en se couchant finalement dans le lit et en serrant fort ses couvertures sur son ventre noué.

Demain serait une autre journée. Si on l’avait forcée à rester, alors elle comptait bien comprendre pourquoi.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire M. LT ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0