Chapitre 23 : Sous les branches de l’ancêtre

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— Extrait des Chroniques d’Erynor, Livre I : De l’Origine des Royaumes

« Sur les terres d’Erynor, hommes, animaux et esprits se disputèrent autrefois la domination.

Les hommes étaient les plus nombreux.
Les animaux, les plus vifs.
Les esprits étaient peu nombreux mais les plus rusés.

La guerre menaçait d’engloutir la terre.

Alors un pacte fut scellé.

Cinq Royaumes furent tracés, chacun confié à un Protecteur.

Les esprits prirent l’enveloppe d’un animal pour marcher parmi les vivants.

Ils se lièrent à un humain afin de guider ses choix,
car le pouvoir, laissé seul, oublie vite l’équilibre.

Ainsi naquirent les Protecteurs. »



Elle atteignit les abords de la ville le lendemain, mais décida pourtant de passer une dernière nuit dans la forêt. Mieux valait ne pas franchir les remparts à la faveur de l’obscurité et attirer l’attention des gardes.

Malgré les protestations de son dos, de sa jambe et de sa tête, elle se hissa à la force des bras dans un pin et trouva une branche assez épaisse pour soutenir son poids jusqu’à l’aube.

De là-haut, elle distinguait les lumières de la ville, éparpillées comme une nuée de lucioles. Nimur semblait presque paisible, presque accueillante.

Son ventre gronda. Elle était épuisée.

Dans quelques heures, se promit-elle, elle trouverait de la nourriture. Peut-être même un endroit sûr où dormir.

Elle se demanda une dernière fois si elle avait pris la bonne décision en quittant Paeonia. Mais il était trop tard pour reculer.

Faire demi-tour, c’était s’offrir d’elle-même aux cellules de la maison de garde.

Le lendemain, elle défit une dernière fois les lianes qui l’entravaient et se prépara, partagée entre excitation et appréhension, à entrer dans Nimur.

Elle glissa le gros matou dans son sac afin de ne pas attirer l’attention, puis emprunta la route principale menant aux portes de la ville.

Deux gardes se tenaient de part et d’autre de l’entrée, sous l’arche massive de pierre qui formait la muraille. Rose se força à garder les yeux fixés droit devant elle et ralentit légèrement le pas en se rapprochant de la roulotte d’un marchand pour se fondre parmi les passants.

Son cœur battait jusque dans ses tempes.

Les gardes ne lui accordèrent pas un regard.

Elle était entrée.

Nimur était bien différente de la Cité de Paeonia. Tout y semblait plus petit, plus serré, comme si les maisons s’étaient construites les unes contre les autres, faute d’espace. Les rues étaient étroites, sinueuses, et les façades mal entretenues.

Des enfants jouaient pieds nus dans la poussière, vêtus d’habits rapiécés. Des marchands alignaient leurs victuailles sur des étals de bois brut.

L’odeur du pain chaud, des fruits mûrs et des épices lui monta au nez.

Son ventre se contracta violemment.

Elle n’avait pas un sou.

— Quelque chose vous ferait plaisir ? lança un commerçant en lui désignant une corbeille de fruits.

— Non merci, répondit-elle en pressant le pas.

Elle se fraya un chemin à travers la foule en tâchant de ne pas attirer l’attention.

Lorsqu’elle atteignit le cœur de la ville, son souffle se suspendit.

C’était ici.

Un chêne gigantesque se dressait au centre de la place, le plus imposant qu’elle eût jamais contemplé. Son tronc était si large qu’il aurait fallu plusieurs hommes pour en faire le tour. Son écorce sombre, creusée de sillons profonds, semblait marquée par des siècles d’existence.

Ses branches s’élevaient haut dans le ciel, étendant une voûte verte au-dessus de la ville comme une protection silencieuse.

Les habitations formaient autour de lui des cercles concentriques, comme si la cité entière avait poussé à partir de ses racines.

On ne l’avait pas simplement laissé là.
On avait construit autour de lui.

— C’est beau, n’est-ce pas ? s’enquit une voix à sa droite.

Un aubergiste essuyait les tables de sa terrasse en observant l’intérêt de Rose.

— C’est… impressionnant, répondit-elle, incapable de détacher les yeux de l’arbre.

— J’ai beau vivre ici depuis toujours, je mesure ma chance chaque jour de le voir, reprit l’homme en passant son chiffon sur un banc. Voulez-vous vous restaurer à l’intérieur ? On sert la meilleure bière de la ville… et un excellent ragoût au vin.

— Non merci, répondit Rose.

Pourtant, la faim lui tordait l’estomac.

— En réalité… je n’ai pas d’argent, avoua-t-elle finalement, choisissant l’honnêteté.

L’homme la détailla attentivement, des pieds à la tête.

Rose se demanda à quoi elle devait ressembler après ces jours passés à dormir dehors, sans autre toilette que l’eau froide d’une rivière. Ses cheveux devaient être emmêlés, son visage tiré.

Elle portait pourtant les vêtements que la mère de Maël lui avait donnés et qu’elle n’avait jamais rendus. Elle les avait emportés exprès pour se fondre dans le décor.

— Si vous cherchez un endroit où dormir et un peu de pain, allez aux écuries, dit alors l’homme. Dites-leur que vous venez de la part de Gary, l’aubergiste. Ils prennent toujours des jeunes pour les aider. Le travail est rude… mais c’est mieux que rien.

— Merci pour le conseil, répondit Rose en baissant légèrement les yeux.

Elle s’éloigna pour le laisser reprendre son ouvrage.

Elle n’avait aucun plan.

Seulement cette énigme.

« Là où les pierres tiennent,
Aux racines du chêne ancien,
Coule le sang de la vigne.
Rejoins la terre
Où tu as vu le jour.
Il est temps de revendiquer ton nom.

X — L’Ascendre. »

Elle était au bon endroit.
Mais cela ne changeait rien.

L’énigme restait obscure.

La faim et l’épuisement prenaient le dessus ; ses pensées se brouillaient. Elle n’arrivait plus à réfléchir correctement.

Dans son sac, le chat s’agita. Elle posa une main contre la toile pour l’apaiser.

Elle demeura quelques instants au pied du chêne, hésitant. Devait-elle accomplir un geste précis ? Prononcer un mot ? Attendre un signe ?

Rien ne se passait quand elle essayait.

Après avoir erré plusieurs heures dans la ville, elle finit par suivre le conseil de l’aubergiste.

Elle n’avait pas de plan. Et elle mourrait de faim.

Elle rebroussa chemin vers les portes et se rendit aux écuries.

Un garçon plus jeune qu’elle balayait l’allée centrale menant aux boxes. À part lui et les chevaux, l’endroit semblait désert. Une odeur épaisse de paille humide et de crottin stagnait dans l’air.

— À qui dois-je m’adresser pour travailler ici ? demanda Rose.

Le garçon la dévisagea brièvement, curieux mais sans hostilité.

— Dans le bureau, au fond à droite. C’est M’sieur Bagnet qui s’occupe des embauches.

Elle suivit ses indications et frappa à la porte indiquée.

L’air y était lourd, chargé de poussière. Le bureau étroit débordait d’objets : piles de papiers instables, outils usés, harnais abîmés suspendus aux murs. Tout semblait à la fois encombré et organisé selon une logique qui n’appartenait qu’à son propriétaire.

— Vous êtes ? demanda l’homme, assis derrière son bureau, sans lever les yeux de son registre.

— Je cherche du travail, répondit Rose avec une assurance qu’elle ne ressentait pas.

L’homme releva enfin la tête et l’examina longuement, d’un regard évaluateur qui la mit mal à l’aise.

— Vous n’avez pas l’air bien robuste pour vous occuper de mes bêtes, commenta-t-il.

— Embauchez-moi et je vous prouverai le contraire, répliqua-t-elle avec plus de hardiesse qu’elle ne s’en savait capable. Je viens de la part de Gary, l’aubergiste.

Le nom sembla produire son effet. L’homme resta silencieux quelques secondes, puis soupira.

— J’ai besoin de renfort. Le petit Mike est volontaire, mais il ne peut pas assumer toutes les tâches quand l’écurie est pleine.

Il plissa les yeux.

— Vous connaissez les chevaux ?

— Bien sûr, mentit Rose sans hésiter.

Après tout, elle savait s’occuper d’un chat. Elle avait monté à cheval quelques fois. Certes, un cheval était infiniment plus imposant qu’un matou… mais le principe devait rester le même.

Et elle avait faim.

C’est ce qu’elle se répétait en vidant un énième box.

La fourche lui avait ouvert la peau des paumes ; des cloques s’étaient formées, certaines déjà éclatées. Ses avant-bras tremblaient à force de soulever, jeter, recommencer.

Elle avait cru défaillir plus d’une fois. Sa vision s’était brouillée, ses jambes avaient vacillé.

Mais elle continuait.

Mike lui avait assuré qu’elle prendrait le pli en une semaine, que ses mains durciraient, que la douleur deviendrait supportable.

Rose ne se plaignit pas. Elle travailla sans ralentir, s’acharnant comme si chaque pelletée de paille et de crottin pouvait la rapprocher d’un avenir plus stable.

En fin de journée, Monsieur Bagnet vint inspecter les boxes.

Il hocha la tête.

— C’est du bon travail. Vous êtes plus solide que vous en avez l’air… et que bien d’autres passés par ici.

— Merci, répondit Rose, le souffle encore court.

— Vous avez où dormir ?

Elle baissa les yeux et secoua la tête.

— J’m’en doutais. Une fille avec un sac qui accepte un boulot pareil sans discuter, ça court pas les rues.

Il désigna l’arrière du bâtiment.

— Vous pouvez dormir dans la grange. C’est sommaire, mais vous serez à l’abri. En échange, vous ferez les nuits quand un cavalier arrive tard. Ça paiera votre couchage.

— Merci, monsieur.

Il repartit en grommelant, mais Rose crut discerner dans sa voix quelque chose qui ressemblait à de la bienveillance.

Mike s’approcha une fois l’homme parti.

— C’est vrai, tu bosses bien, dit-il en jetant un coup d’œil aux boxes impeccables. M’sieur Bagnet râle beaucoup, mais il est réglo.

— Ça fait longtemps que tu es ici ? demanda Rose en chargeant une nouvelle brouette.

— Quelques mois. Mes parents disent que c’est un bon travail. Et puis… ça aide à la maison.

Rose opina en silence, songeant aux enfants désœuvrés qu’elle avait vus errer dans les rues.

Le soir même, de nouveaux chevaux arrivèrent. Mike ne sembla pas surpris par ces pensionnaires tardifs.

— Beaucoup d’hommes s’arrêtent ici pour les auberges et les tanières, expliqua-t-il. Nous, on veille sur leurs montures.

Tout se déroula comme il l’avait dit. Les cavaliers confiaient leurs équidés puis disparaissaient vers les lumières de la ville. Ils reviendraient à l’aube, l’allure moins assurée, l’haleine chargée.

Les jours suivants se ressemblèrent.

Rose travaillait, mangeait, dormait. Elle n’avait toujours aucun plan, mais l’effort physique apaisait le tumulte de ses pensées. L’écurie, avec son odeur de foin et son rythme régulier, répondait à son besoin de silence.

Les chevaux l’apaisaient. Elle apprenait à reconnaître leurs humeurs, à calmer les plus nerveux d’une main posée sur l’encolure.

Le soir, elle s’installait dans la grange. Son lit de paille lui semblait presque confortable comparé aux branches qui l’avaient portée les nuits précédentes. Elle s’endormait vite, sans rêves.

Elle parvenait parfois à se laver dans la grande bassine près de l’espace réservé aux chevaux. Elle attendait d’être certaine qu’aucun cavalier n’arriverait à l’improviste avant de se glisser dans l’eau froide, frissonnante mais reconnaissante.

Le gros matou, lui aussi, avait adopté les lieux. Libéré de son sac, il régnait sur la grange, chassant les souris et inspectant les boxes avec une dignité souveraine, du moins lorsque Monsieur Bagnet n’était pas dans les parages. Certains chevaux l’ignoraient ; d’autres lui montraient les dents. Cela ne semblait pas l’impressionner.

Mike se révéla être un collègue agréable. Peu bavard, jamais indiscret, il répondait sans difficulté aux questions de Rose sur la ville.

Elle, en revanche, choisissait soigneusement ses mots. Elle devait paraître étrangère à Nimur - rien de plus. Il ne fallait surtout pas qu’il devine qu’elle était étrangère à bien davantage que cela.

Au bout de quelque temps, après avoir mis de côté quelques pièces, Rose décida de profiter de sa soirée de repos pour s’offrir un repas chaud.

Grâce à son travail, elle avait pu acheter un peu de fromage et quelques fruits, mais elle se lassait de ce régime frugal.

Le premier soir, affamée et sans salaire, elle avait même grignoté un morceau de pain rassis destiné aux chevaux.

Elle aspirait désormais à un véritable repas.

— Tu peux aller à l’auberge Au Goût d’Autrefois, lui conseilla Mike lorsqu’elle lui demanda où manger. On y fait des plats copieux… et il y a toujours un peu d’animation.

Rose le remercia et prit la direction de l’établissement.

L’auberge était bondée. Le brouhaha des conversations, les éclats de rire et le choc des chopes contre les tables lui semblèrent presque agressifs après le calme des écuries.

Personne ne fit attention à elle lorsqu’elle entra, ce qui lui convenait parfaitement.

Elle demanda s’il restait une table, mais on lui répondit que tout était complet. Elle pourrait repasser plus tard dans la soirée.

L’attente lui parut insupportable.

Elle rebroussa chemin vers la grande place dominée par l’Être et entra dans l’auberge de Gary, l’homme qui l’avait orientée vers les écuries.

Il se tenait derrière le comptoir et la reconnut après un bref instant d’hésitation.

— Bien sûr, installez-vous, lui dit-il.

Il la guida vers une table à l’écart, dans un recoin de la salle.

L’ambiance y était plus contenue que dans l’autre établissement, mais tout aussi animée.

La plupart des tables étaient occupées par des groupes d’hommes, bien que quelques familles fussent également présentes - détail qui rassura Rose sans qu’elle sache vraiment pourquoi.

Une serveuse déposa devant elle un plat mijoté, du pain encore tiède et une carafe de vin.

L’odeur seule faillit la faire vaciller.

Elle mangea avec empressement, savourant chaque bouchée. Les épices lui semblaient plus vives, la chaleur du ragoût plus réconfortante qu’elle ne se souvenait.

La satiété, oubliée depuis des jours, se diffusa lentement en elle.

On oubliait trop vite le confort d’une vie ordinaire.

— Apparemment, ils cherchent quelqu’un, lança un homme derrière elle. Une femme.

— On cherche tous une femme, ricana son voisin.

Un éclat de rire gras lui répondit.

— Ils font le tour de la ville, reprit le premier sans se laisser distraire. Ils veulent la retrouver avant qu’elle ne disparaisse.

Rose continua de manger. Lentement.

— Elle ressemble à quoi ?

— Châtain, cheveux longs. Yeux verts. Taille moyenne. Rien de spécial.

Le morceau de pain resta suspendu entre la table et sa bouche.

— Ils disent qu’elle serait liée aux rebelles. Qu’elle essaierait de les rejoindre.

Une chaise racla le sol. Quelqu’un se pencha en avant.

— Mais ce n’est pas ça le plus intéressant.

Le silence se fit autour de la table des hommes.

— Ils ont promis une belle récompense pour quiconque la ramènera.

Cette fois, la main de Rose trembla. Le pain glissa presque de ses doigts.

Elle fixa son assiette. Respire.

À quoi s’attendait-elle ?

Bien sûr que le Conseil ne resterait pas les bras croisés pendant qu’elle tentait de rejoindre les rebelles.

Une récompense.

Elle venait de passer, en une phrase, de fugitive à prime.

Même si elle commençait à gagner quelques pièces, elle était loin de pouvoir s’offrir un cheval. Et quand bien même en aurait-elle eu les moyens… vers où serait-elle partie ?

Le Royaume Delacroix ?

Pour chercher qui ?

Elle n’avait aucune piste. Aucun nom.

Les rebelles et leurs énigmes.

Elle sauça son assiette avec brusquerie, se lécha le pouce sans élégance.

Pourquoi ne pas écrire simplement : « Rends-toi derrière la tapisserie de la conciergerie, marche des heures sous terre jusqu’à ressembler à un phacochère, puis meurs de faim à Nimur » ?

Au moins, elle aurait su à quoi s’en tenir.

Elle était retournée plusieurs fois sous le grand chêne.

Elle avait attendu.
Touché l’écorce.
Fait le tour dans un sens, puis dans l’autre.
Grimpé dans ses branches.
Murmuré son nom.

Rien.

Même entailler son bras pour laisser couler quelques gouttes de sang au pied des racines n’avait provoqué la moindre réaction.

Rien.

Elle garda les yeux fixés sur son assiette.

Elle ne regarda pas les hommes une seule fois.

Une femme seule attire déjà les regards.

Une femme seule correspondant parfaitement à une description assortie d’une récompense attire bien pire.

Elle ne s’attarda pas.

Elle paya, remercia brièvement l’aubergiste et quitta l’établissement sans se retourner.

Dehors, l’air lui sembla plus froid.

Elle remonta la rue d’un pas rapide, consciente de chaque bruit derrière elle.

Trop exposée.

Elle changea brusquement de direction et s’engagea dans une ruelle plus sombre, moins fréquentée.

Un passage étroit qu’elle avait repéré lors de ses sorties nocturnes.

Elle ralentit. Écouta.

— Où est-elle passée ?

La voix venait de loin… mais se rapprochait.

Rose se plaqua contre une porte cochère, retenant son souffle.

Si les hommes connaissaient ce passage, elle était prise au piège.

— Tu crois que c’était elle, Barny ?

— À ton avis ? grogna une voix sèche. Une fille qui correspond à la description des soldats de Paeonia. Qui mange seule. Qui part dès qu’on parle d’elle.

Un silence.

— Dépêchez-vous.

Les pas finirent par s’éloigner.

Rose attendit encore quelques secondes avant d’oser inspirer pleinement.

Idiote.

Elle aurait dû se méfier. Elle aurait dû prévoir la récompense.

Cette fois, elle rejoignit l’écurie en empruntant une rue plus animée, se mêlant volontairement à la foule plutôt que de chercher l’ombre.

Quand elle poussa la porte de la grange, le gros matou vint aussitôt se frotter contre ses jambes, ronronnant comme si rien au monde ne pouvait l’atteindre.

Elle s’accroupit et enfouit un instant son visage dans son pelage.

Puis une idée s’imposa.

Elle se releva, alla chercher les ciseaux servant à tailler les crinières et s’installa devant le petit miroir terni de la sellerie.

Son reflet la fixa quelques secondes.

Des cheveux longs. Des yeux verts. Taille moyenne.

Rien de spécial.

Elle leva les ciseaux.

La première mèche tomba lourdement sur le sol.

Elle coupa jusqu’aux épaules, maladroite mais déterminée. Puis elle effila les mèches autour de son visage, modifiant les contours qu’on venait de décrire si facilement.

Des cheveux plus courts.

Mais les mêmes yeux.

Elle observa son reflet.

Ce ne serait pas suffisant.

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