Chapitre 38

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Cette nuit-là, Taeliya fut assez agitée.

Les dernières péripéties l’avaient pas mal chamboulée. Mais dans les bras de son fiancé elle pouvait se rassurer.

Fiancé…

Rien que ce mot la faisait frissonner jusqu’à la pointe de ses cheveux. Son cœur battait à tout rompre quand elle repensait à cette demande en mariage peu commune qu’elle avait fait en pleins milieu du restaurant, entourée de tous ceux qu’elle aimait et du staff qu’elle affectionnait dans un lieu qu’elle appréciait tout particulièrement.

Fiancée…

Elle avait enfin osé se lancer dans une nouvelle aventure mais dont elle avait la certitude qu’elle serait toujours protégée. Cependant, beaucoup d’inquiétudes subsistaient :

Arriveraient-ils à s’entendre une fois mariés ? Où vivraient-ils ? Que se passera-t-il quand Noah devra partir en mission ? Et si…

Respire Taeliya, se dit-elle. Rien n’est fait encore. Vous n’êtes que fiancés et ça fait presque deux ans que vous êtes ensemble. Si vraiment il y avait des soucis ça ferait longtemps que ça serait réglé.

Elle cherchait à apaiser sa peur pour ne pas gâcher son moment, mais comment faire quand toute sa vie a été rythmée par la pression et cette peur de l’abandon ? La perte de contrôle la rendait folle mais que pouvait-elle y faire ? Noah savait comment garder la main sur la situation, mais pas elle. Heureusement que l’homme endormit contre elle n’avait pas eu à réfléchir à tout ça. Il était déjà en train d’imaginer comment transformer l’une des chambres de la maison pour leur futur enfant, ainsi que les plans pour le complexe de maisons de ses compagnons ainsi qu’un futur QG. Tout était déjà en train de faire son petit chemin dans son esprit tandis que sa belle se torturait le sien.

Quand Taeliya se réveilla soudainement en pleine nuit. Le cœur battant trop vite, de la sueur couvrant son front et glissant dans sa nuque. Elle se leva pour descendre se servir un verre d’eau. Toutes ces questions lui avaient donné tellement le tournis qu’elle n’avait pas réussi à dormir. Elle jeta un coup d’œil à l’horloge dans la cuisine : 6h47.

— Tout va bien ?

— Désolée. Je t’ai réveillé ?

— Non, je réfléchissais à beaucoup de choses.

— Moi aussi, lui confia-t-elle. Je crois que la journée d’hier m’a perturbé plus que je ne l’aurai pensé.

— Tu veux en parler ?

Il la vit se coller à l’évier, son verre dans la main, le regard perdu.

— Noah ?

— Hm ?

— Est-ce que tu as déjà réfléchis à ce qui se passera quand on sera marié ?

Surpris, il la regarda.

— C’est ça qui t’inquiète Princesse ?

— Oui. J’ai peur que, une fois mariés, on ne soit plus autant connecté qu’avant… dit-elle sans oser le regarder. Est-ce qu’on restera vivre au manoir ? Si on a des enfants, où irons-nous vivre ? Quand tu partiras en mission, parce que je sais que tu vas continuer à le faire, qu’est-ce qui se passera ?

Noah se posta face à elle, lui prit les épaules et la força à le regarder dans les yeux.

— Écoute-moi bien mon Ange. J’ai acheté cette maison à ton père dans l’optique d’y créer notre famille, avoua-t-il.

— Tu as quoi ?

— Me fais pas répéter, tu m’as bien entendu. Ton père a accepté de me la vendre parce que je sais que tu l’aimes beaucoup et que nous serions de trop au manoir. J’ai aussi envie d’offrir aux gars un endroit au calme mais proche de nous.

— Qu’est-ce que tu entends par là ? l’interrogea la belle, encore plus intriguée.

— J’ai pas acheté que la maison à ton père. La parcelle de forêt environnante aussi, déclara-t-il. Je compte faire construire des maisons pour les gars et un QG. Mais rassure-toi, je reste sous les ordres de ton père. Je ne vais pas le quitter pour fonder un autre clan ailleurs. Je veux juste nous offrir l'opportunité d’être loin de tout ce qui pourrait être dangereux pour toi. Tu iras au manoir quand je serais en mission. Quand on aura un enfant, tu irais souvent avec lui ou elle chez ton père, tout comme ils peuvent tous venir ici. Tu es pas si loin que ça du manoir ni de la galerie que tu veux ouvrir.

Il avait réfléchi à tout, tandis qu’elle s’était pourrie l’esprit pour rien.

Taeliya posa son verre dans l’évier, entoura la nuque de son homme et l’attira à elle pour l’embrasser.

— Merci Noah.

— Je veux pouvoir t’offrir une vie sécurisée et aussi paisible que possible. Je t’aime Princesse, et ce sentiment est à la fois puissant et fragile. Mon projet de vie a changé depuis que tu es entrée dans ma vie. Tout ce que je veux c’est t’offrir ce qui te rends heureuse et te voir sourire tous les jours.

Taeliya ne s’était clairement pas attendue à ce genre de déclaration, surtout venant de lui. Elle était abasourdie mais heureuse de voir ses craintes disparaître. Il avait déjà tout planifié jusqu’au bébé et au « après ».

Il lui exposa ses idées et ce qu’il avait entrepris. Le chantier des maisons avait commencé, mais le QG prendrait son temps. Taeliya comprit que Noah avait commencé les travaux il y a un sacré moment, car il lui annonça que les maisons des démons seraient bientôt prêtes et qu’il l’autorisait à les décorer. Il savait ce qu’elle voulait et ce qui pourrait l’attrister. Noah avait tout pensé, ou presque, mais le principal était là.

— Merci.

— Me remercie pas Princesse. On est une équipe, on doit se dire les choses et s’entraider.

— La brebis qui fait équipe avec le grand méchant loup, pouffa la jeune femme.

— Vois ça comme tu veux mon Ange, dit-il en replaçant une mèche derrière son oreille.

Taeliya se mit à bailler. Sans effort, il la souleva pour la ramener au lit et tous les deux se rendormir.

[…]

Taeliya se réveilla vers 10 h, s’étirant dans son lit, vide.

Du bruit au rez-de-chaussée lui apprit que son compagnon s’affairait déjà en bas. Elle sortie du lit, enfila ses chaussons puis descendit le rejoindre dans la cuisine.

Elle s’approcha à pas de loup pour se coller à son dos, les bras autour de sa taille.

— Bonjour mon Ange, comment tu te sens ?

— Mieux, mais tu aurais dû me réveiller. Tu es debout depuis longtemps ?

— J’ai dormi, rassure-toi. Mais t’étais tellement belle que j’ai pas voulu te réveiller. J’avais des choses à voir pour les travaux.

— Ils en sont où ? lui demanda-t-elle toute sourire.

— Presque fini. Si tu veux, après avoir déjeuné on ira voir pour que tu puisses faire la liste des décos et des meubles à acheter.

— C’est toi qui payes tout ?! s’étrangla la jeune femme.

— J’ai assez d’argent pour nous offrir une île et y créer une ville, lui dit-il.

Taeliya sourit à l’image mais s’interrogea sur la fortune de l’Oni et des démons. Elle n’avait pas à rougir non plus, avec tout ce qu’elle avait pu expertiser et ce qu’elle avait mis de côté. Elle pouvait se mettre à l’aise pour de bonnes années. Maintenant que Noah s’apprêtait à créer un petit village, Taeliya commençait à se poser la question sur les finances de son fiancé.

Mais elle refusa de continuer à investiguer. Noah était plus vieux et avait dû gagner très vite sa vie pour éviter de mourir dans la rue. Stein lui avait livré quelques anecdotes sur la vie de son compagnon. Noah ne s’était jamais épanché dessus, même s’il lui avait donné quelques détails également.

— À quoi tu penses ma belle ?

— Au fait qu’on avait jamais vraiment parlé de tes finances.

— Et c’est un détail qui t’intéresse ou c’est juste que tu as eu une légère curiosité passagère ? demanda-t-il en souriant.

La jeune femme s’écarta pour se glisser sur la chaise de cuisine.

— Juste que tu dépenses beaucoup d’un coup et je me suis dit que je n’avais aucune idée de ce que tu avais comme économie.

— Ma petite croqueuse de diamants, pouffa-t-il.

— Tu sais bien que en ce qui concerne notre vie commune tu seras pas le seul à payer ? l’averti
t-elle.

— Bien sûr Madame Stigas, mais tu sais aussi que je suis un homme qui n’en fait qu’à sa tête.

— Heureusement que je le sais, Monsieur Stigas !

Il la fit basculer en arrière pour butiner ses lèvres et leur matinée se passa dans le calme.

Ils allèrent visiter les chantiers presque finis des maisons ainsi que du complexe qui leur servirait de QG.

Taeliya avait pu se faire une idée de ce qu’elle voudrait y faire. Avec l’aide de Noah, elle put établir une liste et partir au village vers 14 h. Ils retrouvèrent le petit restaurant qu’ils avaient beaucoup aimé quelques mois plus tôt.

— Oh mais voyez qui nous revient ! s’exclama le vieil homme qui les accueillis avec chaleur.

— Bonjour, ça fait plaisir de vous revoir, dit Taeliya en le saluant.

— Chérie ! Viens voir qui est de retour !

— Si c’est ton fils sache que je vais lui botter les fesses ! s’exclama sa femme en arrivant de derrière son comptoir. Oh mon dieu !

— Je ne sais pas si je ressemble à votre fils, mais en tout cas je vais peut-être esquiver le bottage de cul, ironisa Noah.

— Oh vous alors ! pouffa la femme en lui tapant le bras. Que ça fait plaisir de vous revoir jeunes gens !

— Qu’est-ce qui vous amène par ici ? leur demanda le mari en serrant la main de Noah.

Taeliya leur annonça :

— Nous nous installons dans le coin.

— Nous allons nous marier, compléta Noah tout fier.

Le vieux couple se figea. Leurs regards se mirent soudain à pétiller. Ils vinrent les prendre dans leurs bras pour les féliciter.

— Mon dieu ! Mais quelle heureuse nouvelle ! fit la femme en tamponnant ses joues.

— Oh ne pleurez pas ! s’écria Taeliya touchée.

— Vous apportez une si bonne nouvelle, comment ne pas pleurer de joie ? Se justifia la femme.

Taeliya sourit, puis son regard fut attiré par un cadre qui lui semblait familier.

— Oh vous l’avez reçu ?

— Oui et il fait sensation !

— Vous êtes très talentueuse jeune fille, la félicita le vieil homme. Vous avez su récréer notre restaurant dans toute son authenticité.

— Je voulais lui rendre honneur et il m’a beaucoup inspiré.

— Au fait, j’y pense ! s’écria la femme soudainement. Vous nous aviez dit être en étude d’art, n’est-ce pas ?

— Je suis officiellement diplômée ! annonça-t-elle fièrement.

— Oh toutes nos félicitations ! s’écria le couple en chœur.

— Que de bonnes nouvelles ! Allez, venez je vais vous installer à votre table, dit le vieil homme tout content. Aujourd’hui, pour toutes ces merveilleuses nouvelles, c’est pour nous !

— Oh, non ! refusa Taeliya les yeux écarquillés.

— Tss, tss, pas de ça avec nous ma chère, c’est non négociable.

— J’ai bien peur que l’on soit obligé de se plier aux ordres ma belle, sourit son compagnon le regard moqueur.

— Mais…

— Laisse-les te faire ce plaisir, ne va pas le leur refuser.

— Votre fiancé à raison ma belle, fit la femme.

Taeliya s’installa et dû se résoudre à les laisser faire. La joie qu’ils transpiraient était plaisante à voir.

— On devrait inviter papa et les autres ici ! S’exclama Taeliya.

— Tu les vois venir sans faire fuir les clients pour un repas « détendu » ?

— Pourquoi pas ?

— Mouais, j’ai un doute… souffla son compagnon en se laissant aller contre le dossier.

— On va habiter juste à côté. Autant que l’on se familiarise avec les lieux et que le clan connaisse notre environnement.

Noah se surprit à être un peu inquiet quant à la rencontre entre les villageois et le clan de mafieux, mais Taeliya marquait un gros point : ils allaient vivre ici et rien n’était moins sûr pour eux. Ils devaient mettre le village sous surveillance pour les maintenir en sécurité, tout comme garder leur intégrité. Il sortit alors son téléphone et appela le Boss.

Après quelques minutes de conversation, les deux hommes raccrochèrent.

— Qu’est-ce qu’il ce passe ? demanda Sonia alors que Stein venait de reposer son téléphone sur son bureau.

— Taeliya et Noah veulent qu’on rende une visite au village pour habituer les habitants à notre présence et pour y installer des sécurités. Ma tendre fille est inquiète pour la sécurité de tout le monde.

— C’est un cœur en or, tout comme l’était Maria, dit la mafieuse.

— Elle tient beaucoup d’elle, effectivement, sourit le chef du clan.

— Il a déjà tout prévu pour ses démons et la Princesse, autant répondre à l’invitation, reprit Joe qui relisait plusieurs dossiers médicaux.

— J’y compte bien, elle m’a beaucoup parlé du vieux couple qui tiens un petit restaurant dans le village, répondit Stein.

— Autant faire bonne impression alors.

Les mafieux pouffèrent mais la perspective de devoir se rendre dans ce petit village les inquiétaient plus qu’autre chose. Pourquoi ? Le souvenir d’un enlèvement de Maria dans un endroit similaire alors qu’elle était enceinte de la jeune femme, était encore beaucoup trop présent dans leurs esprits. Le village s’était entièrement ligué pour faire du mal à la jeune future maman et elle avait failli perdre Taeliya en cours de route. Stein n’avait pas cru bon de faire surveiller le village à cette époque et l’avait amèrement regretté, il l’avait même rasé et les familles présentes étaient à présent toutes mortes. Il s’était assuré de tous les faire disparaître jusqu’au dernier, lui laissant alors la chance de ne plus à avoir à subir ce genre de soucis. De plus, après cet incident, il avait décidé d’enfermer Maria au manoir pour sa sécurité.
Noah connaissait l’histoire, était-ce d’ailleurs pour ça qu’il avait semblé si hésitant quant à l’invitation de la jeune femme ? Sûrement, mais Stein savait d’avance qu’il ferait tout pour mettre un poste de surveillance et que le village entier serait mis sur écoute.

L’Oni était bien plus violent et surprotecteur qu’il ne pouvait l’être lui-même, ce qui l’avait conforté dans l’idée de lui céder sa fille, mais était-il serein pour autant ? Sûrement pas… Et c’était bien là tout le problème.
Vois sa fille unique qui avait déjà beaucoup trop souffert de la vie, partir loin de lui, même si ce n’était pas si loin que ça, pour fonder une famille avec le pire tueur sanguinaire qui lui ait été donné de connaître, au sein d’un groupe tout aussi dangereux, au bord d’un village qui pouvait à tout instant répéter la même tragédie…

Je me fais vieux… soupira-t-il en son for intérieur.

Beaucoup trop de questions lui parasitaient l’esprit au point qu’une légère migraine vienne s’ajouter à ses lourdes réflexions.

— Tu devrais lever le pas, proposa Alya qui l’observait depuis l’appelle de l’Oni dont elle ne connaissait toujours pas le nom. Tu as l’air épuisé.

— Je le suis, mais je dois encore finir ces dossiers.

— Si ça concerne Taeliya…

— Entre autre, mais aussi cette famille que l'on doit reloger.

— Tu n'avais d'ailleurs pas rendez-vous avec eux ?

— SI ! Mais j’ai déjà dit à Juan de s’en occuper.

— Les pauvres. Devoir traiter avec lui, gloussa Sonia.

Curieuse Alya se tourna vers son amie et l'interrogea du regard.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Juan est un civil, lui expliqua Joe. Bien qu’il ait un passé assez… compliqué, il n’a jamais fait partie du clan.

— Pourtant, c’est l’être le plus intraitable que je connaisse ! renchérit sa femme en souriant. S’ils essayent de la lui faire à l’envers, ils vont pas être déçus du voyage.

— Kim et Juan sont des secrétaires très efficaces et d'aussi loin que je me rappelle, ils n'ont pas besoin de se battre pour mettre tout le monde en panique.

— Je me rappelle de leur première rencontre durant un recrutement, explosa la mafieuse. Quand ils sont entrés dans la salle, ils ne se connaissaient pas du tout, mais tout le monde pouvait assurément dire qu’ils étaient aussi sauvages l’un que l’autre.

— Ils ont une aura similaire, les mettre dans la même pièce c’est s'assurer d’une mort par congélation, ironisa Stein.

— Oh je vois… fit la coiffeuse quelque peu inquiète. Je ferai attention dans ce cas à ne pas les contrarier l'un comme l'autre.

— Rassure-toi Aly', lui lança Sonia en souriant, tu ne risques pas de les contrarier, Kim est trop attaché à sa meute de démons sanguinaires et Juan est complètement dévoué à notre chef. La seule qui peut les faire plier c’est Taeliya.

— L’or du test, rappelle-toi comment à réagi Juan.

— Il était complètement subjugué et intrigué par la petite qui pouvait pas marcher ni parler tellement elle était faible.

Alya tenta de s’imaginer la scène, mais essayer d’afficher l’image de la jeune femme aussi faible lui fit mal au cœur.

— Elle est bien entourée maintenant et elle va mieux, même si sa maladie la suivra toute sa vie, la rassura Joe en souriant. Je surveille sa santé, tout comme son fiancé.

— Et vous n’êtes pas les seuls, rétorqua sa femme.

Le quatuor sourit.

Taeliya avait grandi, s’était étoffée et avait trouvée une certaine assurance. Rien avoir avec celle qu’ils avaient connu quelques années plus tôt. Malade oui elle le restera toute sa vie, mais survivra longtemps s’ils faisaient tous très attention à elle et qu’elle suivait son traitement. Noah avait déjà évoqué une future grossesse, car l’un comme l’autre souhaitaient des enfants. Joe lui avait certifié que c’était prendre un risque mais que rien n’était déconseillé. Pourtant, ça avait mis le démon dans un état de panique et il s’était mis à faire des recherches, les deux hommes s’étaient renseignés et continuaient à le faire pour s'assurer qu’elle ne risquait pas d’y perdre la vie malgré sa fragilité évidente.

Stein était très fier de la jeune qu’elle était devenue et surtout fier de savoir qu’elle avait hérité des dons de sa mère. Sa fille lui était bien plus précieuse que sa propre vie et il s’était toujours dit qu’il pouvait mourir pour la voir sourire.

Dans le restaurant, Noah regardait sa belle sourire au vieux couple qui les avaient rejoints durant leur déjeuner. L’amitié qu’ils avaient créée avec elle était belle à voir et le démon se fit la réflexion qu’il serait bien dommage que ce village s’en prenne à sa belle s’ils venaient à découvrir de quelle famille elle venait.

— Où est-ce que vous allez habiter du coup ? s’enquit un des clients qui s’ajouta à la conversation alors que sa belle dégustait un flan.

— Aux abords du village, répondit-il d’une voix neutre. Nous y avons une petite maison au niveau de la forêt.

— Oh ! s’exclama la vieille femme. Vous voulez dire chez la belle Maria ?

Taeliya se figea, sa cuillère retomba sourdement dans son assiette.

— Vous… vous connaissez ma mère ?

— Oh mon dieu ! Vous êtes le bébé de…

Le client paya rapidement et quitta le restaurant en panique.
Taeliya renvoya à Noah un regard paniqué. Sombrement, le démon se réveilla, laissant place à un homme froid dont le regard n’avait plus cet éclat apaisé, mais il y brillait la lumière glaçante d’un assassin.

— Taeliya, l’appela-t-il en se levant.

La jeune femme se leva à son tour et vint lui prendre la main.

— Visiblement, j’aurai dû vérifier avec ton père toute l’histoire, gronda-t-il alors qu’il tira plusieurs billets de son portefeuille.

— Oh non ! s’écria la vieille femme alertée par le vent de panique qui venait d’emporter les couleurs de la belle artiste. Chéri, appelle Tristan !

— T… Tristan ? dit la jeune femme étonnée.

— Notre petit fils s’appelle Tristan, lui répondit la femme en tentant de lui adresser un sourire confiant. Nous savons qu’il fait partie d’une « association » dont il vaut mieux ne pas chercher de noises. Nous n’avons jamais eu à faire appel à lui hormis pour le voir de temps en temps, mais si vous êtes la fille de Maria, vous devez connaître votre père.

— Ah… Tristan est donc d’ici, sourit alors Noah en se laissant retomber sur son siège, embarquant sa belle sur ses jambes. Dites-lui qu’il a ordre de la Princesse de ramener son cul ici et rapidement sinon je vais m’en charger.

Taeliya lui lança un regard courroucé, mais la vieille femme s’occupa de faire passer le message et il ne fallut pas plus de quinze minutes pour voir les démons débarquer en sueur, le regard brillant d’inquiétude.

— Mémé ?

— Oh mon beau Tristan ! fit la vieille femme en lui tombant dans les bras.

Il serra ses grands-parents dans ses bras, mais une aura attira son regard dans un coin du restaurant.

— Chef ! s’écria le groupe en se précipitant sur eux.

— Princesse !

— Taeliya, ça va pas ?

— La… La maison…

La pauvre n’arrivait plus à parler tant les larmes lui montèrent aux yeux et quand son père apparu dans la salle, elle se précipita sur lui. Il la rattrapa contre son corps et la tint serrée sans comprendre ce qui avait bien pu se passer. Mais quand les démons avaient reçu l’appelle, il avait senti le danger et avait préféré les accompagner.

— Vous, ici ? s’étonna le vieil homme en croisant le regard du mafieux.

— Tu… Ma douce, est-ce que tu sais qui est ton père ? s’étrangla la vieille femme.

— Elle le sait depuis un peu plus de deux ans, répondit Stein qui caressa le dos de sa fille, cherchant à l'apaiser.

Mais les sanglots silencieux de sa fille lui brisèrent le cœur.

Noah se décida à lui expliquer la situation et le vieux couple les invitèrent à venir s’asseoir autour de la table, le mari alla fermer le restaurant, renvoyant tout le personnel, autant dire deux personnes, et indiqua que l'établissement était fermé.

— Je crois ma belle qu’il va falloir que l’on parle, fit l’homme en prenant place auprès de sa femme.

***

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