Chapitre 40

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De retour dans la maison, Noah décida de la monter dans leur chambre. Il la déposa sur le lit, mais resta debout, le regard assombri d’une jalousie folle.

— Noah ? appela-t-elle.

— J’ai envie d’y retourner pour lui trancher les mains et lui crever les yeux, gronda-t-il.

— Qui ça ? Le maire ?

— Qui a essayé de te toucher, d’après toi ?! s’écria l’Oni à bout de nerfs, les poings serrés.

— Ne t’en prends pas à moi, s’il te plaît ! s’exclama la jeune femme en se levant.

Elle s’éloigna du démon mécontent, mais avant même qu’elle n’ait pu quitter la chambre, Noah la plaqua contre le mur, près de la salle de bain. Il la domina de toute sa taille, plantant son regard brillant d’une colère terrible dans celui vairon de sa compagne. Il tremblait furieusement. Pourtant, sans s’en rendre compte, il frottait son corps au sien, exacerbant leurs sens déjà mis à rudes épreuves suite aux récents évènements.

— Je suis désolé, mon ange, mais je vais pas tenir, souffla-t-il.

— Prends-moi, murmura-t-elle.

— Taeliya…

— Je ne sais pas quoi te dire d’autre que je t’aime et que moi aussi, j’ai besoin de toi, là, maintenant et tout de suite, dit-elle.

— C’est un ordre ? sourit-il. Si c’est le cas, sache tout de suite que je ne me retiendrai pas, cette fois.

— Tu ne l’as fait qu’une fois, Noah, lui rappela-t-elle.

— Non, plusieurs fois et tu le sais, la corrigea-t-il. Aujourd’hui, c’est différent. Je n’arrive pas à me contrôler et si tu le veux vraiment, je risque de te blesser. Kaelis est aussi furieux que moi.

— Alors pourquoi tu parles encore ? dit-elle en se hissant sur la pointe des pieds, cherchant à atteindre sa bouche. Prends-moi, Noah Stigas.

— Vous risquez gros, Madame Stigas, murmura-t-il, non sans pouvoir cacher son sourire.

— Je prends le risque.

Noah fondit sur elle, grondant si fort. Il laissa éclater sa jalousie, sa colère et ce besoin de la sentir sienne. Son baiser n’avait rien de doux ni de romantique. Il en imposait de puissance et la soumettait tel un maître et son esclave. Il la hissa et la tint prisonnière entre son torse chaud et le mur, plaquant son buste au sien. La robe qu’elle avait portée toute la journée se relevait, laissant l’air caresser ses cuisses. Noah trouva que, malgré la position, le tissu était encore de trop. Il passa ses doigts dessous, les enfonçant dans la chair fragile et délicieuse de ses cuisses dont la douceur le fit vriller complètement. L’homme ne ressemblait plus à rien. Ni humain ni démon. Il était bien au-dessus de tout ça. Il était l’être suprême qu’il valait mieux ne pas approcher sous peine d’en mourir. Et pourtant, entre ses griffes, Taeliya semblait vivre et ce constat lui fit perdre toute raison.

— Tu es vraiment…

— Chut, fit-elle, son regard vairon illuminé par le désir.

Elle lui caressa la joue. Un geste que le commun des mortels n’aurait jamais osé faire, peu importait l’état de Noah. Mais rien ne s’appliquait à elle et Taeliya n’en avait rien à faire. L’humain, comme le démon ou encore cette bête qui se trouvait tout contre elle à cet instant, elle en fit fi. Pour elle, Noah était celui à qui elle avait volontiers donné son cœur, son corps et même son esprit.

— Je t’aime, Noah, murmura-t-elle entre deux baisers.

— Moi aussi, mon bel ange, répondit Noah d’une voix rauque. Tu n’imagines pas à quel point j’ai envie de tous les tuer…

— Je le sais très bien. Je le vois dans tes yeux, souffla-t-elle contre sa bouche. Mais pour l’instant-

— Pour l’instant, t’es rien qu’à moi, la coupa-t-il de cette manière d’homme des cavernes qu’elle aimait.

— Ah, voilà donc l’être qui se cache derrière mon cher Oni, pouffa-t-elle, allumant un peu plus l’incendie mortel qui s’était déclenché.

— Tu vas me rendre très dangereux, l’avertit-il.

— N’est-ce pas déjà le cas ? le titilla-t-elle.

— Je vais te montrer à quel point ça l’est. Ne viens pas te plaindre après, mon amour.

Il attrapa l’encolure de sa robe et la déchira d’un coup sec, faisant apparaître une lingerie qu’elle s’était bien gardée de lui montrer pour un moment tel que celui-ci. Il ouvrit grand les yeux sur cet écrin de satin bleu nuit brodé d’entrelacs délicats entre lesquels il pouvait apercevoir la peau laiteuse de sa belle, ainsi que la rondeur de ses seins tendus, ce qui le fit saliver. Un grondement puissant fit vibrer tout son corps. La robe tomba sur le sol, en pièces. Son regard glissa jusqu’à son bassin. Ce fut à cet instant que Noah se mit à prier pour que n’importe qui ou quoi l’épargne, car elle cherchait délibérément à le faire sortir de ses gonds. Il l’allongea sur le lit sans douceur aucune, retira son holster et posa son pistolet sur la table de chevet. Il se débarrassa de sa chemise qui alla rejoindre les restes de la robe. Alors que ses doigts cherchaient à retirer sa ceinture, il la regarda se lever et tirer dessus. Il quitta ses chaussettes pour ne garder plus que son caleçon. Les voilà tous deux en sous-vêtements, s’affrontant du regard. Noah savait de source sûre qu’il s’en voudrait le lendemain de ne pas avoir pu être plus doux. Mais sa compagne le poussait si loin dans sa noirceur et semblait autant apprécier sa férocité que sa douceur, ce qui l’excitait et l’inquiétait en même temps.

Il grimpa sur le matelas, obligeant sa belle à remonter vers la tête du lit. Quand elle eut atteint les coussins, Noah s’allongea, plaquant sur elle ses hanches étroites. Il pouvait sentir sa fleur moite se presser contre son érection, électrisant toutes ses terminaisons nerveuses. Son cœur battait si fort que la jeune femme pouvait facilement l’entendre.

Les grondements de l’homme la faisaient vibrer jusqu’au tréfonds de son âme, réveillant une part d’elle qu’elle n’aurait jamais soupçonnée.

Poussée par une envie d’attiser un peu plus la fureur de son compagnon, Taeliya posa ses deux mains à plat sur la poitrine du géant. Elle caressa ses pectoraux saillants et zébrés de tatouages comme de blessures de toutes tailles. Elle pouvait sentir sous la pulpe de ses doigts les tétons durs et irrigués de l’Oni et derrière ceux-ci, son cœur qui battait furieusement. Ce contact, malgré la fraîcheur de ses mains, le fit frissonner. Son regard s’assombrit encore plus. Taeliya voulait lui faire connaître les mêmes plaisirs et les mêmes tortures exquises qu’il lui faisait subir. Elle cherchait à être son égal.

— Que cherches-tu à faire, petite sorcière ?

— Juste à faire plaisir au démon qui compte me faire gémir, murmura-t-elle.

La jeune femme se redressa et déposa ses lèvres douces contre sa gorge. Il pouvait la sentir suçoter peau, ce qui déclencha en lui une succession de grognements bestiaux. Pourtant, son esprit se refusait à elle. Il désirait la posséder, la soumettre à sa colère et son désir égoïste. L’amour et la jalousie qu’il ressentait s’ajoutèrent à cette envie de se fondre en elle pour lui imposer son cauchemar possessif. Il l’obligea à s’allonger à nouveau sur les coussins, lui prit les poignets et les bloqua au-dessus de sa tête. Son regard perçant glissa de ses yeux vairons à sa bouche qu’il dévora avec faim. Sa langue livra une bataille féroce à sa rivale qui tentait de suivre le rythme. Les gémissements de Taeliya, les grondements de Noah, le bruit des tissus qui se froissaient, la chaleur dans la pièce, la tension entre eux… Le moment était si tendu que la moindre intrusion dans la chambre ferait tout exploser et le démon en deviendrait incontrôlable.

— Tu me rends dingue, feula-t-il, alors qu’elle passait sa langue le long de sa gorge.

— Et je compte bien continuer pendant longtemps, promit-elle.

Pas le temps de s’amuser. L’Oni glissa le long de son corps pour en prendre possession. Il lui retira son soutien-gorge, obtenant ainsi l’accès qui lui permit de dévorer sa poitrine avec délectation. Taeliya poussa de petits cris.

Bien décidé à lui faire comprendre qu’il était le seul maître de ce lit, Noah poussa sa dégustation un peu plus loin en lui pinçant un téton, la faisant presque crier. Dans un besoin de se débattre, le corps de la jeune femme se mit à onduler contre le sien, mais elle était bien trop faible pour lui opposer une quelconque résistance. Et c’était ce qu’il aimait le plus. Cela l’excitait.

Plus il la goûtait, plus son besoin de se fondre en elle devenait urgent. Une faim dévorante creusa ses reins, allumant un feu liquide dans ses veines. Il s’écarta de sa proie pour revenir entre ses cuisses et fit glisser le fin tissu qui cachait le trésor qui lui donnait si faim. Il ne se priva pas pour venir s’y abreuver.

Taeliya chercha à étouffer le cri qui menaçait de sortir, se mordant le dos de la main quand elle sentit la langue experte de son amant lui caresser le point le plus secret de son intimité. Noah but avec soif à la source. Il l’écouta gémir de plaisir, l’appelant, le suppliant, tentant de s’échapper de son étreinte, les mains accrochées aux draps ou le plaquant un peu plus contre elle à mesure que l’orgasme se rapprochait d’elle. Le démon, ou peu importait l’entité qui avait pris possession de l’homme à cet instant, en décida autrement. Il s’arrêta juste avant que la lame de fond ne se lève et ne la ravage. Il se redressa et plaça son sexe dur et brûlant contre son bas-ventre.

Sans un mot, juste avec un regard, Noah se planta en elle d’un coup de rein qui lui fit pousser un grand cri de surprise. Il attendit néanmoins qu’elle se calme un peu avant d’entamer ce ballet érotique et brutal dans lequel, l’un comme l’autre, extériorisèrent chaque émotion qu’ils ressentaient.

Certes, l’amour était là, que ce soit dans leurs regards ou leurs soupirs, mais était complètement absent de leurs gestes. Noah avançait son bassin pour mieux se ficher en elle, toujours plus loin, blessant le corps de sa belle. Elle savait qu’il le regretterait quand il reviendrait à lui.

Dans un élan de courage, elle le bouscula et se retrouva à cheval, empalée sur son corps, domptant la bête et lui imposant son bon vouloir, refusant de se soumettre à lui. Le regard fou, assombri par le désir du jeu et de lui plaire, le démon la laissa apprécier sa chevauchée.

Il aima la voir se déhancher sur lui, emportée par la passion, le corps arqué, la tête renversée en arrière, ses cheveux tombant dans son dos telle une cascade de miel brillante dont les pointes lui caressaient les cuisses.

Noah lui empoigna la taille et se propulsa en elle d’un coup de rein, lui arrachant un cri de plaisir qui résonna jusqu’au plus profond de son âme noircie par la jalousie et le plaisir.
Taeliya dut poser ses mains sur la poitrine de son compagnon pour stabiliser son équilibre, vacillant à mesure que la chevauchée prenait de la vitesse.

— Noah !

— Laisse-toi aller, mon ange, murmura-t-il d’une voix rauque.

— Noah ! appela-t-elle de nouveau.

Elle le sentait plus brutal, plus vorace et impatient de reprendre les rênes de leur danse endiablée. Il se redressa et captura sa lèvre inférieure qu’il suçota avec délice. Noah perdait totalement pied. Sa rage l’avait peu à peu quitté, laissant place au désir sournois de la marquer bien plus fort que lors des précédentes fois.

Son corps pourfendait le sien comme une lame. Il pouvait sentir les battements de son cœur contre son torse. Ses yeux changeaient de couleur en fonction des émotions qui s’y succédaient. Noah dégustait sa belle comme un mets délicat et dont la rareté faisait que l’instant était précieux.

Taeliya tenta de suivre le rythme infernal imposé par son compagnon, se tenant à ses épaules et poussant sur ses genoux pour garder l’équilibre, mais elle n’était plus que la victime de cet être bestial.

Noah planta ses doigts dans la chair tendre des cuisses de la jeune femme, y laissant son empreinte. Il aimait la sentir se resserrer autour de lui, se laisser envahir par tant de sensations dont les plus violentes la feraient éclater.

Un sein dans sa main, il lui mangea la gorge. Il cherchait à sentir ses cris contre ses lèvres dures. Il n’en pouvait plus. Elle le rendait dangereux et fou sans le moindre effort.

Il pivota et l’obligea à s’allonger sur le ventre, puis donna une impulsion à son bassin pour retrouver son antre chaud et humide qui avait été fait pour lui. Il se délecta de sa moiteur délicieuse qui l’aidait à mieux la posséder. Son regard sombre était pigmenté d’un bleu nuit et d’un violet étonnant.

L’homme et le démon avaient tous deux cédé leur place à une nouvelle entité en colère dont la passion les avait totalement dépossédés de leur libre arbitre. Ils ne savaient plus eux-mêmes qui était qui et où se trouvait la limite entre eux et cette nouvelle entité.

Pourtant, Taeliya avait su faire la différence et à y trouver son plaisir. Noah voulait tempérer, mais sa jalousie et sa colère l’avaient enchaîné à une rage qu’il ne pouvait que déchaîner dans cet acte amoureux dénué de toute douceur.

Quand les gémissements de Taeliya se muèrent en cris d’orgasme, Noah céda et se laissa embarquer dans un monde de violence et de luxure.

Repu, le démon se laissa tomber sur le lit et bascula sur le côté, attirant le corps vaincu de sa belle contre son torse, un bras lui entourant la taille.

— Je suis désolé, Princesse, mais je t’avais prévenue, dit-il, essoufflé.

— Je… ne… regrette… pas du tout… dit-elle, le cœur battant à tout rompre.

Elle releva la tête et rencontra ces yeux sombres chargés d’un bleu nuit électrique et d’un violet plus proche du noir que du parme. Ce regard-là représentait cette part sombre que Noah avait toujours refusé de lui faire voir. Elle vibrait sous son intensité et son corps quémandait encore cette brutalité qu’il espérait ne jamais reproduire.

Noah ne put pourtant pas lui refuser. Il fondit à nouveau sur elle, ne lui laissant que très peu de répit, pour la posséder à nouveau, grondant plus sourdement, détruisant toutes traces de cet homme qui avait osé la regarder, osé presque la toucher…

Dévasté par la haine et l’amour qu’il lui vouait, Noah explosa de colère, réduisant ce pauvre petit corps à néant.

Ce ne fut que plus tard qu’il regretta de ne pas y avoir mis plus de douceur, quand Taeliya lui exposa son corps endolori et incapable de se lever du lit.

— Je t’aime, mon ange, murmura Noah contre son front, la laissant enfin se reposer, avant qu’il n’aille s’occuper de quelques détails.

Cette nuit-là, Taeliya ne retrouva pas son ami démon. Elle rêva de quelque chose de bien plus dangereux encore. Une vie.

***

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