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Louison prit une grande inspiration avant de pousser la porte. La cloche tinta doucement et l’air chaud, chargé des odeurs des bons petits plats, l’enveloppa aussitôt. Les lumières tamisées jetaient des reflets dorés sur les nappes et les verres, donnant au restaurant un côté cocon parfait pour une soirée tranquille. Gabriel était derrière le comptoir, occupé à dresser les assiettes, mais leva les yeux en la voyant et son visage s’illumina.
— Louison ! Quelle surprise ! fit-il avec un sourire chaleureux.
— Je… j’avais juste besoin de sortir un peu, murmura-t-elle, un peu gênée.
Gabriel la fit s’asseoir à une petite table près de la fenêtre. Dehors, les réverbères illuminaient doucement la rue presque vide, et le calme du soir rendait chaque geste, chaque sourire, plus présent.
— Ce soir, j’ai préparé mon risotto aux champignons… il sort juste du feu, parfait pour se réchauffer, dit-il en déposant devant elle une assiette fumante, nappée de parmesan fondant.
— Wow… merci, dit Louison en respirant profondément. L’odeur est incroyable.
Elle plongea sa cuillère dans le risotto crémeux. La texture était douce, le goût réconfortant, les champignons juste sautés comme il faut, avec une pointe de beurre et de persil frais. Chaque bouchée semblait effacer un peu du stress accumulé ces derniers jours.
Ils parlèrent doucement, à voix basse, de tout et de rien : des petites anecdotes de la journée, des souvenirs rigolos, des choses légères. Louison se surprit à rire doucement, oubliant fatigue et tensions.
Le repas se termina dans une ambiance légère et complice. Gabriel débarrassa les dernières assiettes, essuya le comptoir et posa les chaises avant de souffler :
— Et voilà… le service est terminé pour ce soir. Ça te dirait de continuer la soirée un peu dehors ?
— Avec plaisir, répondit Louison, un sourire timide aux lèvres.
Ils quittèrent le restaurant et marchèrent dans les rues calmes de Perpignan. Les réverbères projetaient leur lumière douce sur les pavés, et la ville semblait presque vide. Gabriel prit doucement la main de Louison, juste pour la rassurer, et elle sentit son cœur se réchauffer. Ils parlèrent encore de tout et de rien, observèrent les vitrines fermées et les cafés silencieux, et riaient de petites choses légères qui semblaient plus importantes que tout.
La balade dura longtemps. Ils passèrent par des ruelles qu’elle n’avait jamais remarquées, s’arrêtèrent un instant sur le pont pour regarder les reflets de la ville dans l’eau, puis continuèrent jusqu’à ce que Louison sente la fatigue l’envahir.
— Je crois que je vais rentrer… dit-elle doucement.
— Je peux t’accompagner jusqu’à chez toi ? proposa Gabriel avec un sourire tendre.
Arrivés devant son appartement, Louison respira profondément. Le calme de la soirée, les confidences silencieuses et la chaleur de Gabriel l’avaient apaisée. Une fois la porte refermée derrière eux, elle se tourna vers lui, hésitante, avant de s’ouvrir enfin.
— Je… j’ai lu les carnets de Céline ce soir, murmura-t-elle. Et… ça m’a fait quelque chose. Je crois que j’avais besoin de comprendre, d’entendre ces mots… et toi, tu… tu m’as aidée juste en étant là.
Gabriel la regarda avec douceur, sans rien dire, juste présent, laissant Louison continuer à parler. Elle sentit un poids s’envoler, remplacé par une chaleur rassurante, une sensation de légèreté qu’elle n’avait pas ressentie depuis longtemps. La soirée se termina dans le silence doux de la complicité, chacun savourant la proximité, le réconfort et la confiance qui commençait à s’installer entre eux.

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