Chapitre 3 – Espagne II : Une question de proportions
Enfin vint 1810, et là, l’histoire commence à devenir vraiment… épique.
Car notre désormais lieutenant, chargé d’escorter une cargaison de cartouches, se retrouve à la tête d’une escorte — selon les sources — composée de 60 hommes seulement, contre lesquels 600 vaillants Espagnols tentent de s’opposer.
De Chambure ouvre alors la route, avec la grâce d’un éléphant dans les Alpes, blessant quelque 80 ennemis, ordonnant que l’on tire la cargaison à bras d’homme, une balle dans le corps, mais arrivant toutefois à bon port.
En avril de la même année, alors aide de camp du général et gouverneur de Ciudad Rodrigo, il se voit confier une mission pour Salamanque, fort cette fois d’une escorte de 800 hommes.
Fidèle à sa délicatesse pachydermique, il se faufile à travers les lignes ennemies. Mais c’est le retour — qui, je crois, et là nous entrons dans une autre dimension — qui se révèle le plus spectaculaire.
Je ne doute pas que les sources divergent, mais il semblerait que, même cerné par 1200 cavaliers, 1 800 fantassins et 4 canons, notre petit Laurent-Augustin se fraya tout de même un chemin jusqu’à Salamanque avec 95 hommes. Ceux qui restaient encore debout, je suppose.

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