Chapitre 6 – L’Infernale

Une minute de lecture

Désormais à la tête d’une compagnie d’hommes surnommée « l’Infernale », il s’embarqua, littéralement, dans une expédition fluviale, traversant la Vistule en barque afin de faire taire ces maudits tapageurs nocturnes.

Il faut imaginer la scène : quelques hommes, un fleuve peu docile, et un officier pour qui l’artillerie ennemie relevait avant tout d’un problème de voisinage. L’Infernale ne devait pas tant son nom à sa discipline qu’à sa capacité à suivre son chef dans des entreprises dont le bon sens semblait avoir été momentanément congédié.

La traversée se fit dans un silence relatif, troublé par le clapotis de l’eau et quelques prières discrètes — dont il est permis de penser qu’elles n’étaient pas toutes adressées au même destinataire.

Puis vint l’assaut. L’Infernale fondit sur le village de Bohnsack, embrasa le camp, les magasins de munitions et les entrepôts de vivres, rendant ainsi muets les canons, encloués là.

Mais un problème survint : emportées par le courant, les barques avaient disparu.

Détail logistique fâcheux, quoique manifestement secondaire pour de Chambure, qui, blessé, se résolut à fendre les troupes russes pour rentrer à Dantzig… se faire assiéger.

D’après d’autres sources, il se distingua encore à la redoute de Kabrunn où, éliminant les obstacles sur son parcours, enclouant de nouveau les canons, il se paya le culot, l’audace — non sans humour teinté d’aigreur — de laisser une note adressée au duc de Wurtemberg, que je vous retranscris de manière personnelle et poétique :

Au son de vos coups,
Mon esprit devient fou,
À vous en tordre le cou,
Et je n’en ai point le goût.

Mon sommeil fort léger,
S’en trouve perturbé,
Me voilà bien chafouin,
De grâce, attendez le matin.

Messieurs, un peu de tenue,
La nuit n’est point cirque de rue,
Et si guerre doit se faire,
Qu’elle attende la lumière.

Si d’aventure vous refusiez,

J’en serais fort contrarié,

Et me verrai obligé,

Vos canons d’enclouer.

Dormez donc, braves ennemis,
Ou je m’en charge cette nuit…

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