Chapitre 9 – Le retour
En 1830, contre toute attente, il est rappelé au service et reprend une place dans l’armée.
Il faut dire que la France, en ces temps agités, avait parfois besoin d’hommes dont on connaissait au moins une qualité : leur capacité à agir sans trop se poser de questions.
De Chambure, en la matière, offrait toutes les garanties.
Placée sous l’autorité du maréchal Soult, sa nouvelle fonction le tient désormais à l’écart des charges inconsidérées. Il n’est plus question de traverser des fleuves sous le feu ennemi ou d’aller rappeler à l’adversaire les règles élémentaires de courtoisie à coups de sabre.
On lui confie désormais des responsabilités d’état-major, fonctions plus calmes en apparence, où l’on attend d’un officier qu’il réfléchisse avant d’agir.
Évolution notable, à défaut d’être pleinement rassurante.
Il serait toutefois imprudent d’y voir une conversion tardive à la prudence. Disons plutôt que de Chambure, avec les années, avait appris à déplacer ses excès — ou, à tout le moins, à les contenir dans des cadres plus acceptables.
Quoi qu’il en soit, le voilà de retour.
Et contre toute logique, toujours debout.

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