Chapitre 4 – Un homme en quête de gloire
Bien, maintenant que le cadre — si ce n’est romantique, à tout le moins romancé — est posé, parlons un peu des frasques de ce cher Érostrate.
Car voilà un berger des plus ambitieux, à sa façon, dont le désir de briller se caractérisa par diverses entreprises, toutes couronnées d’un succès… disons, mitigé.
Tout d’abord, il semble qu’il s’essaya au mannequinat. Mais fauché comme les blés, il n’eut pas les moyens de s’offrir les services des meilleurs « photographes » de l’époque, que l’on appelait alors sculpteurs.
Il faut croire que, de par leur profession, ces derniers possédaient un cœur de pierre… ou préférèrent tout simplement rester de marbre face aux divagations excentriques d’Érostrate.
Quand la seule beauté — ou le talent — ne suffisent plus, il reste toujours l’option de la promotion canapé.
Oui, vous ne rêvez pas.
Certains murmures indiscrets qui me parviennent m’informent qu’Érostrate aurait entretenu moult relations avec des gens connus et influents, dans l’espoir de briller par ricochet, tel un miroir… avant, peut-être, de les éclipser.
Néanmoins, à l’heure où j’essaie d’en savoir plus, aussi indiscrets soient-ils, ces murmures refusent obstinément de me donner des noms — pas même le sexe des aventures érostratiques.
Enfin, admirateur, dit-on, de Diogène de Sinope, il semble qu’il se tourna vers la bagatelle solitaire… mais publique.
Pratique qui, lorsqu’elle est exercée au vu et au su de tous — au hasard, dans une rame de métro — provoque encore aujourd’hui, et à raison, quelques froncements de sourcils : parfois incrédules, parfois amusés, et d’autres fois franchement outrés, ce que je ne saurais blâmer.
À défaut d’être un orateur convenable, il semble que notre Érostrate décida de devenir un… onateur exceptionnel.

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