Chapitre 7 – L’aveu
La nouvelle fait déjà grand bruit.
On peut supposer que la ville, réveillée par l’odeur de fumée, tente d’éteindre l’incendie.
Bien vite, les suspicions se portent sur Érostrate. Il est arrêté et interrogé sous la torture par des autorités d’humeur quelque peu… incendiaire.
Je pourrais demander aux chuchotements de m’informer des supplices en vogue à l’époque, mais, dans le souci de préserver ma sérénité et ma santé mentale, je préfère m’abstenir et décide qu’une telle entreprise n’est ni pertinente ni nécessaire à la compréhension de faits que je m’efforce déjà de relater avec une exactitude à faire pâlir Sherlock Holmes.
Arrêté, emprisonné et torturé, Érostrate avoue.
Sans grand effort, d’ailleurs.
Lorsque des questions plus pressantes concernant ses motivations lui sont adressées, il se contente de répondre qu’il veut, coûte que coûte, devenir célèbre — quitte à forcer le destin et à offenser une déesse… sur répondeur.
Hélas pour lui, les habitants de l’époque, excédés sans doute par ses frasques, goûtent peu à ces explications aussi grotesques que blasphématoires.
Et puisqu’il cherche la célébrité, eh bien soit.
Qu’il soit condamné à mort.
Au bûcher.
Supplice public.
Qu’il meure comme il a vécu : en flambeur.

Annotations