Chapitre 31
Je baissai les yeux sur le flux de la grande salle. Les invités riaient, tournaient sur la piste, complètement inconscients du danger qui rôdait au-dessus d’eux. Elle était là, quelque part, fragile, encore humaine… mais pour combien de temps ?
Le garde central passa sa main sur les écrans comme pour les effleurer, chaque geste mesuré. Sa voix, basse et autoritaire, résonna dans la pièce.
– Préparez-vous, murmura-t-il. Dans quelques instants, tout commencera. Et souvenez-vous… aucune échappatoire. Si elle tente quelque chose, nous l’attendrons.
Un silence pesant suivit ses mots, chacun d’entre nous conscient de l’ampleur de ce qui allait se passer.
Puis il ajouta, froidement :
– Mettez-vous en tenue. Il y a trop de monde dans cette école pour que quelqu’un nous reconnaisse. Personne ne nous a jamais vus… à part notre contact.
Je sentis un frisson parcourir mon dos. Chaque mot tranchait dans l’air comme une lame. La mission allait commencer. Et cette fois, il n’y aurait aucune erreur.
Nous nous mîmes en tenue, vêtements sombres, capuches tirées pour dissimuler nos visages. L’air dans la pièce était chargé d’adrénaline et de concentration. Chacun de nous savait que la moindre erreur pouvait tout compromettre.
– Rappelez-vous, lâcha le garde, notre contact nous a fourni tous les détails : comment elle se déplace, avec qui elle sera, où elle sera… Nous devons l’isoler, la placer dans une situation qui la dépasse. Son pouvoir est instable, et c’est exactement ce que nous voulons exploiter.
Je sentais mes mains trembler légèrement alors que je vérifiais mes outils et mes dispositifs. L’idée de ce qui allait se passer me donnait un mélange de peur et d’excitation. La salle était encore animée sur les flux : rires, lumières, mouvements… tout semblait normal, mais bientôt, le chaos s’abattrait.
– Nous devons la pousser à bout, continua le garde, chaque mot pesant comme un coup de marteau. Quand elle sera submergée, elle n’aura plus le choix : elle s’autodétruit ou nous la prenons. Et si elle résiste… la torture la fera plier, et une fois qu’elle sera sous contrôle, nous effacerons tous les souvenirs de ses alliés. Personne ne saura plus ce qu’elle a été.
Il passa en revue nos positions, les angles d’attaque, les sorties, chaque détail avec une précision clinique.
– Soyez prêts. Chaque mouvement compte. Dès qu’elle est isolée, déclenchez la séquence. Pas d’erreurs.
Un frisson me parcourut. La grande salle semblait soudain écrasante, pleine d’innocents qui ne savaient rien du danger imminent. Je respirai profondément, me répétant que tout devait se passer exactement comme prévu.
– Mettez-vous en position, ordonna le garde, et surveillez-la en permanence. Aucun écart. Elle ne doit pas s’échapper.
Nous nous dispersâmes, silencieux et concentrés, comme une ombre parmi la foule. Chaque regard sur les écrans suivait ses moindres gestes, chaque mouvement calculé. Le moment approchait. Et pour la première fois depuis que je l’avais vue, je compris pleinement à quel point elle était seule et vulnérable, même en étant entourée.
Mais ma seule inquiétude, c’était qu’elle connaissait mon visage.

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