L'état 117

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L’ETAT 117

Si un chiffre a porté malheur à Robert H., c’est bien le nombre cent dix-sept. Je ne suis pas superstitieux, et je passe donc sous silence le fait que cent dix-sept est le produit de neuf et de treize, deux chiffres considérés de toute éternité comme le symbole du Mal.

Tout a commencé de manière pourtant fort anodine. Robert était assistant-partner chez Rickson consultants et il travaillait beaucoup. Un matin, au siège social de son entreprise, une petite affiche l’attira :

Séminaire de créativité. Pour les cadres qui le désireraient, un stage de créativité aura lieu du 6 au 13 juillet à M.-les-bains (73)

Robert connaissait bien M.-les-bains où il avait passé autrefois des vacances avec sa mère. C’était une charmante ville d’eaux savoyarde et la perspective d’y passer une semaine pour y développer sa créativité ne lui déplaisait pas. Ce fut donc après un temps de réflexion bref qu’il se rendit dans le bureau de Mme L., la secrétaire, pour s’inscrire.

Son inscription fut accueillie favorablement par ses supérieurs. Jusque-là, Robert n’avait pas montré d’intérêt excessif pour son travail. S’il avait été plus dynamique, il occuperait un poste plus élevé. Il était temps pour lui de se montrer solidaire de sa firme et de l’effort qu’elle consentait pour la formation de ses cadres.

Ce fut sous le signe de la cordialité et de la détente que les neuf partners qui s’étaient inscrits au stage se retrouvèrent le six juillet. Robert fut frappé par cette grande bâtisse de pierre grise qui surplombait la vallée encaissée. Cela ressemblait à un hôtel-restaurant, mais il s’en dégageait une impression de calme morbide, et l’on imaginait mal des estivants y passer d’agréables séjours.

La femme de chambre, une Suissesse se nommant Ingrid, conduisit Robert à ses appartements. Celui qui lui avait été attribué portait le numéro cent dix-sept. Quand il y entra, il crut suffoquer tant était forte l’odeur de renfermé qui régnait. Ingrid le rassura.

— Ne vous inquiétez pas, monsieur H. Je vais aérer. Cette pièce n’a pas servi depuis des années, c’est pour cela que l’on a du mal à respirer et qu’il y a de la poussière. Mais elle est très agréable. Je vais la faire cet après-midi, et ce soir vous y dormirez comme un loir. D’ailleurs, il vaut mieux pour vous qu’elle n’ait pas été occupée depuis longtemps.

Cette dernière phrase intrigua Robert. Ingrid descendit chercher les bagages des pensionnaires. Quand elle vint déposer ceux de Robert dans son appartement, il la remercia en lui donnant un franc, puis il tenta d’engager la conversation avec elle. Mais elle s’excusa : elle avait à faire. Elle était pressée ; elle devait s’occuper des bagages des autres séminaristes, du déjeuner et enfin de faire les chambres. Il ne put donc en savoir plus.

Il était onze heures et quart. Il s’allongea sur le lit au sommier grinçant. Une certaine humidité se dégageait des draps. Cela l’étonna car M.-les-bains avait la réputation d’une siccité exceptionnelle de l’atmosphère. Il regardait distraitement le plafond. Il était strié de poutres rustiques. La surface qui séparait les poutres, originellement blanchie à la chaux, était sale. Ingrid avait parlé d’aérer, mais elle n’en avait rien fait. Il se leva, se dirigea vers la fenêtre, et l’ouvrit. Le temps était magnifique. Les oiseaux chantaient. Il fut surpris par la transparence de l’air et la netteté de la vue. Il demanderait à Ingrid s’il y avait des excursions à faire. Sans doute la boîte en avait-elle organisé quelques-unes. Il inspira profondément, retourna s’allonger, se laissant aller à une douce rêverie.

Ingrid sonna l’heure du déjeuner. Il descendit. Elle l’accueillit en lui demandant s’il n’avait pas toussé. Cette question le laissa perplexe. Sans doute était-ce une formule de politesse locale. Ou suisse. Elle lui présenta les deux autres employées de maison, Gilberte et Maria. C’était des femmes saines et bien en chair.

Robert était heureux d’être à la montagne, bien que n’éprouvant aucune sympathie pour ses camarades de stage. Les conversations du repas l’ennuyèrent. L’organisateur présenta le programme des activités. Robert avait du mal à discerner ce que recouvraient les noms pompeux qui les désignaient. Il remarqua simplement que son intuition avait été bonne : une excursion était effectivement organisée, à la fin du stage, au Mont B.

Après le repas, il engagea la conversation avec Maria. C’était une fille simple. Il lui demanda si elle travaillait depuis longtemps à l’hôtel. Elle répondit qu’elle y travaillait depuis cinq ans. Il y avait peu de clients. C’était certainement peu rentable. Elle ne comprenait pas pourquoi le propriétaire persistait à entretenir trois employées en permanence, au lieu de fermer. L’hiver, il n’y avait jamais eu personne. L’été, une dizaine de clients, en trois mois, au maximum. Pourtant, c’était une belle bâtisse. Mais son aspect rebutait. Robert lui demanda si cette maison avait toujours été un hôtel. Elle répondit qu’elle n’en savait rien : quand elle avait commencé à travailler, l’hôtel venait d’être réouvert après dix ans de fermeture. Seule Ingrid était en mesure de renseigner Robert sur le passé plus lointain de l’établissement.

Robert chercha Ingrid : la curiosité, même futile, est excitée par le désœuvrement. Ne la trouvant pas, il retourna dans sa chambre (il n’avait pas envie de partager les conversations de ses confrères). Il eut la surprise de constater que des draps propres et secs avaient été mis. L’après-midi était libre. Il décida de faire la sieste.

Il se réveilla vers quatre heures, et décida de descendre au village. Les ruelles étaient désertes. Il entra dans la boulangerie pour acheter un pain au chocolat. La boulangère fut surprise de voir un étranger. Cela n’arrivait pas tous les jours à M.-les-bains.

— Vous logez à la Résidence ? lui demanda-t-elle.

— Oui, c’est cela.

— Tant mieux. Cela va mettre de l’animation au village. Vous restez longtemps ?

— Sept jours.

— Évidemment, ça n’est pas bien lourd. Nous n’avons jamais eu de chance, ici. Les seuls pensionnaires qui restaient longtemps, c’étaient les malades. Mais nous ne pouvions pas les voir.

— Les malades ?

— Vous n’êtes pas au courant ? Il y a vingt ans, cette bâtisse servait de sanatorium. Les tuberculeux venaient y faire des cures d’air sec.

L’architecture étrange de la Résidence s’expliquait donc ainsi : le bâtiment n’avait aucune vocation touristique. Robert était heureux d’avoir été mis au courant. L’ignorance le mettait mal à l’aise : il avait peur d’attacher, par prévention, trop d’importance au non-dit qu’elle concernait.

Il remonta à la Résidence par un petit sentier bordé de sapins. L’ascension, pourtant anodine, lui parut difficile. Il eut l’impression que le souffle lui manquait. Il dut même s’arrêter pour respirer. Cela lui parut ridicule : le sentier n’avait rien d’abrupt et n’excédait sûrement pas cinq cents mètres de longueur. Il se dit qu’il devrait faire plus de sport. De quoi aurait-il l’air, devant le patron, le jour de l’excursion ?

Rentré à l’hôtel, il tomba sur Ingrid. Elle était en train de frotter par terre. Tout en se rendant compte de l’absurdité de sa réaction – il avait à peine parlé avec elle – il lui en voulut de ne pas lui avoir dit qu’il logeait dans un ancien sanatorium :

— Vous ne m’avez jamais dit que c’est une maison pour tuberculeux, ici ?

— Monsieur n’était pas au courant ? C’est pourtant marqué sur le dépliant de la station !

Il ne répliqua pas : il avait du mal à réprimer sa colère. Il sentit le sang lui monter aux joues et préféra rentrer dans sa chambre plutôt que de se dévoiler à la camérière sous un jour aussi irrationnel.

L’heure du thé arriva. Ce fut Gilberte qui le servit dans un des deux immenses salons du rez-de-chaussée. Robert avait un tic : chaque fois qu’il avait une tasse de thé devant lui, il ne pouvait s’empêcher d’approcher son nez à deux ou trois centimètres au-dessus de la surface du liquide et d’en inhaler la fumée. Ce jeu durait plusieurs minutes avant qu’il ne se décide à boire.

Il allait se livrer à sa manie, quand il fut pris d’une violente quinte de toux. Ses camarades l’aidèrent à se remettre et lui demandèrent s’il était grippé. Il répondit qu’il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il approcha de nouveau ses narines de la tasse, mais dès que la chaleur humide de l’infusion l’atteignit, il fut saisi d’un violent déglutissement et toussa à nouveau.

Il décida de ne plus penser à cette anomalie et but son thé sans le renifler auparavant. Puis ils dînèrent et il monta se coucher : il ressentait une fatigue lourde.

Le lendemain matin, il s’excusa auprès d’Ingrid : il regrettait d’avoir été sec avec elle. Elle protesta. Il lui demanda si elle avait travaillé au sanatorium, bien que cela lui parût peu probable : Ingrid était relativement jeune. Elle lui répondit qu’elle avait été embauchée quelques mois seulement avant la fermeture de l’établissement. Il n’y avait plus que trois ou quatre malades. Tous étaient en voie de guérison. Sauf un : celui-là était atteint d’une affection particulière. Il se mourait doucement. Il ne supportait pas la vapeur d’eau : il suffisait qu’il y eût du brouillard ou un temps un peu humide pour qu’il crachât son sang. On attendait qu’il meure pour fermer l’endroit.

L’idée stupide que le virus n’avait cessé de hanter les lieux depuis lui traversa l’esprit. Mais il la réprima. Il n’y avait rien de mystérieux dans tout cela. Et ce fut de bonne humeur qu’il s’attabla pour le petit déjeuner. Après l’avoir ingéré, les séminaristes se mirent au travail : la première séance consistait en la projection d’un film : l’investissement créatif. Robert était intéressé, mais sans excès. Et il dut reconnaître en son for intérieur qu’il avait du mal à fixer son attention. Des images de femmes livides, décharnées, crachant leur sang et se roulant par terre dans un râle sourd lui occupaient l’esprit. L’idée de se trouver dans un lieu privilégié d’expiation l’exaltait.

Après le déjeuner, il demanda à Ingrid de lui monter des serviettes de toilette : il avait oublié la sienne à Paris. Elle lui répondit qu’elle le ferait ; ce fut pendant sa sieste qu’elle les apporta. Mécontent d’être ainsi troublé, il enfouit sa tête sous l’oreiller. Quelques secondes s’écoulèrent ; Ingrid aurait déjà dû être partie. Pourtant il sentait sa présence sur le seuil. Il dressa la tête : elle fixait le numéro inscrit sur la porte : cent dix-sept.

— Qu’avez-vous ? lui demanda-t-il.

— Cent dix-sept, répondit-elle. Savez-vous que le dernier malade du sanatorium logeait dans votre chambre ? Je me souviens que le médecin avait baptisé la forme de tuberculose dont il souffrait : État 117.

Elle sortit. Robert se demandait pourquoi elle lui avait dit cela. Les discussions futiles de cette femme commençaient à l’agacer. Il était heureux d’avoir une occasion de se distraire avec la séance de spontanéité programmée pour l’après-midi.

« Cette femme essaie de me faire peur. » Telle fut la pensée de Robert au moment où il se couchait. Elle voulait le persuader que l’état 117 rôdait dans la chambre 117 et qu’il n’y échapperait pas. « Cette pauvre femme projette ses propres superstitions sur les miennes », se dit-il. Puis il décida de ne plus penser à rien et de s’endormir. Mais il transpirait. De ses genoux, il repoussa sa couverture vers l’extrémité du lit. Enfin à l’aise, il put sombrer dans une molle somnolence.

Il se réveilla une heure après, en toussant : il avait pris froid. Il avait eu tort de se débarrasser de sa couverture ; on grelottait, ici. Il la ramena jusqu’à lui mais sa toux ne cessa pas pour autant. Une demi-heure plus tard, les sueurs le reprirent. Il se leva rageusement et alla uriner. Cela lui laissait un temps de réflexion avant de prendre une décision définitive. Mais il se rendit compte qu’il n’avait plus la moindre envie de dormir. Il décida d’aller courir dehors pour se fatiguer un peu. Il se mit en tenue de sport et sortit. Il faisait trop froid. Il retourna dans sa chambre et tenta de s’endormir en faisant fi des contingences. À force de volonté, il y parvint au bout de deux heures.

Au réveil, la toux était de nouveau là. Il avait bel et bien pris froid. Il eut du mal à dissimuler sa mauvaise humeur pendant le petit déjeuner. D’autant plus que ses collègues le regardaient d’un sale air. Il se demanda pourquoi. Avait-il oublié de se raser ? Non. Avait-il les traits tirés ? Pas trop ; il avait passé son visage à l’eau froide.

Plus tard dans la matinée, il surprit une conversation :

— L’attitude de H. est inadmissible.

Il voulait s’éloigner discrètement, mais il fut saisi d’une violente quinte et les deux hommes se rendirent compte de sa présence. H. marmonna des excuses et retourna dans sa chambre ; il ne comprenait pas en quoi son attitude était inadmissible. D’ailleurs il n’avait pas d’attitude. Peut-être devrait-il montrer plus d’assiduité pendant les séances, poser des questions ?

Plutôt que de s’en formaliser, il décida de ne pas y attacher d’importance. Une chose lui paraissait plus grave : il n’arrivait pas à se défaire de l’idée que l’état 117 s’emparait de son être. Il avait conscience de l’inanité d’une telle pensée, mais elle s’imposait à lui en permanence. Et par un mécanisme incompréhensible, ses accès de toux redoublaient. Le patron avait-il remarqué son air distrait pendant les séances ?

Le quatrième jour, il ne toussait plus. Alors qu’Ingrid était en train de faire les vitres, il lui demanda si elle se souvenait des symptômes de l’état 117. Elle cessa d’astiquer, et se plongea dans les abîmes de la réflexion. Au bout d’une minute, qui parut un siècle à Robert, elle lui déclara qu’une période d’accalmie, au cours de laquelle le patient donnait l’impression d’être guéri, précédait la crise fatale.

À ces mots, Robert fut pris d’une sourde terreur. Il avait maintenant la conviction d’être atteint. Ces murs, ces meubles, ces tissus poussiéreux, et par-dessus tout sa chambre, respiraient la maladie. Sans doute l’endroit n'avait-il pas été désinfecté depuis sa désaffection. Les microbes rôdaient encore. Robert n'avait plus qu'un désir: fuir. Fuir pendant qu'il était encore temps. Il restait trois jours de stage mais il eut le sentiment qu'ils lui seraient funestes. Dans le hall d'entrée, il y avait des téléphones. Il se saisit d'un des bottins, et chercha l'adresse d'un médecin. Il y avait à Grenoble un spécialiste des maladies pulmonaires. Il l'appela et obtint un rendez-vous pour le lendemain matin.

Il n'était pas question de rester une nuit de plus dans ce bouillon de culture. Ce fut avec une sensation de soulagement qu'il sauta dans son Alfa-Roméo. Une heure plus tard, il était à Grenoble. Il retint une chambre au Novotel. Le docteur C. était un homme fort bon. Son discours était rassurant. Il fit remarquer à Robert que la tuberculose avait pratiquement disparu, et qu'il était improbable qu'il en fût atteint. Il lui dit qu'il allait néanmoins l'examiner pour dissiper ses craintes, puis il lui enjoignit de retirer sa chemise et le fit étendre.

Il l'ausculta patiemment, lui dit de se rhabiller. Puis il lui déclara qu'il était en parfaite santé. Il était ridicule que des hypocondriaques se croient le droit de lui faire perdre son temps. S'il avait des angoisses, il n'avait qu'à aller voir un psychiatre. Enfin, il lui réclama un chèque de huit cents francs.

Malgré le sermon désagréable du médecin, Robert était euphorique: toutes ses craintes étaient dissipées. C'est vrai: il avait été stupide. Devait- il rentrer à l'hôtel? Certes. Il devait des explications à son patron. Mais subir deux séances de créativité l'ennuyait. Il décida de ne retourner à M.-les-bains que le dernier jour, pour l'excursion au mont B.

Il occupa la journée qui lui restait à flâner dans Grenoble et à faire quelques courses. Il acheta un cadeau pour sa femme. Après une séance de cinéma, il alla retrouver sa chambre d'hôtel et sombra dans un sommeil profond.

La scène suivante se passe dans le hall de la Résidence, à six heures du matin. Les stagiaires attendent le car qui les mènera au mont B. Personne n'a fait de remontrance à H. pour sa fugue. Mais il n'est pas très à l'aise. Au moment propice, il donnera les explications qui conviennent à son patron. Pour l'instant, celui-ci est en grande conversation avec D. Ils parlent du "Pari Créatif".

Le car arrive. Ils montent dedans. Il les emmène à travers les routes sinueuses de la région. Coiffé de ses neiges éternelles, le mont B. apparaît, dans sa splendeur. Le car s'arrête sur un terre-plein. Les partners endossent leurs sacs de victuailles, et la promenade commence dans la bonne humeur. Le sentier grimpe, mais Robert n'a aucune difficulté à le gravir. Il se sent léger. Il gambaderait presque. Il respire à pleins poumons.

Peu à peu, le rythme de marche diminue. Les arbres se raréfient. Le patron fait signe à Robert de s’approcher. Robert va enfin pouvoir s’expliquer et lui présenter ses excuses. Mais l’autre ne lui laisse pas le temps de parler.

— H., dit-il, vous êtes dans la maison depuis plus de dix ans. Vous connaissez notre déontologie et vous ne l’avez pas transgressée jusqu’ici. Vous avez été un précieux collaborateur et j’ai su apprécier votre capacité de travail et votre finesse d’analyse. Arrêtons-nous un peu, je halète. Qu’est-ce que j’étais en train de dire ?

— Vous disiez que j’ai été un précieux collaborateur et que vous avez su apprécier ma capacité de travail et ma finesse d’analyse.

— C’est cela. De plus, et pour l’avoir vous-même fait respecter, vous connaissez la règle du jeu. Vous savez que nos collaborateurs doivent être opérationnels en permanence. Le Rickson Consulting Cabinet n’est pas une confrérie de jean-foutres. C’est pour cela que je n’admets aucun manquement à notre éthique, et pour parler plus clairement et aussi plus brutalement peut-être : il n’est pas admis qu’un cadre même supérieur puisse sécher une séance de créativité. En conclusion, et malgré vos états de service brillants, je me dois de sévir. Vous êtes remercié. Sans préavis. Faute professionnelle grave.

Robert est fatigué. Il est rentré à Paris. Il cherche du travail depuis un mois. Sa femme menace de le quitter. Son orgueil s’efface : il a décidé d’aller pointer à l’agence nationale pour l’emploi. Il prend son pardessus, sort, et se rend avenue de l’Opéra à la succursale de l’ANPE. Il fait la queue pendant dix minutes. Une hôtesse l’accueille. Elle lui sourit et lui tend un formulaire rose. Il va s’asseoir dans un coin et le remplit calmement. Son œil est attiré par les petits caractères, au bas de la feuille, qui spécifient l’imprimé. Il lit : « CERFA-ANPE-Etat n°117 ».

Il va rendre le formulaire à l’hôtesse. Elle lui sourit encore :

— Ça va ? Vous n’avez pas eu de problème pour remplir l’état 1

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