Chapitre XVI

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La proximité entre eux était devenue presque insoutenable, chargée de tout ce qu’ils venaient de comprendre sans le dire. Elle sentit que, si elle restait une seconde de plus immobile devant lui, quelque chose céderait en elle.

Élise fut la première à détourner les yeux.

— Je dois retourner aux archives cet après-midi, dit-elle doucement. J’ai laissé du travail en attente ce matin…

Adrien hocha légèrement la tête.

— Bien sûr…

Elle acquiesça.

Le simple fait de le laisser seul lui serra le cœur d’une manière inattendue.

Elle prit ses clés et son sac. En passant près de lui, l’émotion monta brièvement, trop forte, et elle détourna le visage pour qu’il ne la voie pas.

— À ce soir, murmura-t-elle.

— À ce soir.

Elle sortit.

Dans l’escalier, ses pas résonnèrent doucement, la ramenant vers le monde ordinaire. Pourtant, chaque marche semblait l’éloigner d’un lieu intérieur où elle venait d’entrer malgré elle : celui où Adrien comptait désormais.

Elle traversa la rue, monta dans la voiture et démarra. La ville reprenait avec ses feux, ses façades, ses passants, mais son esprit restait en arrière, dans le salon qu’elle venait de quitter.

Lorsqu’elle entra dans la salle d’archives, le calme familier du lieu l’enveloppa aussitôt.

Elle posa son sac à son poste et se remit au travail.

Les gestes revenaient d’eux-mêmes. Mais sous cette surface ordonnée, quelque chose en elle demeurait déplacé.

À plusieurs reprises, elle revoyait la gravité douce de son regard, la retenue avec laquelle il s’était arrêté à quelques centimètres d’elle. Et, derrière cela, persistait la conscience aiguë de la médaille désormais contre lui — comme si, à chaque minute, une part de lui se réaccordait à son époque d’origine.

— Élise ?

Elle releva la tête.

Thomas se tenait devant son bureau, un carton à la main.

— Tu peux m’aider à vérifier ça ? On a un doute sur la série 14-18, secteur Meuse.

— Oui, bien sûr.

Elle se leva, consulta le registre, confirma la cote.

Thomas hocha la tête, soulagé.

— Merci. On a eu pas mal de demandes ce matin, ça s’est accumulé.

— Je rattrape cet après-midi.

— Super.

La phrase, dite sans reproche, la toucha plus qu’elle ne l’aurait cru. Elle acquiesça légèrement et retourna à son poste.

Le monde des archives reprenait sa logique précise, stable, rassurante — mais son esprit glissa bientôt ailleurs.

La veille, Camille avait parlé d’Adrien avec cette fascination claire, presque émerveillée, qui n’avait rien d’équivoque et pourtant n’était pas anodine.

Élise sentit une hésitation très fine naître en elle.

Une part d’elle aurait voulu garder Adrien dans le cercle fermé de leur relation fragile, à l’abri de tout regard extérieur. Mais une autre — loyale, fidèle à l’amitié qui la liait à Camille depuis des années — savait qu’elle ne pouvait l’écarter sans raison.

Camille s’était inquiétée. Elle avait été présente. Elle avait simplement demandé à le revoir.

Élise resta quelques secondes immobile, les doigts posés sur une boîte d’archives.

Puis elle prit son téléphone.

— Allô ?

— Camille ? C’est Élise.

— Ah, salut ! Ça va ?

— Oui… je suis au travail. Je pensais à toi.

— Ah bon ? Tout va bien ?

— Oui. Je voulais te dire… si tu veux passer à la maison ce soir, tu peux. On pourrait dîner ensemble…

Un bref silence passa, puis la voix de Camille se teinta d’une surprise heureuse.

— Ah… oui ! Oui, avec plaisir ! Tu es sûre que ça ne dérange pas ?

— Non, pas du tout.

— Alors je passe vers dix-huit heures ?

— Parfait.

— À ce soir alors.

— À ce soir.

La ligne se coupa.

Elle savait qu’elle avait agi simplement, loyalement. Pourtant, en reposant l’appareil, une appréhension sourde naquit en elle.

Ce soir, Camille viendrait.

Et Adrien serait là.

En quittant les archives en fin de journée, Élise passa chez un traiteur de la rue voisine. Elle choisit quelques plats simples — une terrine, du pain frais, un plat chaud à réchauffer — avec cette attention appliquée qu’elle mettait toujours à recevoir.

Lorsqu’elle entra dans l’appartement, Adrien se tenait déjà dans la pièce principale.

Il releva aussitôt la tête.

— Bonsoir, Élise.

— Bonsoir.

Elle posa les sacs sur la table.

— Camille vient dîner ce soir, dit-elle doucement.

Adrien inclina légèrement la tête.

— Très bien.

Son regard glissa vers les sacs.

— Puis-je vous aider ?

— Oui… merci.

Il s’approcha et prit l’un d’eux pendant qu’elle sortait les provisions.

— Vous avez prévu beaucoup de choses.

— Pas particulièrement.

Adrien observa un instant ce qu’elle disposait sur la table.

— Vous semblez pourtant accorder un soin particulier à ce dîner.

Élise releva les yeux.

— C’est une amie.

— Naturellement.

Un court silence passa.

— Camille m’a paru apprécier notre dernière conversation.

Élise s’immobilisa un instant avec une bouteille à la main.

Adrien releva les yeux vers elle, l’air parfaitement tranquille.

— J’espère ne pas la décevoir ce soir.

Élise reposa la bouteille.

— Je suis sûre qu’elle saura vous le dire.

Adrien soutint son regard une seconde… puis un très léger sourire passa sur ses lèvres avant qu’il ne détourne les yeux.

Ils se mirent à préparer ensemble, sans se presser. Les gestes se croisaient, s’ajustaient. Par moments, leurs mains se frôlaient brièvement.

Chaque contact éveillait en Élise une conscience aiguë qu’elle s’efforçait de contenir.

La sonnette retentit.

Élise alla ouvrir.

Camille entra avec son énergie habituelle, son sourire déjà présent. Ses yeux trouvèrent immédiatement Adrien derrière Élise, et son visage s’éclaira franchement.

— Bonsoir !

— Bonsoir, répondit Adrien en s’inclinant légèrement.

— Je suis contente de vous revoir, dit Camille avec une chaleur spontanée.

— Le plaisir est partagé.

Elle retira son manteau, qu’Élise prit pour l’accrocher.

Camille entra davantage dans la pièce, son regard revenant presque aussitôt vers Adrien.

— Alors… comment allez-vous depuis l’autre jour ?

— Très bien, je vous remercie. Et vous ?

— Ça va. J’ai pensé à vous, vous savez. À cette soirée… au piano.

Adrien inclina légèrement la tête.

— J’en garde aussi un très bon souvenir.

Élise s’avança vers la cuisine.

— Vous voulez boire quelque chose ? J’ai ouvert une bouteille de vin.

— Volontiers, dit Camille.

— Avec plaisir, ajouta Adrien.

Élise servit trois verres.

Ils s’installèrent dans le salon : Camille dans le fauteuil, Adrien sur le canapé, Élise près d’eux.

Un instant de calme se posa, simple, presque intime, avec le tintement léger des verres.

— Et toi, ta journée ? demanda Camille en se tournant vers Élise.

— Chargée, mais ça va. J’ai rattrapé du travail.

— Tu m’étonnes.

Puis son regard revint vers Adrien.

— J’avais envie de vous poser une question. Vous avez appris le piano où ?

Adrien réfléchit un instant.

— Dans mon enfance. Ma famille y accordait beaucoup d’importance. J’ai reçu un enseignement assez rigoureux.

— Ça s’entend, dit Camille doucement.

Il inclina légèrement la tête.

— Et vous ? Vous en jouez également.

Elle eut un petit sourire.

— Oui. Depuis longtemps. J’ai commencé enfant aussi… mais j’ai surtout continué par plaisir.

— Vous jouez souvent ?

— Moins qu’avant… mais cela reste important pour moi.

— Cela se perçoit.

Un bref silence passa, chargé d’une connivence musicale immédiate.

Élise observait, attentive. Rien n’était déplacé. Rien n’était excessif. Pourtant quelque chose se serrait légèrement en elle devant cette facilité naturelle entre eux.

Camille tourna la tête vers la cuisine.

— Ça sent bon.

Élise posa son verre.

— On peut passer à table si vous voulez.

Ils passèrent dans la salle à manger.

La table était déjà prête, dressée avec le soin simple qu’Adrien avait apporté à chaque détail.

Camille s’arrêta une seconde en la voyant.

— C’est joli.

— C’est Adrien qui a commencé à mettre la table, dit Élise.

Camille lui adressa un regard chaleureux.

— Alors merci. C’est très agréable.

Adrien eut un léger mouvement d’épaule.

— Je me suis contenté d’obéir aux instructions.

— Vous obéissez facilement ? demanda Camille avec amusement.

Adrien eut un très léger sourire.

— Seulement lorsque les instructions sont raisonnables.

Élise leva brièvement les yeux vers lui.

Ils s’assirent : Camille en face d’Adrien, Élise à côté de lui.

La proximité autour de la table changeait la sensation de l’espace. Le cercle devenait plus intime, les regards plus directs.

Élise servit les plats.

— Ça a l’air délicieux, dit Camille.

— J’espère que ça vous plaira.

— Ça me plaît déjà.

Ils commencèrent à manger.

— Vous avez découvert un peu le quartier ? demanda Camille.

— Très peu encore. J’observe surtout depuis l’appartement. Le monde extérieur demeure dense pour moi.

— Ça doit faire beaucoup à intégrer.

— Oui. Mais la présence d’Élise rend cela plus simple.

Camille sourit vers elle.

— Tu vois.

Élise baissa les yeux vers son assiette.

— Il s’adapte très bien.

Camille revint vers Adrien.

— Vous avez toujours cette impression de décalage ?

— Oui. Mais elle est moins douloureuse qu’au début.

Camille hocha doucement la tête.

— Je comprends.

Puis elle ajouta avec un sourire :

— Il faudra que vous reveniez jouer un jour chez moi.

Adrien prit une seconde avant de répondre.

— L’idée est tentante.

Son regard glissa brièvement vers Élise.

— Si Élise me laisse sortir.

Camille éclata d’un petit rire.

— Tu le séquestres ?

— Pas encore, répondit Adrien tranquillement.

Élise sentit la chaleur lui monter légèrement au visage.

Le repas continua paisiblement en apparence.

Mais sous la tranquillité du repas, une tension invisible s’installait peu à peu entre eux.

Ils restèrent encore à table après le plat, leurs verres remplis une seconde fois. Le vin rendait Camille plus libre, ses gestes plus ouverts, sa voix plus souple.

— C’est étrange, dit-elle en posant son verre. Vous avez quelque chose de très ancien… et très rassurant à la fois.

— Je ne sais pas si c’est exact. Mais je vous remercie.

— Si. On le sent tout de suite. On a l’impression que vous pourriez écouter quelqu’un pendant des heures.

— C’est une qualité rare, dit Élise.

Adrien tourna vers elle un regard bref.

Camille les observa tour à tour.

— Tu as de la chance, dit-elle à Élise.

— De la chance ?

— Oui. De l’avoir chez toi.

— Adrien est libre de partir quand il veut, répondit Élise doucement.

— Je ne parlais pas de ça, dit Camille avec un petit sourire. Je veux dire… il est rare. Ça se voit. Et il est beau, en plus.

Adrien inclina légèrement la tête.

— Vous êtes très généreuse dans vos observations.

— Je suis honnête.

Élise sentit la tension se tendre un peu plus.

— Ne t’inquiète pas, je ne te le vole pas, ajouta Camille.

Élise releva les yeux vers elle.

— Tu peux le prendre si tu veux.

Camille haussa légèrement les sourcils.

— Ah bon ?

— Bien sûr, dit Élise avec un calme presque indifférent. Adrien fait ce qu’il veut. Je ne le retiens pas.

Elle reprit son verre… mais le reposa presque aussitôt, sans boire.

Adrien tourna lentement la tête vers elle.

Camille eut un petit sourire amusé.

— Dans ce cas, dit-elle en regardant Adrien, je me sens beaucoup plus libre.

Adrien posa son verre.

— C’est une information intéressante.

Il marqua une courte pause.

Puis son regard se posa sur Élise.

— Je tâcherai de m’en souvenir.

Élise soutint son regard.

Adrien inclina légèrement la tête, presque pensif.

Puis il ajouta tranquillement :

— Dans ce cas… Camille, je pourrais peut-être accepter votre invitation.

Le silence tomba autour de la table.

Adrien détourna les yeux vers son verre.

Un très léger sourire passa sur ses lèvres.

Élise sentit la phrase comme une fine lame.

Elle garda les yeux baissés vers son assiette, de peur que quelque chose de trop visible ne passe dans son regard.

Elle inspira lentement et se leva alors pour débarrasser, plus tôt qu’il ne l’aurait fallu.

Camille la suivit du regard, puis se pencha légèrement vers Adrien, la voix plus basse.

— Vous savez… je crois qu’Élise a beaucoup de chance de vous avoir ici.

Adrien tourna vers elle un regard attentif.

— Elle m’a surtout rendu un grand service, répondit-il simplement.

Camille eut un petit sourire.

— Peut-être… mais je comprends qu’on s’attache vite à vous.

Un silence bref passa.

— Vous me plaisez beaucoup, Adrien, ajouta-t-elle plus doucement.

Adrien resta immobile une seconde, puis inclina légèrement la tête.

— Vous êtes très aimable.

— Et vous ? demanda-t-elle.

Adrien ne répondit pas immédiatement.

Il prit son verre, le fit tourner légèrement entre ses doigts, comme pour se donner un instant de réflexion. Son regard glissa vers la cuisine, d’où venait le bruit discret d’un tiroir qu’on refermait.

Puis il releva les yeux vers Camille.

— Je crois que certaines questions méritent d’être posées quand tout le monde est présent.

Dans le même instant, Élise revint de la cuisine.

Le moment se referma.

Mais le silence qui suivit n’était plus tout à fait le même.

Élise resta quelques secondes immobile, le regard fixé vers la porte comme pour s’assurer que Camille était bien partie. Puis elle se détourna brusquement et commença à ramasser les verres.

— Je vais débarrasser.

Sa voix était plus sèche qu’elle ne l’aurait voulu.

Adrien la suivit aussitôt.

— Permettez-moi de vous aider.

Elle ne protesta pas. Ses gestes étaient rapides, presque brusques. Une assiette heurta le bord de l’évier et le bruit résonna dans la cuisine plus fort qu’il n’aurait dû.

Adrien l’observa un instant avant de parler.

— Vous êtes contrariée.

— Non.

— Élise…

Elle continua de ranger, le dos tourné.

— Tout va très bien.

Il resta silencieux une seconde, puis reprit calmement :

— Dans ce cas, regardez-moi et dites-le.

Elle se retourna brusquement.

— Quoi ?

— Pourquoi êtes-vous en colère ?

— Je ne suis pas en colère.

— Vous l’êtes.

Elle laissa échapper un souffle agacé.

— Et si c’était le cas, ça changerait quoi ?

— Cela dépend de la raison.

Un silence passa.

— Alors dites-moi pourquoi.

Elle eut un rire bref.

— Sérieusement ? Vous ne voyez vraiment pas ?

— Non.

Elle posa le torchon sur le plan de travail avec plus de force qu’il n’était nécessaire.

— Peut-être parce que vous avez passé la soirée à flirter avec Camille comme si ça vous amusait.

Il fronça légèrement les sourcils.

— Flirter ?

— Oui. Les petits sourires, les invitations… tout ça. Vous voyez très bien.

— Et cela vous dérange ?

— Non.

— Élise…

— Non, répéta-t-elle. Pas du tout. Adrien fait ce qu’il veut, non ?

Le calme de sa voix était presque coupant.

Il fit un pas vers elle.

— C’est étrange, parce que depuis que Camille est partie vous vous comportez comme quelqu’un à qui cela a précisément fait quelque chose.

Elle détourna les yeux.

— Vous vous trompez.

— Alors regardez-moi et répétez-le.

Elle leva les yeux vers lui.

Le silence s’étira entre eux.

— Dites que cela ne vous fait rien.

Elle inspira profondément.

— Très bien. Ça ne me fait rien.

Adrien la regarda un instant, puis secoua lentement la tête.

— Non.

— Pardon ?

— Vous mentez.

Le mot fut prononcé sans dureté.

Ses yeux brillèrent.

— Vous vous trompez.

— Dans ce cas, dites-le encore.

Elle soutint son regard quelques secondes.

Puis la colère l’emporta.

— Très bien ! Oui, ça m’a énervée ! Ça m’a agacée de vous voir jouer avec elle comme si tout ça était un jeu !

Sa voix tremblait maintenant.

— Parce que pour moi ça ne l’est pas. Je sais que vous allez partir. Je sais que je dois vous aider à repartir. Et malgré ça je m’attache, voilà.

Le silence qui suivit fut lourd.

Adrien ne répondit pas tout de suite.

Il la regardait simplement.

Ce silence l’énerva davantage.

— Quoi ? demanda-t-elle. C’est ça que vous vouliez entendre ?

Il fit un pas de plus.

Ils étaient maintenant très proches.

— Vous vous trompez, dit-il calmement.

Elle leva les yeux vers lui.

Pendant une seconde, aucun des deux ne bougea.

Il était si près qu’elle sentait presque son souffle.

Son regard descendit malgré elle vers sa bouche.

Elle crut qu’il allait l’embrasser.

Mais il ne bougea pas.

Il la regardait seulement, comme s’il attendait.

Et soudain elle comprit.

Pour lui, c’était encore un jeu.

La colère revint d’un coup.

Elle recula brusquement.

— C’est bon.

Sa voix s’était refermée.

— Vous avez gagné.

Il fronça légèrement les sourcils.

— Élise—

— Non.

Elle secoua la tête.

— Continuez à jouer si ça vous amuse.

Elle passa près de lui sans le regarder.

— Bonne nuit, Adrien.

Le ton était sec.

Sans attendre sa réponse, elle quitta la cuisine et disparut dans sa chambre.

La porte se referma derrière elle.

Le bruit fut léger, mais dans le silence de l’appartement il résonna comme un coup net.

Adrien resta immobile quelques secondes, le regard posé sur la porte fermée.

L’air semblait encore chargé de sa présence.

Il passa lentement une main sur son visage, puis la laissa retomber.

Son regard glissa vers la cuisine, vers l’évier où Élise avait laissé les verres à moitié rincés.

Il s’approcha machinalement, en prit un… puis s’arrêta.

Ses doigts restèrent un instant immobiles sur le bord du verre.

Finalement il le reposa sans bruit.

Et seulement alors il murmura, presque pour lui-même :

— Imbécile.

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