CHAPITRE 4
Lyra
« Ils s’aimaient tellement, ils auraient tout sacrifié,
Amis et famille, capables de tout renier,
Tout donner pour s’aimer, tel était leur or,
Mais elle aimait la vie et il aimait la mort... »
C’est la sonnerie du téléphone de Lucian qui nous force à nous détacher. Il attrape son portable qui vibre dans sa poche, c’est sa mère, Catherine. Il décroche, je le contemple, toujours abasourdie que ce jeune homme de 17 ans m’ait embrassée... Elle s’inquiète pour lui, elle croit que je n’existe pas, elle veut vérifier que j’existe et me convie donc à dîner. Je souris, me réjouissant que Lucian soit heureux de me voir venir dîner chez lui. Nous décidons de nous retrouver ici, il me prendra des vêtements de rechange et une serviette pour que je puisse me sécher après avoir traversé la rivière. Je l’embrasse une dernière fois avant de plonger. Cette fois-ci, j’effectue un double salto avant de fendre les eaux glacées. Je monte sur le dos d’Uranus et la lance au galop. Je décide de venir en scooter après-demain, ce sera plus facile à gérer. Une fois à la maison, je passe une très grande partie de l’après-midi à rêvasser... Sa main sur ma hanche, mes mains dans ses cheveux, son torse contre ma joue, ses lèvres sur les miennes et ce courant électrique, toujours là, sur mes lèvres... et cette promesse non dite mais comprise et scellée.
JOURNAL DE LUCIAN
Cher journal... Je crois que je suis... tombé amoureux... Elle ne me fuit pas et elle est si gentille, attentionnée et belle et tout, en fait... On s’est rencontrés hier et... aujourd’hui on s’est embrassés !!! TROIS FOIS !!! Mon tout premier baiser, mon tout premier amour, mon tout premier sourire, mon tout premier bonheur !! Ô moi qui ne croyais pas en l’amour !! Me voilà amoureux.
Lucian
Il se réveille dans sa chambre et, pour une fois, à l’idée d’aller au lycée, il sourit. Il bondit de son lit et se brosse les dents, il se coiffe et met même du gel. Il prend ses lunettes de soleil et sort de sa chambre noire. Il prend deux tartines et remonte les marches de son escalier deux à deux après avoir servi un généreux bol de croquettes à Biscuit. Il met son short noir et son tee-shirt noir « love u ». Il prend soin de ne pas oublier un seul cahier, dépose un baiser sur la joue de Catherine et s’en va. Il marche seul mais souriant... Il prend la 12 et descend au bon arrêt. Il lève la tête et... ce ne serait pas Lyra ? Il aperçoit une fille rousse, parsemée d’étoiles, assise sur les marches devant le portail encore fermé de CLAIR’Noms Junior. Elle lit, une mèche glissée derrière son oreille. C’est bien Lyra. Une idée lui remonte au cerveau, une illumination le percute. Il est juste devant le fleuriste, et il vend des roses, et il a de l’argent sur lui. Il trottine jusqu’au vendeur, lui achète la plus belle et plus grosse de toutes les roses. La plus rouge et la plus fraîche.
Lyra
Je tourne la page, mais alors que je parcourais tranquillement les lignes de mon roman des yeux, je m’aperçois que quelque chose cloche... Pourquoi suis-je tout d’un coup à l’ombre ? Je lève les yeux et, devant moi, se dresse l’ombre d’un jeune homme. Je me tourne et…
— Lucian ?
— Oui, c’est bien mon nom.
— Mais euh... Qu’est-ce que tu fais là ?
Il sourit et me tend la jolie fleur qu’il cachait dans son dos.
— C’est pour moi ? balbutié-je, le rouge montant aux joues.
— Non, c’est pour le chien de la grand-mère qui a traversé le passage piéton d’en face le treize juin mille neuf cent trente et un virgule quatre-vingt-deux.
— Donc c’est pour moi ? l’interroge-t-elle, souriante.
— Évidemment… N’oublie pas, demain soir 18 h 15.
Il me la met dans les mains et s’en va. Sans dire ni au revoir, ni bonjour, mais c’était encore mieux que toutes les salutations du monde entier.
Lucian
La journée de notre ange de la mort passe très vite et il voudrait qu’elle soit encore plus rapide. Il ne fait ni attention aux insultes du trio maléfique, ni aux cours ennuyeux des professeurs qui devraient être retraités depuis au moins cent ans. Il n’attend qu’une chose : ce soir.
Lyra
À dix-sept heures trente, je quitte la ferme, je saute le portillon après avoir câliné Cala et Gabie, puis, pose mon casque sur ma tête et balance ma jambe par-dessus le scooter. Je lève la béquille et démarre le moteur. Le trajet fut plutôt rapide. Je sens ma robe toute légère que j’ai choisie (ce sera plus rapide à sécher). J’arrive à la rivière, j’éteins le moteur et fais mon trajet que je connais de mieux en mieux, mes mains commencent à connaître les prises. Lucian est là, il me tend sa main, je ne prends pas la peine de l’attraper, je bondis dans ses bras et me blottis tout contre son corps. Je me rends compte qu’il est vraiment grand.
Lucian
— Je pourrais m’habituer à ce genre de bonjour, dis donc…, lui murmure-t-il à l’oreille.
— Moi aussi..., lui confie-t-elle.
Notre Lucian se détache de Lyra et sort de son sac un pull et un short large trop petit pour lui, ainsi qu’un tee-shirt de sport.
— Désolé, c’est tout ce que j’avais…
— C’est parfait. Merci.
Lyra ôte sa robe, Lucian la regarde, mais putain, ce qu’elle est belle... Elle enfile le rechange que Lucian lui a apporté. Il lui prend la main. Oh, ces ados... toujours à en rajouter des caisses, bref, reprenons… Lyra le bouscule gentiment vers le côté. Notre ange de la mort sourit malicieusement avant de la bousculer un peu plus fort de l’autre côté.
Lyra
Je le regarde et décide de prendre ma revanche... Je me jette sur lui et nous nous retrouvons tous les deux à terre, hilare. Il se lève et me tend sa main pâle, je la saisis et me lève à mon tour. Nous commençons à marcher, mais je ne lui lâche toujours pas la main. Nous prenons le premier bus et descendons au premier arrêt. Je me laisse guider à travers la ville que je parcours d’habitude en vélo vers une charmante maisonnette, toute petite, avec une porte en bois de sapin. Lucian entre, puis me fait signe d’entrer à mon tour. Sa mère accourt, elle me salue joyeusement et me tend la main.
— Bonjour, tu dois être Lyra, ravie de faire ta connaissance.
— Bonjour, madame, merci pour l’invitation, répondis-je en lui serrant la main, tout sourire.
Elle repart en cuisine. Je vois, en face de moi, un miroir poussiéreux. Je contemple mon visage, mes taches de rousseur me semblent s’être multipliées, mes cheveux sont tout simplement en pagaille et mes joues ont l’air d’appartenir à un enfant. Lucian, qui est déjà monté, m’appelle. Je gravis ces marches de bois quatre à quatre. Un chien se jette sur moi et j’explose de rire. C’est un magnifique berger australien. Je caresse ses poils, ils sont doux et me rappellent ceux de Gabie. Lucian me présente sa chienne, Moutarde. Il m’attrape la main et me fait visiter sa chambre. Tout est noir ou gris. Il ferme la porte, et tout d’un coup, je me sens oppressée. Je ressens le besoin d’être près de lui. Cette absence de lumière me fait peur, elle me rappelle mes cauchemars. Il me prend la main et m’attire tout contre lui, comme s’il avait senti mon angoisse. Je me blottis contre son torse. Mon cœur s’est accéléré et je transpire beaucoup en tremblotant. Je m’éloigne, ça va mieux, je m’assois sur son lit noir, il me rejoint.
— Je peux te poser une question ?
— Bien sûr... Dis-moi tout.
— C’est quoi ta maladie ? balbutiais-je.
Lucian
— Heu... murmure-t-il.
— Pardon, oui, heu, désolée, c’était déplacé.
— Non non, c’est rien. Je... je suis albinos, c’est tout…
— C’est quoi ? Ça fait mal ? Tu as du mal à respirer ? À voir ?
— Non non, je suis juste dépigmenté. Je ne produis pas de mélanine et mes yeux sont très sensibles à la lumière.
Lyra, cette fille rousse, magnifique et douce, dégage son visage d’une mèche rebelle bouclée rousse et murmure :
— Je t’aime, Lucian.
— Lyra, tu sais, je n’ai jamais ressenti ce sentiment pour personne. Les gens m’ont toujours repoussé, voire haï, pour ma maladie... Tu es la première, la première fille qui souhaite me parler, la première à venir dîner, la première à m’embrasser, la première à me demander si je souffre, la première dont je suis tombé follement amoureux au premier regard. Tout ça, c’est nouveau pour moi. Tu as éclairé ma vie, tu es mon rayon de soleil. La semaine dernière encore, je souhaitais mourir, mais maintenant tu es là, devant moi. Rien que ton odeur me rend fou. Je... je t’aime tellement, Lyra.
La jeune troisième ne trouve pas quoi répondre à cette confession. Elle reste là, plantée, au bord des larmes, puis elle se jette dans ses bras. Elle l’agrippe comme si sa vie en dépendait. Son odeur le rend fou, il penche sa tête pour l’embrasser, fougueusement. Leurs souffles se mêlent parfaitement. Soudain, le baiser devient plus vif, plus langoureux, plus tout. Lucian retire son pull, Lyra l’aide à retirer son tee-shirt après lui avoir murmuré un tendre « Je veux te voir ».
Lyra
Il est là, torse nu, devant moi. J’aime sa peau, cette couleur sans couleur, j’aime ses muscles finement tracés, j’aime ses épaules maladroites. Je pose mes mains dans son cou, sur ses épaules, ses bras ; elles parcourent son torse sans vouloir rester en place. Il murmure mon prénom comme une question muette, à laquelle je réponds en l’embrassant encore plus tendrement.
Lucian
Il la regarde, elle est vraiment très très belle. Il a envie de la voir. La douce jeune fille retire son pull. Mais Lucian veut la voir : sa peau, son ventre, elle. Il l’aide à enlever le tee-shirt qu’il lui avait prêté une demi-heure plus tôt. Notre ange de la mort la regarde, son regard détaille chaque centimètre carré de cette peau parsemée de taches de rousseur. Il ne peut plus résister, il pose ses mains sur elle, il la touche, la caresse, murmure son nom...
Soudain ! La porte s’ouvre.
— Mon chéri ! appelle la mère de Lucian tout en franchissant le pas de la porte.
— OH mon Dieu…
— C’est pas ce que tu crois, m'man…, balbutie-t-il penaud.
— Bon, quoi que vous étiez en train de faire, je vais refermer cette porte, vous allez vous habiller et descendre, le dîner est prêt.
Elle referme la porte. Lucian et Lyra se regardent furtivement et, ne sachant que faire, ils se mettent à rire, tous les deux, de gêne, d’extase, de joie, de tout et de rien, tout à la fois. Ils revêtissent leurs vêtements sans un mot et, toujours dans le silence, Lucian guide la belle demoiselle vers la salle à manger. Catherine arrive, deux plats à la main. Lyra se précipite pour l’aider en prenant une grosse marmite de spaghettis qui allait chavirer. Elle la dépose au centre de la table et demande à la mère de notre ange de la mort si elle peut faire quelque chose pour aider. Cette dernière lui répondit que non, elle s’occupait de tout.
— Dis, Lucian, tu es en quelle classe ? lui demande-t-elle.
— Dernière année de lycée.
— Tu es vraiment grand…, articule Lyra, les yeux grands ouverts.
— Non, pas vraiment, c’est toi qui es vraiment petite, la taquine-t-il.
Lyra lui tire la langue en faisant la grimace comme une enfant, et il fait de même. Cathy arrive et leur sert à chacun une énorme dose de pâtes et un steak cuit parfaitement.
— Vous vous connaissez d’où ? demande-t-elle, curieuse.
— On s’est rencontrés près de la rivière, affirme le jeune homme.
— Et vous êtes ?
Ok, là, je vais vous le dire : on dirait qu’on assiste à un dîner entre un humain et deux tomates. Tous deux virent cramoisis et sourient bêtement.
— On est de très bons amis, m'man, répond donc notre ange de la mort sur un ton qui, implicitement, voulait dire : « tais-toi, maman. »
Je ne vais pas entrer dans les détails, mais ils parlèrent surtout de choses banales, comme : « Tu veux faire quoi plus tard, Lyra ? », « Tu es en quelle classe ? » Et bla bla bla…
Aux alentours de vingt heures, Lyra salue la mère de Lucian et Lucian et s’en va.
Lyra
Je tire sur la poignée, j’ai l’impression de toujours l’avoir connu... J’ouvre la porte et sors dans le courant d’air glacé d’automne, avançant dans la ruelle plongée dans le noir. Un frisson parcourt mon bras, quand soudain, quelqu’un m’attrape le bras.
— Tu crois que j’allais te laisser partir comme ça ?
— Heu, désolé, je me suis sauvée, je sentais le regard de ta mère me traverser.
— C’est rien.
— Pour tout à l’heure... Heu…
— Chuttt...
Lucian pose son index sur mes lèvres et, soudainement, m’embrasse. Son baiser est vigoureux, passionné. Je le lui rends encore plus langoureusement. Il me fait reculer doucement et me plaque contre le muret gris que j’avais vu en passant tout à l’heure. J’ai l’impression de ne plus tenir sur mes pieds, mes jambes sont devenues du coton. Il pose sa main sur le muret rugueux et plonge sa langue chaude dans ma bouche, m’électrisant. Je la mordille avec malice. Je le touche, mes mains parcourent son torse, détaillant chacun de ses muscles et finissent par s’arrêter dans ses cheveux blanchâtres. Mon Dieu, qu’ils sont doux. Le temps se suspend, une tension passe de ses yeux aux miens. Un chien aboie et nous ramène sur terre.
Une question fugace traverse mon esprit : que faire de ce moment effervescent, cette étincelle de passion qui pourrait tout embraser ?
— Je vais te ramener.
— T’es pas obligé…
— J’y tiens.
On reste muets sur le chemin du retour. J’aime bien le silence, quand Lucian est à côté de moi. On n’a pas besoin de mots pour se comprendre et pour communiquer, on se regarde sans rien dire. Je lui prends la main, il me serre dans ses bras, et ça remplace les mots. C’est plus fort. Il n’y a pas de mots assez forts ni assez exacts pour remplacer ces gestes auxquels je commence à m’habituer.
J’aperçois la falaise, il fait tout noir. Un frisson me parcourt, je le revois partir et me laisser seule dans le noir alors que je n’avais que cinq ans. J’ai hurlé, mais il n’est jamais revenu... J’ai peur, je ne veux pas rentrer, pas dans le noir. Alors, involontairement, je serre la main de Lucian de toutes mes forces. Je ne veux pas rentrer, pas dans cette obscurité qui me rappelle tant de souvenirs effrayants. La peur m’envahit, une terreur irrationnelle et pourtant si réelle. Je veux fuir, mais il est là, présent. Son regard rassurant me garde en équilibre sur le fil de mes pensées. Je prends une profonde inspiration, essayant de chasser les ombres de mon passé, me concentrant sur la chaleur de sa main dans la mienne.
— J’ai peur du noir…, susurrais-je, honteuse.
— Ne t’inquiète pas, je suis là, m’affirme-t-il, protecteur.
— Je vais te ramener, je viens avec toi.
— Tu es sûr ? L’eau est glacée…
Sans prévenir, il se lance par-dessus la falaise. Je n’ai plus d’autre choix que de sauter à mon tour. Quand je sens le froid de l’eau m’attaquer, je me mets à nager le plus vite possible vers le bord. Lucian est déjà arrivé.
— Tu as raison, on se gèle…
— Tu sais remonter ?
Il sourit bêtement et se gratte le crâne. Un petit rire nerveux s’échappe de ma bouche, car malgré l’adrénaline qui court dans mes veines, je ne peux m’empêcher de sentir l’absurdité de notre situation. En sautant dans la rivière, Lucian s’est jeté en territoire inconnu. Le fait qu’il soit là change tout. Cet endroit que je pensais connaître n’est plus le même.
— J’y avais pas pensé…
Je lève les yeux au ciel et lui propose de dormir dans la grange avec Gabie et Cala.
— Je crois que j’ai pas d’autre choix, rit-il.
Je monte sur mon scooter, il monte à son tour derrière moi et m’agrippe la taille. L’un contre l’autre, on roule doucement en direction de la ferme. Les buttes de terre nous font sauter. Dans un coin, j’aperçois le troupeau, ils se reposent et nous regardent, las. J’entends le hululement d’un hibou perché non loin de là. J’aime ces oiseaux nocturnes... Je vois, à une centaine de mètres, la ferme éblouie par mon phare. Je gare mon petit scooter bleu contre la barrière, juste à côté du portillon de Gabie et Cala. Lucian descend, je l’imite, puis le dirige vers la petite grange en bois. Je pousse la porte usée et Gabie me saute dessus, agacée qu’un intrus vienne troubler son sommeil. Cala, elle, roupille tranquillement dans un coin et ne fait pas attention à nous. Je montre à Lucian le tas de foin propre à l’étage. Je monte la petite échelle improvisée et, une fois en haut, appelle Lucian. Il s’installe, je lui dépose un baiser sur ses lèvres et lui souhaite bonne nuit.
Lucian
Elle commence à s’éloigner. Déjà en bas, Lucian hésite un instant, partagé entre l’envie de laisser partir Lyra et celle de la retenir.
— Attends ! s’écrie-t-il au dernier moment.
Elle se retourne, un sourire illuminant son visage.
— Quoi ? Tu as besoin de quelque chose d’autre ? Je peux t’apporter un verre d’eau, si tu veux.
— Non, tout va bien, mais... Tu ne veux pas rester un peu ?
Lyra
Comme s’ils n’attendaient que ça, mes pieds agissent seuls et je commence à escalader l’échelle. Mes jambes n’ont pas attendu d’ordre ; elles se sont contentées de rebrousser chemin, naturellement. Une fois en haut, je m’allonge, déterminée à dormir. Mais ma jambe frôle la sienne, et tout bascule. Nous nous jetons l’un sur l’autre. Il m’embrasse, et je me retrouve déjà à califourchon sur lui. Dans un geste rapide, il retire mon tee-shirt encore humide. C’est la première fois de ma vie que je me tiens à moitié nue devant un garçon. Son regard est ardent, empli de passion, comme s’il venait de découvrir un trésor.
Lucian
Il la voit, sa peau, sa chair, ses étoiles. À cet instant précis, tout le reste du monde disparaît. Ses problèmes, sa mère, Knore, sa maladie... Il n’y a plus que Lyra, avec ses taches de rousseur, si proche de lui. Il passe sa main sur sa peau, une pulsion irrésistible le pousse à la toucher. Déterminé à partager cette intimité, il retire à son tour son tee-shirt. Lyra s’allonge contre lui, son corps réchauffé contre le sien. Lucian se dit que cet instant est sans conteste le meilleur de sa vie. Le temps semble suspendu, mais il est déjà tard. Alors que l’intensité de cet échange les enveloppe, il sait que les mots ne suffisent et ne suffiront plus. Ils ont partagé un moment qui les transcende, un chapitre qu’ils ne peuvent plus écrire. Lyra et lui se laissent porter par la nuit, leurs corps enlacés dans une danse où le monde extérieur n’a plus sa place.

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