Chapitre 11 (lundi 20 mars 2017, suite)

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Arthur est arrivé en cours après nous, et comme on est assis au premier rang avec Julie, impossible de le voir sans me retourner. Je voudrais lui faire signe, pour qu'on puisse se parler à la pause de dix heures.

Jamais deux heures de maths ne m'avaient semblé durer aussi longtemps. Pourtant, j'adore cette matière. Je me précipite dehors pour essayer de parler avec Arthur, et je le trouve assis sur un banc, avec son habituelle cour. Trois garçons, et surtout deux filles, qui semblent faire un concours, à laquelle réussira à sortir la première avec lui.

Je prends mon courage à deux mains, et je m'approche d'eux.

– Salut !

– Salut ! répondent en chœur Cassandra et Chloé.

Les trois garçons semblent, quant à eux, complètement m'ignorer.

– Je pourrais te parler un moment... s'il te plait ? Ajouté-je, en évitant son regard. Euh... pour l'exercice de math que tu voulais que je t'explique.

– Tu penses que c'est vraiment le moment ?

Je comprends bien que sa question n'est que purement rhétorique, mais, si je me dégonfle maintenant, je crois que je n'oserai jamais revenir lui parler.

– Comme tu veux ! Mais tu ne viendras pas pleurer si tu te plantes à la prochaine interro !

– Ok, soupire-t-il. Attends-moi en classe de chimie, je te rejoins dans deux minutes.

Là encore, le ton ne prête pas à discussion, mais l'essentiel, c'est que j'ai obtenu ce que je souhaitais. Je tourne le dos au petit groupe, et file directement dans le labo. Je m'installe à la place qui sera la mienne pour les deux prochaines heures, et j'attends.

Le bruit de la porte, suivie d'un léger courant d'air accompagné d'une odeur de tabac, m'indique qu'Arthur vient de me rejoindre. Je me retourne, il s'est arrêté à l'entrée de la salle. Il me regarde, et semble hésiter, avant de venir lentement jusqu'à moi.

Il est vraiment beau, un peu plus grand que moi, et surtout beaucoup plus musclé, mais ce que je préfère chez lui, c'est son visage. Il a la peau assez mate, des traits fins et un nez légèrement en trompette. De magnifiques yeux, qui oscillent entre le bleu et le vert, selon l'éclairage, et des sourcils et des cheveux très foncés, presque noirs. Comme souvent, il porte une barbe assez dense, qu'il rase tous les deux ou trois jours, alors que moi, une pince à épiler suffirait à supprimer mes deux poils blonds, une fois par mois.

– Je suppose que tu veux parler de la journée d'hier !

Au moins, il ne tourne pas autour du pot, et son ton, comme son regard, ne dégage aucune agressivité.

Je me récite une dernière fois dans ma tête, le petit texte que j'ai préparé, je respire un grand coup, et je me lance.

– On est d'accord tous les deux qu'on s'est embrassés à la piscine ?

J'attends, il comprend que je veux une réponse, et je sens qu'il commence déjà à s'agacer, mais je ne lâcherai rien.

– Oui, on s'est embrassés, lâche-t-il enfin, après quelques secondes.

– Une semaine après, tu m'invites pour voir un match de foot et...

– OK, j'ai compris. Tu ne vas pas refaire tout l'historique ! Tu veux quoi ? me dit-il, avec cette fois un énervement, à peine dissimulé.

– Je veux comprendre. Je veux savoir ce que tu veux, parce que moi, je sais exactement ce que je veux.

– Ah oui ? Et on peut le savoir ?

– Oui...

Je sens que mon courage commence à m'abandonner, mais il faut que j'aille au bout de cette discussion. Je termine donc ma phrase à toute vitesse.

– Je veux sortir avec toi, je veux que tu sois mon petit copain.

Ouf, c'est fait. Je ne me suis pas dégonflé, et j'ai à peu près réussi à dire tout ce que je voulais. Je pourrais même affirmer, que tout s'est à peu près bien passé, pour l'instant. Malheureusement, j'aperçois la prof de chimie qui vient d'arriver pour donner son cours. Je crois même, qu'elle devait être à l'arrière du labo depuis le début, car je n'ai pas entendu la porte s'ouvrir.

– C'est bien la première fois que tu arrives en avance en cours Arthur, dit-elle, avec un sourire moqueur sur les lèvres. C'est sans doute la bonne influence de Lucas ?

Je me sens immédiatement rougir de honte. J'espère qu'elle n'a rien entendu.

Arthur, lui, la regarde en soupirant, mais ne répond pas. Et pour moi, c'est raté, je n'aurai pas la fin de la discussion que je voulais. Par contre, malgré l'arrivée des autres élèves, mon peut-être-futur-petit-copain, ne change pas de place, il fait même signe à Julie, qui s'approchait, de se mettre ailleurs. C'est plutôt bon signe ça, non ?

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