Prologue
Je l’ai rencontrée dans une phrase.
Pas dans un regard, pas dans une salle, pas dans un hasard physique.
Dans une phrase parfaitement construite, dense sans être pesante, sensuelle sans jamais s’excuser de l’être.
Elle écrivait à la première personne. Toujours.
Comme si chaque texte était une confession maîtrisée.
Elle ne racontait pas des scènes. Elle restituait des sensations : la chaleur d’un matin encore collée à la peau, la couleur exacte d’un vêtement abandonné, l’odeur légère d’un corps qui ne cherche plus à séduire mais à exister.
Je me suis surpris à ralentir ma lecture.
Il y avait chez elle quelque chose de musical.
Un phrasé.
Une montée, une suspension, une résolution.
Elle ne cherchait pas à impressionner.
Elle cherchait la précision.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que je n’allais pas seulement la lire.
J’allais apprendre à l’écouter.

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