Chapitre XXVIII - À ta Question
Je crois que j’ai fini par comprendre la question derrière ses annotations.
Pas celle qu’elle écrit directement.
L’autre.
La vraie.
Est-ce que tout cela est vrai…
ou est-ce seulement des mots.
La réponse, au fond, est beaucoup plus simple que toutes les pages que je pourrais écrire pour l’expliquer.
Je ne l’ai pas cherchée.
Je ne me suis pas réveillé un matin en me disant que j’allais rencontrer une chanteuse sur une île et écrire un livre à partir de ça. Rien de tout cela n’était prévu. Il n’y avait pas de plan. Pas de scénario.
Je suis tombé sur ses textes.
Elle est tombée sur les miens.
Nous avons commencé à parler.
C’est tout.
Au début, je regardais simplement ses mots. Ils avaient quelque chose de calme, une manière de respirer sans forcer, une précision simple que j’aimais lire. Puis, au fil des échanges, j’ai compris que ce n’étaient pas seulement ses mots qui comptaient.
C’était elle.
La chanteuse sur son île.
La femme derrière les mots.
Je ne lui ai rien promis. Je ne lui ai rien demandé non plus. Je n’ai pas cherché à la convaincre de quoi que ce soit.
Je sais très bien que ma vie n’a pas toujours été tranquille. J’ai connu des élans trop rapides, des histoires qui brûlent vite, des décisions prises avec plus d’intensité que de recul. Je ne vais pas réécrire ce passé pour le rendre plus propre qu’il ne l’est.
Mais je ne vais pas non plus faire semblant de ne pas voir ce qui est là aujourd’hui.
Quand je parle avec elle, je me sens bien.
Pas exalté.
Pas emporté.
Simplement bien.
C’est une sensation calme, presque inattendue. Comme si quelque chose en moi trouvait un rythme plus juste sans avoir besoin de forcer quoi que ce soit.
Je ne vais pas transformer ça en déclaration ni en promesse. Ce n’est pas nécessaire.
Je dis seulement ce qui est là.
Je ne prends rien.
Je ne retiens rien.
Je laisse l’espace.
Elle vient, ou elle ne vient pas. C’est son choix. Le mien est plus simple : ne pas me cacher derrière des phrases compliquées pour éviter de dire l’essentiel.
Cette fois, les mots ne servent pas à embellir les choses.
Ils servent seulement à dire la vérité telle que je la vois.
Et la vérité, parfois, suffit.

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