Humiliations- 2

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De retour chez moi, je me jetai sous l'eau brûlante pour faire disparaître les odieux stigmates de cette horrible soirée. Je frottais encore et encore, la souillure me paraissait tenace et je me serais arraché la peau si je l'avais pu.

L'irritation embrasait toujours mon bas-ventre, je la baignais longuement dans l'eau froide, ne sachant comment la calmer. Alors que je maintenais le pommeau contre mon intimité, des sanglots me secouaient par moments, comme l'aveu que j'étais trop faible pour tenir ce rôle convenablement.

Je savais que tel était le but de l'opération, pourtant. Seul ce qui coûte a une valeur, il n'y aurait eu aucun mérite à faire face à un problème facile à surmonter. Je me sentais donc en probation, il me fallait réussir l'examen avant que de rencontrer mon maître en chair et en os. Je n'aurais l'honneur de le rencontrer que si je me montrais digne de lui, c'était ainsi que je l'entendais, et lui aussi, certainement.

Après tout, il vivait assez loin de chez moi, à une bonne journée de voiture, notre relation pouvait se cantonner à ces échanges virtuels, mais s'il faisait l'effort de venir me visiter, il fallait qu'au préalable je démontre que j'en valais la peine.

Enroulée dans mon drap de bain, j'entrepris sans attendre de lui faire mon rapport, alors que j'aurais préféré m'ensevelir sous les draps pour oublier les derniers évènements.

Je tapais sommairement le résumé de l'entrevue, en taisant soigneusement mon dégoût pour tout ce qui s'était passé.

En retour, j'espérais recevoir des marques de satisfaction ou tout du moins son approbation pour ce que j'avais fait pour lui. Attendre une quelconque reconnaissance aurait été absurde. J'étais celle qui devait être reconnaissante pour la confiance qu'il m'avait témoignée en m'acceptant comme soumise.

Et en effet, il ne me témoigna aucune gratitude pour ce que je lui avais sacrifié, un simple "bien" couronna mes efforts.

"Qu'en as-tu pensé?" me demanda-t-il encore. De mon côté, j'étais assez perplexe, indécise quant à la réponse qu'il convenait de donner à cette question. Devais-je lui dire la vérité, à savoir que j'avais tout détesté dans ce qui s'était passé, ou mentir pour lui faire plaisir ?

" Ce n'était pas vous" avançai-je simplement, croisant les doigts pour qu'il n'aille pas plus dans ces investigations.

"Repose-toi bien" se contenta-t-il d'ajouter " demain, je te soumettrai à un nouvel ordre".

Non, il n'avait pas montré de fierté comme je l'espérais en mon for intérieur, mais qu'il se soucie de mon repos, même si c'était peut-être simplement une formule usuelle, à mes oreilles cela résonnait comme la plus douce des déclarations. Cela montrait, d'une manière ou d'une autre, qu'il se souciait un peu de mon bien-être. Peut-être pas plus qu'un propriétaire vis-à-vis de son animal de compagnie, mais au fond je n'aspirais pas à être davantage pour lui.

Un autre ordre suivrait bientôt, donc, et cette idée me harcela une bonne partie de la nuit, m'excitant et me terrifiant tout à la fois.

A quoi devais-je m'attendre ? Irait-il crescendo dans le sordide, ou prendrait-il une autre direction ? N'était-il pas risqué de lui avoir tu ce que j'avais réellement pensé de ses derniers commandements.

Mais je me voulais pleinement soumise à lui, je ne voulais pas lui donner de limite, en espérant néanmoins qu'il n'aille pas trop loin. C'était une vraie jouissance morale pour moi de le sentir tout-puissant sur ma destinée, j'aurais tant aimé sentir la réalité de sa férule sur mon corps... Portée par cette idée, je me touchais en essayant de me persuader que c'était ses mains qui me caressaient, m'enserraient, me pénétraient, me maltraitaient. Je me passais les pinces sur la pointe des seins et sur le clitoris pour me masturber en pensant à lui.

Après avoir joui à plusieurs reprises, je finis par m'assoupir, exténuée émotionnellement et physiquement.

Au réveil, ainsi qu'annoncé, un message m'attendait.

" Envoie-moi une photo de toi en train d'uriner" m'enjoignait-il laconiquement.

Voilà qui franchissait clairement la ligne rouge que j'avais définie avec lui. Je lui avais dit que tout ce qui était du domaine de l'"uro", comme on appelle ça dans le domaine du SM, je ne voulais pas en entendre parler. Réellement, ça me dégoutait, de plus, je n'en comprenais pas la finalité car il m'avait appris que ce n'était pas son truc, à lui non plus.

Surtout, je ne voulais pas me montrer à lui ainsi dégradée, j'aurais perdu de la valeur à ses yeux, et de cela j'étais mortifiée.

Il n'était pas question pour moi d'obtempérer cette fois, j'opposais une fin de non recevoir en tentant de m'expliquer longuement sur ce que cela représentait pour moi, que finalement, c'était pour lui que je refusais.

" Très bien. A partir de maintenant, ne tente plus de me recontacter pendant au moins une semaine. Tu m'as désobéi, tu vas réfléchir sur ton attitude, si cela est digne de la soumise que tu prétends être. Au revoir" me souffleta-t-il froidement.

Je lui avais désobéi, c'était tout ce qu'il fallait donc retenir. Je me serai frappée si j'en avais encore eu la force, mais je m'effondrais sur le lit, sans force. Je l'avais déçu, cette simple idée me torturait davantage que le supplice le plus cruel.

Je protestais, me justifiais, encore et encore, mais seul l'écran noir du silence répondit à mon désespoir.

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