1. Vive les vacances
Le lendemain et le surlendemain étaient très légers puisque la plupart de mes cours commenceront la semaine prochaine seulement, comme ce sont en majorité des TD.
J’ai profité de ce temps pour prendre un peu d’avance dans mes lectures de cours : j’ai pu finir de ficher deux livres l’après-midi en rentrant chez moi à 14 h 30. Je les rendis le vendredi matin en les remplaçant dans ma pile par d’autres, inscrits dans la fiche « à emprunter et résumer ».
Oui, un étudiant se doit d’être organisé et ma technique consiste à tout mettre sous forme de fiches thématiques. Chacune est rangée dans des pochettes, également classées dans une logique que je me suis forgée avec le temps. Chaque bristol se retrouve donc soit dans « cours résumé », « livres lus », ou « idée mémoire ». J’ai aussi des listes qui ont leur place sur mon bureau pour que je puisse y jeter le plus rapidement possible un œil. Cela peut correspondre à l’ensemble des tâches que je souhaite effectuer ou en fonction des besoins.
Paradoxalement, ce fut mon installation dans la minimaison qui m’a obligée à devenir autant organisée. La place me manquait et mon bureau ressemblait à une œuvre d’art plus qu’à un lieu de travail digne de ce nom, le reste de la maison n’y a pas échappé non plus. Cela s’en est ressenti sur mes notes de premier semestre et je me suis forcée à changer. En presque trois ans, cela est devenu une seconde nature chez moi. Je trie et range systématiquement tout, sans même y réfléchir, comme quoi les miracles existent lorsqu’on s’en donne les moyens.
Pour vendredi, mes plans ont dû beaucoup évoluer. En effet, mon dernier cours se terminait à midi. J’avais prévu de commencer mon année du bon pied en mettant au propre les quelques notions que nous avions déjà abordées, tout en continuant de grignoter dans la pile de livres empruntés. Un programme d’étudiante tout ce qu’il y a de plus normal dans ce bas monde, même pour une fin de semaine, pensais-je.
Cependant, c’était sans compter sur mes parents qui ont eu vent de l’information et y ont trouvé une bonne excuse pour que nous passions du temps ensemble dans un week-end prolongé.
Nous avons été en vacances tous les trois au mois de juillet dans la Manche, à proximité d’un des plus beaux villages de France, Barfleur. J’y avais emmené Titine, ma maison. Mes parents ont réservé un bungalow dans le camping municipal ou nous avons pu nous installer. Nous étions à un chemin de distance, comme il n’y a que 20 places et nous avons pu à la fois être tout proche, mais garder notre intimité. C’est un petit coin, mais qui suffit largement pour le bord de mer. Il possède des panoramas splendides, qui valorisent la côte dès que l’on ouvre les yeux le matin. Nous n’avons pas eu de chance en arrivant : les quatre premiers jours avec du mauvais temps. Les suivants ont été ensoleillés et nous ont procuré du pur bonheur. Les températures étaient assez fraiches pour la saison dans la région, ce qui nous a donné l’occasion de prévoir d’autres activités que de lézarder sur une serviette de plage.
Nous avons pu visiter le fameux village, qui mérite amplement son titre. Nous avons aussi testé la recette de moules locales et réalisé de nombreuses balades dans les environs. Mon besoin d’histoire fut comblé par l’église Saint-Nicolas et les maisons de pêcheurs. Nous fûmes pleinement satisfaits de ces quelques jours.
J’ai revu mes parents quelques dimanches depuis, cependant ils me manquent. L’inverse est vrai, d’où leur intervention pour m’extirper de mon quotidien.

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