Les mémoires du professeur Erwood (partie 1)
Les mots sont les vecteurs de son pouvoir. Les mots cachés par les mots sont source de sa grandeur. Les mots crachant l’encre noire de son venin se répandent à travers l’univers. Et bientôt, l’horrible réalité sera façonnée par mes mots. Il sera là. Il dominera. Il se fondra en nous telle l’encre sur le papier. Je suis son vaisseau, et vous êtes ses pantins. Gloire à…
À la descente du bus, le talon de ma bottine produisit un son spongieux en s’enfonçant dans un nid-de-poule empli de boue. Le bas de mon pantalon tout neuf reçut une éclaboussure, ce qui m’arracha une grimace. Je venais de l’acheter. Tout partait en vrille. Je n’avais même pas encore franchi l’entrée du village paumé qu’un rideau de pluie s’abattit sur moi. Pourquoi étais-je venue m’enliser dans ce bourbier ? Je tentai d’échapper à l’averse en protégeant mon précieux bagage en cuir. L’eau imbiba mon chapeau cloche noir et trempa mes cheveux roux au carré, ainsi que mes vêtements. Tant pis pour la première bonne impression. Les quelques maisons vétustes alignées le long de la route cabossée semblaient crouler sous leur propre poids, vacillant dans les limbes de l’oubli et du terrain érodé. Une équipe de géologues auraient trouvé le village de Crowburn fascinant sous cette couche sédimentaire. Ils auraient pu dater les strates géologiques qui s’y étaient accumulées et étudier ses habitants se dissimulant derrière les volets entrouverts ; des fossiles d’un intérêt particulier. J’ignorai les regards tapis dans l’ombre, qui se tournaient et se retournaient à mon passage, et continuai ma course vers les hauteurs du village.
Plus on grimpait en altitude, plus les habitations devenaient éparses. Après plusieurs mètres sous une pluie battante, je pénétrai dans une forêt de hêtres sombres. La cime des arbres me protégea plus ou moins de l’intempérie qui ne paraissait pas vouloir se calmer. On aurait dit que tous les éléments s’étaient accordés pour m’empêcher d’arriver à destination. J’aurais dû les écouter. Si j’avais été plus superstitieuse… j’aurais rebroussé chemin.
Mais je n’étais pas superstitieuse. Bientôt, j’atteignis un portail en fer forgé derrière lequel se dressait une demeure gigantesque, plus grande que dans toutes mes plus folles espérances.
— Il avait sous-estimé la taille, dans ses lettres… murmurai-je en examinant le manoir victorien de trois étages enfoncé au sein d’un jardin de la taille d’un parc national.
J’actionnai la cloche mécanique et patientai. Après quelques minutes, on vint m’ouvrir.
— Vanessa Gladbury, me présentai-je à la gouvernante en tablier qui m’invita à entrer avec des manières bien trop raffinées, qui me mirent mal à l’aise. Nous avons correspondu, je viens pour l’annonce de monsieur Erwood…
— Le professeur Erwood, rectifia la femme rondelette en m’assénant un regard tranchant.
— Euh, oui… bredouillai-je. L’annonce du professeur Erwood… pour ses mémoires.
— Suivez-moi, répondit laconiquement la gouvernante en traversant le jardin au pas de course, comme si elle avait une casserole sur le feu.
L’intérieur du manoir était d’un luxe indécent. Le moindre centimètre de mur était paré de tapisseries anciennes, dignes de se trouver dans un musée d’art, tout comme la mosaïque du sol. Il n’y avait aucun doute quant à la nature de collectionneur du propriétaire de cette demeure : chaque console en bois délicatement sculpté ou étagère fixée au mur comportait une panoplie d’objets anciens. Certains d’entre eux étaient peut-être même d’originaux artefacts découverts sur des sites de fouille. Après tout, avant d’être riche, le professeur Erwood avait été archéologue. Il avait ensuite enseigné à l’université de Miskatonic, avant de se reclure dans ce village coupé du monde, lui et sa fortune mystérieusement acquise. Malgré les renseignements que j’avais glanés avant d’accepter le poste, je n’avais pas réussi à découvrir comment un professeur, certes émérite, avait pu se constituer un patrimoine d’une telle envergure. Il ne semblait pas avoir touché d’héritage imprévu ni fait de découverte majeure, du moins à la connaissance du public.
Je pouvais cependant constater de mes propres yeux que la presse avait mal estimé le montant réel de ses fonds ; elle était largement en deçà de la réalité. La gouvernante me conduisit dans un salon où je rencontrai enfin mon nouvel employeur. Heureusement, ce dernier sembla se réjouir davantage que sa gouvernante de ma présence. L’homme avoisinant les soixante-dix ans était cloué dans un fauteuil roulant, au coin d’un âtre en brique rouge. Son visage sillonné de rides s’éclaira en me voyant.
— Mademoiselle Gladbury, enchanté d’enfin faire votre connaissance, dit-il d’une faible voix asséchée. Venez, prenez place. Avez-vous fait bon voyage ?
— Enchantée, Monsieur… Je veux dire, Professeur Erwood. Oui, le bus m’a un peu chahuté, mais le trajet a été excellent. À part cette pluie soudaine…
— Ha ! Ha ! Je vois que Miriam vous a fait la leçon, mais ne soyez pas si formelle. Vous pouvez m’appeler Jordan. Ma chère, pourriez-vous chercher une serviette et une boisson chaude pour notre invitée ?
— Oui Professeur, répondit la gouvernante.
Le professeur s’empara d’un verre de whisky posé sur un guéridon en marbre et but une gorgée, avant d’être saisi d’une violente quinte de toux. J’eus un instant peur qu’il ne s’étouffe et ne lâche son dernier soupir en ma présence. Mais par la grâce divine, il n’en fut rien. L’homme se reprit et haleta. Il m’adressa un sourire amer.
— Comme vous pouvez le voir, le temps presse, murmura-t-il en tendant une main tremblante vers la table pour reposer son verre. Avez-vous le matériel ?
— Oui, répondis-je en déglutissant. Mais… ne dites pas ça…
— Ce n’est rien, la mort ne m’effraie pas, dit-il d’un regard absent, il y a bien plus terrifiant que ça…
Sa remarque me parut couvrir une chose indicible. Peut-être était-ce la lueur vacillante dans ses yeux éteints, le tic de ses lèvres crevassées, ou le frisson qui me traversa alors même que le feu brûlait avec ardeur dans la cheminée à quelques mètres de moi. Je n’osai pas lui demander ce qui l’effrayait plus que la mort. De toutes les manières, dans quelques jours, j’en saurai davantage sur lui que sur moi-même. J’ouvris ma valise en cuir et en tirai une Remington portable, dernier modèle, que je brandis fièrement sous le nez du vieil érudit. Il examina mon instrument de travail avec un plaisir non dissimulé.
— C’est brillant, parfait ! s’enthousiasma-t-il. Je vous remercie de bien vouloir noter mes mémoires. Je ne suis pas en condition de le faire moi-même, et je crains que bientôt mon esprit ne s’embrume, et se corrompe de pensées noires, le rendant impropre à fonctionner correctement. Je sais que ce n’est pas ce dont rêve une jeune écrivaine en devenir telle que vous…
— C’est faux, rétorquai-je, toute occasion d’écrire est une leçon inestimable. Et c’est un honneur de rédiger les mémoires d’un illustre professeur d’archéologie. Votre vie doit être remplie d’aventures et de découvertes fascinantes.
— Vous n’avez pas idée, murmura le professeur Erwood, la mine assombrie.
Miriam revint avec une serviette et du thé qu’elle nous versa dans un magnifique service à thé en porcelaine anglaise.
En échange de la rédaction de ses mémoires, Jordan Erwood m’offrit le gite dans son merveilleux manoir durant notre semaine de collaboration. J’étais logée dans une suite somptueuse de l’aile ouest, et j’eus droit à la dégustation d’un vin onéreux vieilli dans sa propre cave à chacun des repas succulents que préparait Miriam. Je n’aurai plus jamais l’occasion de porter à ma bouche des aliments coûtant plus que ma propre vie. Ce n’était pas dans les promesses du métier d’écrivain de s’offrir une existence de richesses.
Miriam ainsi qu’un jardinier occasionnel semblaient être les seules personnes s’occupant du manoir. Vu son immensité, je plaignais un peu la gouvernante et me demandais si son humeur exécrable ne provenait pas d’une surcharge de travail. À moins qu’elle ne m’apprécie tout simplement pas. Les premiers jours, je m’occupai de poser les grandes lignes des mémoires du professeur Erwood afin d’être certaine de la direction qu’il souhaitait prendre et du plan à adopter. Enfin, je m’installai dans son salon et nous commençâmes le travail.
— J’ai grandi dans une famille pauvre. Mon père était ouvrier, le père de mon père l’était, le père de mon père de mon père…
Mes mains pianotaient rapidement sur les touches mécaniques de ma Remington. Ligne après ligne, je noircis les pages du manuscrit qui allait devenir l’ultime confession du professeur Erwood.
— Ce fut une fierté d’entrer à l’université, et un devoir d’y exceller, continua le vieil homme. Par chance, je fis montre d’aptitudes qui me permirent de gravir les échelons. Je rêvais d’inscrire mon nom dans le panthéon des grands de ce monde. Ceux dont on parle encore des siècles après leur mort. J’étais pourtant naïf, et bien arrogant… J’ai entraîné ma femme et mes collègues dans cette expédition insensée… qui a tant coûté…
— Vous aviez une femme ? le coupai-je involontairement.
Je n’avais pas obtenu cette information durant mes recherches préalables, et c’était la première fois que j’entendais parler d’une compagne.
— Nous nous étions mariés en secret… Ses parents n’étaient pas d’accord. Mais elle a tout sacrifié pour moi. Elle… Elle n’est plus de ce monde…
— Je suis navrée, dis-je d’une petite voix.
La même lueur traversa le regard de l’homme lorsqu’il mentionna le décès de sa femme. Cet éclat sombre. Ce frisson… Je déglutis.
— Vous parlez de l’expédition sur les îles du Pacifique, c’est bien ça ?
— Oui…
Les journaux avaient relayé l’information du départ de cette expédition d’archéologues et de géologues en 1901. Mais leur retour s’était fait dans le silence.
— Nous avions des raisons de croire qu’une ancienne civilisation encore inconnue s’était développée sur les îles. J’avais déchiffré en partie les tablettes d’argiles découvertes au large des côtes par les pêcheurs, et… décidément, ce que j’y avais appris ne collait pas avec nos connaissances. Les avancées techniques paraissaient incompatibles avec les théories établies alors. Jesse m’a soutenu… Ah, Jesse était ma femme. Elle m’a accompagné et nous avons monté ensemble ce projet pour retrouver l’origine de la civilisation ayant gravé ces tablettes. Avec un groupe de collègues et d’anciens étudiants, nous nous sommes lancés dans ce pari fou. Ce que nous avons trouvé dépassait l’entendement. C’était… L’horreur sous sa forme la plus pure.
Mon doigt ripa sur la touche E. Le professeur Erwood se tenait la tête dans ses mains osseuses, s’arrachant presque les filins de cheveux qu’il lui restait sur le crâne. J’eus du mal à déglutir.
— Qu’avez-vous… trouvé ? murmurai-je.
— Je… Je ne peux pas… pas aujourd’hui… répondit le professeur, pantelant. Je suis fatigué. Reprenons demain, voulez-vous bien ?
Comme si de rien n’était, son visage récupéra des couleurs et il m’adressa un sourire chaleureux, effaçant toute trace du tourment qui s’était inscrit sur ses traits une seconde plus tôt. Il s’empara d’un ouvrage posé sur son chevet et se mit à lire, tranquillement. Dire que j’étais déroutée était un euphémisme.
— Vous pouvez visiter l’aile nord si vous le souhaitez, me suggéra le professeur. Vous trouverez une belle collection de pièces uniques, rapportées de mes nombreuses fouilles.
Je posai de côté ma Remington, craquant mes phalanges endolories, puis m’apprêtai à me lever.
— Ah ! Néanmoins, évitez le couloir est du manoir… Il est en rénovation et il n’y a rien de bien intéressant à voir.
Il me congédia pour la journée. Une idée absurde me vint en le quittant. Je pensai à Barbe bleue, qui tuaient ses femmes, et à ses mises en garde. Lui aussi interdisait l’accès de certaines pièces à ses invités. Le professeur possédait-il également des squelettes dans ses placards ? Je laissai échapper un rire. Il résonna de manière plus sinistre que voulu dans les couloirs déserts du manoir.
L’ensemble de salles situées au nord du manoir était sans conteste un musée. Les conservateurs du monde entier se seraient entretués sans hésitation pour obtenir la moindre de ses pièces de collection. Elles étaient protégées dans des vitrines, sous lumière, température et humidité contrôlées. J’examinai avec le respect du néophyte les fragments de tablettes gravées de glyphes inconnues, les morceaux de parchemins couverts de dessins ésotériques, et les vases peints de scènes dont la symbolique m’échappait. Plus j’observais la collection, plus je cernais l’obsession qu’avait nourrie le professeur au fil de sa vie. Je traversai le couloir d’un pas lent. La luminosité diminua progressivement, plongeant les pièces dans une quasi-obscurité inquiétante. Je pouvais encore discerner les objets exposés, mais une angoisse pesante s’empara de moi. Ici, les œuvres antiques devinrent… perturbantes. Des ailes clouées sur des tableaux, des animaux difformes empaillés, des créatures organiques aux nombreux tentacules conservées dans des bocaux de formol, des griffes et des crocs arrachés alignés par tailles croissantes, un bloc de pierre poli sur lequel étaient peintes des figures étirées, hurlantes d’agonie, des outils aux géométries incongrues, qui me paraissaient taillés pour la torture… Je ressentis un malaise latent. Je m’approchai de l’une des vitrines les moins inquiétantes ; elle présentait un ouvrage épais à la couverture noire et aux pages jaunies.
— Copie du NECRONOMICON, lus-je sur le panneau.
Mes yeux flottèrent sur l’écriture manuscrite en latin. Puis, je me dirigeai vers le fond de la salle pour échapper à tout ce que je voyais.
Les images des dernières pièces du musée restèrent imprimées sur mes paupières un long moment. Quand le soir tomba, je ne parvins pas à m’endormir. J’eus l’idée de me dégourdir les jambes dans le jardin, au clair de lune, pour m’aérer l’esprit. Tandis que je déambulais en réfléchissant aux mémoires du professeur, et à l’horreur qu’il avait pu découvrir lors de son expédition, un bruit de pas visqueux résonna derrière moi. Je me retournai en sursaut et levai ma lanterne à huile. Il n’y avait rien d’autre que les arbres, le silence, et l’obscurité. Mon esprit devait me jouer des tours. Je repris mes pérégrinations mentales, peu rassurée. Un nouveau son, comme si l’on marchait dans une boue épaisse et collante, m’arracha un hurlement :
— Qui est là ?! tonnai-je en brandissant ma lanterne.
Un frisson me parcourut. Personne.
— Ce n’est pas drôle, maugréai-je.
Rien.
Mon cœur se mit à battre furieusement la chamade. Ma lèvre inférieure trembla. Il faisait froid tout à coup. Je frictionnai mes avant-bras pour me réchauffer, et surtout me rassurer. Il n’y avait rien. Pourtant, un instinct dont j’ignorais l’origine me poussa à avancer… dans la direction du bruit de pas. Je me sentis attirée par un aimant puissant. On aurait pu appeler cet aimant « curiosité », ou plus justement « folie ». J’enjambai les buissons d’un bosquet dense. Après quelques minutes de marche dans la broussaille, je tombai sur une minuscule clairière. Une pierre tombale émergeait au milieu de l’herbe desséchée. Qui pouvait bien être enterré ici ?
J’approchai pour lire l’épitaphe :
Jesse Erwood, la bien-aimée…
Naissance : 1850
Décès : 1901
Tu vivras à jamais… dans nos cœurs.
Mon sang se figea. La femme du professeur Erwood était enterrée ici. Je remarquai des fleurs fraîches aux pieds de la stèle luisante. Un bouquet aux pétales noirs. Je ne connaissais pas leur nom. Ma lanterne m’échappa des mains. Je poussai un hurlement qui transperça le silence oppressant. Quelque chose venait de jaillir du sol et s’agrippait à mon mollet ! Les doigts de la main squelettique se refermèrent sur moi comme les serres d’un rapace. Des lambeaux de chair pendaient encore aux os blanchis. Je tirai en arrière de toutes mes forces. Un bras s’extirpa de la terre meuble. Mon cerveau entra en ébullition ; je sentis mes tissus neuronaux et ma matière grise se liquéfier.
— LÂCHE-MOI ! LÂCHE-MOI ! QU’EST-CE QUE C’EST QUE CE BORDEL ?! hurlai-je en donnant des coups de pied frénétiques.
Les doigts s’ouvrirent et ma jambe se libéra. Jamais je ne courus aussi vite de ma vie. Mes poumons étaient en feu. Le sang dans mes veines pulsait, j’entendais un bourdonnement et des coups violents, comme des tambours qu’on fracasse. Une mélodie du diable se jouait dans mon crâne. La chose me poursuivait-elle ? Je ne jetai même pas un regard en arrière pour m’en assurer. Je déboulai comme une furie devant la porte du professeur Erwood.
— Professeur ! criai-je telle une forcenée.
— Qu’est-ce que c’est que ce raffut ? gronda une voix qui m’était tragiquement familière.
— Miriam ! C’est… C’est… ! C’EST… !!!
— C’est quoi ? s’impatienta la gouvernante en chemise de nuit, sa chandelle dans les mains.
— UN REVENANT !
La porte du professeur s’ouvrit. Il bailla à s’en décrocher la mâchoire et cligna des yeux, confus et endormi. Il leva la tête pour nous observer toutes deux depuis son fauteuil roulant.
— Un revenant ? murmura-t-il d’une voix fatiguée. Mais que racontez-vous là, mademoiselle Gladbury ?
La gouvernante me fusilla du regard. Je n’avais cure de son air indigné. Je les conduisis avec empressement sur les lieux de l’attaque. Mon cœur ne s’était pas encore remis du choc ; je leur conseillai de prendre un fusil, mais la gouvernante balaya mon idée d’un geste agacé.
— Vous avez fait un cauchemar, c’est tout.
— Non ! Et je vais vous le…
Nous émergeâmes des bois sombres et pénétrâmes dans la clairière. Les yeux du professeur brillèrent de tristesse en apercevant la tombe de sa femme. Un lieu saint n’aurait pas davantage respiré le calme et la sérénité.
— Mais… Mais… balbutiai-je, confuse.
Le trou creusé par la main squelettique avait disparu. Aucune trace de l’altercation pourtant récente. Je tâtai la terre à l’endroit où m’était apparu ce monstre mort-vivant. Elle ne semblait même pas avoir été retournée. C’était impossible…
— Vous avez rêvé, persiffla la gouvernante. La santé du professeur est fragile, vous ne pouvez pas le réveiller à deux heures du matin pour des broutilles.
— Mais si c’était un rêve, comment aurais-je su l’existence de cette tombe ?! m’emportai-je, les larmes aux yeux. Non, c’était réel !
— Vous êtes fatiguée, fit le professeur avec douceur. Allons nous recoucher. Les choses seront peut-être plus claires pour vous demain.
Je dus accepter à contrecœur. Il s’était passé quelque chose cette nuit. Quelque chose d’horrible…

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