L'Aconit
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Voici la grande reine à l’automne venue,
Élégante et gracile en sa robe indigo,
La chevelure au vent sous l’orageuse nue,
Elle attend le baiser de l’ignare et du sot.
Et dans le souffle amer, la galante s’incline
Comme pour déposer sa bouche sur l’amant
Rêvant de s’alanguir sous une mousseline
Où le poison mortel l'attend patiemment.
Gisent même des loups à ses pieds de sylphide
Qui sourit en secret sous ses bleus capuchons,
Idéale couleur de la beauté frigide,
Nuances du trépas tapi dans ses bourgeons.
Celui qui la connaît, pour retenir son âme,
La contemple de loin, rejette son appel,
Car la bella donna, pareille à la jusquiame,
N’est autre qu’un sicaire au surnom de napel.

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