L'Aconit

Une minute de lecture

Voici la grande reine à l’automne venue,

Élégante et gracile en sa robe indigo,

La chevelure au vent sous l’orageuse nue,

Elle attend le baiser de l’ignare et du sot.

Et dans le souffle amer, la galante s’incline

Comme pour déposer sa bouche sur l’amant

Rêvant de s’alanguir sous une mousseline

Où le poison mortel l'attend patiemment.

Gisent même des loups à ses pieds de sylphide

Qui sourit en secret sous ses bleus capuchons,

Idéale couleur de la beauté frigide,

Nuances du trépas tapi dans ses bourgeons.

Celui qui la connaît, pour retenir son âme,

La contemple de loin, rejette son appel,

Car la bella donna, pareille à la jusquiame,

N’est autre qu’un sicaire au surnom de napel.

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