Chp 26 - Le Démon

8 minutes de lecture

Je tourne et retourne dans mon lit, incapable de dormir. Les draps portent encore l’odeur de Megane : je ne les ai pas changés. Je me suis masturbé rapidement, tout à l’heure, une fois sous la douche, après qu’elle m’a menacé avec son couteau sale et se soit assise sur mes genoux – j’adore quand elle fait ça, bon sang -, et une deuxième fois dans le lit, après avoir trouvé un cheveu lui appartenant et avoir senti son parfum. Mais ça ne suffit pas. Car j’ai besoin de plus. Ce n’est pas une simple éjaculation, qui peut me soulager : c’est de lécher sa peau, goûter son musc, être en elle, les sens complètement saturés de sa présence. Si je m’écoutais, je me lèverais, j’irais la rejoindre et je l’attacherai avant qu’elle ne se réveille, puis je la prendrais si fort et si longtemps que…

La porte grince doucement. Je me fige, les doigts sur la crosse de mon flingue, sous l’oreiller. J’ai la tête enfouie dedans, et si je bouge, je perdrais l’effet de surprise. J’étais tellement occupé à rêvasser à Megane en remuant les hanches comme un pauvre puceau que j’ai même pas vu que la poignée tournait. Et j’ai même oublié de fermer la porte à clé. Quel con.

Un poids fait légèrement basculer le matelas. Quelqu’un grimpe dans le lit… Est-ce qu’Afrëdita est revenue ? Non, ça m’étonnerait. Ivo, Maria ? Ni l’un ni l’autre ne grimperait dans mon lit comme ça…

Je me retourne, attrape l’intrus par sa chevelure et colle mon flingue sous son menton.

Deux yeux verts et ophidiens me fixent, luisant comme des émeraudes dans le noir.

Megane.

— Calmos, chuchote-t-elle, le ton un peu acide. Ce n’est que moi.

— Mais qu’est-ce que tu…

Sa petite main fraîche se colle sur ma bouche.

— Tais-toi. C’est déjà suffisamment dur de devoir faire ça.

J’en reste sans voix. D’autant plus que Megane me grimpe dessus, à quatre pattes comme une chatte. Et qu’une fois-là, perchée sur mes hanches, elle vire le grand T-shirt – un des miens – qui lui sert de chemise de nuit.

Elle ne porte rien en-dessus. Qu’une culotte minuscule, qu’elle vire aussi.

Putain. Elle elle est là pour…

Sa bouche s’abat sur ma queue déjà dure, annihilant toute réflexion sérieuse de la part de mon cortex.

Je me laisse retomber dans les coussins, un bras sur le front.

Oh, merde.

Megane suce divinement bien. C’est même la meilleure suceuse que je connaisse. Pourtant, j’en ai connu, des pros. Mais une bouche comme ça…

Je plonge ma main dans ses cheveux. Les malaxe. Je suis tenté de me branler dans sa gorge, en tapant bien au fond, mais si je le fais, elle aura eu ce qu’elle voulait, et s’en ira. Parce que je sais pourquoi elle fait ça : elle pense que sinon, je ne la laisserais pas parler à son gamin. Sauf que j’avais déjà prévu de lui proposer de le faire, demain. Inutile de le lui dire maintenant, cela dit.

Je la pousse doucement. Elle relève la tête, la bouche encore humide et brillante, un filet de liquide séminal au coin des lèvres, et me regarde. Je le lui enlève du bout du pouce, doucement.

— Ça suffira pas, Meg, murmuré-je avec un sourire. Des pipes, tu m’en as déjà fait plein.

— Quoi ? Tu veux autre chose ?

— Oh, oui.

Je la fais rouler sous moi, et ma place au-dessus d’elle, tenant ses bras. Son regard brûlant se plante sur le mien, et j’ai l’impression de voir ses boucles noires aux reflets rouges s’agiter comme des petits serpents. Ma queue enfle un peu plus, et mes couilles tressautent d’anticipation.

Elle est tellement belle.

— Je veux bien que tu me baises, Kyanos, chuinte-t-elle, je suis même venue pour ça. Mais pas comme ça. Je veux être au-dessus de toi, contrôler la pénétration, et guider le rythme.

Je secoue la tête.

— Pas question. Je te laisserais te frotter sur moi, mais tout à l’heure, au deuxième ou troisième round. D’abord, je veux te baiser fort, Megane. C’est non négociable.

Je la vois tressaillir.

— Je me doutais que tu me ferais un coup pareil… murmure-t-elle. T’étais trop accommodant. C’était louche, pour un démon dans ton genre !

— Mais t’es quand même venue me voir, hein ? C’est bien que tu la voulais, la grosse queue dure.

— Y a des sex-toys aussi gros et aussi durs…

— Justement, je suis pas un sex-toy. Si tu veux prendre ton plaisir avec moi, ce sera aussi à mes conditions.

Elle se tortille comme une anguille, tente de se dégager. Je pousse mon genou entre ses jambes pour la forcer à ouvrir les cuisses. Elle bouge encore plus, tente de me mordre. Je prends ses deux poignets dans ma main, et tend le bras gauche pour atteindre le tiroir de la table de la nuit.

Megane tourne des yeux inquiets en me voyant l’ouvrir, et en sortir les menottes doublées de fourrure noire.

— Non, grommelle-t-elle, pas attachée. Je supporterai pas…

— Si, tu vas supporter, dis-je en claquant les menottes sur ses poignets, avant de les clipser sur l’anneau d’attache caché à un endroit stratégique de la tête de lit.

L’ogre avait pensé à tout : son lit est mieux équipé qu’une chambre de love-hotel.

Je m’attendais à une réaction épidermique – et peut-être à devoir calmer Megane un moment, la maîtriser et la bercer – mais elle se ramollit immédiatement. Lorsque je positionne ses jambes de façon à bien les ouvrir, elle ne résiste pas, et pousse même un léger soupir, qui s’apparente à un geignement.

Je m’arrête un moment de la regarder pour me calmer, et reprendre mon souffle. La seule vue de Megane complètement soumise, attachée comme ça les cuisses écartées, a failli me faire éjaculer.

Relax. Retiens-toi. La saute pas comme un bourrin. Attends qu’elle te le demande.

Puis je regarde son corps. Ses seins d’un blanc laiteux, presque nacré. Son ventre plat. Le petit buisson de poils roux… Megane ne s’épile plus en bas, mais elle est peu poilue. L’anneau d’or brille sur ce duvet, comme un trésor mystérieux. Je l’effleure doucement du bout de l’index, et du coin de l’œil, je la vois tourner la tête.

— Ça te fait mal ? lui demandé-je en tirant doucement dessus.

Elle ne répond pas, mais je vois son bassin onduler imperceptiblement. Un mouvement fascinant, que j’observe encore un peu… avant d’aller plus bas.

Mon doigt glisse dans son sexe humide. Mon pouce joue avec son clitoris gonflé de désir, titillant l’anneau, le caressant en petits cercles tandis que mon index va et vient dans sa fente. Megane halète.

— Je te déteste, gémit-elle.

— Vraiment ?

J’ajoute une autre doigt.

— Et ça, tu déteste, aussi ? Encore un autre, peut-être ?

Cette fois, elle se tortille, comme un serpent qu’on tronçonne. Mon pouce continue de caresser son petit bouton rose. Je tire un peu sur l’anneau, par petits à coups, et elle pousse un râle animal.

— Vas-y, murmuré-je à son oreille. Supplie-moi d’enfoncer ma queue dans ta petite chatte, Megane. Ou tu n’auras que mes doigts.

— Sale chien, grince-t-elle, sale démon, sale… vampire !

Je ricane doucement. Un beau chapelet d’insultes, mais qui ne sont pas bien originales.

— Oui, confirmé-je sans cesser de la baiser avec mes doigts. Je vais te prendre comme une chienne, et te dévorer comme un vampire.

Je me penche sur elle, lui suce les seins. Ma bite est dure comme de l’acier, prête à la fendre en deux à tout moment, mais elle reste sagement posée contre son ventre, y traçant des cercles humides. Je la caresse avec, mais sans jamais la pénétrer. Elle tente de ramener les hanches encore plus près des miennes, tente de se libérer de la pression de mes doigts, de happer ma hampe avec sa fente affamée. Une vraie gorgone… mais je résiste. Ma langue savoure son téton au goût sucré, tandis que ma main encore humide de son nectar pince l’autre. Elle grommelle, m’insulte.

Je vais lui donner une bonne raison de crier.

Je plonge à nouveau mes trois doigts en elle, lui impose un rythme plus vigoureux. Et je suce son mamelon plus fort. Cette fois, elle râle. Mes canines mordillent son téton, sans jamais exercer de force… Megane gémit, écarte les jambes encore plus largement. Elle est complètement soumise, maintenant. Docile. Je pourrais lui mettre ma queue. Mais j’ai pas envie. Il faut qu’elle me supplie.

— Damian… gémit-elle.

— Tu veux ma queue ?

Elle ne répond pas. Encore un regain de fierté mal placée… Mes doigts l’écartèlent un peu plus. Ma langue s’active sur son téton rougit par les suçons.

Et soudain, très rapidement, je la mords.

Elle hurle. Je la lâche aussitôt, lèche la perle de sang qui vient de couler, plus sous la pression du suçon que de la morsure.

Mais elle a joui. Je le sens sur mes doigts. Je les retire, les lèche. Le mélange sang + fluide intime de Megane, c’est indescriptible.

Elle me regarde, les yeux dans le vague, comme anéantie.

— C’est bon, lui dis-je en saisissant ma verge encore raide dans mon poing. Tu peux me pomper, maintenant.


*


Je détache Megane après la pipe. Je l’ai prise un peu durement, la forçant à subir mes coups de reins jusqu’au fond de sa gorge, les mains liées au-dessus de sa tête. Les autres fois, c’était elle qui contrôlait la fellation, avec moi, toujours. Mais elle a enduré sans se plaindre, et elle a tout avalé, jusqu’à la dernière goutte, sans que je ne lui demande rien. Je m’attends à ce qu’elle me frappe, m’insulte, avant de se barrer, folle de rage, dans sa chambre. Mais non. Elle reste dans mon lit. J’essaie d’avoir l’air naturel, comme si c’était normal, pour ne pas faire fuir l’animal sauvage qui a élu domicile ici. Je prends mon téléphone, regarde l’écran. Trois heures du matin. Je me recale dans l’oreiller. Ça va être dur de dormir, très dur… mais la présence de Megane à mes côtés réchauffe mon cœur comme il ne l’a jamais été.

Tout doucement, sa main s’avance vers mon ventre. Et vient s’y poser.

Je reste immobile. Si je bouge, soupire, sourit ou dit le moindre mot… elle va se barrer. Alors, je fais tout pour que la magie dure. Et fais semblant d’avoir rien vu.

Megane, finalement, finit par mettre sa tête sur mon épaule. Je l’entends prendre une grande inspiration, comme si elle respirait mon odeur… et elle ferme les yeux.

Cinq minutes plus tard, elle dort.

Incroyable.

J’ai réussi. Je l’ai apprivoisée.

Une fierté sans nom gonfle mes poumons, comme un raz de marée. La déferlante de sentiments est si forte qu’elle menace de me faire chialer comme un gosse.

Jamais une femme ne m’a offert ça. De toute façon, je l’aurais pas accepté. Il fallait que ça soit elle. Megane.

C’est donc ça qu’elle voulait… elle refuse de céder, car cela mettrait en danger tout ce qu’elle a construit. Elle attend de moi que je brise ses résistances factices, pour ne pas avoir l’air d’abdiquer, de déposer les armes. C’est ça, ou elle doit tout contrôler, de A jusqu’à Z. L’effort surhumain qu’elle a dû faire pour oser pousser la porte de cette chambre… et moi qui attendait bêtement qu’elle vienne me voir, comme une fille normale ! Cela ne pouvait pas arriver, du moins, pas sans violence mise en scène. Elle en a besoin pour se lâcher, s’abandonner. Pour l’instant, en tout cas. Un jour, elle sera suffisamment en confiance pour accepter mon amour sans ce rituel que Hadès lui a imposé. Et on pourra réellement commencer quelque chose, elle et moi.

Mais désormais, elle m’appartient. Et elle est à moi, pour cette nuit et pour toutes les autres.

Annotations

Vous aimez lire Maxence Sardane ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0