Chapitre 11
(〃 ̄︶ ̄)/ Criminal by Britney Spears \( ̄︶ ̄〃)
Bip Bip Bip Bip Bip Bip Bip Bip
- Ta gueule...
J'éteins mon réveil d'une main, sans même lever la tête. J'ai l'impression de m'être endormi il y a seulement quelques minutes, en plus de ça, j'ai une gueule de bois énorme sans même avoir une seule goutte d'alcool dans le sang. Super, la journée promet. Je me retourne sur le dos et contemple le plafond piqueté d'humidité pendant quelques secondes, jusqu'à ce que les événements d'hier me reviennent en masse. La boite à souvenir de papa, les déclarations de Lucifer, ses lèvres sur les miennes, la visite de "Dieu", l'appel, la panique, son "je t'aime", le pressentiment... Tout se bouscule d'un coup.
En deux millisecondes, je suis sur mes pieds. Je prends une douche froide et m'habille avec les premiers vêtements qui me tombent sous la main. En l'occurrence, un jean slim noir troué et un Marcel blanc, pas le meilleur des looks mais la mode ne m'en voudra pas. Je vais pour prendre ma veste en cuir noir au cas où je ne rentrerais pas directement ce soir quand mes yeux tombent sur sa veste de motard que j'attrape à la place. Je ne suis pas en retard étonnamment. Juste inquiet. Lorsque je descends, il n'est pas là à m'attendre... Putain, comment c'est possible de s'attacher autant à une personne en l'espace de trois jours à peine ? Je lui ai envoyé un autre message hier soir.
Est ce que tout va bien ? Je m'inquiète, vous n'aviez pas l'air très serein...
Il ne m'a pas répondu. Il ne l'a même pas vu... Je décide, à contre cœur, de ne pas insister. Peut-être que Dieu à les même punitions que ma mère et lui a pris son téléphone ? N'importe quoi, à quoi je pense moi ?! C'est absurde... Lorsque j'arrive en classe, il n'est pas là. A la sonnerie, il n'est pas assis à mes cotés. Durant les cours, il est abonné aux absents. Le midi, je sors manger seul, dehors. Je suis en train de me morfondre devant mon repas, le cœur serré lorsqu'une fille, qui est dans ma classe je crois, s'assoit à mes côtés :
- Hello !
Et merde... Je suis incapable de faire la conversation ! Je tente quand même, au pire elle ne comprendra rien et s'en ira.
- Eumm Hello ?
- You've the cutiest accent I've ever hear ! Haha ! You're alone ?"
I have quoi ? Oui, je suis seul, ça ne se voit pas ?
- Yes. My friend is, humm, no here today.
- You're friend with Luc, right ? This boy scares me a little... I've never seen him talk to anyone before you.
Je comprends que Luc lui fait peur mais elle prononce sa dernière phrase si rapidement que je ne captes pas tout.
Yeah, Luc is my friend, he isn't a bad boy.
Jai un accent à couper au couteau, je dois lui faire saigner les oreilles... Elle me regarde un instant avant de reprendre, elle parle super vite et pas très fort, malgré ses cheveux qui masquent son visage incliné, je vois ses joues rougirent. Bon sang, est ce qu'elle est consciente que je ne comprends pas un mot de ce qu'elle me raconte ? Je l'arrêtes :
- Euh wait, I'm very bad at english, I don't understand euhh I don't understand.
- Of course, I'm sorry !
Elle se lève précipitamment et repart à grand pas. J'ai dis quelques chose ? Ma phrase était correct pourtant, non ? Je hausse les épaules, tant pis. De toute façon, je ne suis pas d'humeur à discuter.
********
Voilà. Deux semaines... Deux semaines que je suis sensé sortir avec un garçon, mais ça fait aussi deux semaines que ce même garçon a disparu. Je suis allongé sur mon lit, la photo de mon père à mes côtés, perdu dans mes pensées sombres. Sept jours que j'essais d'imaginer tout ce qui aurait pu lui arriver, sept jours que je parles seul, sept jours que je cauchemarde sans cesse et que j'invente toutes sortes de scénarios catastrophes.
- Bon sang Luc, qu'est ce qu'il t'est arrivé ? C'est à cause de moi, j'en suis sûr. Je crois que nous n'aurions jamais du nous rencontrer...
- Tu n'imagines pas dans quel état tes paroles le mettent.
Je sursaute et me redresse précipitamment. Lorsque je me retourne, ce n'est pas Dieu qui se tient là, c'est un jeune homme en chemise claire, les cheveux blonds et bouclés, les yeux plus pâle que la glace... Il est d'une beauté éblouissante, je suis presque tenté de fermer les yeux.
- Je mets quelqu'un en danger en te parlant ?
Il secoue doucement la tête en signe de négation :
- C'est justement pour ça que c'est moi qui suis ici et non Lucifer.
- Comment va t'il ?
- Bien, du moins niveau santé. Son moral... est six pieds sous terre. Sans mauvais jeu de mots.
Il va bien, du moins il est... on peut dire vivant ? Je ne sais pas en tout cas, il est toujours debout. Je suppose que si ce n'est pas lui qui est debout devant moi à cet instant, c'est parce qu'il n'en a pas le droit ou alors parce que c'est dangereux....
- Je ne suis pas capable de lire ton esprit comme mon père mais tes yeux me questionnent. Tu sais, Luc a tout essayer pour revenir te voir et je suis désolé, mais c'est moi qui l'en empêche, du moins en partie. Dieu l'a menacé, il a dit que la terre avait besoin d'un grand ménage et que si mon frère y remettait les pieds pour te voir, et bien... pour utiliser ses mots : Il "n'hésitera pas à y passer un coup de balai" alors mieux vaut attendre qu'il ai avalé la pilule et qu'il soit de meilleure humeur, si cela arrive un jour.
- Un coup de balai ? Autrement dit, il...effacerai la race humaine ?
-Juste certains, je crois qu'il veut effacer les hommes en priorité, sûrement pour éviter que Lucifer ne se trouve quelqu'un d'autre s'il ne tuais que toi. Je crois qu'il n'a pas compris que si le diable te perdait, Dieu perdrait le diable. C'est une conclusion simple pourtant.
Donc si le monde saute... ce sera à cause de moi ?
- Merde...
-Comme tu dis. Mais la culpabilité ne devrait pas traverser tes pupilles, rien n'est de ta faute. Sincèrement, si on devait blâmer quelqu'un, ce serait Cupidon. Ce vieil ange n'en a rien à faire, il lance ses charmes à tout bout de champs sans se soucier de qui va avec qui...
- C'est ce qu'on m'a dit... Tu es Ange n'est ce pas ?
Il hoche la tête avec un sourire :
- Je ne veux pas que ça te gène mais... est-ce que tu pourrais lui dire quelque chose de ma part ?
- Bien sûr, je suis là pour ça ?
- La dernière fois que je lui ai parlé, au téléphone, je n'ai pas eu le temps de lui répondre quand... enfin, dis lui que je l'aime aussi.
Il sourit et c'est comme si son corps s'évaporait sous mes yeux.

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