Chapitre 18

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(〃 ̄︶ ̄)/ I see red by Everybody love an outlaw \( ̄︶ ̄〃)

PDV : Lucifer

Une heure déjà que je crapahute dans les débris de l'immeuble, entre bouts de meuble et vaisselle brisées, j'ai fouillé les deux appartements du bas qui sont ont encore leur plafond malgré quelques trous. Aucune trace de mon âme sœur, les flammes qui m'entourais ont disparu, remplacé par une aura d'anxiété, les cornes, elles, sont toujours présentes. Je monte les escalier, du moins, je les escalade comme je peux. Je suis à trois marches du deuxième étages lorsque qu'un pique de douleur transperce ma poitrine au niveau de mon cœur me faisant tomber à genoux. La douleur se propage jusqu'au bout de mes doigts, jamais je n'ai eu aussi mal de toute ma vie, à côtés de ça, le fouet dans mon dos est semblable à la caresse d'une plume. Qu'est ce qui m'arrive ? Est-ce que ça aurai un lien...avec Camille ? Bordel... 

Je me relève les jambes tremblantes, grimpant les sept marches restantes en tentant d'ignorer ce qui se passe à l'intérieur de moi. Lorsque j'arrive sur le seuil de sa porte, j'ai l'impression que mes organes sont sur le point d'exploser. C'est quoi cette merde...? Je souffle en faisant un pas à l'intérieur de l'appartement en ruine. A ce niveau, il n'y a presque plus rien, le toit est brisé, la moitié est écroulé sur le sol ou penche dangereusement vers le vide de la rue. Le sol est parsemé de débris de verre, de poussière blanche et d'éclats de bois. Le parquet craque sous mes pas et je prierais presque pour qu'il ne s'effondre pas lui aussi. A première vue, il n'est pas dans le salon, ni même dans la cuisine. Je m'approche doucement de sa chambre, plus j'avance plus la douleur se fait violente. J'aimerai qu'il soit encore là, assis sur son lit, à s'inquiéter ou à discuter avec son père en attendant mon retour, mais ce n'est qu'une illusion. Tout s'est effondré, Il l'a voulu. Mais ce n'est pas fini, le Diable est encore debout, même si cela ne durera peut-être plus longtemps. 

J'entre finalement, poussant la porte qui tient presque miraculeusement encore sur ses gonds. Mes yeux se posent instantanément sur lui. Il est là, physiquement. Son corps est allongé sur son lit, comme s'il dormait à point fermé. Ses cheveux et son haut sont parsemé de petites particules de poussière comme toutes les pièces précédentes.  Mes jambes cèdent, comme si le poids était trop lourd à porter. J'attrape sa main avec une douceur que je ne me connais pas. Froide.  La douleur est si violente qu'elle me coupe la respiration, de petits points noirs dansent rapidement devant mes yeux. Je ne sais quoi faire, mon esprit oscille entre pleurer et tuer tout ce qui reste de vivant.  Je me relève et recule doucement, plus je suis loin, plus la douleur augmente. J'aimerai fuir, pour qu'elle me tue à petit feu. Seulement, je ne peux pas me résoudre à le quitter du regard. Je voudrais le serrer dans mes bras, pleurer, tuer, chialer une deuxième fois, hurler, puis sangloter, déchirer et me lamenter encore et encore. 

Ce n'est pas la destruction du bâtiment qui...a fait ça. Ce n'est pas possible. Je me rapproche une dernière fois, reprends sa main gelée et embrasse son front, avant de reculer une dernière fois laissant la Douleur réapparaitre. Dieu apparait à mes côtés, ainsi que le père et la mère de Camille et Ange qui pousse une exclamation :

- Oh mon Dieu ! Il...

Il ne termine pas sa phrase en voyant les flammes reprendre leur place autour de moi. Je ne lâche pas pour autant l'amour de ma vie des yeux. Je crois que si je le fais, je sombrerais sans pouvoir me relever. Hors, je veux me venger avant de me condamner.

Je m'adresse à Ange, pour savoir si la situation est aussi grave que je le pense :

- Est-ce qu'il est arrivé là-haut... ?

- Euh non... Il n'est pas en enfer non plus, je crois que...

Il n'a pas besoin d'en dire plus, Camille ne réapparaîtra pas, dans aucun paradis, il errera là ou personne d'autre ne le peut, nul part. J'entends les sanglots de ses parents dans mon dos, et comprenant que je les empêche de rejoindre le chevet de leur fils, je me décale. Ils se précipitent à ses côtés, ils pleurent. Une main se pose sur mon épaule. Comment ose t'Il me toucher ? Mes flammes s'étendent encore un peu, mais mon désespoir les rends froides malgré la fureur qui reprend peu à peu sa place dans mon esprit. C'est de sa faute ! S'il n'avait pas fait se stupide caprice, il serait encore là ! Il serait à mes côtés en train de rire et de vivre ! Sa main se retire :

-  Tu aurais du m'écouter Lucifer, je ne serai pas aller jusque là, je ne l'aurai pas tuer. Tu es le fautif. Les pécheurs comme toi n'ont pas droit à ce genre de chose, tu n'aurais pas du t'entêter. 

C'est lui... C'est lui ! Oui, bien sûr que c'est cet enfoiré ! Il l'a tué ! Mes sens s'embrument, je ne réfléchis plus comme il faut, je laisse mon corps et mon cœur faire. Autour de moi, plus rien n'existe, mon regard se détourne du corps de mon amant pour se fixer sur celui qui est sensé être mon père. Il s'éloigne de moi mais garde cet air suffisant sur le visage. Je vois rouge. Le sang pulse à mes tempes. J'éclate d'un rire froid, qui si j'avais toute ma tête à cet instant, m'aurait fait trembler moi même :

"Ma faute ? Ma faute !? MA FAUTE ! EN AUCUN CAS...JAMAIS JE... PLUTOT CREVER ! QUEST CE QUE TU VAS FAIRE MAINTENANT ? RETOURNER DANS TON PUTAIN DE PALAIS COMME SI TU N'AVAIS RIEN BRISER ! JE L'AIMAIS BORDEL ! JE L'AIME ENCORE ET JE L'AIMERAI TOUJOURS MAIS CA T'ES PAS CAPABLE DE LE COMPRENDRE ! ET TU LE SERAS JAMAIS ! JE TE JURES, JE TROUVERAI LE MOYEN DE TE BUTER TOI AUSSI ET JE FERAI EN SORTE QUE PLUS JAMAIS TU NE REVIENNES ! JE ME VENGERAIS, JE VENGERAIS SA VIE ET MON AMOUR !

- Les mauvaises personnes n'ont pas besoin d'aimer, elles font le mal et tu es le mal incarné. Tu aurais fini par le tuer que ce soit de cette manière ou d'une autre. Maintenant il est mort et tu vas finir ton règne enfermé à l'accueil des enfers comme l'ont fait tes prédécesseurs. 

Il est mort... Mort. Mort. Mort ! Mort ! Mort ! Mort ! MORT ! MORT ! Ce mot tourne en boucle dans ma tête brumeuse, la douleur augmente, de nouveau points dansent devant mes yeux. Je préfèrerait en finir, tout de suite, maintenant, quitte à souffrir, autant le faire une bonne fois pour toute. Je tombes à genoux, je vois Ange se précipiter vers moi mais il n'ose pas me toucher de peur des flammes qui dansent encore tout autour de mon corps. Je reprends malgré le grand retour de la Douleur, ma voix est redevenu grave à en faire trembler les murs écroulés :

- Même les méchants ont besoin d'amour, tu m'as arraché le mien... Tu n'as plus qu'une seule chose à faire, tu seras débarrassé...

- Relève toi, les êtres de haut rang de se traine pas parterre, tu me fais honte.

- Moi aussi, j'ai honte. Tue moi. Fait moi disparaitre de la surface de la terre, des enfers et des cieux. Je ne veux plus être. Tue moi.

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