Chapitre 5 – Dame Hyegyeong
Revenons un peu sur son épouse.
Pompeusement désignée comme « écrivaine ». À ce tarif-là, je postule pour le Goncourt.
« Source » d’information concernant son mari. Je décide, avec toute l’objectivité du monde, de me passer des récits grotesques, invraisemblables, calomnieux et partisans de cette commère qui nous rendrait sympathique Lady Whisteldown.
Bon, soyons tout de même curieux…
Que raconte-t-elle, au juste ?
Dame Hyegyeong rédige ses mémoires bien des années après les faits. Non pas par simple goût de la plume, mais pour une raison bien plus pragmatique : survivre politiquement… et protéger son fils, le futur roi Jeongjo.
Elle décrit un époux en proie aux tourments, évoquant la peur viscérale que le prince développe envers son père.
Puis, plus tard, des crises d’angoisse, une instabilité qui ne cesse de croître, et pire encore et surtout bien plus dangereux, une incapacité à répondre aux attentes tant de son père que de la cour.
Une légitimité fragile, donc.
Commère… ou survivante à tout prix ?
Désarroi… ou intelligence politique ?
Peut-être avait-elle compris quoi écrire, et surtout à qui s’adresser… en respectant les rites.

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